27 mars 2006
MORT DE RICHARD FLEISCHER
Mort d'un des cinéastes les plus originaux du cinéma américain. A son sujet, Stéphane Bourgoin lui avait consacré un très bon livre, hélas épuisé (Éditions Edilig, 1986). Du merveilleux, avec une des meilleures adaptation de l’œuvre de Jules Verne ("20.000 lieux sous les mers", "l'heroic fantasy" "Conan le barbare" (1984), les films fantastiques le plaisant "Voyage fantastique" (1966) et surtout "Soleil vert" (1973), l'un des meilleurs films d'anticipation, à l’âpre "Étrangleur de Boston" (1968) sombre étude de mœurs autour d’une traque d’un tueur en série – l’un des meilleurs rôles de Tony Curtis, "L'étrangleur de Rillington Place" (1971) redécouvert il y a peu au cinéma de minuit sur France 3, était une autre réussite sur ce même modèle -, il avait une palette suffisamment large pour laisser sa marque même dans des commandes improbables. On lui doit des petits bijoux du film noir "Bodyguard" (1948), "L’assassin sans visage" (1949) etc… et de bons films d’aventures ou de genres "Les vikings" (1957), "Barabbas" (1962), on aimerait d’ailleurs voir "Che" (1969) ne serait-ce que pour découvrir Omar Sharif en "Che Guevara" et Jack Palance en "Fidel Castro" ! Il valait beaucoup mieux que sa réputation d’habile faiseur.

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LE MONDE
Nécrologie : Richard Fleischer, cinéaste américain
Par Jean-Luc Douin - Article paru dans l'édition du 28.03.06
Le cinéaste américain Richard Fleischer, un des piliers d'Hollywood dans les années 1950 à 1970, auteur d'une filmographie foisonnante, est mort samedi 25 mars à l'âge de 89 ans. Son fils Mark a rendu hommage aux efforts de ses parents pour soustraire leurs enfants à la folie d'Hollywood.
Dans 50 ans de cinéma américain, Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier soulignent "le très grand soin qu'il a souvent apporté à l'élaboration formelle de ses films, notamment aux mouvements d'appareil, à la décoration, à la couleur" et à "certaines constantes thématiques (le motif du double et de la substitution)". S'il n'était pas considéré comme un auteur, Richard Fleischer était "beaucoup plus qu'un artisan".
Né à New York le 8 décembre 1916, Richard Fleischer était l'un des derniers réalisateurs américains à avoir fait carrière en gravissant les échelons du cinéma. Il était le fils de Max Fleischer, cinéaste d'animation avec son frère Dave, inventeur du Rotoscope (qui permet de transcrire en dessin animé une action préalablement filmée en vue réelle), créateur du fameux Koko le clown et surtout de Betty Boop et Popeye le Marin.
Bien que son père lui dise qu'il n'a "rien à faire à Hollywood", Richard Fleischer s'inscrit à une école d'art dramatique pour devenir acteur. Engagé comme monteur de films d'actualités pour la RKO, il réalise d'abord des courts métrages, puis des films de série B, enfin des films à gros budget avec grandes vedettes, passant en cours de route à la Fox et à la MGM.
Coursodon et Tavernier notent que ses premiers films ont la même sécheresse de ton, le même goût pour l'ellipse, le même sens de l'action, du décor naturel et des recherches formelles que ceux d'Anthony Mann, et repèrent chez lui une prédilection pour les décors étroits (voir l'oppressant huis clos de L'Etrangleur de la place Rillington, 1971), les lieux labyrinthiques, les jeux de reflets et de miroirs.
Trois films noirs sont des réussites : L'Assassin sans visage (1949), où le portrait-robot du serial killer est remplacé par un mannequin si ressemblant que certains protagonistes le prennent pour le criminel (récemment édité en DVD chez Montparnasse) ; L'Enigme du Chicago Express (1952), qui se passe presque entièrement dans un train et où il se penche sur l'absurde de la condition policière (son producteur, Howard Hughes, fut si impressionné qu'il voulut lui faire refaire le film avec un gros budget et des vedettes - Robert Mitchum et Jane Russell -, mais il ne céda pas) ; La Fille sur la balançoire (1955) est une étude criminelle où une jeune danseuse finit comme Lola Montès dans un music-hall.
Fleischer est un des pionniers du CinémaScope, notamment avec Les Tueurs dans la ville (1955), parabole sur la violence révélatrice de la manière dont il utilise le polar comme moyen d'investigation sociale. Passionné par l'étude de la psychologie des tueurs, Richard Fleischer s'intéresse aussi aux pathologies mentales engendrées par la guerre, dans Le Temps de la colère (1956), son seul film de guerre avec Tora ! Tora ! Tora !, une reconstitution de l'attaque de Pearl Harbor (cosignée avec T. Masuda et K. Fukasaku). On lui doit la meilleure adaptation de Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers (1954), pendant le tournage duquel il s'entend si bien avec Kirk Douglas que ce dernier s'endette pour lui permettre de réaliser son chef-d'oeuvre, Les Vikings (1958).
