08 novembre 2009
MORT DE CHRISTIAN BARBIER
Christian Barbier dans "L'homme de Picardie"
Annonce de la mort du comédien d'origine belge Christian Barbier à l'âge de 85 ans, j'y reviendrai dès que possible.
Filmographie : 1956 Alerte au Deuxième Bureau (Jean Stelli) - 1960 Il fallait commencer par là (Pierre Fannoy, CM) - 1964 Lucky Jo (Michel Deville) - Week-end à Zuydcoote (Henri Verneuil) - Marie-Soleil (Antoine Bourseiller) - 1965 La vie de château (Jean-Paul Rappeneau) - 1966 Trans-Europ-Express (Alain Robbe-Grillet) - Maigret a Pigalle (Maigret à Pigalle) (Mario Landi) - L'homme qui osa (Jean Delire, CM) - 1966 La loi du survivant (José Giovanni, sous réserves) - 1967 Le Franciscain de Bourges (Claude Autant-Lara) - L’homme qui valait des milliards (Michel Boisrond) - Lamiel (Jean Aurel) - 1968 La désirade (Alain Cuniot) - 1969 L’armée des ombres (Jean-Pierre Melville) - L'hiver (Marcel Hanoun) - La horse (Pierre Granier-Deferre) - Paix sur les champs (Jacques Boigelot) - 1970 César Grandblaise / Les jambes en l’air (Jean Dewever) - 1972 La chambre rouge (Jean-Pierre Berckmans) - Le gang des otages (Édouard Molinaro) - 1973 Les granges brûlées (Jean Chapot) - Les tueurs fous (Boris Szulzinger) - 1976 Jambon d’Ardenne (Benoît Lamy) - 1977 Un jour comme un autre (Marc Mopty, CM) - L’homme pressé (Édouard Molinaro) - 1980 Trois hommes à abattre (Jacques Deray) - 1982 Hiver 60 (Thierry Michel) - 1984 Brigade des mœurs (Max Pécas) - Le voyage d’hiver (Marian Handwerker) - 1987 La maison assassinée (Georges Lautner) - 1990 L’année de l’éveil (Gérard Corbiau) - 1991 Bill's party (Simon Cresswell, CM) - Mayrig (Henri Verneuil, + version TV) - 1995 Éternelles (Erick Zonca, CM) - 2001 Une belle journée (Frédérique Dolphyn, CM) - 2002 Les sabots de Vénus (Jean-Pierre Coindet, dit Jimmy-Paul Coti).
Télévision : (notamment) : 1964 Les Indes noires (Marcel Bluwal) - 1965 Le théâtre de la jeunesse : Tarrass Boulba (Alain Boudet) - 1966 Corsaires et flibustiers (Claude Barma) - Le condamné meurt à cinq heures - Les Troyennes - Mission accomplie - 1968 Les enquêtes du commissaire Maigret : L'inspecteur cadavre (Michel Drach) - L'homme du Picardie (Jacques Ertaud) - 1972 Le grillon du foyer (Jean-Paul Carrère) - Les rois maudits : Le lis et le lion (Claude Barma) - 1973 Un homme et une ville (Joseph Drimal) - La chamaille (Jacques Pierre) - Coup de sang (Jean-Paul Carrère) - La ligne de démarcation : Raymond (Jacques Ertaud) - 1974 Messieurs les jurés : L'affaire Lusanger (André Michel) - Le bon samaritain (René Gainville) - Les cinq dernières minutes : Rouges sont les vendanges (Claude Loursais) - 1975 Les cinq dernières minutes : Le coup de pouce (Claude Loursais) - Les malfaisants (Jean Kerchbron) - 1977 Les lettres volées (Pierre Goutas) - 1978 Preuves à l'appui : Les loups du bois (Jean Laviron) - 1979 Bauduin des mines (Michel Jakar) - Le jeune homme vert (Roger Pigaut) - L'oeil du sorcier (Alain Dhénaut) - Mon ami Gaylor (Pierre Goutas) - 1980 La fortune des Rougon (Yves-André Hubert) - 1981 Sept hommes en enfer (Youri) - Sans famille (Jacques Ertaud) - 1982 Les amours des années grises : Mon village à l'heure allemande (Marlène Bertin) - 1984 Julien Fontanes : Un coup de bluff (Daniel Moosmann) - 1986 Espionne et tais-toi (Claude Boissol, saison 1) - 1987 Marie Pervenche : Une tigresse dans le moteur (Claude Boissol) - L'heure Simenon : Le fils Cardinaud (Gérard Mordillat) - 1988 Espionne et tais-toi (Claude Boissol, saison 2) - La vie en panne (Agnès Delarive) - 1991 Les hordes (Jean-Claude Missiaen) - 1993 Martineau... et le portrait de femme (Daniel Moosmann) - 1994 Tout feu, tout femme (Marion Sarraut & Pierre Sisser) - 1997 Le surdoué (Alain Bonnot) - La serre aux truffes (Jacques Audoir) - 1998 La grande Béké (Alain Maline) - 1999 Le porteur de destins (Denis Malleval) - Retour à Fonteyne (Philomène Esposito) - 2003 Retour à Locmaria (Williams Crépin).
Christian Barbier dans "Cinématon N° 1006", photo source le site officiel de Gérard Courant
Nota : Seul IMDB le crédite dans "La loi du survivant" (José Giovanni, 1966), toute précision serait bienvenue. Il convient de ne pas le confondre avec son homonyme Christian Barbier, célèbre animateur d'Europe 1 et acteur occasionnel. Il pose de multiples problèmes aux filmographes, mais saluons le travail de Jacques Noël qui le premier fit sa filmographie dans l'excellente revue "Stars N°11". Filmographie : 1965 Masculin Féminin (Jean-Luc Godard) - 1967 Les Poneyttes (Joël Le Moigné) - 1968 Target : Harry (Istanbul mission impossible) (Roger Corman) - 1970 Point de chute (Sergio Gobbi) - 1971 Les gales d'Etretat (Sergio Gobbi) - 1972 Les voraces (Sergio Gobbi) - La raison du plus fou (François Reichenbach) - 1973 L'affaire Crazy Capo (Patrick Jamain) - 1974 Sérieux comme le plaisir (Robert Benayoun) - Seul le vent connaît la réponse (Alfred Vohrer) - 1975 Blondy (Sergio Gobbi) - 1983 La France interdite (Jean-Pierre Imbrohoris, Jean-Pierre Garnier & Gilles Delannoy, documentaire, voix du récitant) - 1985 Suivez mon regard (Jean Curtelin) - 1988 Drôle d'endroit pour une rencontre (François Dupeyron, voix seulement) - Cinématon N°1006 (Gérard Courant, CM) - 1997 Le pari (Bernard Campan & Didier Bourdon). J'avais fait "le ménage" dans IMDB, créant également un troisième Christian Barbier acteur-cascadeur chez Luc Besson dans son "Jeanne D'Arc", mais quelques erreurs subsistent, en attendant de les corriger...
29 octobre 2009
MORT DE PIERRE DORIS
AFP - L'acteur Pierre Doris en 1971..
Annonce de la mort du comédien Pierre Doris, grand chantre de l'humour noir, alors qu’il allait atteindre son 90ème anniversaire. Il ne semble pas avoir pris le cinéma au sérieux. Il joue le satyre dans bien des films depuis la série des "Saintes chéries". Le regard salace, l’air libidineux, il se régale dans l’égrillard. Il est même en vedette avec France Anglade dans le navrant mais néanmoins désopilant "Clémentine Chérie", adapté d'une B.D. de Jean Bellus. Il y joue Gaston Bellus, un archétype du Français moyen, inventeur du tissu élastique. La plupart du temps, il se contente de faire-valoir tel le moine fourbe face à Fernandel dans "Le bon roi Dagobert". Il trouve le rôle de sa vie à la télévision, en tragi-comique garde-champêtre, grâce à Maurice Pialat qui lui donne l’occasion de donner le meilleur de lui-même dans le feuilleton « La maison des bois », à l’instar d’un Hubert Deschamps dans "La gueule ouverte". Samuel Douhaire en parle parfaitement dans "Le dictionnaire Pialat", (Éditons Léo Scheer, 2008). : "…Grâce à Pialat, un grand acteur comique vient de révéler un don pour la tragédie que les circonstances ne lui avaient pas permis d’exprimer. Et ne lui permettront plus d’exprimer : pour Pierre Doris, « La maison des bois » sera resté une parenthèse éblouissante entre le boulevard télévisé d’Au théâtre ce soir et Les planqués du régiment". Selon Pascal Mérigeau, dans son livre "Pialat" (Bernard Grasset, 2002 », il ne semble pas avoir pris son rôle très au sérieux : « …Sans doute Pierre Doris se considérera-t-il parfois, lui aussi, comme de passage, un cacheton de plus à toucher, chaque soir il repart pour Paris au volant de sa Mercedes pour faire le zouave dans un cabaret ou dans un autre ». Hormis Pialat, il n’aura eu que rarement d’occasions de sortir du registre « franchouille », comme chez Jean Marboeuf "La ville des silences", où il est un commissaire corrompu et chez Nicole Garcia dans « Outremer », en oncle patriarche vivant dans l’Algérie coloniale. Malgré une parfaite tendance au n’importe quoi – il fallait l’entendre parodier l’ineffable Jordy dans "C’est dur d’être un pépé", il aura gardé une truculence rabelaisienne dans bien des nanars. Dans « Les rois du gag », il est même cantonné dans le rôle d’un gagman de Michel Serrault, qui faisant équipe avec Maurice Baquet forme un duo totalement ringard. On se régalera à le voir en spectateur bavard dans le "Kulte" "Si vous n’aimez pas ça n’en dégoutez pas les autres" , ou en truand d’opérette dans "L’émir préfère les blondes". Il sera un Bérurier adipeux dans "San Antonio ne pense qu’à ça", dans hélas, le moins intéressant des films de Joël Séria. Mais il restera comme un comique novateur, jouant avec les tabous comme la mort "Nuance : quand l’homme est mort, on l’enterre, quand l’arbre est mort, on le déterre !", et ouvrant des perspectives à d’autres, comme Laurent Ruquier, qui ne manquait jamais de s’en référer. Son fils Michel Tugot-Doris est également comédien.
