Le coin du cinéphage

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04 mai 2008

FRAGMENTS D'UN DICTIONNAIRE AMOUREUX : BERNARD MUSSON

BernardMusson Photo : Dominique Brétécher

Parmi les prolifiques du cinéma français, il y a un comédien qui a une place particulière, c’est Bernard Musson. Il est assez vain de tenter de faire son portrait après celui excellent fait par Etienne Colson dans "La lettre des comédiens", mais je tente tout de même. Ce portrait formidablement rédigé était important, car ce comédien était oublié des dictionnaires, dans la foulée Jean Tulard s'en sert pour le faire figurer dans son dictionnaire. Colson rapportait un extrait du livre de Frédéric Dard, "Les oreilles et la queue" (1984), où il parlait du comédien, que je vous transmets ici : "(...) Tiens, je vais te donner une preuve du bon maintien solidement ancré. J'ai un ami comédien, ça fait une paie que je ne l'ai vu. Musson, il s'appelle. Un grand à mine compassée. Il joue ce qu'on appelle les petits emplois, mais il travaille comme un fou; tu l'aperçois dans tous les films. Tu sais pas fatalement son nom, mais tu le connais, toute la France le connaît. Et qu'interprète-t-il ? Je vais te dire : un maître d'hôtel, ou un croque-mort, ou un académicien, ou un ministre, rarement autre chose, ce qui prouve combien les quatre professions que je viens de numérer sont soeurs, sont conjointes, presque interterchangeables. Leur dénominateur commun ? Musson ! Un grand type d'apparence sévère, gourmée (mais un fin gourmé !) avec un air de ne croire qu'en la bienséance. Musson ! je lui dis bonjour en passant; j'oublie jamais les gens de bonne rencontre. Regarde bien les génériques de fin, la plupart des spectateurs se taillent dès qu'ils se déroulent. Ils ont tort. Un film n'est vraiment fini que lorsque l'écran est redevenu blanc. Lis tout : tu trouveras obligatoirement Musson. Le ministre de l'intérieur (voire à la rigueur le préfet de police) ! Musson ! Le maître d'hôtel : Musson. L'académicien : Musson... les vedettes pâlissent, Musson demeure. Dans le fond, c'est ça le vrai vedettariat : cette pérennité. Valet de chambre, académicien, c'est-à-dire la classe ! Moi, je veux fonder le club à Musson (...)". Dès le début des années 50, on le remarque, même s’il est souvent l’un des éternels non crédités des génériques. De par sa prestance et son côté incisif, il transforme la moindre de ses figurations en véritable rôle. Il est vrai qu’il a une tête de plus que tout le monde, on ne voit que lui par exemple dans "Les dents longues", quand il figure en journaliste fumeur. On trouve toujours un film à rajouter à sa filmographie, au détour d’une diffusion du câble, on le découvre ainsi en unique client d’un magasin d’électroménager d’un petit village dans "C’est arrivé à 36 chandelles", que l’on imagine presque installé à demeure. Sa voix est aussi très familière, il n’est pas rare de l’entendre au cours d’un doublage de film. Le premier réflexe est de le chercher parmi les domestiques, les valets, les laquais, les majordomes ou les concierges d’hôtel. Il est souvent l’huissier présentant le petit monde des élites à la cantonade, on le voit ainsi à Matignon dans "Chacal" version Zinnemann ou dans une cérémonie huppée dans "Comment épouser un premier ministre". On n’en finit plus de le répertorier dans ce type d'emploi, sa voix aide à le reconnaître quand il le portier d’un casino que visite Jean Gabin, caché dans la pénombre ! Il est souvent zélé comme dans "Les bonnes causes" (1962), où il figure le domestique d'un homme assassiné. Ne dormant que d'un oeil, il se lève bien entendu au moindre bruit suspect, perçoit ainsi des secrets d'alcôves compromettants, et livre allégrement ses informations à la police. On le retrouve aussi en réceptionniste d'un hôtel, face à Cary Grant dans "Charade" (1962), où découvrant des impacts de balles, il imagine son interlocuteur en voyeur. Tout en bouchant les trous, il lui conseille de se servir plutôt du traditionnel trou de serrure. Dans ce film, il dort très peu également, affalé sur un fauteuil mais aux aguets il finira par découvrir un cadavre dans un ascenseur. Il est souvent dans le contrôle, comme dans l’un des sketches "Le repas gastronomique" dans "Les veinards" où il est un maître d’hôtel qui régente, avec Jean-Henri Chambois, une séance gastronomique et photographique, face à un France Blanche complètement dépassé, tout en vérifiant constamment son nœud pap’. Mais loin de n’être qu’un serviteur obséquieux, il est parfois mordant et sardonique, comme dans "Les lions sont lâchés" (1961), où il est au service de sa patronne jouée par Danielle Darrieux, tout en s’amusant visiblement de ses excentricités. Henri Verneuil en fait l’un de ses acteurs fétiches, lui donnant des rôles mémorables comme celui de Pommier dans "La vache et le prisonnier" (1959), en prisonnier hâbleur et frustre - il faut le voir manger de la soupe -. Son personnage est très réjouissant, se définissant comme connaisseur en femmes ... et en vaches, la vérité sera tout autre... Citons le aussi, au début de "Mélodie en sous-sol" (1962) en passager banlieusard d’un train, regrettant ses vacances et faisant un redoutable raccourci du Parthénon aux constructions modernes dans la langue d’Audiard. On le voit aussi camper des affreux de tous poils, dans "Les misérables" version Le Chanois (1957), il est Bamatabois, un jeune oisif, constamment à faire la fête, et poussant le sadisme jusqu’à glisser de la neige dans le dos de la pauvre Fantine – Danièle Delorme -, provocant ainsi un désordre public, Javert, le représentant de l’ordre – magistral Bernard Blier- punira de ce fait la malheureuse. Le Chanois l'engagera souvent, on se souviendra de son personnage d'huissier tatillon et sentencieux dans "Papa, maman, ma femme et moi" (1955), visitant Fernand Ledoux dans sa maison en construction, et l'obligeant à couper sa maison en deux pour respecter des lois absurdes. Curiosité il jouait un autre personnage dans le précédent opus "Papa, maman, la bonne et moi" (1954), en spectateur venu en critique et finalement conquis par Gaby Morlay lors d'une représentation théâtrale. S’il représente l’autorité, c’est souvent sur son mode le plus abject et le plus tatillon, le patron de Jean-Louis Trintignant dans "Le 17ème ciel" (1965), déplorant ses retards, ou le chef du personnel sourcilleux dans "Je sais rien, mais je dirai tout" (1973). Mais il est parfois hospitalier, comme son personnage de ministre qui fait visiter Paris au pas de course, à Sami Frey qui campe un prince d’opérette dans "Qui êtes vous Polly Maggoo ?" (1965). Il a toujours un petit côté borné, il est un agent de circulation qui provoque la colère de Michel Simon dans "L'impossible M Pipelet" car il ignore les piétons, un officier de police désabusé qui pense que de surveiller une gare ne sert à rien dans "Les nuits de Montmartre", un inspecteur franchement déplaisant dans "Max et les ferrailleurs" (1970)... Il compose un commissaire d'anthologie dans "Le temps des oeufs durs" (1957), constamment sur "les dents" quand il traque des trafiquants de faux billets. Il a de plus, des idées particulières : "Le soupçon est l'ennemi de la police" déclare-t-il pour se débarrasser de fâcheux. La plupart de ses personnages de notables sont détestables, capables d’ourdir des plans machiavéliques comme dans l’un des épisodes de "Vidocq", première saison. Qu’il soit diminué et totalement impotent, ça ne l’empêche pas de dévoiler libidineux, comme dans "La révolte des enfants" (1990). La comédie se l’accapare, notamment Christian Gion, qui lui confie des rôles plus longs qu’à l’accoutumée. Il est ainsi l’associé bègue souffre-douleur de Jean-Pierre Marielle dans "Pétrole, pétrole".

BernardMusson Bernard Musson dans "Papa, les petits bâteaux"

On peut déplorer que les cinéastes ne soient pas plus imaginatifs à son égard, Nelly Kaplan sut utiliser avec brio ses aptitudes à la loufoquerie. En effet dans "Papa, les petits bâteaux" (1971), il est hilarant en truand corse, beau-frère de Pierre Mondy, toujours prompt à se servir d’une arme à feu. Ainsi artiste de cirque, il sait aussi utiliser le couteau, et va nous régaler d’un saut de la mort particulièrement absurde, laissant son personnage dans une position assez ridicule et à moitié nu dans les bras de Sheila White. On se souviendra aussi particulièrement du médecin survolté d’un des épisodes de "L’ami Maupassant" : "L’enfant" où il se délecte à faire un diagnostic particulièrement brutal. Il participe aussi aux œuvres de Jean Rollin, et même à quelques comédies érotiques cultes des années 70. Mais sa plus belle rencontre est celle faite avec Luis Buñuel, qui utilise aux mieux son excentricité. Il est un sacristain particulièrement inquiétant dans "Le journal d'une femme de chambre" (1963), des hurlements de chiens saluant, ses visites nocturnes. Lecteur de "L’action française", militant d'extrême droite, il ourdit des manifestations antisémites avec Georges Géret. Il est un redoutable maître de cérémonie dans "Belle de jour" (1966), où il est à nouveau un majordome caché derrière des lunettes noires. Il prépare Catherine Deneuve pour un mystérieux rituel mortuaire pour son maître un duc nécrophile – Georges Marchal -. Devant le fiasco final, il finira par la flanquer dehors avec une rudesse incroyable. Dans "La voie lactée" (1968), il est un aubergiste peu accueillant, qui jette le trouble dans l’esprit de François Maistre, magistral en curé fou, en utilisant la métaphore du "lièvre dans le pâté" pour expliquer les subtilités de la "transsubstantiation" à un Claude Cerval déboussolé. Dans "Le charme discret de la bourgeoisie" (1972), en maître d’hôtel d’un salon de thé, on lui doit une scène particulièrement absurde. Il annonce avec un sérieux papal à Bulle Ogier, Delphine Seyrig et Stéphane Audran, qu’il n’a ni thé, ni café à leur proposer suite à une affluence imprévue. Avec Marcel Pérès, Guy Montagné et Paul Le Person, il forme un quatuor atypique de moines dans "Le fantôme de la liberté" (1974). Ils sont coincés par la pluie dans une auberge tenue par Paul Frankeur. Ils s’avéreront de redoutables joueurs de cartes, en jouant des scapulaires et des médailles. Musson apporte toujours un décalage quand il parle à Milena Vukotic du stress de son époque ou discute de la versatilité de la notion de la sainteté au sein de l’église catholique. Il finira avec ses compagnons par prendre la poudre d’escampette devant les délires sado-masochistes de Michael Lonsdale. On le retrouve une dernière fois chez Buñuel dans "Cet obscur objet du désir" (1977), en policier qui s’annonce par un mielleux "N’ayez pas peur, nous sommes des amis", à Angela Molina et sa mère, pour mieux annoncer un avis d’expulsion... Il fut un passeur remarquable dans "L'irrationnel récréatif" - selon une expression de Raymond Lefèvre -, de ce grand réalisateur. Des metteurs en scène sauront se souvenir de cette association fructueuse pour l’employer autrement, comme Radovan Tadic et Jean-Charles Fitoussi. On le retrouve régulièrement  jusque dans les années 90, comme dans le rôle d’un employé de la morgue face à Carole Bouquet dans "Lucie Aubrac" (1996). Il faut saluer ce comédien, qui a su à la moindre de ses apparitions faire exister un personnage, et on a toujours autant de plaisir à rajouter un titre dans sa filmographie dans des bases de données comme IMDB. Il faut aussi saluer un parcours théâtral remarquable de "À chaun selon sa faim" en 1950 à "Bérénice" (2001) dans une mise en scène de Lambert Wilson. Un comédien indispensable qui fait la richesse du cinéma français et participe à son foisonnement.