Outre l'emphase picturale qui transcende cette épopée pour laquelle il s'astreint à de minutieuses recherches historiques, on y repère ces sujets qui lui sont chers : la violence sauvage et la décadence d'une civilisation. Ce thème est perceptible dans Les Flics ne dorment pas la nuit (1972), chronique de la vie de deux policiers confrontés à la dégradation de la vie en ville, interprété par George Scott, que l'on retrouve avec le même charisme, mais cette fois en truand à la mélancolie morbide, dans Les Complices de la dernière chance (1972).
Richard Fleischer était aussi un solide directeur d'acteurs (Anthony Quinn dans Barabas , 1962, Henry Fonda dans L'Etrangleur de Boston, 1968), et aussi le réalisateur de deux films avec Orson Welles (Le Génie du mal et Drame dans un miroir), d'un étonnant western (Duel dans la boue). Sans doute son film le plus connu, prémonitoire est Soleil vert (1973), avec Charlton Heston, film qui est une anticipation écologiste assez saisissante.
LIBÉRATION
Fleischer flanche
Mort du réalisateur américain des «Vikings» et du «Voyage fantastique». Par Philippe Garnier - mercredi 29 mars 2006 - Los Angeles correspondance
Le sous-marin du capitaine Nemo dans 20 000 Lieues sous les mers, les drakkars des Vikings, la nano-nef chirurgicale du Voyage fantastique, Richard Fleischer semble ne s'être jamais vraiment sorti des coques. Même son film le plus réputé, l'Enigme du Chicago Express (1952), était presque exclusivement confiné aux couloirs et cloisons d'un train, reconstitué sur un plateau de la RKO. Mais Fleischer, qui s'est éteint dimanche à l'âge de 89 ans, a réalisé plus de 50 films en cinquante-quatre ans de carrière, souvent plus divertissants que ceux d'«auteurs» plus respectés que lui. Il fallut Claude Mauriac pour attirer l'attention sur Chicago Express en France, à l'époque.
Qui n'a pas son petit faible pour le laconique début du splendide Bandido Caballero (1956) ? Robert Mitchum arrive en costume blanc dans un village mexicain que se disputent révolutionnaires et federales. Tout ce qu'il veut, c'est une chambre, une bouteille de tequila et la paix. Mais les federales font beaucoup de bruit. Plus las qu'excédé, Mitchum jette une grenade sur les troupes gouvernementales. Le film peut commencer.
Betty Boop et Popeye. Dans ses amusantes mémoires, Just Tell Me When to Cry (1993), Richard Fleischer évoque le tournage mouvementé de ce film, qui devait raconter l'histoire d'un gringo qui sauve une équipe de cinéma et une actrice tombées aux mains de Pancho Villa. Son scénariste, Earl Felton, qui pour être infirme des deux jambes n'en était pas moins grand noceur devant l'Eternel (avec tendance à la procrastination), en décida autrement. Encore que le tournage mouvementé de Bandido suivit plus ou moins l'idée originale, la compagnie hollywoodienne ayant été à moitié rançonnée par des officiels gouvernementaux.
Richard O. Fleischer n'a, malgré une solide carrière, jamais eu de stature auprès des critiques. Walt Disney lui a demandé de diriger 20 000 Lieues sous les mers (1954) après avoir vu Sacré Printemps, une série B qu'il venait de terminer, avec Charles Boyer et Bobby Driscoll. Fleischer lui a seulement répondu : «Savez-vous qui je suis ?»
Son père, Max Fleischer, animateur et créateur de Betty Boop et Popeye, avait longtemps été le principal rival de Disney. Dont le nom n'était prononcé dans la famille qu'avec précaution. Disney a nié jouer la provocation, disant à Fleischer que quiconque était capable de faire un acteur de Bobby Driscoll était sûrement capable de diriger Kirk Douglas, James Mason et un poulpe géant. Richard O. a quand même dû demander la permission paternelle avant de dire oui.
Vaches à lait. Il avait déjà laissé tomber le «O» au générique de l'Enigme du Chicago Express, terminé deux ans auparavant : sa façon de montrer qu'il en avait fini avec l'apprentissage des films de série. Ce film, reconnu pour être un des meilleurs policiers jamais tournés, l'a été en treize jours, pour la somme de 230 000 dollars. Et Fleischer l'a terminé deux ans avant la proposition de Disney.
Mais son petit film a eu le malheur de plaire au nouveau patron du studio, Howard Hugues, qui a décidé de le refaire complètement avec ses deux vaches à lait du moment, Robert Mitchum et Jane Russell. Fleischer eut toutes les peines du monde à l'en dissuader, mais dut trimer plusieurs mois à refaire la fin du très divertissant His Kind of Woman (Fini de rire), commencé par John Farrow avec les deux vedettes. Celles du Chicago Express n'eurent même pas cette chance : les pourtant remarquables Marie Windsor et Charles McGraw durent retourner à leurs seconds rôles habituels, alors que le film aurait dû lancer leur carrière.