Dans "L'émir préfère les blondes"
Filmographie : 1956 Comme un cheveu sur la soupe (Maurice Régamey) - 1957 Paris Music-Hall (Stany Cordier) - L’amour est en jeu / Ma femme, mon gosse et moi (Marc Allégret) - Le triporteur (Jack Pinoteau) - Mimi Pinson (Robert Darène) - 1958 En légitime défense (André Berthomieu) - Cigarettes, whisky et p’tites pépées (Maurice Régamey) - Messieurs des Ronds de Cuir (Henri Diamant-Berger) - Julie la Rousse (Claude Boissol) - 1959 Business (Maurice Boutel) - 1960 Fortunat (Alex Joffé) - Le Sahara brûle (Michel Gast) - Dans la gueule du loup (Jean-Charles Dudrumet) - Dans l’eau qui fait des bulles / Le garde-champêtre mène l’enquête (Maurice Delbez) - 1962 L'empire de la nuit (Pierre Grimblat) - Les veinards [Sketch : "Une nuit avec la vedette"] (Philippe de Broca) - Clémentine chérie (Pierre Chevalier) - L'assassin viendra ce soir (Jean Maley) - 1963 Cherchez l'idole (Michel Boisrond) - La porteuse de pain (Maurice Cloche) - Le bon roi Dagobert (Pierre Chevalier) - Le motorizzate (Les motorisées) [Sketch : "Roulotte squillo"] (Marino Girolami) - 1964 Le petit monstre (Jean-Paul Sassy, inédit en salles) - Les mordus de Paris (Pierre Armand) - Requiem pour un caïd (Maurice Cloche) - Allez France ! (Robert Dhéry) - Les gorilles (Jean Girault) - Déclic... et des claques (Philippe Clair) - La bonne occase (Philippe Clair) - 1965 Whisky y vodka (Fernando Palacios, inédit en France) - 1966 Trois enfants dans le désordre (Léo Joannon) - 1967 La permission (Melvin Van Peebles) - 1968 Bruno, l’enfant du dimanche (Louis Grospierre) - Slogan (Pierre Grimblat, bien que crédité au générique, il n'apparaît pas dans les copies existantes) - 1969 Aux frais de la princesse (Roland Quignon) - 1972 La guerre des espions / Bastos ou ma soeur préfère le colt 45 (Jean-Louis Van Belle, film belge inédit en France) - 1973 Le Führer en folie (Philippe Clair) - 1974 Mais où sont passées les jeunes filles en fleurs (Jean Desvilles) - 1975 Les petits dessous des grands ensembles (Christian Chevreuse) - 1976 Le jour de gloire (Jacques Besnard) - 1977 Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres ! (Raymond Lewin) - Ça glisse au pays des merveilles (Christian Chevreuse) - 1978 Freddy (Titre DVD : Jeannot la frime) (Robert Thomas) - 1979 La ville des silences (Jean Marboeuf) - 1980 San Antonio ne pense qu’à ça (Joël Séria) - 1982 Ça va faire mal ! (Jean-François Davy) - On n’est pas sorti de l’auberge (Max Pécas) - On l'appelle catastrophe (Richard Balducci) - 1983 L’Émir préfère les blondes (Alain Payet) - Les planqués du régiment (Michel Caputo) - 1984 Les rois du gag (Claude Zidi) - 1985 Dressage / Titre TV : Éducation perverse (Pierre B. Reinhard) - 1987 Le diable rose (Pierre B. Reinhard, inédit en salles) - 1989 Outremer (Brigitte Roüan). Voxographie : 1978 Tess (Id) (Roman Polanski, doublage version française) - 1983 Heidi's song (Les malheurs d'Heidi) (Robert Taylor, animation, version française).
Dans "La maison des bois"
Télévision : (notamment) : 1962 Vincent Scotto (Henri Spade) - 1963 La chasse ou l'amour puni (Alain Boudet) - Teuf-teuf (Georges Folgoas, variétés) - 1964 Pierrot des alouettes (Henri Spade) - 1965 La misère et la gloire / La misère et la gloire d'Alexandre Dumas (Henri Spade) - La queue du diable (André Leroux) - Les saintes chéries : Ève au volant (Jean Becker) - 1966 Gerfaut (François Gir) - 1967 Les sept de l'escalier quinze B (Georges Régnier) - Deslouettes père et fils (Arlen Papazian & Claude Robrini) - Meutre en sourdine (Gilbert Pineau) - 1968 Les saintes chéries : Quand Éve n'est pas là (Jean Becker) - Les saintes chéries : Ève sur la plage (Jean Becker) - Les dossiers de l'agence O : La petite fleuriste de Deauville (Jean Salvy) - 1969 Au théâtre ce soir : Le mari ne compte pas (Pierre Sabbagh) - Au théâtre ce soir : Rappelez-moi votre nom (Pierre Sabbagh) - 1970 Les fiancés de Loches (Pierre Badel) - Au théâtre ce soir : Les assassins associés (Pierre Sabbagh) - Les lettres de mon moulin (Pierre Badel) - Une autre vie (Louis Grospierre) - La maison des bois (Maurice Pialat) - Le père Noël est en prison (Pierre Gautherin) - 1972 Au théâtre ce soir : Le fils d'Achille (Pierre Sabbagh) - Au théâtre ce soir : La main passe (Pierre Sabbagh) - 1973 Pierre et Jean (Michel Favart) - Le temps de vivre, le temps d'aimer (Louis Grospierre) - Monsieur Pompadour (André Leroux, captation) - 1974 Un curé de choc : Hold-up campagnard (Philippe Arnal) - L'ange de la rivière morte (Édouard Logereau) - Le droit aux étrennes (Jean Bertho) - 1975 La rôtisserie de la reine Pédauque (Jean-Paul Carrère) - La simple histoire d'un merveilleux poste de télévision (Armand Ridel) - Au théâtre ce soir : Les hannetons (Pierre Sabbagh) - 1976 Robert Macaire (Roger Kahane) - 1978 Les amours sous la Révolution : Les amants de Thermidor (Jean-Paul Carrère) - Les samedis de l'histoire : La banqueroute de Law (Jean-François Delassus) - Le temps des as (Claude Boissol) - 1979 Histoires de voyous : La belle affaire (Pierre Arago) - Le petit théâtre d'Antenne 2 : Tout un dimanche ensemble (Stéphane Bertin) - Les amours de la Belle Époque : Le maître de Forges (Dominique Giuliani) - 1980 Tarendol (Louis Grospierre) - Petit déjeuner compris (Michel Berny) - Les amours des années folles : Les soeurs Hortensia (Dominique Giuliani) - 1981 Le mécréant (Jean L'Hôte) - Les amours des années folles : Un mort tout neuf (Dominique Giuliani) - Sans famille (Jacques Ertaud) - 1982 Bekenntnisse des Hochstaplers Felix Krull (Les confessions du chevalier d'industrie Felix Krull) (Bernhard Sinkel) - En votre aimable réglement (Jean-Claude Charnay) - Ralentir école (Alain Dhouailly) - L'ours en peluche (Édouard Logereau) - 1983 Julien Fontanes, magistrat : L'âge difficile (Serge Friedman) - 1984 Battling le ténébreux (Louis Grospierre) - Les fils des alligators (André Farwagi) - 1985 Les Bargeot [épisode ?] - Maguy : Amorale, morale et demie - 1986 La guerre du cochon (Gérard Chouchan) - Le coeur du voyage (François Leterrier) - 1987 Les idiots (Jean-Daniel Verhaeghe) - 1988/1989 L'homme à tout faire (Patrick Gandrey-Réty, 42 épisodes) - 1990 Les voisins du dessus (Jacques Audoir, captation) - Pépé la gâchette (Jean Pignol) - 1991 Héloïse (Robert Dhéry) - 1992 Mes coquins (Jean-Daniel Verhaeghe) - 2001 Des croix sur la mer (Luc Béraud).
23 septembre 2009
MAURICE RÉGAMEY PAR YVAN FOUCART
Nadine Tallier (future "baronne de Rothschild") et Louis de Funès dans "Comme un cheveu sur la soupe"
Yvan Foucart auteur de l'indispensable "Dictionnaire des comédiens français disparus", nous fait l'amitié de rendre hommage à Maurice Régamey, réalisateur connu pour avoir donné à Louis de Funès l'un de ses premiers rôles principaux avec "Comme un cheveu sur la soupe" - disponible chez René Chateau vidéo -, et c'est également l'une des rares fois où on le voit jouer du piano. Le 9 octobre prochain France 3 diffusera "Honorin de Marseille". Peu avant son décès, aidé de son épouse, il s'était confié à Yvan à qui nous devons cette très complète évocation :
Maurice Régamey
Décédé le 23 août 2009 dans la discrétion totale telle qu'il l'avait souhaitée, Maurice Régamey était né à Wolanka (Pologne) le 7 janvier 1924 où le papa avait été appelé pour travailler au réseau des chemins de fer. Maurice n'en garda aucun souvenir puisqu'il arriva en France à l'âge de quatre ans. Il effectua ses études primaires à Montreuil dans la région parisienne, puis entra dans une école de spécialisation en T.S.F.
Attiré par le théâtre, il fréquenta les cours d'art dramatique de Catherine Fonteney, sociétaire de la Comédie Française, ainsi que ceux de Tania Balachova où il côtoya Jean-Claude Pascal, son cadet de trois ans.
A 19 ans, il se produisit en tournée avec Mon curé chez les riches de Clément Vautel et La puce à l'oreille de Georges Feydeau. Revenu à la capitale, on le remarqua dans Antigone de Jean Anouilh (Théâtre de l'Atelier, 1944); La patronne d'André Luguet (Théâtre des Nouveautés, 1947); Dix petits nègres d'Agatha Christie (Théâtre Antoine, 1947); Les mains sales de Jean-Paul Sartre (Théâtre Antoine, 1948); Un tramway nommé désir de Tennessee Williams (Théâtre de l'Athénée, 1949) dont il garda le plus merveilleux des souvenirs, celui d'une partenaire d'exception : Arletty; La femme en blanc de Marcel Achard (Théâtre des Galeries à Bruxelles), etc.
Il doit sa première apparition au cinéma à Georges Lacombe qui l'engagea pour un petit rôle dans Florence est folle, celui d'un maître d'hôtel en prise avec une bouteille de champagne trop chaude et récalcitrante !
Il s'ensuivit une filmographie de plus de trente titres en tant qu'interprète et de cinq longs métrages en tant que réalisateur.
Dans la première série, il se distingua dans l'évocation émouvante de la vie de Grock, le plus célèbre clown de la première moitié du XXème siècle (Au revoir Monsieur Grock,… se souvient-on encore des Sans blââgue ! et des Pourquouâ ?); en souteneur de Suzy Delair dans le Lady Paname de Henri Jeanson; mais aussi de l'ancien collégien devenu aveugle des Anciens de Saint-Loup; de l'énergique et séduisant inspecteur de police de Rue des saussaies; du tout aussi brillant agent secret de Duel à Dakar.
Son meilleur souvenir d'acteur ira cependant à Ils sont dans les vignes où, représentant de boisson non alcoolisée, il séduisait la fille du cafetier, laquelle n'était autre que Line Renaud. Un aimable divertissement, sans plus, dans lequel il chantait (il est vrai avec la voix de Lucien Jeunesse) et dansait sur l'agréable musique de Loulou Gasté, lequel venait juste de convoler avec Line.
On le "vit" une dernière fois en 1956 dans Comme un cheveu sur la soupe dont il signait la réalisation, mais sa participation était si modeste qu'elle ressemblait davantage à un clin d'œil.
Acteur, c'est bien, mais la technique semblait l'intéresser davantage aussi est-ce donc, tout naturellement, qu'il se retrouva derrière la caméra pour des courts métrages, bientôt suivis de plus longs.
Il se lança dans des tournages humoristiques, puis dans des séries inspirées par les programmes de la télévision américaine, ce qui donnèrent les fameux Rendez-vous avec Maurice Chevalier lesquels servirent d'argument pour y inviter des célébrités telles que Michèle Morgan, Brigitte Bardot ou Martine Carol.