Musson

Filmographie établie avec Christophe Bier, Armel de Lorme et l'équipe de "La lettre des comédiens" :  1951  Jeux interdits (René Clément) - Le vrai coupable (Pierre Thevenard) - Un grand patron (Yves Ciampi) - 1952  Nous sommes tous des assassins (André Cayatte) - Les belles de nuit (René Clair) - Un caprice de Caroline Chérie (Jean Devaivre) - C’est arrivé à Paris (Henri Lavorel & John Berry) - L’île des femmes nues (Henri Lepage) - Les dents longues (Daniel Gélin) - Un caprice de Caroline Chérie (Jean Devaivre) - Lucrèce Borgia (Christian-Jaque) - 1953  L’esclave (Yves Ciampi) - Virgile (Carlo Rim) - Les trois mousquetaires (André Hunebelle) - La belle de Cadix (Raymond Bernard) - Le guérisseur (Yves Ciampi) - Le grand jeu (Robert Siodmak) - Mam’zelle Nitouche (Yves Allégret) - L’affaire Maurizius (Yves Allégret) - Les trois mousquetaires (André Hunebelle) - Le comte de Monte-Cristo (Robert Vernay) - Le témoin de minuit (Dimitri Kirsanoff) - Les hommes ne pensent qu'à ça (Yves Robert) - 1954  Ah ! les belles bacchantes (Jean Loubignac) - Escalier de service (Carlo Rim) - Les évadés (Jean-Paul Le Chanois) - Le fils de Caroline Chérie (Jean Devaivre) - Marchandes d’illusions (Raoul André) - Pas de souris dans le Bizness (Henri Lepage) - Série noire (Pierre Foucaud) - Papa, maman, la bonne et moi (Jean-Paul Le Chanois) - Huis-clos (Jacqueline Audry) - 1955  Lola Montès (Max Ophuls) - L’impossible M. Pipelet (André Hunebelle) - Chantage (Guy Lefranc) - Mémoires d’un flic (Pierre Foucaud) - Bonjour sourire (Claude Sautet) - Marguerite de la nuit (Claude Autant-Lara) - Marie-Antoinette, reine de France (Jean Delannoy) - Papa, maman, la bonne et moi (Jean-Paul Le Chanois) - Pas de pitié pour les caves (Henri Lepage) - Les nuits de Montmartre (Pierre Franchi) - Soupçons (Pierre Billon) - Gueule d’ange (Marcel Blistène) - 1956  Bonjour Paris, bonjour l’Amour (Ralph Baum) - C’est une fille de Paname (Henri Lepage) - Courte tête (Norbert Caronnaux) - L’homme à l’imperméable (Julien Duvivier) - Paris Palace hôtel (Henri Verneuil) - Pitié pour les vamps (Jean Josipovici) - Le septième commandement (Raymond Bernard) - Les truands (Carlo Rim) - La vie est belle (Roger Pierre & Jean-Marc Thibault) - Love in the afernoon (Ariane) (Billy Wilder) - Comme un cheveu sur la soupe (Maurice Régamey) - Que les hommes sont bêtes (Roger Richebé) - 1957  À pied, à cheval et en voiture (Maurice Delbez) - Clara et les méchants (Raoul André) - Le dos au mur (Édouard Molinaro) - Les misérables (Jean-Paul Le Chanois) - Le septième ciel (Raymond Bernard) - Sois belle et tais-toi (Marc Allégret) - Le souffle du désir (Henri Lepage) - Le temps des œufs durs (Norbert Carbonnaux) - C'est arrivé à 36 chandelles (Henri Diamant-Berger) - 1958  Archimède le clochard (Gilles Grangier) - Houla-Houla (Robert Darène) - Maxime (Henri Verneuil) - Le gendarme de Champignol (Jean Bastia) - Oh ! que Mambo (John Berry) - Taxi, roulotte et corrida (André Hunebelle) - Les vignes du seigneur (Jean Boyer) - Minute papillon (Jean Lefebvre) - Gigi (Id) (Vincente Minelli) - 1959  La marraine de Charley (Pierre Chevalier) - Pantalaskas (Paul Paviot, sous réserves) - Meurtre en 45 tours (Étienne Périer) - Par-dessus le mur (Jean-Paul Le Chanois) - Rue des prairies (Denys de la Patellière) - La vache et le prisonnier (Henri Verneuil) - Le Baron de l’Écluse (Jean Delannoy) - 1960  L’affaire d’une nuit (Henri Verneuil) - Le Capitan (André Hunebelle) - Les amours de Paris (Jacques Poitrenaud) - La française et l’amour [épisode "L’adultère"] (Henri Verneuil) - L’imprevisto (L’imprévu) (Alberto Lattuada) - Le mouton (Pierre Chevalier) - Le passage du Rhin (André Cayatte) - Le président (Henri Verneuil) - Au cœur de la ville (Pierre Gautherin) - 1961  Le miracle des loups (André Hunebelle) - Le monte-charge (Marcel Bluwal) - Five Miles to Midnight (Le couteau dans la plaie) (Anatole Litvak) - Amours célèbres [épisode "Agnès Bernauer"] (Michel Boisrond) - Les lions sont lâchés (Henri Verneuil) - Tout l’or du monde (René Clair) - Le comte de Monte-Cristo (Claude Autant-Lara) - 1962  Les bonnes causes (Christian-Jaque) - Comment réussir en amour (Michel Boisrond) - Le glaive et la balance (André Cayatte) - Mélodie en sous-sol (Henri Verneuil) - Les mystères de Paris (André Hunebelle) - Les veinards [épisode "Le repas gastronomique"] (Jean Girault) - Pourquoi Paris ? (Denys de la Patellière) - Charade (Id) (Stanley Donen) - 1963 Cherchez l’idole (Michel Boisrond) - Des frissons partout (Raoul André) - Le journal d’une femme de chambre (Luis Buñuel) -  La porteuse de pain (Maurice Cloche) - 1964  Les amitiés particulières (Jean Delannoy) - L’horoscope (Christian Duvaleix, CM) - Premier avril (Christian Duvaleix, CM) - Comment épouser une premier ministre (Michel Boisrond) - Fantômas (André Hunebelle) - Moi et les hommes de quarante ans (Bernard Borderie) - Une souris chez les hommes (Jack Poitrenaud) - Un monsieur de compagnie (Philippe de Broca) - Week-end à Zuydcoote (Henri Verneuil) - Up from the beach (Le jour d’après) (Robert Parrish) - 1965  Le caïd de Champignol (Jean Bastia) - Paris au mois d’Août (Pierre Granier-Deferre) - La seconde vérité (Christian-Jaque) - Un milliard dans un billard (Nicolas Gessner) - Le dix-septième ciel (Serge Korber) - Les bons vivants [épisode "Le procès"] (Gilles Grangier) - Qui êtes-vous Polly Maggoo ? (William Klein) - 1966  Belle de jour (Luis Buñuel) – Brigade anti-gangs (Bernard Borderie) - Le jardinier d’Argenteuil (Jean-Paul Le Chanois) - Le soleil des voyous (Jean-Delannoy) - Une femme en blanc se révolte (Claude Autant-Lara) - 1968  Faites donc plaisir aux amis (Francis Rigaud) - Sous le signe de Monte-Cristo (André Hunebelle) - La voix lactée (Luis Buñuel) - 1969  Les caprices de Marie (Philippe de Broca) - Le clan des Siciliens (Henri Verneuil) - Dernier domicile connu (José Giovanni) - Une veuve en or (Michel Audiard) - La peau de Torpédo (Jean Delannoy) - La vampire nue (Jean Rollin) - 1970  Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques (Michel Audiard) - Macédoine (Jacques Scandélari) - Max et les ferrailleurs (Claude Sautet) - Mourir d’aimer (André Cayatte) - On est toujours trop bon avec les femmes (Michel Boisrond) - Peau d’âne (Jacques Demy) - 1971  Papa, les petits bateaux (Nelly Kaplan) - La part des lions (Jean Larriaga) - 1972  Elle cause plus, elle flingue (Michel Audiard) - Le charme discret de la bourgeoisie (Luis Buñuel) - L’insolent (Jean-Claude Roy) - Les voraces (Sergio Gobbi) - The day of the Jackal (Chacal) (Fred Zinnemann) - Les anges (Jean Desvilles) - 1973  Le magnifique (Philippe de Broca) - La dernière bourrée à Paris (Raoul André) - La merveilleuse visite (Marcel Carné) - Les quatre Charlots mousquEtaires (André Hunebelle) - Deux hommes dans la ville (José Giovanni) - Je sais rien mais je dirai tout (Pierre Richard) - Les gaspards (Pierre Tchernia) – O.K. patron (Claude Vital) - 1974  Le fantôme de la liberté (Luis Buñuel) - Impossible… pas français (Robert Lamoureux) - Le rallye des joyeuses (Serge Korber) - Comme un pot de fraises (Jean Aurel) - La vie sentimentale de Walter Petit / Jeunes filles perverses / Hard love (Serge Korber) - La sein glin glin / Les nuits chaudes de Justine / Pour être heureux vivons couchés (Patrick Aubin [Jean-Claude Roy]) - L’amour pas comme les autres / Les enhambées (Jeanne Varoni [Jeanne Chaix]) - La donneuse (Jean-Marie Pallardy) - 1975  Les amours difficiles / La grande perversion (Raphaël Delpard) / Cuisses en chaleurs / Vous l’avez dans le dos (Patrick Aubin [Jean-Claude Roy]) - C’est dur pour tout le monde (Christian Gion) - L’essayeuse (Serge Korber) - Opération Lady Marlène (Robert Lamoureux) - L’incorrigible (Philppe de Broca) –Catherine et compagnie (Michel Boisrond) - Silence… on tourne (Roger Coggio) - 1976  Le chasseur de chez Maxim’s (Claude Vital) - 1977  Cet obscur objet du désir (Luis Buñuel) - Le maestro (Claude Vital) - 1978  Le pion (Christian Gion) - Le temps des vacances (Claude Vital) - On Two Two, 122, rue de Provence (Christian Gion) - Grandison (Joachim Kurz, inédit en France) - 1979  Monique et Julie, deux collégiennes en partouze (Alain Payet) - Retour en force (Jean-Marie Poiré) – Le gagnant (Christian Gion) - 1980  Cherchez l’erreur (Serge Korber) - Le journal érotique d’une Thaïlandaise (Boris Bradley [Jean-Marie Pallardy]) - 1981  Belles, blondes et bronzées (Max Pécas) - Pétrole, pétrole (Christian Gion) - Jamais avant le mariage (Daniel Ceccaldi) - 1982  Ça va faire mal (Jean-François Davy) - Éducation anglaise (Jean-Claude Roy) - Les diplômés du dernier rang (Christian Gion) - Rebelote (Jacques Richard) - 1983  Y-a-t-il un pirate sur l’antenne ? / Titre vidéo : Superflic se déchaîne(Jean-Claude Roy) - Le fou du roi (Yvan Chiffre) -  1984  Neuville, ma belle (Mae Kelly [collectif de plusieurs réalisateurs]) -  Vive le fric (Raphaël Delpard, inédit sauf province) - 1985  Pirates (Id) (Roman Polanski) - Dressage (titre TV : Éducation perverse) (Pierre B. Reinhard) - 1986  Bitumes (François Velle, CM) - 1988  L’invité surprise (Georges Lautner) - Erreur de jeunesse (Radovan Tadic) - 1989  Prisonnier de guerre (François Loubeau, CM) - 1990  La révolte des enfants (Gérard Poitou-Weber) - 1991  Sup’ de fric (Christian Gion) - 588 rue du Paradis (Henri Verneuil, + version TV) - Le fond de l’air est frais (Thierry Boscheron, CM) - 1996  Lucie Aubrac (Claude Berri) - Comme des rois (François Velle) - 2000 La fiancée de Dracula (Jean Rollin) - 2001  Les jours où je n’existe pas (Jean-Charles Fitoussi) - 2003  Pellis (Yann Gozlan, CM). Nota : Bien que crédité dans À nous quatre, Cardinal !, d’André Hunebelle, il n’apparaît pas dans ce second volet des "Quatre Charlots mousquetaires". Il est parfois crédité par erreur dans dans "Justice est faite" (André Cayatte, 1950),  "Gervaise" (René Clément, 1955) - le rôle du scribe -, "En cas de malheur" (Claude Autant-Lara, 1957) - rôle de l'agent bousculé - et dans "Le petit prof" (Carlo Rim, 1958) -  rôle du croque mort -. Voxographie (notamment) : 1959  Le confident de ces dames (Jean Boyer) - 1965  Paris brûle-t-il ? (René Clément) - 1966  Paris au temps des ceristes : La commune (Jean Desvilles & Jacques Darribehaude, CM, voix du récitant) - Tintin et le temple du soleil (Eddie Lateste, animation, voix) .