Richard Fleischer avait fait auparavant un autre film épatant avec le grincheux McGraw, Armored Car Robbery (1950), qui reste à découvrir en France. C'était le début de l'association heureuse entre Fleischer et Earl Felton, le duo qui avait tapé dans l'oeil de Hugues au point que les deux passaient toutes leurs nuits au Polo Lounge, le bar du Beverly Hills Hotel où le milliardaire avait un bungalow à l'année. Felton, dont la poliomyélite n'avait en rien entamé l'esprit, avait fini par baptiser leur purgatoire le Polio Lounge.
Bien que moins excitants que ses petits films RKO, ses plus grands succès sont souvent réjouissants : les Inconnus dans la ville (1955), par exemple, avec une distribution hors pair (Lee Marvin et son inhalateur, Ernest Borgnine en fermier quaker qui finit par embrocher un des gangsters avec sa fourche) ; le Génie du mal (1959), sur l'affaire Leopold et Loeb, avec Orson Welles pour les défendre. Ou encore l'Etrangleur de Boston (1968), avec un Tony Curtis étonnant et un usage du split-screen aujourd'hui démodé mais intéressant.
Remplaçant. Ces bons moments ne peuvent faire oublier les foutus quarts d'heure : Docteur Doolittle ou Che, avec Omar Sharif. Ou Mandigo. Mais il se débrouillait bien des grosses machines : Barabbas, avec Anthony Quinn, le Voyage fantastique, avec les méchants anticorps qui font comme un soutien-gorge à Raquel Welsh, ou le pesant Tora ! Tora ! Tora ! Fleischer, homme d'une douceur et d'une philosophie rares à Hollywood, avait aussi conscience d'être devenu le remplaçant attitré, capable de débrouiller une sale affaire, comme en Espagne, succédant à un John Huston débouté par George C. Scott sur The Last Run (les Complices de la dernière chance).
Quiconque est capable de survivre à deux films avec Kirk Douglas (surtout producteur, comme sur les Vikings), et fournir tant de joie, est forcément bien plus que le fils de quelqu'un. Un grand artisan, peut-être comme on n'en fait plus.
Fleischer, un touche-à-tout s'éteint
Maître en séries B, le réalisateur hollywoodien avait 90 ans. - Par Antoine de Baecque - mardi 28 mars 2006
Le plus bel hommage à Richard Fleischer, grand petit maître du film de genre hollywoodien, c'est sûrement Blake Edwards qui l'a rendu à la fin de SOB, dans un éclat de rire à la fois graveleux et émouvant, quand le héros meurt en demandant à ce que son cadavre soit placé sur un navire et qu'on y mette le feu. C'est évidemment une référence au plan final des Vikings, quand le drakkar où repose le corps d'Einar (Kirk Douglas) est incendié par les flèches de ses guerriers, même si chez Edwards les plaintes de trompes vikings sont remplacées par un concert de pets.
Richard Fleischer savait tout faire, et il a tout fait en une cinquantaine de films. Né en 1916 d'un père cinéaste d'animation qui inventa avec son frère Betty Boop et Popeye, il est à bonne école et grandit à Hollywood. L'enfant de la balle passe à la réalisation à 30 ans, d'abord dans le mélo (Child of Divorce, 1946), puis dans le documentaire et les montages d'actualités.
Au cours des années 50, c'est la vogue du film noir qui le lance, notamment avec le Traquenard, puis Armored Car Robbery (vrai bijou), les Inconnus dans la ville, ou encore l'Enigme du Chicago Express (The Narrow Margin), chef-d'oeuvre dont François Truffaut était tombé fou amoureux. Ensuite, il illustre avec un brio formel certain et un indéniable sens du rythme les genres en vogue ; que ce soit le film d'aventure (le Voyage fantastique, 20 000 lieues sous les mers, Bandido), le western (Duel dans la boue, qui amorce dès 1959 la grande mutation du genre), ou le film de guerre (le Temps de la colère en 1956, Tora ! Tora ! Tora ! en 1970).
Il y aura aussi la veine historique (les Vikings, Barabbas avec Anthony Quinn) et un intérêt tardif pour les films de tueur en série, que ce soit l'Etrangleur de la place Rillington en 1971 ou surtout l'Etrangleur de Boston (1968), peut-être le film le plus étrange consacré à un criminel traqué par Henry Fonda.
Richard Fleischer tourna jusqu'à l'âge de 75 ans, ce qui n'est pas commun à Hollywood, continuant à épicer ses séries B de grains de poivre anarcho-politiques et d'une pincée de sel de sa mauvaise humeur continuelle de charmant garçon.
LE FIGARO
Richard Fleischer, le cinéaste de l'aventure (D.B.) 20/03/2006 Hollywood.
Le réalisateur américain Richard Fleischer vient de mourir, à l'âge de 89 ans, à Los Angeles. Plusieurs acteurs vedettes avaient tourné sous sa direction, parmi lesquels Kirk Douglas, Robert Mitchum ou Charles Bronson.