Ayant dirigé Fernandel pour l'un de ses courts, il le retrouva pour sa première grande réalisation, Honoré de Marseille, où notre comique put se laisser aller à sa truculence, à ses galéjades et en poussant la chansonnette (ce qu'il n'avait plus fait depuis Simplet en 1942) et ce, tour à tour, en chef phocéen, en gouverneur, et en marseillais contemporain.
Avec Comme un cheveu sur la soupe il confia à Louis de Funès le soin de conduire une comédie burlesque fertile en gags, style tarte à la crème, cela en galante compagnie, puisqu'il fut accompagné de la charmante Noëlle Adam, future Madame Reggiani et d'une piquante blonde Nadine Tallier… future baronne de Rothschild. Ensuite, Cigarettes, whisky et p'tites pépées nous propulsèrent dans une institution de culture physique reconvertie en saloon animé par d'accortes hôtesses qu'entraînaient Annie Cordy et une piquante blonde vue précédemment… Nadine Tallier, bien sûr.
Citons aussi La salamandre d'or, un western historique, comme il se plaisait à le définir lui-même, en fait sur fond de bataille de Pavie, tourné en grande partie en Belgique, à Bruges et au château d'Oostkerke, ainsi qu'en Languedoc. Ce fut son ultime grand engagement cinématographique.
En 1962/63, il réalisa Ciné-Parade pour le compte de Télé Luxembourg, des rencontres surtout prétextes à des interviews de vedettes. En 1966, son nom apparut encore une dernière fois au générique d'une fiction télévisée de treize fois 26mn, Trois étoiles, une co-production franco-anglaise, hommage à notre gastronomie dont il signa le co-scénario et la mise en scène et à laquelle outre la Britannique Suzanna Leigh, participèrent de nombreux comédiens français dont Dalio, Dufilho et Raymond Bussières.
Ensuite, l'O.R.T.F. l'engagea pour réaliser les reportages de ses envoyés spéciaux, avant d'opérer un changement radical en remplissant les fonctions de directeur commercial chez Hachette-Belgique.
C'est à cette époque, en juin 1966 qu'il se marie avec Francine Wainer, une scripte et monteuse, avec laquelle il eut une fille, Lena Frédérique, née en 1967.
De sa carrière cinématographique, il ne fut pas toujours épargné des critiques, en particulier ceux de la Nouvelle Vague, mais il put toujours compter sur d'indéfectibles amitiés comme celles de Joe van Cottom et de Jean Vietti, piliers du vrai "Ciné-Revue" (celui de la bonne époque), ainsi que celle de Rodolphe-Maurice Arlaud de "Combat".
Depuis plus de quarante ans, retiré du show-business, son nom s'était forcément quelque peu dissous dans l'amnésie du temps.
© Yvan Foucart.
FILMOGRAPHIE : 1944 Florence est folle (Georges Lacombe) - 1945 Les démons de l'aube (Yves Allégret) - L'idiot (Georges Lampin) - Le roi des resquilleurs (Jean Devaivre) - 1946 Antoine et Antoinette (Jacques Becker) – Miroir (Raymond Lamy) - 1947 Blanc comme neige (André Berthomieu) - Croisière pour l'inconnu (Pierre Montazel) - L'idole (Alexandre Esway) - 1948 Cartouche, roi de Paris (Guillaume Radot) - Les autos volages (c.m. Marcel Martin) - 1949 Au revoir, Monsieur Grock (Pierre Billon) - Je n'aime que toi (Pierre Montazel) - Le jugement de Dieu (Raymond Bernard) - Lady Paname (Henri Jeanson) – Maya (Raymond Bernard) - Pas de week-end pour notre amour (Pierre Montazel) - Rendez-vous avec la chance (Emile Edwin Reinert) - 1950 Les anciens de Saint-Loup (Georges Lampin) - Boîte de nuit (Alfred Rode) - Les mémoires de la vache Yolande (Ernest Neubach) - La rose rouge (Marcel Pagliero) - Rue des Saussaies (Ralph Habib) - Souvenirs perdus, sketch "La statuette d'Osiris" (Christian-Jaque) - Les mécanos de l'air (c.m. Marcel Martin) - 1951 Adhémar ou le jouet de la fatalité (Fernandel) - Duel à Dakar (Claude Orval et Georges Combret) - Et ta sœur (Henri Lepage) - Ils sont dans les vignes (Robert Vernay) - La plus belle fille du monde (Christian Stengel) - 1952 Au diable la vertu (Jean Laviron) - Le huitième art et la manière (c.m., réalisation) - 1953 Le village près du ciel / Sie fanden eine Heimat (Léopold Lindtberg) - Numéro spécial, (c.m., réalisation) - Derrière le rideau (c.m., réalisation) - Dansez maintenant (c.m., réalisation) - Le rire, (c.m., réalisation) - 1954 L'art et la manière de rire (c.m., réalisation) - Plaisir des neiges (c.m., réalisation) - Sur toute la gamme (c.m., réalisation) - 1955 Les carnets du major Thompson (Preston Sturges) - Les indiscrètes (Raoul André) - 1956 Honoré de Marseille (réalisation) - L'art d'être papa (c.m., réalisation et scénario) - Le téléphone (c.m., réalisation) - 1957 Comme un cheveu sur la soupe (réalisation et co-scénario) - Rendez-vous avec Maurice Chevalier N° 1 (c.m., réalisation) - Rendez-vous avec Maurice Chevalier N° 2 (c.m., réalisation) - Rendez-vous avec Maurice Chevalier N° 3 (c.m., réalisation) - Rendez-vous avec Maurice Chevalier N° 4 (c.m., réalisation) - Rendez-vous avec Maurice Chevalier N° 5, sketch "Soirs de Paris" (c.m., réalisation) - Rendez-vous avec Maurice Chevalier N° 6, sketch "Une Américaine à Paris" (c.m., réalisation) - 1958 Cigarettes, whisky et p'tites pépées (réalisation et scénario) - 1959 A pleines main (réalisation et scénario) 1960 La brune que voilà (Robert Lamoureux, uniquement conseiller technique) – Ravissante (Robert Lamoureux, uniquement conseiller technique) - 1961 Les hommes veulent vivre (Léonide Moguy, uniquement conseiller technique) - 1962 La salamandre d'or (réalisation et scénario) – Indiscrétion (c.m. Georges Reich, uniquement assistant réalisateur) - 1964 Le petit monstre (Jean-Paul Sassy, uniquement scénario, inédit en salles).
10 septembre 2009
MORT DE JEAN-CLAUDE MASSOULIER
Jean-Claude Massoulier en 2006 dans le documentaire : "Gabin intime, aristocrate et paysan"
Annonce de la mort du comédien, chansonnier et scénariste Jean-Claude Massoulier, le 3 septembre dernier à l'âge de 77 ans, j'y reviendrai dès que possible.
Filmographie : Comme acteur :1961 La ligne droite (Jacques Gaillard) - Les sept péchés capitaux [Sketch : "L’avarice"] (Claude Chabrol) - 1963 La drogue du vice (José Benazeraf) - 1966 Un idiot à Paris (Serge Korber) - 1967 La petite vertu (Serge Korber) - 1970 Les jambes en l’air / César grand Blaise (Jean Dewever) -1971 Papa, les petits bateaux (Nelly Kaplan) - 1972 Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (Jean Yanne) - L’affaire Dominici (Claude Bernard-Aubert) - 1973 La gueule de l’emploi (Jacques Rouland) – 1977 La vie parisienne (Christian-Jaque) - Ça va pas la tête (Raphaël Delpard) - Je suis timide… mais je me soigne (Pierre Richard) - 1978 Je vous ferai aimer la vie (Serge Korber) – 1980 Voulez-vous un bébé Nobel ? (Robert Pouret, + scénario) - 1982 N’oublie pas ton père au vestiaire (Richard Balducci, + scénario et dialogue) - En cas de guerre mondiale, je file à l’étranger (Jacques Ardouin) - Salut la puce ! (Richard Balducci, + scénario et adaptation) - 1987 La brute (Claude Guillemet) – À notre regrettable époux (Serge Korber) - 1993 La braconne (Serge Pénard, inédit en salles) - Télévision (notamment) : 1969 S.O.S. Fréquence 17 : M.O.C. ou objet volant non identifié (Jean Dréville) - 1970 Les enquêteurs associés : Tête de Turc (Serge Korber) - 1972 Les cinq dernières minutes : Meurtre par la bande (Claude Loursais) - 1975 Jo Gaillard : Le peur (Christian-Jaque) - 1981 La double vie de Théophraste Longuet (Yannick Andréi) – 1983 Merci Sylvestre : Merveilleuse Daphné (Serge Korber) – 1985 La chienlit (Bernard Deflandre, captation) – 1987 Florence ou la vie de château (Serge Korber) - 1991 Marie Pervenche : Un ressort diabolique (Serge Korber) - 1993 Au beau rivage (Serge Korber) - L’aigle et le cheval (Serge Korber). Scénariste TV seulement : 1990 Pas une seconde à perdre (Jean-Claude Sussfeld) - 1991 Quiproquois ! (Claude Vital) - Papy superstar (Serge Pénard) - 1993 Le gourou occidental (Danièle J. Suissa) - Divers : 1963 L’épouse infernale (Serge Korber, CM, auteur des chansons seulement).
07 septembre 2009
MORT DE SIM
Sim dans "La voce della luna"
Annonce de la mort de Sim, à l'âge de 83 ans ce 6 septembre dernier, des suites d'une embolie. Ce fantaisiste très populaire fut assez mal utilisé au cinéma, mais Michel Audiard qui disait de lui "Sim semble être le fruit des amours d'un étourneau et d'une pointe Bic", lui donnera l’un de ses rôles les plus mémorables dans "Elle boit pas…", en maître-chanteur retord et artiste de cabaret, il faut le voir en libellule chantante. Il participa à quelques nanars qui sont très souvent des sommets du "film cornichon". Il tourne ainsi avec Philippe Clair dans "La grande maffia" où il est un petit chef de bureau garde-chiourme et autoritaire, qui oblige ses subordonnés à faire de la gymnastique et dans "La brigade en folie", en douanier crétin en mission avec Jacques Dufilho, pour pourchasser les fraudeurs et retrouver les capitaux cachés en Suisse - comme qui dirait d'actualité ! -. On peut légitimement vouer un culte à "Drôles de zèbres", de l’ineffable Guy Lux, où il forme un tandem machiavélique avec Alice Sapritch, film où il reprend son célèbre personnage de la baronne de la Tronchembiais, ce bijou est disponible en DVD chez L.C.J. éditions. Il y eut un rendez-vous manqué avec Jean-Pierre Mocky pour "Le roi des bricoleurs", dans un rôle prévu pour Louis de Funès, mais sa vis comica semble mal adaptée à ce film. Selon Mocky lui même dans le livre d’entretien avec Gaston Haustrate (Edilig, 1989), qui déclarait "…Quelqu’un m’a conseillé Sim, mais il a fallu remanier le scénario en fonction de la personnalité de ce fantaisiste. J’ai en quelque sorte, divisé le rôle principal en ceux, Sim et Pierre Bolo se partageant plus ou moins les gags de cette satire du bricolage. Finalement, cela a quelque peu déséquilibré le film. Le talent de Sim n’est pas en cause. En fait , on s’était trompé en confiant le rôle d’un méchant à un gentil…" : Federico Fellini lui donne l’occasion de sortir de ses emplois habituels, dans "La voce della luna", avec son rôle de joueur de hautbois lunaire. Devenu complètement fou – il pense que son instrument déplace ses meubles et provoque des sortilèges -, il décide de vivre dans un cimetière au grand désarroi de sa femme. Le cinéma l’a dédaigné ces dernières années, sa prestation d’Agecanonix dans deux versions d'"Astérix..." tenant plus d’une présence à assurer que d’un véritable rôle à tenir...". Grand ami et partenaire au théâtre de Victor Lanoux – il en témoignait en début d’année dans le documentaire "Victor Lanoux, l’essai de la vie" -, on le retrouve à ses côtés dans le rôle de Théo de Montalenvert, un marginal doux dingue naïf et porté sur la boisson dans 4 épisodes de "Louis la brocante".