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Télévision : (notamment) 

1957  Quadrille de diamants (Claude Barma) - 1958  Châteaux en Espagne (François Gir) - Les cinq dernières minutes : Tableau de chasse (Claude Loursais) - 1959  Les maris de Léontine (André Leroux) - 1960  Le théâtre de la jeunesse : Le prince et le pauvre (Marcel Cravenne) - Rouge (André Leroux) - Week-end surpise (André Leroux) - 1961  Revue (André Leroux) - 1962  Les caprices de Marianne (Claude Loursais) - L'inspecteur Leclerc enquête : Le saut périlleux (André Michel) – Les célibataires (Jean Prat) - Le gendre de Monsieur Poirier (André Leroux) - Le plus grand théâtre du monde : Rien que la vérité (Claude Loursais) - 1964  Le théâtre de la jeunesse : Méliès, le magicien de Montreuil (Jean-Christophe Averty) - Un homme en or (André Leroux) - Félix (Christian Duvaleix) -  L’abonné de la ligne U (Yannick Andréi) - 1965  Ubu roi (Jean-Christophe Averty) - Mademoiselle de la Ferté (Gilbert Pineau) - Les cinq dernières minutes : Le bonheur à tout prix (Claude Loursais) - 1966  Il faut que je tue monsieur Rumann (Guy Casaril) - Rouletabille chez les Bohémiens (Robert Mazoyer) - Comment ne pas épouser un milliardaire (Roger [Lazare] Iglèsis) - Les cinq dernières minutes : La rose de fer (Jean-Pierre Marchand) - 1967  La marseillaise de Rude (Alain Boudet) - Interrogatoire : Terrain vague (Guy Laforêt) - Vidocq : Le crime de la mule noire (Claude Loursais) - 1968  Les grandes espérances (Marcel Cravenne) - Joanny Leniot (Jean Bescont) - Province : La coupe (île de France) (Robert Mazoyer) - Au théâtre ce soir : La toile d'araignée (Pierre Sabbagh) - Au théâtre ce soir : Baby Hamilton (Pierre Sabbagh) - 1969  D'Artagan (Claude Barma) - Trois étoiles : Arbois :  Le poulet au vin jaune (Maurice Régamey) - 1970  Les saintes chéries : Ève cherche du travail (Jean Becker & Nicole de Buron) - Les aventures d’Alice au pays des merveilles (Jean-Christophe Averty) - Lancelot du Lac (Claude Santelli) - La main de singe (Roger [Lazare] Iglèsis) - Les nouvelles aventures de Vidocq : La caisse de fer (Marcel Bluwal) - 1971  Al Johnson (Jean-Christophe Averty) - Madame, êtes-vous libre ? (Jean-Paul Le Chanois) - Al Jolson (Jean-Christophe Averty) - Au théâtre ce soir : Arsenic et vieilles dentelles (Pierre Sabbagh) - Au théâtre ce soir : Herminie (Pierre Sabbagh) - Pas moral pour deux sous (Jean Archimbaud) - Ubu enchanté (Jean-Christophe Averty) - 1972  Figaro-ci, Figaro-là (Hervé Bromberger) - Kitsch-Kitsch (Janine Guyon) - 1973  Les malheurs de la comtesse (Bernard Deflandre) -  Joseph Balsamo (André Hunebelle) - Molière pour rire et pour pleurer (Marcel Camus) - L’éducation sentimentale (Marcel Cravenne) - La dernière carte (Marcel Camus) - Musidora (Jean-Christophe Averty) - La paroi (Jean-Paul Le Chanois) - 1974  Au théâtre ce soir : Le chien des Baskerville (Georges Folgoas) - Les dernières cartes (Marcel Cravenne) - Les cinq dernières minutes : Si ce n'est toi (Claude Loursais) - La voleuse de Londres (Marcel Cravenne) - Les faucheurs de Marguerite (Marcel Camus) - 1975  Au théâtre ce soir : Dix minutes d'alibi (Pierre Sabbagh) - Paul Gauguin (Roger Pigaut) - Les cinq dernières minutes : Le coup de pouce (Claude Loursais) - Le théâtre de Tristan Bernard : L’anglais tel que l’on parle (Georges Folgoas) - Le secret des dieux (Guy-André Lefranc) - Le mystère Frontenac (Maurice Frydland) - Marie-Antoinette (Guy-André Lefranc) - Erreurs judiciaires : La cuillère dans l'arsenic (Jean Laviron) - 1976  Au théâtre ce soir : Seul le poisson rouge est au courant (Pierre Sabbagh) - Les brigades du tigre : Don de Scotland-Yard (Victor Vicas) - Douze légionnaires : Delta du Tonkin : Adjudant Pierre Duffel (Bernard Borderie) - 1977 Emmenez-moi au Ritz (Pierre Grimblat) - Les folies d'Offenbach (Michel Boisrond) - La filière (Guy-André Lefranc) - 1978  Émile Zola ou la conscience humaine (Stellio Lorenzi) - Voltaire (Marcel Camus) - Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut (Jean Delannoy) - Les héritiers : Photos de famille (Juan Luis Buñuel) - 1979  Avoir été (Roland-Bernard) - Comme chien et chat (Roland-Bernard) - L'âge bête (Jacques Ertaud) - Le moustique (Maurice Frydland) - Au théâtre ce soir : La route des Indes (Pierre Sabbagh) - 1980  La mort en sautoir (Pierre Goutas) - Les liaisons dangereuses (Claude Barma) - Nana (Maurice Cazeneuve) - 1981  Au théâtre ce soir : Comédie pour un meutre (Pierre Sabbagh) - Au théâtre ce soir : Une sacrée famille (Pierre Sabbagh) - Ubu cocu ou l'archeopteryx (Jean-Christophe Averty) - Le voyage du Hollandais (Charles Brabant) - Bekenntnisse des Hochstaplers Felix Krull (Les confessions du chevalier d’industrie Felix Krull) (Bernhard Sinkel) - Jupiter 81 (Maurice Frydland) - 1982  Paris-Saint-Lazare (Marco Pico) - Le pouvoir d'inertie (Jean-François Delassus) - Papa poule (Roger Kahane) - Démobilisation générale (Hervé Bromberger) - Merci Sylvestre (L’homme de ménage) (Serge Korber) - 1983  Les cinq dernières minutes : Meutre sans pourboire (Jean Chapot) - Médecins de nuit : Le bizutage (Gérard Clément) - Les amours des années folles : Féeries bourgeoises (Agnès Delarive) - Il cane de Jérusalem (Les chiens de Jérusalem) (Fabio Carpi) -  1984  Jacques le fataliste et son maître (Claude Santelli) - Le tueur triste (Nicolas Gessner) - 1985  La politique est un métier (Maurice Frydland) - L’année terrible (Claude Santelli) - L’ami Maupassant : L’enfant (Claude Santelli) - L’affaire Marie Besnard (Yves-André Hubert) - 1987  Une occasion en or : Les mémés sanglantes (Bruno Gantillon) - Les enquêtes du commissaire Maigret : Les enquêtes du "Majestic" (Maurice Frydland) - 1988  L’ami Giono : Ennemonde (Claude Santelli) - Hemingway (Bernard Sinkel) - Les cinq dernières minutes : Pour qui sonne le jazz (Gérard Gozlan) - Les nuits révolutionnaires (Charles Brabant) - Le Gorille compte ses abattis (Jean Delannoy) - 1990  Les héroïnes de Colette : Duo (Claude Santelli) - Héritage oblige : Erika mon amour (Maurice Frydland) - 1991  Quiproquos ! (Claude Vital) - Maxime et Wanda : Les belles ordures (Claude Vital) - 1992  Tout ou presque (Claude Vital) - Aldo tous risques : Direct au cœur (Claude Vital) - 1994  Les caprices de Marianne (Jean-Daniel Verhaeghe, captation) -  1995  L’allée du Roi (Nina Companeez) - La comète (Claude Santelli) - 1996  Les allumettes suédoises (Jacques Ertaud) - 1999 Louis la brocante : Louis et les amoureux du manège (Maurice Frydland) - 2001 La grande brasserie (Dominique Baron). 