Né le 8 décembre 1916 à Brooklyn (New York), Richard Fleischer, fils du producteur de films d'animation Max Fleischer, avait d'abord étudié la médecine avant l'art dramatique à la Yale School of Drama. Sa carrière au cinéma débute en 1942 quand il réalise plusieurs courts-métrages de la série This is America. En 1943, il épouse Mary Dickson qui lui donnera trois enfants. Après sa démobilisation en 1945, il réalise de nombreux documentaires dont Design for Death qui lui vaut un oscar. Enfin, en 1946, il tourne son premier long-métrage, Child of Divorce avec Sharyn Moffett et Regis Toomey.
Il s'essaie ensuite avec succès dans les films à suspense, comme Bodyguard, coécrit en 1948 avec Robert Altman, L'Assassin sans visage (1949) ou L'Enigme du Chicago-Express (1952). Il rejoint alors les studios Walt Disney qui lui permettent de tourner en 1954 20 000 Lieues sous les mers, avec Kirk Douglas et James Mason, suivi des Vikings (1958), du péplum Barabbas (1962) et du film de guerre Tora ! Tora ! Tora ! (1972).
Devenu spécialiste des films d'action et des reconstitutions historiques, le cinéaste poursuit tout de même la réalisation de films policiers comme Les Inconnus dans la ville (1955), Le Génie du mal (1959), L'Etrangleur de Boston (1968) et L'Etrangleur de la place Rillington (1971). Dans le domaine de la science-fiction, il a tourné Soleil vert (1973), L'Extravagant Docteur Dolittle (1967) et Amityville 3-D (1983). Il signa aussi au crépuscule de sa carrière, Conan le destructeur, en 1984.
Bon faiseur de cinéma tout public de la grande époque hollywoodienne, Richard Fleischer était capable d'aborder tous les genres avec talent sans jamais imposer le style d'un auteur.
25 mars 2006
AURORE
La position d’un spectateur est délicate quand il ne parvient pas à adhérer au propos d’un film, et que le metteur en scène, ici Nils Tavernier vient avec ferveur, un peu sur la défensive, défendre ce film, comme ce vendredi soir 24 mars à l’UGC-Cité Ciné Bordeaux. Je suis resté, hélas, à la porte de cet univers onirique, peut être déconcerté de ne pas retrouver la force du "Peau d’âne" de Jacques Demy ou celui de l’univers de Jean Cocteau. On ne peut cependant que louer la liberté de ce réalisateur, d’avoir réussi à faire ce qu’il avait voulu, ce qui risque, il en est bien conscient, de ne plus se reproduire. Le film est pourtant original, et Nils Tavernier a montré avec ses documentaires une acuité particulière au monde, une innovation constante – les images de synthèse pour "L’odyssée de la vie" (2006) sur France 2, des témoignages rejoués par des comédiens pour préserver l’intégrité d’anonymes qui parlent librement de leurs vies sexuelles –"Désir et sexualité" (2004) sur France 3. Le film vaut par la prestation de Margaux Chatelier rayonnante princesse Aurore, qui concilie grâce, dextérité – beau ballet spectaculaire sur des pointes, quand elle veut montrer son amour à un peintre – Nicolas Le Riche, excellent danseur mais piètre acteur -. La jeune danseuse était présente également ce soir là, elle est originaire de la Gironde, il fallait voir son radieux sourire, que l’on sent contenu durant tout le film. François Berléand – pressenti tout d’abord pour jouer le conseiller - donne de l’épaisseur à son personnage de roi défait et désargenté et Carole Bouquet avec son port altier nous fait croire sans difficulté qu’elle a été une brillante danseuse et digne. Thibaut de Montalembert fait par contre ce qu’il peut avec son personnage caricatural du conseiller du roi, fourbe sans panache. Mais Monique Chaumette en gardienne des souvenirs, nous ramenant à l’un des meilleurs films de Tavernier père "La passion Béatrice", est émouvante.

Carole Bouquet, Anthony Munoz & François Berléand
Les scènes de danses sont remarquables, parfois sensuelles, grâce à la chorégraphie originale de grands noms de la danse comme la mythique Carolyn Carlson, qui a adoubé le choix de Margaux Chatelier et la musique de Carolin Petit qui est remarquable. Mais le tout installe une petite distance si on n’est pas initié à cet art, il faut dire que le scénario est assez terne, malgré l’intervention de Jean Cosmos, dans ce royaume où la danse est bannie. Si à voir Nils Tavernier, on ressent sa pudeur – il chuchote volontiers les indications aux comédiens, il a un parcours d’acteur assez étonnant chez son père ou Catherine Breillat pour comprendre les comédiens -. Exigent et précis, il était un peu chagriné par les plaisanteries habituelles de François Berléand sur le tournage – arborant un panneau P.S.G. sur son dos et faisant rire la belle Margaux dans des scènes dramatiques -, le comédien a compris le climat que voulait installer le réalisateur. Il a bien sûr râlé devant l’effort des contraintes de son costume de roi – 25 kilos + 3 de couronne ! - et une chaleur accablante, mais a finit par être séduit par les scènes dansées. Tout comme un technicien, présent sur le plateau et roulant un peu les mécaniques, certaines personnes verseront une petite larme, il y avait des témoignages sensibles du public pour le confirmer. On voudrait aussi adhérer sans réserves avec le projet ouaté, risqué, naïf - sans sombrer dans la guimauve - et singulier de Nils Tavernier, son intégrité à défendre son film, vraiment original... Mais cette tentative déçoit plus qu’elle ne séduit, c'est très dommage....