Sim dans "Le roi des bricoleurs"
Filmographie : 1958 Les gaietés de l’escadrille (Georges Péclet) - 1961 Cartouche (Philippe de Broca, rôle coupé au montage) - 1969 Une veuve en or (Michel Audiard) - Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas… mais elle cause (Michel Audiard) - 1970 Les mariés de l’An II (Jean-Paul Rappeneau) - 1971 La grande maffia (Philippe Clair) - 1972 La brigade en folie (Philippe Clair) - 1973 La grande nouba (Christian Caza) - 1975 Andréa ((Henri Glaeser) (1) - 1976 Le roi des bricoleurs / Mocky s'moque N°2 (Jean-Pierre Mocky) - Drôles de zèbres (Guy Lux) - 1980 Sacrés gendarmes (Bernard Launois) - Touch’ pas à mon biniou (Bernard Launois) - 1984 Pinot simple flic (Gérard Jugnot) - 1989 La voce della luna (Id) (Federico Fellini) - 1998 Astérix et Obélix contre César : de Claude Zidi) - 2006 Astérix aux jeux Olympiques (Thomas Langmann & Frédéric Forestier). Télévision (notamment) : 1973 La porteuse de pain (Marcel Camus) - 1974 Au théâtre ce soir : Edmée (Georges Folgoas) - 1981 Les rats de cave (Jean-Claude Morin) - Le roman du samedi : L’agent secret (Marcel Camus) - 1984 Le brin de muguet (Jean-Claude Morin) - 2003 Louis la brocante : Louis, Mathilde et les autres (Pierre Sisser) - 2004 Louis la brocante : Louis et le mystère du viager (Pierre Sisser) - 2006 Louis la brocante : Louis et les répondants (Michel Favart) - 2008 Louis la brocante : Louis voit double (Pierre Sisser) - Victor Lanoux, l'essai de la vie (Véronique Langlois, documentaire).
(1) On apprend sa présence dans ce film dans "Le dictionnaire des longs métrages français érotiques et pornographiques", il y joue sous le pseudonyme de Sim O’Connor.
Bibliographie : Dictionnaire cinématographique de Bretagne de Gérard-Louis Gauthier (Télégram édition, 1995).
05 septembre 2009
MORT D'OLGA DE POLIAKOFF
Olga Poliakoff & Marie Trintignant dans "Cible émouvante"
Annonce de la mort d'Olga Poliakoff à l'âge de 81 ans, l'ainée de la famille des 4 soeurs de Poliakoff, avec Marina Vlady, Hélène Vallier et Odile Versois. Elle fit pourtant un peu de cinéma sous divers pseudonymes - Olga Ken, Olga Varen, Olga Baïda de Poliakoff. On se souviendra de sa composition d'une vieille dame trop gentille, abusée par Marie Trintignant dans "Cible émouvante" (Pierre Salvadori, 1992). Autres films : Orage d'été (Jean Gehret, 1949), Le grand gala (François Campaux, 1952), Giorni d'amore (Jours d'amour) (Giuseppe de Santis & Leopoldo Savona, 1953), Sophie et le crime (Pierre Gaspard-Huit, 1955), J'ai 8 ans (René Vautier & Yann Le Masson, 1961), The unbearable lightness of being (L'insoutenable légéreté de l'être) (Philippe Kauffman, 1986), Boujour l'angoisse (Pierre Tchernia, 1987), La joie de vivre (Roger Guillot, 1992). On apprend dans "Sars N°39", 3ème trimestre 2000, dans le portrait d'Hélène Vallier, qu'elle fut seconde assistante de Robert Hossein dans "Pardonnez nos offenses" en 1956. Elle fut réalisatrice de journaux télévisés sur France 2.
29 août 2009
MORT D'ALBERT MÉDINA
Albert Médina dans l'épisode "L'ère de la calomnie" de la série "Les brigades du Tigre"
Annonce de la mort d’Albert Médina – ou Albert de Médina à ses débuts - dans le site Les gens du cinéma, le 5 août dernier à l’âge de 89 ans. Il reste fortement associé au monde du doublage – voir le brillant hommage, comme à l’accoutumée du Blog sur le doublage -, sa voix nous est très familière notamment dans des personnages hispaniques ou du Sud. Au cinéma, comme acteur son rôle le plus connu reste celui d’un programmateur d’une émission politique à la radio qui demande des comptes à Roger Pierre sur le motif réel de sa suppression – la raison est en fait de satisfaire la demande d’un ministre -. Prêt à en découdre avec son supérieur, il se voit manipulé et retourné par lui suite à de vagues promesses. On le retrouve souvent à la télévision, dans des rôles truculents, en ermite vindicatif dans "L’ermite", un épisode de "Thibaud ou les croisades" ou en rédacteur chef d’un journal peu scrupuleux et avide de scandale dans "L’ère de la calomnie", un épisode des "Brigades du Tigre". On retrouvera des révélations stupéfiantes faites à son sujet sur le site "idee-jour" dans l'article Albert de Médina, le comédien que François Mitterrand, Marguerite Duras et Edgar Morin ont voulu assassiner. Une petite pensée également pour la disparition du cinéaste John Hugues qui nous reste cher au coeur des années 80.
Albert Médina dans "Mon oncle d'Amérique"
Filmographie : 1948 D'homme à hommes (Christian-Jaque) - 1953 Si Versailles m'était conté… (Sacha Guitry) - 1955 Si Paris nous était conté (Sacha Guitry) – Les Duraton (André Berthomieu) - 1956 Alerte au deuxième bureau (Jean Stelli) - Fernand cow-boy (Guy Lefranc) - Quelle sacrée soirée (Robert Vernay) - Les lumières du soir (Robert Vernay) - Mon curé chez les pauvres (Henri Diamant-Berger) - 1957 Charmants garçons (Henri Decoin) - Le septième ciel (Raymond Bernard) - Échec au porteur (Gilles Grangier) - 1958 En légitime défense (André Berthomieu) - Pourquoi viens-tu si tard ? (Henri Decoin) - Faibles femmes (Michel Boisrond) - 1959 La chatte sort ses griffes (Henri Decoin) - Nathalie, agent secret (Henri Decoin) - 1960 Au cœur de la ville (Pierre Gautherin) - Ça va être ta fête (Pierre Montazel) - 1964 Requiem pour un caïd (Maurice Cloche) - 1968 Jeff (Jean Herman) - 1974 Impossible... pas français (Robert Lamoureux) - 1975 Opération Lady Marlène (Robert Lamoureux) - 1976 Le coeur froid (Henry Helman) - 1977 Nazis dans le métro (Michel de Vidas, inédit) - 1979 Mon oncle d'Amérique (Alain Resnais). Voxographie succincte : 1961 Tintin et le mystère de la toison d’or (Jean-Jacques Vierne, doublage) - 1971 Red sun (Soleil rouge) (Terence Young, doublage version française) - 1975 La flûte à six schtroumpfs (Pierre Culliford, Yvan Delporte & Peyo) - 1979 Le roi et l'oiseau (Paul Grimault, animation). Télévision (notamment) : 1956 La fille de la pluie (Jean Prat) - 1959 En votre âme et conscience : L'affaire Steinhel (Jean Prat) - 1960 En votre âme et conscience : La chambre 32 (Claude Barma) - La servante du passeur (Jean Kerchbron) - 1961 Flore et Blancheflore (Jean Prat) - 1962 Les cinq dernières minutes : La tzigane et la dactylo (Pierre Nivollet) - La mort à la une (Pierre Nivollet) - 1963 Le troisième concerto (Marcel Cravenne) - 1965 L'apollon de Bellac (Gilbert Pineau) - Mon royaume pour un lapin (Jacques Villa) - Frédéric le guardian (Jacques Villa) - 1968 Koenigsmark (Jean Kerchbron) - 1969 Thibaud ou les croisaes : L'ermite (Henri Colpi) - 1970 Tango (Jean Kerchbron) - 1971 La visite de la vieille dame (Alberto Cavalcanti) - 1972 Les chemins de pierre (Joseph Drimal) - 1974 La mouche bleue (Jean-Paul Sassy) - La cloche tibétaine (Michel Wyn & Serge Friedman) - 1975 Les malfaisants (Jean Kerchbron) - L'homme d'Amsterdam : Enquête sur une idole (Victor Vicas & John Van de Rest) - Messieurs les jurés : L'affaire Lambert (André Michel) - 1976 Bonjour Paris (Joseph Drimal) - 1977 Les brigades du Tigre : L'ère de la calomnie (Victor Vicas) - Bonsoir chef (Pierre Goutas) - Les folies d'Offenbach (Michel Boisrond) - 1979 L'étrange Monsieur Duvallier : Casse-Cash (Victor Vicas) - Histoires de voyous : Des immortelles pour Mademoiselle (Paul Siegrist) - Pour tout l'or du Transvaal (Claude Boissol) - Opération trafics : Procédure exceptionnelle & La bataille d'or (Christian-Jaque) - 1980 Au théâtre ce soir : Ne quittez pas ! (Pierre Sabbagh) - Les incorrigibles (Abder Isker) - Le taciturne (Jacques Floran) - 1981 Commissaire Moulin : La bavure (Claude Grinberg) - 1982 Au théâtre ce soir : La foire aux sentiments (Pierre Sabbagh) - 1984 Le château (Jean Kerchbron).