Divers : "Vivement lundi" ; "Marc et Sophie" (épisode "Divine diva") ; Sketches de Karl Zéro ("Le vrai journal"), etc….

Remerciements : à Jean-Jacques Jouve, Alain Plège.

Bibliographie :

"La lettre des Comédiens" N°20 Mai-Juin 1999 : "Le métier de Bernard Musson" par Étienne Colson (+ filmo)

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28 avril 2008

IMDB'S BLUES

Calimero 1 an et demi, après une précédente missive de ce blog sur IMDB, voir ici : rubrique Carnet trouvé chez une fourmi, l’un des membres de la famille des formicidés d’IMDB, commence sérieusement à avoir sérieusement assez des échanges avec ce site. En fin d’année dernière, je me suis aperçu que plusieurs de mes mises à jours restaient inédites – des téléfilms "Opération turquoise", "La boîte à images" -. Bon ils vous répondent que certains titres ne figurent pas dans la rubrique "higher priority" (sic), mais tout de même, plusieurs mois après… Il fallait revenir sur la rubrique "updates" puis relancer les fiches restées lettres mortes. Ma connerie ayant tout de même des limites (quoique… ) - , je renonce désormais à faire un travail de ressemelage quotidien. D’abord il y a les films, je fais des petites expériences d’en compléter certains et d’en oublier d’autres, une jeune mise à jour d’une fiche de film "Deux jours à tuer" (!) – et encore avec quelques fautes corrigées depuis -. Les "pros" semblent s’en ficher complètement, ou bien quelques échanges hagards dissuasifs, ont eu raison de plusieurs collaborateurs habituels du site – sauf le plus bête : Mézigue ! -. Résultat, depuis le début de l’année je visite les dossier de presse sur le web – facilement trouvables, -et fiables car un site comme "allociné", les recopie parfois n’importe comment -. De plus les crédits dans ces supports sont réduits à une dizaine de nom - excepté pour ces films comme "Cash" et "48 heures par jour", aux génériques bien fournis -. Pour le coup et de mémoire, je rajoute quelques seconds rôles – Fred Personne, Jenny Clève et Christophe Rossignon dans "Bienvenue chez les Ch’tis", Clément Michu, Moussa Maaskri, Jean-Paul Zehnacker, Tony Gaultier dans "MR73", etc…- Il y a des oublis, mêms chez les Américains comme les excellents Guillaume Gallienne et Scali Delpeyrat oubliés du générique du morne "Benjamin Gates et le livre des secrets". Bon, ce sont ceux que je connais bien, et bien évidemment plusieurs autres se retrouvent à la trappe, en attendant une diffusion TV ou DVD devant un générique qui risque d’être illisible – Astérix aux jeux Olympiques un modèle d’illisibilité même au cinéma ! – Evidemment j'ai une fois par an, le plaisir de revisualiser mes trouvailles dans "L'annuel du cinéma", qui continue à repomper IMDB. J’aime aussi à visiter les CV en ligne via agencesartistiques.com, un Daniel Isoppo se retrouve bien placé ainsi dans des films récents. D’autres sites vont recopier la base, ce comédien par exemple, ne risque de pas trop comprendre cet engouement à son sujet. Mais cet exercice à aussi des limites, Bernard Bloch se retrouve ainsi bien placé dans la fiche du " Nouveau protocole", alors qu’il est coupé au montage ! La mise à jour devient donc un exercice assez étonnant, avec pléthore de mails automatiques depuis le début de l'année seulement, pour mettre vos ajouts en doute. Bon par exemple, je crée un téléfilm de Marcel Bluwal, "Mitzi" de 1978, d’après Arthur Schnitzler, avec Danièle Lebrun, Françoise Giret, Robert Murzeau et un débutant Pascal Greggory. Envoi d’un mail d’IMDB Helpdesk, réponse ils veulent un lien internet avec un site ou un festival pour valider la fiche. Mais sur ce téléfilm, comment souvent pour la télévision, il n’y a rien, nada, que couic sur le web... Allez expliquer que l’info est complètement inédite, d’où l’intérêt de la rajouter. Bon gueulez un bon coup, et vous aurez une réponse d’une certaine Katie, tout miel tout sucre, expliquant les subtilités nouvelles. Ils finissent par mettre la fiche tout de même. Pareil pour le beau documentaire de René Vautier "Afrique 50", diffusé sur CinéCinéma classic, tragiquement absent de la base alors, il faut insister de plus belle... Mais ce n’est pas très constructif, voire la fois où j’avais crée un téléfilm "complot d'amateurs" avec Jean-François Stévenin, co-production franco-belge, diffusé sur La Une, RTBF. Ils trouvent que la fiche manque d’informations signifiantes… alors qu’elle est déjà en ligne !  En fait, il suffit de la relancer derrière, un autre moins sourcilleux la valide derrière et hop. Yvan Foucart me signale une erreur, IMDb a fusionné deux films à l’aveugle, mettant en scène le personnage du commissaire Muller, campé par Raymond Souplex, manière d’exploiter au ciné le succès des "Cinq dernières minutes". Le premier "Chaque minute compte" (1959), avec Georges Rollin, Véra Valmont, Denise Carven, Robert Berri, avec lequel « La saison cinématographique 1960 n’est pas tendre : " …Il faut bien se résigner à voir revenir à cycle régulier ces films inutiles et ennuyeux", le second "Alibi pour un meutre" (1960), avec Alan Scott, Yves Vincent, Georges de Caunes, Véra Valmont, Robert Berri et le génial Jean Tissier, est décrié aussi par "La saison 62…" : "...ce film n'a été tourné - et avec quelle rapidité - que pour bénéficier de la popularité du commissaire Bourrel, celui de la T.V.".  J’avise donc nos amis d’IMDB de l’existence de ces deux films. Et là, la croix et la bannière, évidemment citer "La saison" support papier ne les convainc pas, il est vrai que j’étais mal habitué, ils me prenaient toutes mes infos de suite... Il faut que j’envoie un lien avec le site de la BIFI pour les convaincre. La bonne volonté a ses limites, et il est vrai que beaucoup d’internautes sont confiants avec le site – l’erreur des deux films est recopiée partout, notamment par Wikipédia, il est vrai il y a même un logiciel qui permet de mettre en page la fiche d’une personnalité sur le site, directement en ligne – sans les réalisateurs pour les acteurs bien sûr -. Et donc certaines fiches restent sur le carreau "Mademoiselle Christine" de Raoul Ruiz, la nouvelle série de "France 3" "Adresse inconnue", etc.... Si saisir des infos, ne me dérange pas, batailler contre les moulins à vents, un tantinet tout de même. Soient les collaborateurs ne sont plus les mêmes, soient les critères de vérification sont plus ardus. Mais alors pourquoi ils laissent des projets de films, avec le statu "completed", loin d’être tourné comme des films à sortir "Aux armes, etc…", "La bombe humaine", je finis par trouver une parade rajouter "unconfirmed" à côté des noms. Certes IMDB, innove, la naissance d’une rubrique personnage, et encore il y a beaucoup de manques – évidemment, si un français, ne leur dit pas, il ne vont pas savoir que Porphyre est la variante de Porfiry dans Les adaptations de "Crime et châtiment", et que La Fayette, ne se résume pas seulement à la dénomination à Marquis de la Fayette. Donc il y toujours plus à faire, d’autant plus que je rentre aussi les titres français et les dates de sorties de "Saison" - ce qui est un peu idiots car ces informations figurent dans l'excellent cite "Encyclociné" et même d'autres inédites en support papier-. Le piège est de faire comme moi, 5 minutes par ici, 10 minutes par là, dans une journée c’est peu. Mais au final, ça représente une masse de travail assez conséquente, même si mon ordinateur me régale d’ "erreurs fatales", et que je suis plutôt d’humeur badine en ce moment, et que j’ai plutôt envie de roucoulades. Certes, je suis le premier à bénéficier des infos que je mets sur cette base – un épisode de "Preuves à l’appui",  dans la filmo TV de Jacques Morel, oubliée du très exhaustif livre de Jean-Marc Doniak sur la télévision française, car il passait en fin d’après-midi sur la 3ème chaîne en 1978 -. Mais basta, tout de même, avec la nouvelle politique 2008 de ce site glouton. Le festival de Cannes arrive et c’est assez contraignant de tout vouloir compléter – m’étant "fadé" plusieurs festivals de TV comme Luchon -, et d’être constamment vigilant. Bon, en plus ça devenait pathologique, alors… Je vais donc freiner sérieusement mes contributions – "Mitterrand à Vichy" et "Tailleur pour dames" seront mes dernières interventions-  en création du moins, je viens de rentrer une trentaine de noms pour "48 heures par jour -. Il sera amusant de vérifier si "La maison Tellier" et "Sarah Bernhardt, une étoile en plein jour", figureront sur la base. Je rentrerai cependant des épisodes de séries TV, - comme un internaute désormais, mais qui ne le fait que pour TF1 ! -.  Reste qu’hélas en agissant de la sorte, je risque d’avoir un peu plus de temps pour ce blog, …hélas pour vous qui ne méritiez pas autant de platitudes.