24 mars 2006
CAPOTE
Nouveau "biopic", avec ce film, "Truman Capote" en V.O. . C’est le premier film de Bennett Miller et pour un coup d’essai, c’est un coup de maître, adapté d’une biographie de Gerald Clarke.. En 1959, le romancier, adulé de son vivant, Truman Capote se passionne pour le massacre crapuleux, d’une sauvagerie implacable, d’une famille de quatre personnes, dans une petite ville rurale du Kansas. Accompagné de son amie d'enfance Harper Lee – Catherine Keener, superbe de retenue -, il se rend sur place pour enquêter, après avoir convaincu le journal "New Yorker" de le commanditer, histoire de confronter son œuvre avec une réalité brute. Ce projet va finalement prendre 5 ans de sa vie pour ce qui sera son dernier ouvrage. Assez d’avis avec Christine Angot donné dans l’émission "Campus" sur France 2, on peut s’étonner de voir la description assez négative de Truman Capote, dans les critiques ou les avis du public, alors que les deux tueurs sont assez dédouanés. Il y a une même fraternité d’âmes entre Capote et l'un d'eux, Perry Smith – usant de ruses, d’ambiguïté et de séduction, parfaitement rendues par le jeu de Clifton Collins Jr. -. Ils ont peut être en commun la même monstruosité, si le destin l’avait pas voulu autrement, pour reprendre l’une des répliques de mémoire : "c’est un peu comme si j’avais grandi avec lui dans la même maison. Il serait sorti par la porte de derrière et moi par celle de devant". Capote cherche à comprendre l’attitude des deux meurtriers, avec un cynisme défensif, fasciné par cette violence, il décortique le parcours de deux prisonniers dans l’attente de leur exécution, passant de la compassion à l’indifférence. L’incarnation de Philippe Seymour Hoffman, dont le talent n’est plus à prouver depuis longtemps, dans le rôle titre est formidable, dans les attitudes et le timbre de voix. Il était fortement d’ailleurs fortement impliqué dans ce projet. Loin d’un numéro d’esbrouffe laborieuse, ou d’un cabotinage attendu dans ce type de rôle pour une personnalité homosexuelle, mondaine et alcoolique, il évite tous ces pièges, pour une composition tout en nuances. De sa quête de la vérité, à la première lecture de son livre, il restitue avec humanité la richesse de son personnage new-yorkais. Il a réussit à nous montrer l’essence du personnage au-delà de l’idée de performance, le travail, intensif de l’acteur pour le rôle, ne se voyant pas à l’écran.
Dans cette lignée, je ne vois que peu d’exemple, mais citons Philippe Clévenot dans "Elvire Jouvet 40", ou Michel Bouquet dans "Le promeneur du champ de Mars". Tout en nuance, entre égocentrisme, failles multiples, il est tout aussi probant quand il fait preuve de brio dans la haute société, que quand il se fait admettre dans l’Amérique profonde, où les autochtones le regardaient de prime abord, comme une improbable personnalité ambivalente. Il est amusant de se souvenir alors de Truman Capote acteur, qui ne déméritait pas d’un casting all-star, dans l’amusant "Un cadavre au dessert" que cite Docteur Orloff et Mister Pierrot, dans son article. L’oscar et le golden globe du meilleur acteur 2006, sont ici amplement mérités, tant il Le rapport Capote-Smith est décrit ici avec beaucoup de retenue et de justesse, chacun manipulant l’autre. L’écrivain, pour avoir l’œuvre de sa vie fait preuve de pionnier dans la restitution de ce fait divers – il a ouvert une voix dans l’écriture de romans de non-fiction, largement galvaudée depuis, on se souvient depuis, du "forcément sublime" durassien face à l’affaire Vuillemin. Il dissèque, observe, se renseigne avec les témoins et les policiers locaux – formidable incarnation de Chris Cooper, connaissant les victimes, et incarnant la probité - fraternise avec les tueurs, ouvre les cercueils, et finalement se brûle à vouloir obtenir la vérité. Bennett Miller, dans la stylisation rend parfaitement les abysses de contradiction des personnages, installe un climat fascinant en adoptant un ton feutré et restitue en évitant les écueils de la reconstitution, le début des années 60. Tout ici respire l’intelligence, jusqu’à l’écriture des seconds rôles de Bruce Greenwood dans le rôle de Jack Dunphy, amant écrivain délaissé mais compréhensif de Capote, ou Bob Balaban, probant dans le rôle de William Shawn, un éditeur compréhensif. A ne pas rater la diffusion de "De sang froid" de Richard Brooks, ce mercredi 29 mars, à 22h40 sur Arte, adaptation du célèbre roman éponyme.