01 août 2009
MORT DE JEAN-PAUL ROUSSILLON
Annonce de la mort de Jean-Paul Roussillon, le 31 juillet dernier à Auxerre, des suites d'un cancer du poumon, à l'âge 78 ans. Ce grand comédien et metteur en scène de théâtre, voir le blog d’Armelle Helliot fit son entrée à la Comédie Française en 1950. Il y devint sociétaire en 1960, puis sociétaire honoraire en 1982. Il eu pourtant, ces dernières années de beaux rôles au cinéma. On ne le retrouve que très peu au cinéma durant les années 50 à 70, mais il est déjà remarquable en apprenti cuistot, subissant la mauvaise humeur bourrue d’un Jean Gabin dans "Voici venu le temps des assassins". Il était alors filiforme, n’oublions pas qu’il avait joué Poil de carotte au théâtre. Parallèlement au théâtre, on le retrouve souvent dans des captations que propose la Comédie Française, en 1953. C’est en 1979 que Jean-Daniel Verhaeghe le choisit pour la dramatique "Le feu dans l’eau". Il y incarne un homme esseulé habitant le marais poitevin qui recueille un adolescent échappé de l’assistance publique, joué par son fils Baptiste Roussillon. Dans les années 80, il devient une valeur sûre du cinéma, Jacques Valot le décrit avec son talent habituel dans "Stars deuxième" : "Le dos courbé, il traverse d’un pas lourd certains films en grommelant quelques jurons au passage. La lippe méprisante, l’œil arrogant et la mine méfiante, Jean-Paul Roussillon endosse à merveille la carapace du vieil homme mal embouché…". S’en suit une galerie de personnages souvent frustres ou antipathiques… Il est ainsi éleveur de truites, père incompris par sa fille jouée par Isabelle Huppert dans "La truite" (1982), et un paysan cruel dans "Hors-la-loi" (1984). On le cantonne alors dans des rôles de bons copains de personnages misanthropes tel celui de Claude Chabrol dans « Alouette, je te plumerai ». Dans ce type d’emploi, il fait souvent face à Michel Serrault, citons le concierge confident dans « On ne meurt que deux fois », l’ami de Paul Léautaud qui trouve qu’il collectionne les emmerdeuses dans "Comédie d’été", et le voisin fier de sa nouvelle voiture dans "Une hirondelle a fait le printemps". Ses personnages s’humanisent ces dernières années, même s’ils gardent souvent un petit côté renfrogné. Il est un agriculteur rustre, communiquant mal avec son fils – excellent Eric Elmosnino – dans le téléfilm "Une preuve d’amour" (diffusé en 2003), mais se laissant amadouer par le charme d’Anouk Grimberg. Il est le paysan atrabilaire, plutôt distant avec sa belle-fille – Mathilde Seigner – qui recueille une famille juive dans "Zone libre" (2004). Arnaud Desplechin l’engage à 3 reprises. Il est ainsi le père de Mathieu Amalric dans "Rois et reines", il faut le voir se débarrasser d’agresseurs dans son épicerie, de manière particulièrement musclée, loin de l’image bonhomme qu’on lui donne régulièrement. Il est prodigieux en mari de Catherine Deneuve dans « Un conte de Noël », le couple qui pouvait paraître assez improbable "sur le papier" est parfaitement crédible à l’écran, il y a une magnifique évidence à les voir ensemble. Ce rôle protecteur et aimant lui vaut le César du meilleur second rôle en 2009. On pourra garder une tendresse particulière pour son rôle titre dans "Mischka", grand-père taiseux oublié sur une aire d’autoroute par sa famille. Dans ce film libre de Jean-François Stévenin, il promène une grâce dans une belle retenue de jeu, tout en irradiant l’écran. Ce grand comédien bien que malade jouait encore en début d’année "La cerisaie" sous la direction d’Alain Françon. Dans des personnages jouissant de la vie ou manifestant une certaine mauvaise humeur, il aura toujours réussi à leurs donner une empreinte unique.
Avec Jean-François Stévenin dans "Mischka"
Filmographie, initialement établie pour le site Les "Gens du cinéma" : 1953 La chair et le diable (Jean Jasipovici) - 195 Voici le temps des assassins (Julien Duvivier) - 1956 L'amour descend du ciel (Maurice Cam) - 1957 Der Fuchs von Paris (Mission diabolique) (Paul May) - 1959 Le mariage de Figaro (Jean Meyer) - La millième fenêtre (Robert Ménégoz) - 1964 Week-end à Zuydcoote (Henri Verneuil) - 1981 Une affaire d'hommes (Nicolas Ribowski) - 1982 La truite (Joseph Losey) - 1983 La guerre des demoiselles (Jacques Nichet, inédit en salles, mais diffusion TV) - 1964 Hors-la-loi (Robin Davis) - Monsieur de Pourceaugnac (Michel Mitrani) - Elsa, Elsa ! (Didier Haudepin) - 1985 On meurt que deux fois (Jacques Deray) - Les clowns de Dieu (Jean Schmidt) - Mon beau-frère a tué ma soeur (Jacques Rouffio) - 1986 États d'âmes (Jacques Fansten) - Twist again à Moscou (Jean-Marie Poiré) - Hôtel de France (Patrice Chéreau) - 1987 Maladie d'amour (Jacques Deray) - Alouette, je te plumerai (Pierre Zucca) - 1988 Baxter (Jérôme Boivin) - La fille du magicien (Claudine Bories) - 1989 Comédie d'amour (Jean-Pierre Rawson) - Le brasier (Éric Barbier) - Plein fer (Josée Dayan) - 1990 Le secret de Sarah Tombelaine (Daniel Lacambre) - Déminage (Pierre Oscar Levy, CM) - 1991 Cherokee (Pascal Ortega) - 1992 Tableau d'honneur (Charles Némès) - La fille de l'air (Maroun Bagdadi) - 1993 La fille de d'Artagnan (Bertrand Tavernier) - 1994 Oui (Pascal Pérennès, MM) - Les truffes (Bernard Nauer) - 1995 Le libraire de l'ambigu (Joachim Lombard, CM) - 1997 On connaît la chanson (Alain Resnais) - 1998 Le plus beau pays du monde (Marcel Bluwal) - 2000 Une hirondelle a fait le printemps (Christian Carion) - 2001 Mischka (Jean-François Stévenin) - 2002 L'idole (Samantha Lang) - En jouant "Dans la compagnie des hommes" (Arnaud Desplechin) - 2003 Rois et reine (Arnaud Desplechin) - 2006 Zone libre (Christophe Malavoy) - 2007 Un conte de Noël (Arnaud Desplechin). Voxographie : 1996 Drancy avenir (Arnaud des Pallières) - 2003 L'île de Black Mor (Jean-François Laguionie, animation).
Jean-Paul Roussillon dans "Voici le temps des assassins"
Télévision : (notamment) : 1957 Comédie-Française : La bonne mère (Philippe Ducrest, captation) - 1960 Comédie-Française : La méprise (Yves-André Hubert, captation) - L’histoire dépasse la fiction : Pierre de Giac qui vendit son âme au diable (Jean Kerchbron) - 1962 Parades (Philippe Ducrest) - Cent ans d’amour : La navette et divorçons (Maurice Château) - 1964 La mégère apprivoisée (Pierre Badel) - 1965 - Comédie-Française : Le legs (Jean-Paul Sassy, captation) - 1966 Les sept de l'escalier 15 (Georges Régnier) - 1967 Comédie-Française : Amphitryon (Jean Pignol, captation) - 1968 Comédie Française : Le chien du jardinier (Edmond Tyborowski) - Au théâtre ce soir : Feu la mère de Madame (Pierre Sabbagh) - 1970 Au théâtre ce soir : Un fil à la patte (Pierre Sabbagh) - 1972 La lumière noire (Pierre Viallet) - Comédie-Française : Le prince travesti ou l’illustre aventurier (François Chatel, captation) - Comédie Française : Georges Dandin (Jean Dewever, captation) - 1973 Une fille bien gardée (Jean Pignol, captation) - Comédie-Française : La troupe du roy (Claude Barma) - L'avare (René Lucot, captation) - 1975 Le médecin malgré lui (Alain Quercy, captation) - 1976 - Comédie-Française : La commère (Nat Lilenstein, captation) - 1979 Caméra une première : Le feu dans l'eau (Jean-Daniel Verhaeghe) - 1980 Comédie-Française : Les trois sœurs (Jean-Marie Coldefy, captation) - 1982 Comédie-Française : La double inconstance (Jean-Roger Cadet, captation) - La Locandiera d'Yves-André Hubert (captation) - 1983 L’étrange château du docteur Lerne (Jean-Daniel Verhaeghe) - 1984 L'âge vermeil (Roger Kahane) - 1985 Série noire : Meutres pour mémoire (Laurent Heynemann) - Le génie du faux (Stéphane Kurc) - La maison piège (Michel Favart) - 1986 Julien Fontanes, magistrat : Jamais rien à Coudeuvres (Roger Kahane) - Les enquêtes du commissaire Maigret : Un échec de Maigret (Gilles Katz) - 1987 Cinéma 16 : Le loufiat (Michel Boisrond) - 1988 L’argent (Jacques Rouffio) - M’as-tu vu ? : La rencontre (Éric Le Hung) - 1989 Quartier nègre (Pierre Koralnik, diffusion en 1995) - Les grandes familles (Édouard Molinaro) - 1991 L’huissier (Pierre Tchernia) - Marie la louve (Daniel Wronecki) - Mes coquins (Jean-Daniel Verhaeghe) - 1992 Nestor Burma : Fièvre au marais (Henri Helman) - Le haut de forme (Renaud Saint-Pierre, captation) - 1994 Ferbac et le festin de miséricorde (Christian Faure) - Germaine et Benjamin (Jacques Doillon) - Novacek : Un château en Bohème (Andrzej Kostenko) - Novacek : Souvenirs d'Anvers (Marc Lobet) - Novacek : La star de Babelsberg (Peter Goedel) - Novacek : Le croisé de l'ordre (Marco Pico) - 1995 Novacek : Cargo infernal (Fernando Silva e Silva) - Novacek : Guérilla (Patrick Catalifo) - Maigret : Maigret a peur (Claude Goretta) - 1997 À chacun son tour (Jean-Jacques Kahn) - 1998 Petits nuages d’été (Olivier Langlois) - 2000 Un cœur oublié (Philippe Monnier) - 2002 Une preuve d’amour (Bernard Stora) - 2007 Louis la brocante : Louis n’en dort plus (Bruno Gantillon).