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24 avril 2008

MINUIT, LE SOIR : ATTENTION CHEF D'OEUVRE

Minuit__le_soir La diffusion intégrale de la série canadienne "Minuit, le soir" (2005-2007), sur CinéCinéma Culte le 29 et 30 mars dernier, permettait sûrement à quelques inconscient comme moi de faire une salutaire séance de rattrapage. La série passait il y a quelques mois, tous les samedis soir à raison de 3 épisodes. Elle compte 3 saisons, soit 38 épisodes de 23 minutes. Le propriétaire d’un bar de Montréal,  "Le Manhattan" - Benoît Girard – décide de prendre sa retraite et de vendre son affaire à une jeune femme Fanny, elle-même fille d’un immigré italien qui en possédait plusieurs. Trois "doormens", videurs assez frustres, sont les figures du lieux... Marc Forest, ancien bourlingueur, poissard, impulsif et au "cœur d’artichaut" – Claude Legault très charismatique -, Louis Bergeron, trentenaire comme Marc, – Louis Champagne faussement débonnaire -, naïf et corpulent, travaillant chez les "cols bleus" - la voirie – le jour, et le doyen Gaétan Langlois, un quinquagénaire toujours prompt à vouloir aider les autres – formidable Julien Poulin, remarquable de justesse, conférant grande humanité à son personnage, sans doute le plus touchant -. Le trio est soudé et a une grande complicité. Ils partagent un langage codé commun - utilisation du prénom "Jo" pour définir un état d'âme -, et ils se serrent entre eux dans "une boule d'amour" en cas de coup dur.  Fanny trouve les trois copains assez peu présentables pour son établissement, qu’elle voudrait transformer en endroit branché, "Le S.A.S.", où les habitants de Montréal pourraient décompresser. Mais le trio évincé, ayant perdu un équilibre, voire un refuge, dans un monde difficile, vont persister à rester dans le lieu. Quel bonheur cette œuvre magnifique vierge de toutes informations – évitez de visiter le web avant de la voir, le site Canoé notamment -. Le scénario est signé par Pierre-Yves Bernard et Claude Legault lui même. Il fourmille d’idées, comme le kit baptême pour animaux, une utilisation incongrue du costume de Batman. Il y a un gag d’anthologie, quand Marc passe ses nerfs, sur la poche en plastique, difficile à saisir quand on veut se servir des fruits et légumes dans un étal de supermarché. Cette oeuvre trouve matière à se renouveler constamment, sans jamais se répéter durant ses trois saisons. Montréal est montré de manière réaliste, de manière rude aussi parfois, mais toujours avec humour – une pancarte précisant dans un parc que le lieu est resté inachevé parque qu’un élu est parti avec l’argent qui devait servir pour les travaux ! –. Elle utilise aussi formidablement l’onirisme, et la mise en scène valorise le monde intérieur des personnages. Voir le personnage de Fanny, surveillé par elle-même déclinée de l’enfant à l’adolescente, montrant les freins que l’on a dans son existence.

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Louis Champagne, Claude Legault & Julien Poulin dans "Minuit, le soir"

Les personnages sont très attachants, ce qui pourrait surprendre quand on des idées reçues sur le petit monde des videurs, on peut en tirer une leçon salutaire. Pour ma part, je me suis trouvé rapidement happé par la série, me précipitant pour visionner tous les épisodes, - mon appareil enregistreur n’a pas trop résisté -. Cela ne m’est arrivé que pour "Six feet under" et "Sur écoute", visionnés en DVD, un épisode en appelant un autre, on devient vite "accro". Les autres personnages autour du trio, sont tous formidables. Fanny cache une sensibilité à fleur de peau derrière l’image d’une femme d’affaires dynamique. Ses lapsus à répétition et ses gaffes, démontrent qu’elle est loin de l’image de la femme froide qu’elle aimerait se donner. Autour des 4 principaux, tous les autres existent de Brigitte – Julie LeBreton – une call-girl qui tente de décrocher de son "métier" - à Agnès, une serveuse qui a un "grain" dans la tête – Marie-Eve Beaulieu -, en passant par le psychologue des toilettes (sic) – grande trouvaille - diplômé de Buenos Aires, joué par Igor Ovadis très convaincant, sans oublier Nino, le frère encombrant de Fanny – singulier Danny Gilmore - . Les méchants sont aussi à hauteur humaine. C’est un peu l’illustration du "tout le monde a ses raisons"» de Jean Renoir dans "La règle du jeu", comme le maffieux qui deale pour l’éducation de son fils. Il y a aussi un personnage central, Yan – excellent Stéphane Gagnon, on le déteste d’emblée -, rival de Marc, fat et déplaisant à souhait, qui finit cependant par obtenir une certaine empathie de notre part. Télérama nous annonce la diffusion prochaine de cette série sur France 2… en version doublée ! Évidemment sur la chaîne des Eve Ruggieri, Jean-Luc Delarue et autre Christophe Hondelatte, on ne va pas tout de même pas faire confiance à l’intelligence du spectateur. A l’heure du triomphe des "Bienvenue chez les Ch’tis", c’est un comble, ou comme dit Martin Winkler si justement dans son blog : « pire qu’un crime : une faute, un contresens absolu… Une hérésie pareille était très prévisible dans notre pôvrinet service public qui crie à l’événement quand il adapte Guy de Maupassant. Les films sont d'une grande qualité certes, mais c'était la norme il y a 20 ans avec celles de Claude Santelli… Si vous voyez un jour une édition DVD, et ou une diffusion TV, précipitez-vous, vous ne le regretterez pas.

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21 avril 2008

MORT DE FARID CHOPEL

Chopel © Pascal GELY Agence Bernand

Annonce de la mort de Farid Chopel, d'un cancer foudroyant ce 20 avril. Un comédien aux capacités formidables sur la scène, comme on peut le constater avec la liste complète de ses activités sur son site officiel. Avec Ged Marlon notamment dans "Les aviateurs", il révolutionne le monde de la scène par une drôlerie très innovante. On le retrouve sur tous les fronts, de la publicité à l’enregistrement de deux singles. Le cinéma n’utilise que trop rarement ses capacités physiques, il est pourtant hilarant dans une des scènes de "Suivez mon regard", joli film assez mésestimé de Jean Curtelin, quand il essaie de laver les vitres d’une porte qui s’ouvre automatiquement dès que l’on s’y approche. Il va bien évidemment attirer l’attention dans ce lieu public, et petit rappel sociologique tout de même, il essuie quelques réflexions racistes. Il connaît surtout une reconnaissance dans les années 80. Il est particulièrement inquiétant en prisonnier caïd harcelant Richard Berry dans "L’addition". Soucieux de ne pas se laisser enfermer dans cet emploi, il utilise sa vis-comica. C’est Josiane Balasko, qui l’utilise avec le plus d’originalité dans le très acide "Sac de nœuds", son premier film très réussi en l’utilisant sur un mode assez désespéré dans son rôle d’évadé de prison. Il est la vedette d’un exercice de style intéressant "Iréna et les ombres" (1986), en projectionniste rencontrant une femme fatale et dans "Un vampire au paradis" (1990) dans le rôle de Nosfer, homme mystérieux qui provoque le trouble de jeunes filles et qui se révèle être un vampire. Hélas ces films ne connaissent qu’un accueil confidentiel. Marco Ferreri l'utilise avec brio dans "Le banquet" d'après Platon à la télévision. Il lui donne un beau rôle dans "La chair" (1990) où il est touchant en artiste de cabaret philosophe - on le voit dans un numéro de claquettes -, compagnon de Philippe Léotard. Mais personne ne l'écoute, alors qu'il rêve de devenir un artiste dramatique. Où trouve tu la force de devenir un artiste dramatique. Il connaît ensuite une traversée du désert, voir l’article joint de "Libération" de 2005  - que j’avais conservé et ajouté sur un forum d'Allôciné car il m’avait beaucoup touché de même que l'une de ses interventions dans l'émission "Tout le monde en parle" -. Il avait connu un grand succès sur la scène avec "Le pont du milieu". On pouvait espérer le revoir, comme dans "C'est beau une ville la nuit" où il jouait un berbère aveugle. Il laisse l'impression d'un talent gâché, peut-être est-il arrivé vingt ans trop tôt pour s'épanouir dans son génie.

Filmographie : 1982  Les princes (Tony Gatlif) - 1983  La femme de mon pote (Bertrand Blier) - Les fauves (Jean-Louis Daniel) - La poudre aux yeux (Dominique Delcourt & Philippe Gautier, CM) - L'addition (Denis Amar) - 1984  La vengeance du serpent à plumes (Gérard Oury) - Sac de noeudes (Josiane Balasko) - 1985  Poésie en images - Condamné (Abel Bennour, CM) -  Cinématon N°550 (Gérard Courant, CM) - Suivez mon regard (Jean Curtelin) - 1986  Le toréro hallucinogène (Stéphane Clavier, CM) - Irèna et les ombres (Alain Robak) - 1987  Jane B. par Agnès V. (Agnès Varda) - 1990  Un vampire au paradis (Abdelkrim Bahloul) - La carne (La chair) (Marco Ferreri) - 1995  Rainbow pour Rimbaud (Jean Teulé) - 1996  Mo' (Yves-Noël François) - 2005  L'homme inventé, presto agitato (Elisée Fritz, CM) - C'est beau une ville la nuit (Richard Bohringer) - C'est Gradiva qui vous appelle (Gradiva) (Alain Robbe-Grillet) - 2007  Un si beau voyage (Kahled Ghorbal). Télévision : 1988  Le banquet (Marco Ferreri) - 1990  La goutte d'or (Marcel Bluwal) - 1991  Le Gorille : Le Gorille et le barbu (Jean-Claude Sussfeld) - 1993  L'homme dans la nuit (Claude Boissol) - Chambre froide (Sylvain Madigan) - 1994  Avanti ! (Jacques Besnard) - 1996  Alla turca (Macha Méril) - 1997  La fine équipe (Yves Boisset) - 1998  La guerre de l'eau (Marc F. Voizard).

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Farid Chopel lors de la présentation de la deuxième partie de la saison 2004-2005 des théâtres privés parisiens (AFP)

ARTICLES

LIBÉRATION du 28 février 2005

Farid Chopel, 52 ans, Perle rare des one-man shows, silhouette des années 80, il a sombré pendant dix ans dans la drogue et l'alcool et revient au spectacle en miraculé.

Hors d'eau, par Gilles Renault

Farid Chopel en 7 dates.
4 décembre 1952 : Naissance à Paris XIVe.
1960 : Premier prix d'honneur à l'école.
1977 : Premier one-man show, Chopelia.
1981 : Première des Aviateurs avec Ged Marlon.
1986 : Mort de Coluche, avec qui il est en vacances dans le Sud.
2000 : Sortie de l'alcool, première à Bordeaux du spectacle le Pont du milieu.
2005 : Le Pont du milieu au théâtre Rive- Gauche à Paris.