23 mars 2006
LE FEU FOLLET
Louis Malle semble enfin sortir d’une sorte de purgatoire. Il fallait entendre Serge Toubiana et Maurice Pialat ironiser sur son talent dans un festival… Les récentes rétrospectives de la Cinémathèque et du festival d’Angers, ainsi que la ressortie en DVD d’une partie de ses films, donnent l’occasion enfin de le reconsidérer. Il y a eu un malentendu sur ce réalisateur venant d’une riche famille du Nord, la dynastie des Béghin-Say, magnats du sucre, mais il n’aura eu de cesses que de se révolter contre son milieu d’origine. "Le feu follet", disponible désormais en vidéo, chez Arte Vidéo, est une œuvre particulière dans sa filmographie, sorte de vertige pessimiste. C’est un film qui a ses adeptes, je me suis retrouvé dans le témoignage de Mathieu Amalric dans le bonus, pour l’avoir vu à plusieurs périodes de ma vie, et restant marqué par ce film de manière indélébile. C’est selon la formule d’Ozu, je crois, "Un film qui nous regarde", nous désosse, nous renvoie à nos propres angoisses, même si le regard évolue avec le temps. C’est l’adaptation on le sait du roman de Drieu La Rochelle – Louis Malle avait eu un projet abandonné sur les nuits parisiennes -, qui s’est suicidé de la manière que l’on connaît. Ce roman se passant dans les années 20, inspiré du suicide du romancier Jacques Rigaut. Habilement transposé dans les années 60. Louis Malle était d’ailleurs assez dépressif à ce moment – il faut le voir le voir assez affecté dans une interview de 1963, face à Françoise Sagan, définir le vieillissement comme le fait de devenir une chose assez dégoûtante ! -, et avait même pensé à interpréter le film lui-même. Il a trouvé en Maurice Ronet, en interprète idéal, impressionnante posture d’une grande lassitude de l’être, tel un astre blafard. La musique d’Érik Satie - les Gymnopédies et Gnossiennes, est en parfaite adéquation avec cette flânerie dépressive, rarement on a vu sur un écran une incarnation aussi tangible du spleen -.
Jeanne Moreau à Maurice Ronet : "Tu as l'air d'un cadavre !"
Le personnage principal, Alain Leroy, n’a pourtant rien, au départ pour susciter la compassion, c’est un dandy assez oisif, honorant ses conquêtes féminines sans flamme et a eu des sympathies avec l’O.A.S. depuis son service militaire en Algérie. Mais c’est un homme défait que l’on retrouve en cure de désintoxication dans une clinique huppée de Versailles, qu’on le découvre, avec sa maîtresse de passage – touchante Léna Skerla -. Il végète dans sa chambre, emménagée telle une prison dorée, il inscrit sur le miroir la date du 23 juillet, avant de sortir d’une mallette de jeux de cartes, une arme cachée… Sa décision est prise, se supprimer. Le directeur de l’hôpital – Jean-Paul Moulinot, sérieux paternaliste -, le déclare guéri. Il se révèle assez inadapté aux contraintes du monde extérieur, - il demande des cigarettes étrangères dans un bistrot de Versailles qui lui déclare ne pas en avoir la demande -. Il finit par sortir et part pour Paris, pris en stop, pris en charge par deux livreurs des Galeries Lafayette – dont Hervé Sand, mort prématurément, prestation curieusement oubliée dans le dictionnaire de Raymond Chirat, hâbleur et bon vivant, avec lequel il parle des besoins d’argents -. De retour à Paris, ses connaissances s’étonnent de sa mauvaise mine. A la rencontre de ses anciens amis, il retrouve son ami Dubourg – admirable Bernard Noël, trop tôt disparu lui aussi, décidément, campant un personnage très touchant – qui a trouvé son équilibre entre sa femme – Ursula Kubler à la personnalité singulière -, sa fille et sa passion de l’égyptologie. Dubourg tente de lui redonner le goût de la vie, mais Leroy, trop dans la lucidité, ou trop dans l’aveuglement, ne vois dans la vie de son ami qu’une trop grande compromission. Il erre ensuite entre ses amis snobs – Jeanne Moreau donnant une grande intensité à son cours rôle d’ancienne amoureuse, Alain Mottet en poète opiomane, ou un couple hautain – Alexandra Stewart et Jacques Sereys, faussement compatissant – invitant un écrivain mondain – Tony Taffin, dans la suffisance -. Il finit par s’insurger contre ses anciens amis de l’O.A.S. qu'il traite de Guignols – dont Romain Bouteille, déjà probant dans le rôle d’un personnage désinvolte -. Autour d’Alain Leroy, les personnages sont très justement écrits, des pensionnaires de l’hôpital – étonnant Hubert Deschamps en homosexuel maniéré, Yvonne Clech en femme blessée et maternelle -, les anciennes connaissances – Micha Bayard en employée d’hôtel, etc… - ou le jeune - Bernard Tiphaine - qui prend la même direction dans la dérive alcoolique -. L’itinéraire de cet homme alcoolique, donnant son rôle le plus probant de Maurice Ronet, qui tournait en même temps « Le puits et le pendule » pour Alexandre Astruc et qui avait perdu 15 kilos pour le rôle. Défait, désabusé, il montre le dégoût de la vie, sa difficulté de résister à reboire, dans un monde où la tentation est permanente. Cette lutte contre l’alcoolisme est montrée de manière documentaire – la réaction après le premier verre -. Hors du temps, ce film reste une œuvre admirable et universelle, d’une formidable noirceur, mais c’est un portrait sans concessions, et un itinéraire remarquable d’un homme qui a perdu la raison de vivre. Un grand classique…