Remerciements : à Alain Plège
Bibliographie : Jacques Valot et Gilles Grandmaire "Stars Deuxième" Édition Edilig 1989 (+ filmo)
26 juillet 2009
MORT D'ANDRÉ FALCON
Annonce de la mort d'André Falcon, le 22 juillet dernier à l'âge de 84 ans. Il débute au théâtre auprès de Gaston Baty, avant de connaître le succès dans "Le cid" de Corneille en 1959. Il devint à 25 ans le plus jeune sociétaire de la Comédie Française. Le cinéma s’intéresse à lui dans les années 60, alors qu’il quitte "La Maison de Molière" en 1966. On le remarque ainsi dans "Paris brûle-t’il ?" - tourné en 1965 -, il est l’homme qui fait cesser les querelles internes de résistants en brisant une armoire vitrée. François Truffaut lui donne un de ses rôles les plus mémorables avec le directeur de l’agence de détectives qui engage Jean-Pierre Léaud dans "Baisers volés" (1968). Il devient le notable type ou le grand bourgeois des années Pompidou puis Giscard, dans les années 70 et 80. Claude Lelouch l’emploie souvent et s’amuse même avec son image, tel l’homme kidnappé et humilié, forcé de jouer à la roulette russe par la bande des "Pieds Nickelés" dans "L’aventure c’est l’aventure". La scène est d’une grande drôlerie en raison de la grande couardise de son personnage. On le retrouvera en bijoutier dupé dans "La bonne année" - il reprendra ce rôle dans "Le courage d’aimer" - et en avocat défendant André Dussollier dans "Toute une vie". A noter qu’il tournera à 4 reprises dans des films espagnols, il est ainsi un directeur de banque braqué dans "Vivre vite", il est doublé dans la version originale. La télévision le sort aussi de ses emplois habituels, citons son rôle de propriétaire d’un magasin de prêt à porter victime d’une rumeur – inspirée de la rumeur d’Orléans – dans l’épisode "Joseph" de la série "François Gaillard ou la vie des autres" - à découvrir absolument en DVD aux éditions Koba films -. Face à Pierre Santini, en rescapé des camps de concentration, victime de l’antisémitisme, il tente de maîtriser vainement cette situation diffamatoire et incontrôlable, étant accusé de faire disparaître des vendeuses. Il est excellent aussi dans "Les rois maudits", où il compose un bouillant Enguerrand de Marigny, qui paiera de sa vie ses attitudes réformistes et son opposition à Charles de Vallois. Dans "Julien Fontanes, magistrat", il est le supérieur hiérarchique de Jacques Morel. Jacques Baudou & Jean-Jacques Schleret le décrivent à la perfection dans l’excellent "Meutres en séries" (Huitième art, 1990) en "directeur des affaires criminelles et des grâces à la Chancellerie : fonctionnaire aux bottes du garde des Sceaux, il est toujours prêt à ouvrir le parapluie et à désavouer Fontanes, bien que celui-ci lui ait à plusieurs reprises sauvé la mise : lors d’une affaire de drogue dans laquelle sa fille, Martine Le Cardonnois est impliquée « La 10ème plaie d’Égypte » ou lorsqu’il est pris en otage par des terroristes « Les nerfs en pelotes », ou encore lorsqu’il lui sert d’alibi durant sa liaison avec une jeunesse, qui a l’âge de sa fille. Le Cardonnois apporte souvent une note comique qui atténue la noirceur des récits". Toujours sociétaire à la Comédie Française, il délaisse le cinéma ces dernières années, mais on retiendra sa composition de colonel ganache, qui tente de lire laborieusement un discours dans "Capitaine Conan". Il eut également une importante activité dans le doublage, lire à cet effet Le blog sur le doublage. Il aura réussi à tirer son épingle du jeu, malgré les rôles stéréotypés dans lesquels il était parfois cantonné.
Yvan Foucart rend hommage à Claude May, suite à sa disparition, sur le site des "Gens du cinéma".
André Falcon dans l'épisode "Joseph" de la série "François Gaillard ou la vie des autres"
Filmographie : 1954 Le vicomte de Bragelonne (Fernando Cerchio) - 1965 Le due orfanelle (Les deux orphelines) (Riccardo Fredda) - Paris brûle-t-il ? (René Clément) - 1967 Le grand dadais (Pierre Granier-Deferre) - 1968 Baisers volés (François Truffaut) - 1969 Tout peut arriver (Philippe Labro) - L’aveu (Costa-Gavras) - L’homme de désir (Dominique Delouche) - 1971 Sans mobile apparent (Philippe Labro) - Un peu de soleil dans l’eau froide (Jacques Deray) - L’aventure c’est l’aventure (Claude Lelouch) - 1972 État de siège (Costa-Gavras) - Le silencieux (Claude Pinoteau) - Une journée bien remplie (Jean-Louis Trintignant) - Ras le bol (Michel Huisman) - Il n’y a pas de fumée sans feu (André Cayatte) - Le serpent (Henri Verneuil) - 1973 La bonne année (Claude Lelouch) - L'événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la lune (Jacques Demy) - Les aventures de Rabbi Jacob (Gérard Oury) - Un tueur, un flic, ainsi soit-il… (diffusé avec des inserts hard sous le titre : La balançoire à minouches) (Jean-Louis Van Belle) - Ce que savait Morgan (Luc Béraud, CM) - Nada (Claude Chabrol) - Toute une vie (Claude Lelouch) - 1974 Les seins de glace (Georges Lautner) - Borsalino and Co (Jacques Deray) – Die Antwort kennt nur der Wind (Seul le vent connaît la réponse) (Alfred Vohrer) - 1975 Le faux cul (Roger Hanin) – Docteur Françoise Gailland (Jean-Louis Bertuccelli) - Le bon et les méchants (Claude Lelouch) – La marge (Walerian Borowczyk) - 1976 Mado (Claude Sautet) - Le gang (Jacques Deray) - Madame Claude (Just Jaeckin) – Un neveu silencieux (Robert Enrico, téléfilm diffusé en salles) - 1977 L’homme pressé (Édouard Molinaro) – Sorcerer / Wage of fears (Le convoi de la peur) (William Friedkin) - Ne pleure pas (Jacques Ertaud, téléfilm diffusé en salles) - 1978 Los ojos vendados (Les yeux bandés) (Carlos Saura) - L’ange gardien (Jacques Fournier) – 1980 Pile ou face (Robert Enrico) – Trois hommes à abattre (Jacques Deray) - Deprisa, deprisa (Vivre vite) (Carlos Saura) – 1981 Mille milliards de dollars (Henri Verneuil) - 1984 Gare de la douleur (Henri Jouf, CM) – 1986 Veintisiete hores (27 heures) (Montxo Armandáriz) - 1994 Historias del Kronen (Les histoires du Kronen) (Montxo Armandáriz) – 1995 Capitaine Conan (Bertrand Tavernier) - 1996 Le gardien du phare (Nicolas Tempier, CM) - Familia (Fernando León de Aranoa) - 2003 Le genre humain – 1ère partie : Les Parisiens (Claude Leouch) –Le courage d’aimer (Claude Lelouch). Nota : 1975 Maître Pygmalion ou comment devenir un bon vendeur (Jacques Nahum & Hélène Durand) est un film d'entreprise, désitné à la formation à la technique des ventes en 10 épisodes. Voxographie succincte (doublage) : 1959 La scimittarra del saraceno (La vengeance du sarrazin) (Piero Pierroti) - 1962 Le masque de fer (Henri Decoin) - 1972 Il Decamerone proibito (Décaméron interdit) (Carlo Infascelli) - 1974 Les innocents aux mains pleines (Claude Chabrol) - 1978 Les sœurs Brontë (André Téchiné).
André Falcon à ses débuts (source AFP)
Télévision (notamment) : 1966 Manon : Le miroir à trois faces (Aimée Mortimer) - 1968 En votre âme et conscience : Les innocents d’Egalgson (Claude Barma) - Au théâtre ce soir : La part du feu (Pierre Sabbagh) - 1969 Allô police : Au diable la malice (Ado Kyrou) - 1972 François Gaillard ou la vie des autres : Joseph (Jacques Ertaud) - Les mal-aimés (Pierre Viallet) - L’inconnue du vol 141 (Louis Grospierre) - Les rois maudits (Claude Barma) - 1973 Témoignages : Peter (Édouard Luntz) - L’amour du métier (Yves Laumet) - 1974 Les cinq dernières minutes : Les griffes de la colombe (Claude Loursais) - 1974 Un bon patriote (Gérard Vergez) - 1975 Les grands détectives : Monsieur Lecoq (Jean Herman) - Messieurs les jurés : L’affaire Lambert (André Michel) - Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret hésite (Claude Boissol) -1976 Les Monte en l’air (François Martin) - La pêche miraculeuse (Pierre Matteuzi) - 1977 La foire (Roland Vincent) - Rendez-vous en noir (Claude Grinberg) - Les femmes du monde (Georges Farrel) – Richelieu (Jean-Pierre Decourrt) - 1978 Les brigades du tigre : Cordialement vôtre (Victor Vicas) - Les bonnes âmes (Georges Farrel) - 1979 Histoires de voyous : Les marloupins (Michel Berny)) - Il était un musicien : Monsieur Albeniz (Claude Lallemand) - Les yeux bleus (François Dupont-Midy) - Le journal (Philippe Lefebvre) - Ne rien savoir (Georges Farrel) - 1980 Petit déjeuner compris (Michel Berny) - Le mandarin (Patrick Jamain) - Julien Fontanes, magistrat : Par la bande (François Dupont-Midy) - Julien Fontanes, magistrat : Les mauvais chiens (Guy-André Lefranc) – Le carton rouge (Alain Quercy) - Les enquêtes du commissaire Maigret (Maigret et l’ambassadeur) (Stéphane Bertin) - À une voix près… ou la naissance d’une République (Alexandre Astruc) - 1981 Julien Fontanes, magistrat : Le soulier d'or (François Dupont-Midy) - Julien Fontanes, magistrat : Un si joli petit nuage (Jean Pignol) - Julien Fontanes, magistrat : La dernière haie (François Dupont-Midy) - Julien Fontanes, magistrat : La 10ème plaie d'Égypte (Patrick Jamain) – Les cinq dernières minutes : Le retour des coulons (Éric Le Hung) - Le bouffon (Guy Jorré) – Arcole ou la terre promise (Marcel Moussy) - Dickie-roi (Guy-André Lefranc) - Aide-toi… (Jean Cosmos) – 1982 Les invités (Roger Pigaut) – Le secret des Andrônes (Sam Itzkovitch) – Mozart (Marcel Bluwal) - Jupiter 81 (Maurice Frydland) - Julien Fontanes, magistrat : Cousin Michel (Guy-André Lefranc) – La marseillaise (Michel Berny) - Les poneys sauvages (Robert Mazoyer) - Le crime de Pierre Lacaze (Jean Delannoy) - Credo (Jacques Deray) - 1983 Tante Blandine (Guy Jorré) - Julien Fontanes, magistrat : Week-end au paradis (Guy-André Lefranc) – La veuve rouge (Édouard Molinaro) - Julien Fontanes, magistrat : Perpète (Jean-Pierre Decourt) – Le général a disparu (Yves-André Hubert) - Julien Fontanes, magistrat : Un coup de bluff (Daniel Moosman) – Thérèse Humbert (Marcel Bluwal) –1984 Julien Fontanes, magistrat : La pêche au vif (Guy-André Lefranc) – Les amours des années 50 : Les cinq doigts de la main (Catherine Roche) - 1985 Julien Fontanes, magistrat : Rien que la vérité (André Farwagi) - La politique est un métier (Maurice Frydman) – Stradivarius (Jacques Kirsner, diffusion en 1991) - 1986 Julien Fontanes, magistrat : Les nerfs en pelote (Jean-Pierre Decourt) - Julien Fontanes, magistrat : Jamais rien à Coudoeuvre (Roger Kahane) - Julien Fontanes, magistrat : Un dossier facile (Patty Villiers) - Julien Fontanes, magistrat : Retour de bâton (Guy-André Lefranc) – Le rire de Caïn (Marcel Moussy) - 1988 Le loufiat : Intrigue sur canapé (Maurice Fasquel) - 1989 Julien Fontanes, magistrat : Les portes s'ouvrent (Guy-André Lefranc) - L’agence : La croisière (Jean Sagols) – 1990 L’annonce (Stéphane Bertin) - 1992 Mes coquins (Jean-Daniel Verhaeghe) - 1993 L’affaire Seznec (Yves Boisset) - Puissance 4 : Chiens écrasés (Gérard Poitou) - L’interdiction (Jean-Daniel Verhaeghe) - 1994 Assedicquement vôtre (Maurice Frydland) - 1995 Quatre pour un loyer (un épisode) - L’affaire Dreyfus (Yves Boisset) - 1999 Cordier juge et flic : L’honneur d’un homme (Paul Planchon) - 2001 Casas (Yves Boisset) - 2002 Nestor Burma : Mignonne, allons voir si la rose (Laurent Carcélès) - 2005 Jaurès, naissance d’un géant (Jean-Daniel Verhaeghe) - La femme coquelicot (Jérôme Foulon) - 2006 Le clan Pasquier (Jean-Daniel Verhaeghe) - 2007 Chez Maupassant : Ce cochon de Morin (Laurent Heynemann). Nota : IMDB crédite ce comédien à la télévision dans "Britannicus" (Jean Meyer, 1977) et "Henri IV" (Sacha Pitoëff, 1967), absents du très fiable "Les fictions française à la télévision" de Jean-Marc Doniak (Dixit-SACD, 1998).