La silhouette n'a pas changé, identifiable entre mille. Du moins pour qui se souvient des années 80 médiatico-culturelles, people avant l'heure : des shows délirants où l'on se presse (les Aviateurs), une pub Perrier qui inonde les télés, le clip du tube branché de Jean-Baptiste Mondino la Danse des mots («Danse danse des mots/c'est la danse danse danse des mots...») Et puis les heures sup': les vernissages, les fêtes parisiennes... De tout cela, l'humoriste Farid Chopel en fut. Jusqu'à plus d'heure. Jusqu'à plus soif. Au bout de la nuit. Quasiment au bout de la vie, aussi.

Aujourd'hui, il est donc au bar. Derrière la devanture, on l'appréhende de trois quarts, pantalon, pull et veste noirs, chemise blanche, casquette : titi typé, quinqua requinqué. Le lieu de la rencontre n'a pas été facile à fixer. Chez lui ? Il n'y tient pas, mal à l'aise. Un grand hôtel, au calme ? Impersonnel. Alors, faute de mieux, va pour ce bistrot du XIe arrondissement, non sans que son attachée de presse ait stipulé à plusieurs reprises qu'il «ne va plus» dans ce genre d'endroit.

Farid Chopel a un journal avec lui, un portable («deux coups de fil très courts à passer.») Il boit un café allongé, accompagné d'un verre d'eau. Belle, sa chienne fidèle, musarde entre les tables. Puis, visage émacié, sourire doux, voix un peu abîmée, Farid Chopel, dont on n'avait plus entendu parler depuis des lustres, commence à se raconter. Comme il le refait sur scène chaque soir, avec un succès croissant qui justifie l'implantation dans des lieux toujours un peu plus grands.

Spectacle éminemment touchant, puisqu'en équilibre stable entre pudeur et intimité, le Pont du milieu enjambe les vies d'un homme, qu'on écoute d'autant plus attentivement qu'il emploie le passé simple et le subjonctif, tel un pied de nez à l'univers si souvent trivial du one-man show comique. Pendant une heure trente, Farid Chopel dévide donc sa pelote, en musique (Un gamin de Paris, Etoile des neiges, le Chant des partisans, Jimi Hendrix, James Brown...) et en mots : «Où es-tu papa ? J'm'en fous» (menteur)... «Nous habitions rue du Ruisseau, français par hasard»... «L'école chez les frères Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle»... «L'expérience du "living theatre'', dur, violent, politique, engagé»... «Le succès»... «Les sorties en boîtes de nuit où on voyait passer un défilé stupéfiant de produits et beaucoup d'alcool»... Jusqu'à la morale de l'histoire, exergue tenant lieu de rappel (à l'ordre, également) : «A force de jouer la comédie, on finit par s'imaginer que la vie est une farce. C'est vrai. Mais il faut y croire. Il faut y croire.»

Le Pont du milieu est mis en scène par Brigitte Morel, qui partage la vie de l'artiste depuis dix ans et porte sur lui un regard tendre qui sait aussi sonder les fêlures. «Farid est quelqu'un d'extrêmement gentil, cultivé, humble et timide en société. Mais, à l'inverse, il peut se montrer très irritable et instable. Avec les deux années écoulées, et le spectacle dont on sait dorénavant qu'il tient la route, il a également appris à mettre en place quelque chose d'inédit chez lui : la patience. Et puis, travailler à nouveau représente ce qui pouvait lui arriver de mieux. Car je pense que la scène est le seul endroit où il se sent fondamentalement heureux. Où il peut exprimer ce même courage physique, intellectuel et émotionnel qui l'a entraîné à un niveau incroyable d'autodestruction.»

L'aura-t-on compris, autant qu'un spectacle, sinon plus, le Pont du milieu est une catharsis. Acte de renaissance artistique d'un personnage qui ne traversait plus les mémoires qu'au gré des diffusions télé de films dans lesquels il avait joué ­ l'Addition, thriller carcéral de Denis Amar, ou Sac de noeuds, comédie de Josiane Balasko. Pour le reste, Farid Chopel était aux abonnés absents depuis le début des années 90. Un spectacle qui se vautre, une séparation amoureuse, plus d'appartement, ni de compte en banque. «Mais je n'ai jamais couché dehors, ou souffert de la faim, il y avait toujours quelqu'un pour me soutenir»... L'engrenage atteint des degrés paroxystiques vers 1994 où, après la drogue, le saltimbanque ne fait plus «que boire, du matin au soir, dans les cafés, avec pour seul horizon, le comptoir». Souvenirs épars : «Je sortais la nuit, marchant des kilomètres, jusqu'à la frontière de la mort.»

Un état qui, de manière plus prosaïque, se traduit par une litanie d'esclandres, de passages au poste, de sirènes d'ambulance, de ruptures sentimentales. Un calvaire que scandent une trentaine d'hospitalisations. Comas, réanimations, état psychopathologique, dédoublement de la personnalité, psychose, semi-catalepsie. Verdict abrupt du corps médical, ainsi qu'annoncé à Brigitte Morel : «Farid va mourir. Il s'agit maintenant de le soutenir afin de préserver sa dignité.»

Mais, au bord du dépôt de bilan, survient un psychanalyste avec qui le courant passe, une hospitalisation dans une clinique privée, un «courage anormal face à la souffrance» (Brigitte Morel), une carcasse qui encaisse tous les chocs et refuse d'abdiquer. Les antidépresseurs aidant, la dépendance à l'alcool s'estompe, disparaît. Depuis quatre ans, Farid Chopel ne boit plus. La sortie du gouffre coïncide bien sûr avec les retrouvailles scéniques, en novembre 2000. «J'étais raide, pétrifié, mais pas par le trac. Il fallait juste que ça revienne physiquement. Je me demandais surtout si mon propos allait encore intéresser du monde.»

A l'évidence, oui. Car ce que Farid Chopel raconte fait sens. L'enfance française d'un gamin basané dans un milieu démuni, «situation parfois dure, mais toujours protégée», avec une mère aimante, un beau-père FLN arrêté, la DST à la maison. La félicité mosellane d'un séjour «chez tante Mathilde et tonton Maurice, les plus belles vacances de ma vie, avec les travaux aux champs». La «scolarité heureuse d'un bon élève» qu'on inscrit dans des institutions privées. L'éveil à la culture, plus ou moins expérimentale et contestataire, telle qu'on la conçoit dans les années 70, d'abord comme spectateur, puis, rapidement, comme acteur (danseur, chanteur). «Une femme me remarque à Nancy, en 1977, et me propose d'intégrer sa compagnie ; j'ai su après que c'était Pina Bausch.» L'expérience communautaire qui vire au parcours en nom propre, avec un premier show «onirico-surréaliste», Chopelia, qui lui met le pied à l'étrier. Farid Chopel joue, tourne, triomphe. «Le succès ne m'a pas étonné, c'est venu un peu naturellement, sans griserie. J'avais de l'argent, j'aimais m'amuser, flamber.» On connaît la suite. Pas encore la fin. Fort d'un bon accueil, le Pont du milieu a de sérieuses chances de jouer les prolongations.

Pendant la rencontre, le café s'est un peu rempli. A la table d'à côté, une jeune photographe asiatique qui effectue fortuitement un reportage sur les bistrots parisiens, dispose plusieurs verres remplis d'apéritifs alcoolisés et demande à Farid Chopel si cela ne l'ennuie pas qu'on aperçoive sa silhouette en arrière-plan. Il accepte avec le sourire. Et commande un autre café.

FaridChopel

LIBÉRATION du 21 avril 2008

Le comédien et chanteur est décédé hier à Paris à l’âge de 55 ans, par Gilles Renault

Salué comme il le méritait il y a trois ans, son nouveau spectacle, le Pont du milieu, revêtait la forme explicite d’une résurrection. L’histoire nous révèle aujourd’hui qu’il avait aussi une dimension testamentaire. Farid Chopel est mort hier après-midi, à Paris, d’un cancer foudroyant (comme Fred Chichin, trajectoire parallèle), à l’âge de 55 ans. Il n’aura donc pas pu goûter longtemps aux retombées de ce come-back qui lui avait permis, in extremis, de tourner un ultime long métrage signé Khaled Ghorbal, - Un si beau voyage - quel titre, vraiment !

Celui de Farid Chopel avait débuté tôt. Fils bien élevé de l’immigration, il connaît les institutions privées et ne tarde pas à se découvrir des talents de performer : danse, living theatre, musique… L’humoriste finit par éclore. En 1977, son premier spectacle, Chopelia, est un succès. Quatre ans plus tard, le duo les Aviateurs, qu’il anime avec Ged Marlon, un triomphe. Son humour déjanté, jamais trivial, séduit. Suivront, dans le désordre, une apparition emblématique dans la Danse des mots, le clip de Mondino, une pub Perrier qui fait que toute la France cathodique le connaît, un rôle cinématographique à succès, dans le Sac de nœuds de Balasko…

Devançant d’une génération les vedettes actuelles du rire black-blanc-beur (Jamel, Yacine, Moustapha…), Farid Chopel jouit d’une belle popularité, figure branchée des nuits parisiennes où l’on croise sa silhouette longiligne jusqu’à plus d’heure. Jusqu’à plus soif… Inexorablement, il plonge, abuse de tout, ne se souvient plus de rien. Violente traversée du désert, les années 90 ne sont plus qu’un vaste trou noir ; d’où l’extirpe Brigitte Morel, sa compagne, aimante, patiente, qui tempère ce «niveau incroyable d’autodestruction» qui l’a déjà amené à plusieurs reprises «à la frontière de la mort».

Farid Chopel avait un beau sourire équivoque, empreint de pudeur. Son dernier spectacle s’achevait ainsi : «A force de jouer la comédie, on s’imagine que la vie est une farce. C’est vrai. Mais il faut y croire. Il faut y croire.»

AFP

Décès du comédien Farid Chopel

Le comédien et chanteur Farid Chopel est décédé dimanche à Paris l'âge de 55 ans d'un cancer foudroyant, a annoncé son attachée de presse. "Farid Chopel nous a quittés à 16h30 des suites d'un cancer foudroyant", a déclaré Mme Michelle Latraverse. Son cancer avait été diagnostiqué lors de son hospitalisation, il y a quatre semaine à l'hôpital Cochin, a-t-elle précisé. Grance figure de la vie nocturne des années 80, l'auteur et interprète de "L'Aviateur", la pièce qui l'avait lancé, avait enchaîné les tournages - "L'Addition", "La Femme de mon pote", "Sac de Noeuds", "Le Banquet" et "La Carne" de Marco Ferreri. Après une longue éclipse dans la décennie 90, due aux drogues et à l'alcool, il était revenu en 2003, seul à la scène, pour le one man-show "Le Pont du milieu" et la publication, deux ans plus tard, de son autobiographie, "Et je danse encore" (Editions Privé), co-rédigé avec sa compagne. Fils d'immigrés algériens né à Paris le 4 décembre 1952, Farid Chopel n'avait pas d'enfants, a précisé Mme Latraverse. 