21 mars 2006
SAUF LE RESPECT QUE JE VOUS DOIS
C’est le premier long-métrage de Fabienne Godet, après le très prometteur moyen-métrage de 1999 "La tentation de l’innocence" avec Emmanuelle Devos et Antoine Chappey. Ce film âpre et poignant, décrit avec justesse le monde du travail. L’action se passe dans une entreprise moyenne dirigée par un homme cynique, souvent odieux, et calculateur – Jean-Marie Winling adoptant une convivialité de façade, il est ici idéal pour ce type de rôle -. Il a dans le collimateur Simon, un employé impulsif et prompt à revendiquer ou à briser le ronron de la soumission ambiante – Jean-Michel Portal, poignant, jouant subtilement la colère rentrée -. Entre eux deux, François Durieux – magistral Olivier Gourmet, un comédien de la trempe d’un Harry Baur ou d’un Michel Simon, capable de susciter des émotions même de dos -, modère les tensions au sein du groupe d’employés. Ces derniers sont résignés – Pascal Elso, très juste en homme timoré -, compatissant – Martine Chevallier brillante –, craintifs – Guy Lecluyse convaincant - ou suffisants – François Levantal, grand numéro du cadre arrogant et narcissique -. Ils forment une petite humanité craintive redoutant la précarité et supportant une oppression sourde. Les pressions sont très fortes, François les tolère en prenant du temps sur sa vie familiale, ratant même l’anniversaire de son fils pour être disponible aux obligations constantes. Son couple avec est solide, sa femme étant compréhensive – Dominique Blanc superbe de retenue -.Mais peut-on tolérer l’intolérable…
Même si le film est parfois un peu démonstratif – le personnage de la jeune journaliste soucieuse de rétablir la vérité, joué tout en nuances par Julie Depardieu -, ou dans une narration un peu artificielle –la jeune marginale joué par Marion Cotillard d’ailleurs excellente -. C’est l’aspect documentaire du film qui est ici le plus probant. La réalisatrice ancienne psychologue s’étant inspirée de faits réels. L’ancrage dans le quotidien est ici probant, montrant nos mornes lâchetés, notre capacité à subir et à obéir et à s’arranger avec un système gangrené. Le film est porté par l’interprétation d’Olivier Gourmet, idéal pour concilier une force tranquille et une faiblesse névrotique. Définitivement c’est l’un des meilleurs comédiens de son temps. Avec intelligence, il montre la détresse humaine, les contradictions et les dérives de son personnage face à une situation inéducable. Ne voulant pas se résigner, son petit monde de concession s’écroule, le laissant vaciller face à un monde égoïste. Le film montre bien la fragile illusion d’un équilibre que l’on croit trouver dans notre société actuelle marchande personnalisée par le personnage sans états d’âmes joué par le très impressionnant Hans Meyer, haut responsable industriel. On retrouve aussi toute une galerie de seconds rôles de Maxime Leroux policier compréhensif ou Mado Maurin hôtelière sympathique. Habilement restituée en demi-teintes, la tension et l’émotion sourde font de ce film un objet de réflexion. En parfaite adéquation avec notre société actuelle, on peut voir ici un cri d’alarme salutaire et unisité. C’est suffisamment rare pour le signaler, tant on a l’impression de visiter souvent le "pays des fées" dans le cinéma actuel.
20 mars 2006
LE COIN DU NANAR : SI VOUS N'AIMEZ PAS CA, N'EN DÉGOUTEZ OA
Romain Bouteille
Une réplique finale de Romain Bouteille résume assez bien ce que l'on ressent à l'issue de ce film, "Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres" : "J'ai vu des films mauvais, mais ça jamais !". L'idée est simple, on observe les commentaires et les réactions des spectateurs dans une salle où est projeté un film porno. Au moins on échappe à l'escroquerie habituelle, utiliser des séquences d'autres films pour des inserts olé-olé. Le film porno -soft bien sûr - en question vaut son pesant de cacahuètes, tourné pour le film uniquement. Quelques stéréotypes de français moyens miment de manière absolument lourdingue les ébats sexuels... Les scènes sont interminables, il faut voir Roger Trapp - petite rondeur à petite moustache - escalader une plantureuse créature plus grande que lui, après usage abondant de beurre Lusigny - bon goût garanti et citation de circonstance -, et le méridional André Dupon apparaître en diablotin, du coton dans le nez et se faisant introduire une carotte... - rassurez-vous, ils vont semblants -. De voir ses seconds rôles habitués du cinéma franchouillard sombrer dans une vulgarité colossale tient plus de la "quatrième dimension" que du malsain. De manière assez opportuniste, ce film a été diffusé le 31 mai 1978, après le succès des troupes du "Café de la gare" et du Splendid", selon certains témoignages il aurait été tourné en 1973. Le catalogue du CNC donne en fait comme date d'immatriculation le 26/01/1976, il y avait d'ailleurs un autre titre prévu "Quand les radis poussent, j'aime tout" (sic). Le sieur Raymond Lewin (monteur de films érotiques) se contente donc outre les scènes érotiques, de filmer avec une platitude inouïe les comédiens improviser sans inventivité...