22 juillet 2009
MORT DE YASMINE BELMADI
Annonce de la mort de Yasmine Belmadi, actuellement à l'affiche d'"Adieu Gary", le 18 juillet dernier des suites d'un accident de scooter, à l'âge de 33 ans. J'y reviendrai dès que possible. Le blog sur le doublage nous informe de celle de François Leccia et Yvan Foucart rend hommage à Isabelle Pia, disparue l'an dernier, sur le site des "Gens du cinéma".
Filmographie : 1997 Les corps ouverts (Sébastien Lifshitz, MM) - 1998 Sans cité (Nourdine Halli, CM) - Les passagers (Jean-Claude Guiguet) – Les amants criminels (François Ozon) - Un dérangement considérable (Bernard Stora) - 1999 Le songe de Constantin (Joël Brisse, CM) - Les gens en maillot de bain ne sont pas (forcément) superficiels (Éric Assous) - 2000 Coffee and dreams (Jalil Lespert & Sébastien Dacek, CM) - 2002 Filles uniques (Pierre Jolivet) - Qui a tué Bambi ? (Gilles Marchand) - Houria : Faut pas tout confondre (Rachida Krim, CM) - 2003 Grande école (Robert Salis) - De l’autre côté (Nassim Amaouche, CM) - Wild Side (Sébastien Lifshitz) - 2004 Beur blanc rouge (Mahmoud Zemmouri) - 2005 Au petit matin (Xavier Gens, CM) - 2006 Frontière (Xavier Gens) – 2007 Coupable (Laetitia Masson) - 2008 Adieu Gary (Nassim Amaouche). Télévision : 1998 Les terres froides (Sébastien Lifshitz) - 2001 Commissariat Bastille : Le blouson rouge (Gilles Béhat) - 2001 Sami : Sami, le pion (Patrice Martineau) - 2002 La vie devant nous (Vincenzo Marano) - Sami : À la vie, à la mort (Olivier Guinard) - Sami : Rumeur (Patrice Martineau) - PJ : Tyrannie (Gérard Vergez) - 2007 La commune (Philippe Triboit) - 2009 Pigalle, la nuit (Hervé Hadmar & Marc Herpoux).
08 juillet 2009
MORT D'HENRI-JACQUES HUET
Dans "Chambre 12, hôtel de Suède"
A l’autre extrémité de la démesure autour de la mort de Michael Jackson, il y a celle très discrète d’Henri-Jacques Huet, mort le 4 juin dernier à l’âge de 79 ans. Nous avons cette information grâce à la vigilance de l’équipe des "Gens du cinéma". Pascal Aubier dans ses "Mémoires de Gascogne" (éditions "Yellow Now", 1996) avait fait un portrait très juste à son sujet : "…Acteur français vu dans « Le petit soldat », si ce n’est pas lui qui dit que Raoul Coutard est le meilleur opérateur français, c’est en tous les cas lui qui appelle Michel Subor « Mon petit prince ». Par la suite, j’ai souvent donné du « petit prince » à mes amis, et c’est pour ça que Marco appelle ainsi Harvey (1). C’était un ami de ma mère, et je l’ai connu quand il était au TNP. Il avait une Simca et nous a emmenés un jour à l’aube d’Avignon nous baigner en Camargue. Je me souviens, à la même époque de l’avoir vu embrasser à bouche que veux-tu la blonde qui jouait le rôle de la femme de Roland Lesaffre dans « Les tricheurs », c’était devant le Champo et ça m’avait fort impressionné". On retiendra son côté dandy et désinvolte qu'il donnait à bien de ses personnages. Il suit des cours de comédie auprès de Marguerite Long avant d’entrer au Conservatoire. Il a débuté au cinéma dans la veulerie dans "Le cas du docteur Laurent" , film faisant l’apologie de l’accouchement sans douleurs. Son personnage dominé par sa mère – Orane Demazis –, lâche de manière éhontée Nicole Courcel enceinte de lui puis abandonnée. Il se prend de remords quand sa conduite indigne lui est signifiée, mais rejeté avec véhémence, il se console très vite en partant à la pêche. Le ton est donné pour son parcours étonnant, et dès ses débuts il fait "le grand écart" passant de l'univers de Maurice Cloche à celui de Jean-Luc Godard. Ce dernier lui confie d’ailleurs son rôle le plus célèbre, celui d'Antonio Berrutti, copain de Michel Poicard dans "À bout de souffle". On le retrouve ému dans le documentaire de Claude Ventura "Chambre 12, hôtel de Suède" de 1993 – disponible dans le DVD du film édité par Studio Canal et diffusé sur "Arte" -, il témoigne de la dernière journée de tournage de la scène culte tournée rue Campagne première à Paris, scène où il aide pour la dernière fois Jean-Paul Belmondo. On le retrouve dans "Le petit soldat" en militant d'extrême-droite maître-chanteur, qui pousse Michel Subor à commettre un meurtre. Odieux et manipulateur, il souhaiterait mourir comme le "Thomas l'imposteur" de Jean Cocteau. Souvent cynique, dragueur invétéré, il est souvent narquois comme dans le rôle d’un membre des F.F.I. qui n’est pas dupe à la Libération, devant un collaborateur joué par Yves Robert. On le retrouve souvent dans des rôles de hâbleurs à l’instar de son apparition dans "Extérieur nuit", où en commanditaire de musique de film, il demande un peu de légèreté à son compositeur campé par Gérard Lanvin. On apprend dans l’excellent "Blog sur le doublage" qu’il a fait beaucoup de doublage, il prêta sa voix au personnage du Comte Yoster dans la série franco-allemande, le "Comte Yoster a bien l’honneur". Déplorons une fois de plus – refrain connu et archi-rebattu ici – peu d'intérêt des médias sur la mort de ce serviteur du cinéma français.
(1) personnages de son film "Le fils de Gascogne".

Avec Gérard Lanvin dans "Extérieur nuit"
Filmographie : 1954 French Cancan (Jean Renoir) - 1956 Le cas du docteur Laurent (Jean-Paul Le Chanois) – 1957 Marchands de filles (Maurice Cloche) – Filles de nuit (Maurice Cloche) - En cas de malheur (Claude Autant-Lara) – 1958 Prisons de femmes (Maurice Cloche) – Le fric (Maurice Cloche) - Le mal des autres (CM) - 1959 Quand le bâtiment va… (Pierre Simon, voix du Récitant, CM) - À bout de souffle (Jean-Luc Godard) – Austerlitz (Abel Gance) – Un soir sur la plage (Michel Boisrond) – Le petit soldat (Jean-Luc Godard) – À fleur de peau (Claude Bernard-Aubert) – 1961 Conduite à gauche (Guy Lefranc) – Jusqu’à plus soir (Maurice Labro) – 1962 Et Satan conduit le bal (Grisha-M. Dabat) - 1963 O.S.S. 117 se déchaîne (André Hunebelle) - Le commissaire mène l' enquête [sketch « Fermez la porte »] Fabien Collin & Jacques Delille) – 1966 Le grand restaurant (Jacques Besnard) – 1967 Ciné-girl (ressorti dans un nouveau montage en 1973 sous le titre : Piège à pucelles) (Francis Leroi) – 1968 Le corps de Diane (Jean-Louis Richard) – Slogan (Pierre Grimblat) – 1970 Max et les ferrailleurs (Claude Sautet) - 1971 Le viager (Pierre Tchernia) - 1972 César et Rosalie (Claude Sautet) – Pas folle la guêpe (Jean Delannoy) - 1973 Salut l’artiste (Yves Robert) - 1974 Peur sur la ville (Henri Verneuil) – 1977 Violette Nozière (Claude Chabrol) - 1978 L’amour en question (André Cayatte) - New Generation (Jean-Pierre Lowf-Legoff) - 1979 Je vais craquer (François Leterrier) - Extérieur nuit (Jacques Bral) – 1980 Les malheurs d’Octavie (Roland Urban) - Beau-père (Bertrand Blier) - 1981 Madame Claude 2 (François Mimet) – 1982 Le prix du danger (Yves Boisset) – 1983 Charlots connection (Jean Couturier) - 1984 Tranches de vies (François Leterrier) – 1985 Dressage (Titre TV : Éducation perverse) (Pierre B. Reinhard) - 1986 Avec plaisir (Claire Lise Panzer & Pierre Sisser) - Le débutant (Daniel Janneau) - Le solitaire (Jacques Deray) - 1994 Les misérables (Claude Lelouch). Nota : il ne figure pas dans les copies existantes de "Le grand restaurant" (Jacques Besnard, 1966), il est cité cependant dans "Histoire du cinéma français, encyclopédie des films 1966-1970"-
Télévision (notamment) : 1950 Agence Nostradamus (Claude Barma) - 1956 Beau sang (Maurice Cazeneuve) - 1958 Les cinq dernières minutes : Réactions en chaîne (Claude Loursais) - 1959 Le mouchoir rouge (Jean Prat) - Une nuit orageuse (Claude Barma) - 1960 Grabuge à Chioggia (Marcel Bluwal) - On roule à deux (Marcel Bluwal) - 1961 Un mariage sous Louis XV (Guy Lessertisseur) - 1963 L’inspecteur mène l’enquête : Preuve à l’appui (Pierre Badel) - 1965 Le bouquet (Jean-Pierre Marchand) - 22 avenue de la Victoire (Marcel Moussy) - Poly au Portugal (Claude Boissol) - 1966 Sacrés fantômes (Stellio Lorenzi) - 1967 Allô police : Mélo (Paul Siegrist) – L’amateur / S.O.S. Fernand (Maurice Delbez) - 1968 Les cinq dernières minutes : Les enfants du Faubourg (Claude Loursais) - 1969 Agence intérim : Henri III (Marcel Moussy) - Les trois portes (Abder Isker) - 1970 Au théâtre ce soir : La mariée est trop belle (Pierre Sabbagh) - Sébastien et la Mary-Morgane (Cécile Aubry) - Zamore (Jean-Marie Coldefy) - 1971 Des amis très chers (Abder Isker) - 1972 Les cinq dernières minutes : Meurtre par la bande (Claude Loursais) - Figaro-ci, Figaro-là (Hervé Bromberger) - Sang froid (Abder Isker) – Paix à ses cendres (Guy Lessertisseur) - Joseph Basalmo (André Hunebelle) – Un monsieur bien rangé (Agnès Delarive) - 1973 Un tyran sous la pluie (Philippe Arnal) - Témoignages : Le vent rouge (Roger Buckhardt) – 1974 Gil Blas de Santillane (Jean-Roger Cadet) – Les cinq dernières minutes : Fausses notes (Claude Loursais) - 1975 Au théâtre ce soir : Dix minutes d’alibi (Pierre Sabbagh) - La mort d’un touriste (Abder Isker) - 1976 Au théâtre ce soir : Sacrés fantômes (Pierre Sabbagh) - 1977 Emmenez-moi au Ritz (Pierre Grimblat) – Commissaire Moulin : Marée basse (Jacques Trébouta) - Recherche dans l’intérêt des familles : La marmotte ((Philippe Arnal) – Esprit de suite (Jean Hennin) - C’est arrivé à Paris (François Villers) - 1978 Claudine à l’école (Édouard Molinaro) - Les hommes de Rose (Maurice Cloche) - Désiré Lafarge : Seize millimètres couleur (Jean Pignol) - 1979 L’inspecteur mène l’enquête : Le dernier éditorial (Jean-Paul Roux) - 1980 Les incorrigibles (Adber Isker) - 1981 Les gaités de la correctionnelle : Les ploucs (Joannick Desclers) - Les avocats du diable (André Cayatte) - La guerre des chaussettes (Maurice Cloche) – Le pilon (James Thor) - 1982 Les brigades du Tigre : Le réseau Brutus (Victor Vicas) - Les scénaristes ou les aventures extraordinaires de Robert Michon (Nino Monti) - Marion : Qui trop efface (Jean-Pignol) - Le truqueur (Abder Isker) - 1983 Les enquêtes du commissaire Maigret : La tête d'un homme (Louis Grospierre) - 1984 Aéroport : Le ciel et le feu "Zarka" (Roger Buckhardt) - Battling le ténébreux (Louis Grospierre) - 1993 Chambre 12, Hôtel de Suède (Claude Ventura & Xavier Villetard, documentaire). Non daté : Les Bargeot (un épisode). Divers : 1960 Touchez pas au blondes (Maurice Cloche, adaptation et dialogues).