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20 avril 2008

MORT D'HAZEL COURT

HZ1 Annonce de la mort d'Hazel Court à l'âge de 82 ans. Elle valait mieux que ce qu'en disaient Raymond Lefevre et Raymond Lacourbe dans "30 ans du cinéma britannique" (Éditons cinéma 76) : "...Une beauté rousse qui n'a guère réussi  surmonter le handicap d'une récente spécialisation dans les films d'épouvante". Cette anglaise, fille d'un joueur de cricket réputé, G.W. Court, débute au théâtre et fait sa première apparition à l'âge de 16 ans dans "Champagne Charlie". Cette rousse flamboyante a un physique idéal pour personnifier les héroïnes victimes de monstre, elle rencontre une martienne dans "Devil girl from Mars", et devient Elizabeth dans "Frankenstein s'est échappé", renouvellement complet du genre pour la Hammer par un Terence Fisher très inspiré, elle a pour partenaire Peter Cushing et Christopher Lee. Elle retrouve ce metteur en scène dans "L'homme qui trompait la mort" - inédit en salles en France -, face à Anton Diffring en professeur fou découvrant le secret de jouvence. Elle connaît grâce aux succès de ces films, une consécration internationale qui lui vaut de participer à des adaptions de l'univers d'Edgar Allan Poe par Roger Corman. Elle est la partenaire de Ray Milland qui joue un médecin cataleptique dans "Emmuré vivant" (1962), celle de Vincent Price, Boris Karloff et Peter Lorre dans "Le corbeau" farce bien éloignée du poème original, et de Vincent Price toujours dans "Le masque de la mort rouge" Un certain âge d'or de ce cinéma terminé, elle devient une vedette invitée pour nombre de séries comme "Alfred Hitchcock présente", 4 épisodes dont un signé par le maître lui-même, "Arthur" (1959), petit bijou d'humour noir avec Laurence Harvey, irrésistible en éleveur de poulets industriels. On la retrouve aussi notamment dans,"Destination danger", "La quatrième dimension", "L'homme à la Rolls", "Les mystères de l'Ouest", "Mission impossible", "Mannix", etc... Elle épouse le comédien Don Taylor - en secondes noces après son mariage avec le comédien irlandais Dermot Walsh - en 1964, et décide de s'éloigner de l'écran pour s’occuper de ses enfants Jonathan et Courney, elle restera avec lui jusqu'à sa mort en 1998. Elle se consacre alors à la peinture et à la sculpture. Elle se retire définitivement au début des années 80, après une apparition dans "La malédiction finale". Elle fut une des plus célèbre "scream queen" de l'histoire du cinéma fantastique, souvent célébrée par les fans du genre. A lire son portrait par Benoît Chénier, sur le site "Astronef magazine".

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Filmographie : 1944  Champagne Charlie (Alberto Cavalcanti) - Dreaming (John Baxter) - 1946  Gaiety George (Titre USA : Showtime) (George King & Léontine Sagan) - Carnival (Stanley Haynes) - Hungry Hill (Brian Desmond Hurst) - 1947  Meet me at dawn / The Gay Duellist (Thornton Freeland & Peter Creswell) - Root of All Evil (Brock Williams) - Dear Murderer (Mon cher assassin) (Arthur Crabtree) - Holiday camp (Ken Annakin) - 1948  My sister and I (Harold Huth) - Bond Street (Gordon Parry) - Forbidden (George King) - 1952  Ghost Ship (Vernon Sewell) - 1953  Counterspy (Titre USA : Undercover Agent) (Vernon Sewell) - 1954   Devil girl from Mars (La martienne diabolique) (David MacDonald) - Scarlet Web (Charles Saunders) - Tale of Three Women (sketch "Wedding Gift' story") (Thelma Connell & Paul Dickson) - Present for a bride Edward J. Danziger) - 1956  The narrowing circle (Charles Saunders) - Behind the Headlines (Charles Saunders) - The curse of Frankenstein (Frankenstein s’est échappé) (Terence Fisher) - 1957  Hour of decision (C.M. Pennington-Richards) - 1958  A woman of mystery (Ernest Morris) - 1959  Model for murder (Terry Bishop) - Breakout (Peter Graham Scott) - The man who could cheat death (L' homme qui trompait la mort / L'homme qui faisait des miracles) (Terence Fisher) - The Shakedown (Chantage à Soho) (John Lemont) - 1961  Doctor Blood's Coffin (Belgique : Le cadavre qui tue) (Sidney J. Furie) - Mary had a little... (Edward Buzzell) - 1962  Premature burial (L’enterré vivant) (Roger Corman) - 1963  The raven (Le corbeau d'Edgar Poe) (Roger Corman) - 1964  The masque of the red death (Le masque de la mort rouge) (Roger Corman) - 1981  The Final Conflict (La malédiction finale) (Graham Baker) - 1997  Flesh and blood (Ted Newsom, documentaire) - 2000  I used to be in pictures (Peter Turner, documentaire).

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12 avril 2008

MORT DE JACQUES BERTHIER

Berthier2 Annonce de la mort du comédien Jacques Berthier le 2 avril dernier à l'âge de 92 ans, faite par sa veuve Lily Baron à l'équipe du site "Les gens du cinéma". Saluons ce site qui rend ainsi hommage aux oubliés de l'agence AFP, comme Colette Bergé par exemple soeur de Francine, Bruno Devoldère, Paula Dehelly, une grande voix du doublage ou Marie-Françoise Audollent. Né le 10 février 1916 à Paris, il suit des études sportives. Il suit ensuite des cours de comédie chez S. Sicard, puis assiste à la classe de Louis Jouvet au conservatoire. Il multiplie les activités artistiques, peinture, sculpture et décoration. Il débute au cinéma en 1939, son allure et sa prestance lui permettent de jouer des pères nobles et des officiers, jusqu'en 1985, où il est crédité par Agnès Varda dans "Sans toit ni loi", dans le rôle du "petit monsieur bien-mis". On le retrouvera souvent à la télévision dès les années 50, citons par exemple le trésorier d'une confrérie de truands dans un épisode des "Brigades du tigre". Le cinéma italien le demande souvent, on le retrouve ainsi en vedette dans "Les derniers jours d'Herculanum", évoquant les persécutions des premiers chrétiens dans la Rome de Titus, ou dans "Colorado Charlie", où il est un shériff qui ne peut se retirer pour se marier et doit reprendre les armes. Il tente de se diversifier, en réalisant des courts-métrages documentaires. Il signe en 1960, son seul long-métrage, avec Anouk Aimée, débutante, Christian Pezey, Jacques Dacqmine, Geneviève Fontanel et Patrica Gozzi. Le film raconte l'histoire des amours de jeunes gens, dans le petit monde des brocanteurs. Le film est bien reçu, pour  "L'analyse générale des films 1962" : "Jacques Berthier pour son premier film a choisi le cadre pittoresque et rude de la foire aux puces, quil oppose au milieu doré des antiquaires, où se situe le mirage, l'illusion, le rêve passager de son héros. Ce mélodrame un peu précieux n'est pas sans charme et doit plaire à un public assez étendu". La saison cinématographique 1962 évoque "une sorte de gentillesse diffuse et tendre qui baigne tous les personnages. Jacques Berthier, acteur venu à la réalisation, a beaucoup de goût. Il donne même parfois dans le baroque un peu voyant, mais il le fait avec une élégance estimable". Il a aussi une voxographie importante, prêtant sa voix notamment à Raymond Burr ("Perry Mason", "L'homme de fer" - succédant pour ce dernier à Jean-Martinelli -, et dans des séries d'animation comme "Goldorak" - rôle de Véga -. Ciné Fx diffuse ce soir à 21 heure "L'atlantide" de Jean Kerchbron, dans lequel il joue Morthange. Bibliographie : "Annuaire biographique du cinéma et de la télévision 1962-1963" (Contact-Éditions).

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Filmographie : 1939  La fin du jour (Julien Duvivier) - 1941  Le destin fabuleux de Désirée Clary (Sacha Guitry) - 1943  Béatrice devant le désir (Jean de Marguenat) - 1945  Tant que je vivrai (Jacques de Baroncelli) - Adieu chérie (Raymond Bernard) - 1946  Le bateau à soupe (Maurice Gleize) - 1947  La révoltée (Marcel L'Herbier) - Les requins de Gibraltar (Emil-Edwin Reiner) - 1949  On n'aime qu'une fois (Jean Stelli) - 1950  Maria du bout du monde (Jean Stelli) - Ombre et lumière (Henri Calef) - 1951  Les deux "Monsieur" de Madame (Robert Bibal) - 1953  The master of Ballantrae (Le vagabond des mers) (William Keighley) - Si Versailles m'était conté (Sacha Guitry) - Raspoutine (Georges Combret) - 1954  La belle Otéro (Richard Pottier) - 1955 Tam-Tam mayumbe (Tam-Tam) (Gian Gaspare Napolitano) -  Un missionnaire (Maurice Cloche) - Les insoumises (René Gaveau) - 1957  Charmants garçons (Henri Decoin) - Premier mai / Le père et l'enfant (Luis Saslavsky) - 1959  Un témoin dans la ville (Édouard Molinaro) - Nathalie agent secret (Henri Decoin) - Costa azzurra (Le miroir aux alouettes) (Vittorio Sala) - 1960  Qui êtes-vous Monsieur Sorge ? (Yves Ciampi) - 1961  Les trois mousquetaires (Bernard Borderie) - Lemmy pour les dames (Bernard Borderie) - 1962  Anno 79 : La distruzione di Ercolano (Les derniers jours d’ Herculanum) (Gianfranco Parolini) - Il vecchio testamento / The old testament / Los macabeos (John Eastwood [Gianfranco Parolini]) - 1965  La pharmacienne (Serge Hanin & Jany Holt, CM) - Colorado Charlie 'Colorado Charlie - La loi de l'Ouest) (Robert Johnson [Roberto Mauri]) - 1966  Uno sceriffo tutto d’oro (L'or du Shérif)  (Richard Kean & Eastmang Glen ([Osvaldo Civirani]) - Tiffany memorandum / Sciarada internazionale (Coup de force à Berlin) (Terence Hathaway [Sergio Grieco]) - 1967  Mayerling (Id) (Terence Young) - 1969  La battaglia d’ inghitterra / El largo dia del águila (Sur ordre du Führer / De Dunkerque à la bataille de Londres) (Enzo Girolami Castellari) - 1974  Il bianco, il giallo, il nero / El blanco, el amarillo y el negro (Le blanc, le jaune et le noir (Sergio Corbucci) - 1976  Frou-Frou del Tabarin (Giovanni Brochard) - Une femme fidèle (Roger Vadim) - 1978  Brigade mondaine (Jacques Scandelari) - 1985  Sans toit ni loi (Agnès Varda, sous réserves). Nota : Il ne semble pas participer à "La rage au corps" (Ralph Habib, 1953). Comme réalisateur : 1952  Charles Péguy (CM) - 1953  Présentation à Notre-Dame de Chartres (CM) - 1956  Les filles du feu (MM) - 1960  La montagne sauvage (CM) - Quai Notre-Dame - Télévision (notamment) : 1958  Les cinq dernières minutes : Tableau de chasse (Claude Loursais) - 1961  Les bijoux d'Isabelle (Jacques Rutman) - 1968  Les chevaliers du ciel (François Villiers, saison 2) - 1970  Mauregard (Claude de Givray) - 1971  Madame êtes-vous libre ? (Jean-Paul Le Chanois) - 1972  Une brune aux yeux bleus (Roger [Lazare] Iglésis)- L'Atlantide (Jean Kerchbron) - 1973  Le masque aux yeux d'or (Paul Paviot) - Destins : Chère petite madame (Serge Hanin) - Une atroce petite musique (Georges Lacombe) - Ton amour et ma jeunesse (Alain Dhénaut) - 1974  Aux frontières du possible : Alerte au minotaure (Victor Vicas) - Les brigades du tigre : La confrérie des loups (Victor Vicas) - 1975  Splendeurs et misères des courtisanes (Maurice Cazeneuve) - 1976  Commissaire Moulin : Ricochet (Alain Dhénaut) - 1977  Richelieu (Jean-Pierre Decourt) - 1978  Allégra (Michel Wyn) - Les grandes conjuration : Le connétable de Bourbon (Jean-Pierre Decourt) - 1980  Au théâtre ce soir : Ne quittez pas ! (Pierre Sabbagh) - 1981  Les amours des Années Folles : La messagère (François Gir) - Carte vermeil (Alain Levent) - 1982  Ultimatum (Georges Farrel) - 1996  Les enfants du mensonge (Frédéric Krivine) - Voxographie (notamment) : 1957  Tokende (Gérard de Boe, documentaire, récitant) - Shiroi sanmayaku (Le toit du monde / La montagne sauvage) (Sadao Imamura, récitant version française) - 1968  Z (Costa-Gavras, doublage).

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11 avril 2008

SANS ARME, NI HAINE, NI VIOLENCE

Sansarme Reprenons un peu les avant-premières, avec celle de l’UGC-Cité-Bordeaux du 25 mars dernier du film "Sans arme, ni haine, ni violence", en présence de son réalisateur, Jean-Paul Rouve et Gilles Lellouche. On retrouve donc le second film adapté de la vie romanesque d’Albert Spaggiari, avec l’assez oubliable "Les égouts du paradis" tourné en 1978, avec Francis Huster et Jean-François Balmer, pas le meilleur film de son metteur en scène convenons-en… On ne peut pas dire que Jean-Paul Rouve flirte avec la sympathie à l’issue du film. Il fallait le voir, proférant un tonitruant "ta gueule !" à un jeune spectateur de 12 ans posant des questions pertinentes – déclaration rouvienne, " il devrait travailler à Libération ! "-, donnant des détails sur l’absence d’Alice Taglioni, pourtant annoncée en se délectant des ravages d’une "gastro" chez cette superbe actrice -. Petite surprise, avec l’arrivée du chef-opérateur Christophe Offenstein, qui est de la région, le film lui doit beaucoup compensant les faiblesses de la réconstitution – il est un peu gênant de voir l’un des protagonistes lire un "Paris Match" d’époque ! -. Pour avoir eu la chance de voir travailler M. Offenstein sur "Mon idole" et "Edy" - grâce à François Berléand - il est évident que l’on retrouve sa patte. Mais hélas Jean-Paul Rouve le présente avec condescendance et minore sa participation au film. Car il a un sérieux côté content de lui – il ne voyait que lui-même - pour le rôle -, voire même cassant – sans doute une défense si on veut faire de la psychanalyse de "Prisu" -, mais on lui pardonne car son talent d’acteur est énorme – confère ce qu’il apporte au personnage de grand méchant dans le factice "La jeune fille et les loups". Il privilégie l’aspect excentrique du personnage, ne voulant pas faire un biopic. Il le compare à un chanteur, qui n’aurait eu qu’un "tube" dans sa vie. Il déclare ne pas avoir souhaité faire un documentaire, bien qu’aimant ces histoires. Il était scotché à la vision de "Faites entrer l’accusé", présenté par l’ineffable Christophe Hondelatte - …la honte du Pays-Basque -. Evidemment tout le monde s’est mis à rire, mais non Rouve était bien sérieux… Il s’amuse visiblement avec cette figure cabotine, édulcorant certaines aspects négatifs de la personnalité du bandit. Son racisme est évoqué cependant, tel le malaise qu’il crée face à une jeune vendeuse de vêtement vietnamienne - Pom Klementieff, un nom à retenir -. . S’il montre aussi que le truand possède véritablement des armes, loin de sa légende, il préfère minorer ses idées avec de l’humour – le « gauchiste » proféré souvent – Imprimons donc la légende, avec pour danger de rendre sympathique un homme aux idées très douteuses – son flirt avec l’extrême-droite, son soutien à l’OAS, etc… -. L’histoire est dont très romancée, la compagne de Spaggiari, était moins magnifique que la belle Alice, et a juré fidélité à sa mémoire -.  Le personnage de journaliste joué par Gilles Lellouche  est inventé également. Le comédien est d’ailleurs très sympathique et modeste, déplorant avec humour, avoir évité son accès au vedettariat avec l’échec du très plaisant "Ma vie est une comédie romantique". Le comédien s’étonne des rôles approchant les gangsters des années 70, après le décevant "Dernier gang", et avant la première partie du film de Jean-François Richet, sur la vie de Jacques Mesrine, il y interprète un dandy voyou.

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Gilles Lellouche & Jean-Paul Rouve

Le film est assez ludique, même s’il se révèle décevant. Il y a pourtant de bonnes idées, comme l’utilisation d’un très important comédien français, venu par amitié. Je vous en laisse la surprise, mais en précisant que j’ai rajouté sadiquement son nom dans les fiches Wikipédia et IMDB du film, et que son nom est dans le dossier de presse trouvable sur le web et dans les magazines de cinéma. Il figure un grand truand marseillais soupçonné d’avoir aidé Spaggiari, mais comme l’individu est plutôt procédurier, Rouve à trouvé l’astuce de filmer le comédien en question, de manière à ce que personne ne le reconnaisse vraiment. Son nom figure avec humour au générique final – avec la mention "avec pour la première fois (pas) à l’écran" -. Disons que sans "Contestation générale" et sans en faire "Une question d’honneur" - comprenne qui pourra… - il nous a tout de même bien mis sur la voie pour identifier le caïd , en déclarant "Ça finit par… et ça commence par…". Rouve en interprétant ce bandit médiatique phagocyte l’écran, laissant peu de place à Gilles Lellouche et Alice Taglioni, qui sauvent honorablement leurs personnages. Les seconds couteaux doivent se contenter des miettes, comme le trop rare sur le grand écran et excellent Maxime Leroux, qui a plus une silhouette à habiter que de rôle à tenir avec son personnage de "68". Beaucoup de comédiens doivent se contenter de faire de la figuration intelligente, comme le trio de policier décalé – Alice Marivin, Jean-Philippe Puymartin et Renan Carteaux -, Patrick Bosso en truand – qui porte cependant magnifiquement les boucles d’oreilles -, Arsène Mosca en perceur de coffre, ou Florence Loiret-Caille en épouse du journaliste. Les autres n’ont l’occasion que de tenir des apparitions subliminales, tel François Berland en avocat. Au final, si le divertissement l’emporte, on se fatigue de voir ainsi glorifiée une certaine mythologie des voyous. Son auteur n’aura pas réussi à égaler l’originalité des ses camarades des Robins des Bois, Pierre-François Martin-Laval et surtout de Maurice Barthélémy, passant à la réalisation. Je croise Jean-Paul Rouve, en lui disant qu’il pourrait être un formidable Robert Le Vigan, dont il partage une certaine folie, des personnes lui en ont déjà parlé. Il trouve le personnage trop négatif – il a pourtant joué un "collabo" dans "Monsieur Batignolle" et repart en évoquant tout haut une hypothétique participation à un remake de "Goupi Mains-rouges"…

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10 avril 2008

MORT DE JACQUES MOREL

JacquesMorel ROCHE/TF1/SIPA ¦ Jacques Morel sur le tournage de la serie «Julien Fontanes».

Annonce de la mort de Jacques Morel, dans la nuit de mercredi à jeudi. Sur le parcours étonnant de Jacques Morel, je vous renvoie vers l’indispensable livre de Jacques Lorcey "Tout Guitry". Il cite les anecdotes multiples de son livre "Regards en coulisses" (Guy Authier, 1978), évidemment épuisé, et évoque longuement cet artiste complet. De son vrai nom Jacques Houstraete, il est prédestiné à travailler dans les métiers du carburant comme sa famille. Il rencontre Jane Sourza, puis Raymond Souplex. Il se lance dès 1941, dans l’animation de cabarets, avec bien évidemment quelques zones d’ombre, comme quelques interventions à la radio dans "Radio-Paris", qui lui vaut quelques déboires face aux comités d’épurations à la Libération. Sa voix aussi, est souvent utilisée – selon lui il participe à plusieurs milliers d’émissions radio, tel le culte "Maîtres du mystère". Il sera plus tard Obélix formant un contraste amusant avec Roger Carel dans les premiers dessins animés adaptés de l’œuvre de René Goscinny et Albert Uderzo, il sera aussi « le bon gros toutou », dans le dessin animé "La maison de toutou", à la télévision. Il alterne les films passant de grands metteurs en scène – Marcel Pagnol, Jean Renoir, Sacha Guitry – dont il témoigne longuement dans le livre de Lorcey -. Il confère une humanité remarquable au Louis XVI dans l’académique « Marie-Antoinette » de Jean Delannoy, il est sans doute l’un des comédiens à l’avoir le mieux incarné avec Jean-François Balmer dans - "La Révolution fran