03 juillet 2009
MORT DE KARL MALDEN
Annonce de la mort de Karl Malden le 1 juillet dernier à l'âge de 97 ans. Cet acteur était beaucoup plus subtil que le cliché que l’on peut avoir en France sur les comédiens forgés à l’Actor Studio. Il faut lire l’excellent portrait que faisait de lui encore vivant Jean-Louis Sauger dans "Retour à Yuma" : Un physique, un nez imposant, fracturé à deux reprises pour cause de basket-ball - Tavernier et Coursodon le décrivait comme "bourgeonnant qui semble croître de film en film". Ce fils de charpentier, né à Chicago, commence par des petits métiers comme laitier ou et maçon. Pendant trois ans, il étudie à la "Goodman Theatre Dramatic School". Il fait la rencontre déterminante, avant guerre, d’Elia Kazan sur la pièce de Clifford Odets, "Golden Boy". Il débute au cinéma par une série impressionnante de grands films. On le retrouve ainsi en austère et nouveau chef de la police de Dana Andrews dans "Mark Dyxon détective". De son rôle d’inspecteur dans "La loi du silence", Donald Spoto parlera de lui « qui a élevé la « sériosité » au rang d’archétype dans ses interprétations (1) Il restera fidèle à Kazan qui insistera pour qu’il reprenne son rôle créé au théâtre dans "Un tramway nommé désir", au cinéma en soupirant timide et lâche de Vivien Leigh, pour lequel il reçoit l’oscar du meilleur second rôle en 1952. Face à Brando, il sera un aumônier compatissant dans "Sur les quais", il n’est que nommé cette fois toujours pour l’oscar du meilleur second rôle en 1955. Kazan lui confiant le rôle du mari jaloux et pyromane de Baby Doll, évoque son personne qui "éprouve à la fois du ressentiment et de l’amour pour Carroll Baker" (2). Il retrouve Brando, comme partenaire mais aussi comme réalisateur dans l’atypique, narcissique et sadomasochiste « La vengeance aux deux visages ». Il est un ancien pilleur de banque devenu shérif qui retrouve le personnage de Brando qui vient se venger. Il trouve l’un de ses meilleurs rôles en 1962 dans "Le prisonnier d’Alcatraz", en sévère geôlier de Burt Lancaster, condamné pour meurtre, qui se découvrira un don pour l’ornithologie en recueillant un oiseau blessé. Le directeur de la prison finira par lier une certaine amitié avec les années. Comme beaucoup d’acteurs américains, il fera un petit tour en Europe à l’aube des années 70, notamment avec son rôle d’aveugle témoin d’un meurtre dans « Le chat à neuf queues ». Il est excellent en propriétaire d’un ranch autoritaire, qui ne supporte pas que deux de ses employés – William Holden et Ryan O’Neal – lui échappent dans le très bon « Deux hommes dans l’Ouest » (Blake Edwards, 1971). On le revit une dernière fois au cinéma dans "Cinglée" (1987), où il était le beau-père "respectable" de Barbara Streisand, avant qu’il ne se consacre à la télévision. Il avait réalisé un film “La chute des héros” (1), en 1957 avec Richard Widmark et Richard Basehart, Le film ne connut pas un bon accueil critique, à l’instar de Guy Allombert pour "La saison cinématographique 1959" : "Réalisé par Karl Malden, dans l’optique et les méthodes d’interprétation de l’Actor Studio, ce film de la série anti-rouge se ressent beaucoup de son origine théâtrale. On y parle beaucoup pour essayer d’intéresser le spectateur au « cas de conscience » qui est posé. Pourquoi trahit-on ? La décevante réponse donnée à cette question provoque le sourire. Est-ce à dire que l’ouvrage soit farouchement anti-communiste ? Non mais, seulement la qualité artistique, le talent reconnu pourraient sauver ce film ; au mieux, lui donner un intérêt…". C'est un film sans doute à redécouvrir - voir Retour à Yuma également -. Il réalisa aussi quelques séquences de "La colline des potences". Il connu une popularité internationale avec les 120 épisodes de "Les rues de San Francisco" de 1972 à 1977 avec Michael Douglas. Avec ce comédien "Bigger than life" disparaît une certaine mythologie d'un certain âge d'or du cinéma américain.
(1) L’art d’Alfred Hitchcock (Éditions Edilig, 1986). (1) (2) Kazan par Kazan entretiens avec Michel Ciment (1973-2009).
Filmographie : 1940 They knew what they wanted (Drôle de mariage) (Garson Kanin) – 1944 Winged victory (George Cukor) - 1946 13 rue Madeleine (Treize, rue Madeleine) (Henry Hathaway) – Boomerang ! (Boomerang) (Elia Kazan) - 1947 Kiss of death (Le carrefour de la mort) (Henry Hathaway) - 1950 Where the sidewalk ends (Mark Dixon detective) (Otto Preminger) - The gunfighter (La cible humaine) (Louis King) - Halls of Montezuma (Okinawa) (Lewis Milestone) - 1951 A A streetcar name Desire (Un tramway nommé Désir) (Elia Kazan) – The sellout (La carte forcée) (Gerald Mayer) - 1952 Diplomatic courier (Courrier diplomatique) (Lewis Seiler) – I confess (La loi du silence) (Alfred Hitchcock) - Operation secret (Lewis Seiler) - Ruby Gentry (La furie du désir) (King Vidor) - 1953 Take the high ground ! (Sergent la Terreur) (Richard Brooks) - 1954 Phantom of Rue Morgue (Le fantôme de la rue Morgue) (Roy Del Ruth) - On the waterfront (Sur les quais) (Elia Kazan) - 1956 Baby Doll (Baby Doll / La poupée de chair) (Elia Kazan) - Fear strikes out (Prisonniers de la peur) (Robert Mulligan) - 1957 Bombers B-52 (Bombardiers B 52) (Gordon Douglas) - 1958 The hanging tree (La colline des potences) (Delmer Daves, + realisation non créditée de scènes) - 1959 Pollyanna (Id) (David Swift) - 1960 The great impostor (Le roi des imposteurs) (Robert Mulligan) - One-eyed Jacks (La vengeance aux deux visages) (Marlon Brando) – Parrish (La soif de la jeunesse) (Delmer Daves) - 1962 All fall dawn (L’ange de la violence) (John Frankenheimer) – Gypsy (Gypsy, Vénus de Broadway) (Mervyn LeRoy, + lyrics) - Come fly with me (Les filles de l’air) (Henry Levin) - Birdman of Alcatraz (Le prisonnier d’Alcatraz) (John Frankenheimer) - How the West was won (La conquête de l’Ouest) [Sketch : "The rivers"] (Henry Hathaway) - 1963 Dead ringer (La mort frappe trois fois) (Paul Henreid) – 1964 Cheyenne Autumn (Les Cheyennes) (John Ford) - The Cincinatti Kid (Le Kid de Cincinnati) (Norman Jewison) – 166 Nevada Smith (Id) (Henry Hathaway) – Hotel (Hôtel Saint-Gregory) (Richard Quine) - Murdere’s row (Bien joué Matt Helm) (Henry Levin) – The adventyre of Bullwhip Griffin (L’honorable Griffin) (James Neilson) – 1967 Billion dollar brain (Un cerveau d’un milliard de dollars) (Ken Russel) - 1968 Hot millions (Chaud les millions) (Eric Till) – Blue (El Gringo) (Silvio Narizzano) - 1969 Patton (Id) (Franklin J. Schaffner) - 1970 Il gatto a nove code (Le chat à neuf queues) (Dario Argento) - 1971 Wild rovers (Deux homes dans l’Ouest) (Blake Edwards) – Un verano para matar (Meutres au soleil) (Antonio Isasi Isasmendi) - 1978 Beyond the Poseidon adventure (Le dernier secret du Poséidon) (Irwing Allen) - 1979 Meteor (Météor) (Ronald Neame) - 1982 Twillight time (Goran Paskaljevic) - 1983 The sting II (Vidéo : L’arnaque II) (Jeremy Paul Kagan) - 1986 Billy Galvin (John Gray) - 1987 Nuts (Cinglée) (Martin Ritt) - 2003 Broadway : The golden age, by the legends who were there (Rick McKay, documentaire) - 2006 Who is Norman Lloyd (Matthew Sussman, documentaire). Comme réalisateur : 1956 Time limit (La chute des héros). Télévision (notamment) : 1949 Little woman (Marc Davis) - 1972/1977 The streets of San Francisco (Les rues de San Francisco) (120 épisodes) - 1977 Captains courageous (Capitaines courageux) (Harvey Hart) – 1980 Skag (6 épisodes) - 1981 World of honor (Parole d’honneur) (Mel Damski) - Miracle on ice (Steven Hilliard Stern) – 1984 With intent to kill (Trou de mémoire) (Mike Robe) – Fatal vision (David Greene) - 1986 Alice in Wonderland (Harry Harris) – 1988 My father, my son (La mort à retardement) (Jeff Bleckner) - 1989 The hijacking of the Achille Moro (Robert E. Collins) - 1990 Call me Anna (Gilbert Cates) - 1991 Absolute strangers (Gilbert Cates) - 1992 Back to the streets of San Francisco (Mel Damski) - 1993 They’ve taken our children (Vern Gillum) - 2000 The west wing (À la maison blanche) : Take this Sabbath Day (Thomas Schlamme) - 2007 Brando (Mimi Freedman & Leslie Greif, documentaire).






