Un groupe de jeunes zozos, les yeux exorbités, regardent les scènes égrillardes. Mais tout le monde il cause, Romain Bouteille se plaignant de ne rien comprendre à l'histoire, tout en trouvant ça mieux que son séjour à Marienbad !, Josiane Balasko - créditée sous le nom de Josiane Balaskovic - demande tout le temps le silence. Gérard Jugnot plus excité par les comportements de la salle et l’évocation de documentaires animaliers, râle tout en regardant le film. Il mange les pilules contraceptives de la Balasko - quelle cherche durant tout le film -, croyant que se sont des bonbons à la menthe trouvés par terre (!). Il passe son temps ensuite à vomir dans les toilettes et craint pour une éventuelle stérilité avant qu'un jeune, lui prétend que cela fait pousser les cheveux... Arrive un couple tardif plus mûr joué Pierre Doris et Perrette Souplex - pitoyable mais elle a de très beaux yeux -. Cette dernière, qui conscent à retirer son grand chapeau attend Jean-Paul Belmondo puisque (c’est logique !) le titre affiché à l'entrée était "La charge fantastique". Doris qui reprend son humour noir habituel du genre "mon frère était tellement en avance qu'il est mort-né" et "je fais l'amour debout sinon je m'endors !" s'amuse visiblement, mais il frise ici avec le balourd, le salace et le consternant, même s’il cite Ben Turpin ! Seul Romain Bouteille fait preuve de brio nonsensique, fonçant franchement dans le mauvais goût . Quand une comédienne fait un usage inhabituel - allégrement d'ailleurs - d'une courgette -, il y a un grand débat du film pour savoir si c'est une courgette ou un concombre"... Et Bouteille de déclarer "heureusement que ce n'est pas une pomme de pin !". Il faut l’entendre de parler de la dangerosité de faire l’amour dans la baignoire, et déblatérer à tous propos. Le reste de la troupe cachetonne, Christine Dejoux - Depoux au générique ! - cause sanitaire avec Martin Lamotte, Thierry Lhermitte a une réplique, François Dyrek roupille presque, Sotha - sous le nom de Catherine Sigaux -, Philippe Manesse s'emmerdent en même temps que nous par compassion sans doute. Tout le monde meuble ces 1h20 interminable. Jugnot foire une vanne sur l'éjaculation précoce et se tourne vers la caméra demandant de couper la scène... et la vache de metteur en scène la laisse ! J'ai fait le ménage sur la fiche IMDB + générique - le temps qu'ils valident, en ce moment ils sont 20sixiens hélas -, un petit malin ayant transformé la fiche en "documentaire". Tellement affligeant que ça en devient jubilatoire. Les mêmes (ou presque) - en pire - triomphent actuellement, mais long, très long est le chemin pour le succès.
17 mars 2006
DU JOUR AU LENDEMAIN
Qu’est-il arrivé à Philippe Le Guay auteur de films remarquables des "Deux Fragonard" (1988), "L’année Juliette" (1994), "Trois huit" (2000), "Le coût de la vie" (2002) avec un sens aigu de l’observation, mais ici le film patine laborieusement. Reprenant comme modèle de construction le film "Un jour sans fin" d’Harold Ramis, ce film se veut une fable, sur notre capacité au bonheur, de son attitude vis-à-vis des autres pouvant générer une situation en sa faveur ou en sa défaveur, et de la capacité de chacun à se résigner et à subir. François Berthier – Benoît Poelvoorde convainquant mais il n’arrive pas à sauver le film, trop au service du cinéaste -, est un employé landa d'une banque. Son bureau exigu semble sortir tout droit du "Brazil" de Terry Gilliam, vit mal la séparation avec sa femme – Anne Consigny décidément radieuse et que l’on a du plaisir à voir en premier plan – et de sa petite fille. Son morne quotidien se passe entre les brimades d’un chefaillon "tape-dur" - Bernard Bloch, formidable en huissier blessé dans "Le coût de la vie", ici moins inspiré -, les avanies d’un quotidien agressif, de la machine à café qui explose, nuisances sonores de toutes sortes et son évolution poissarde dans un univers hostile. Hors du jour au lendemain, sa condition change du tout au tout, sans explications réalistes. François finir par vivre très mal cet état de grâce, et finit par dériver dans une paranoïa autodestructrice…
Le film n’arrive pas à transcender l’idée de départ, le scénario cousue de fil blanc, pourtant co-signé par Olivier Dazat, est trop visible. Le laborieux running-gag du « mardi » lasse très vite et on essaie durant toute la durée de comprendre pourquoi ça ne fonctionne pas. On retrouve pourtant les qualités habituelles de Philippe Le Guay, mais les affres du quotidien, pourtant notre lot commun, n’arrive pas à réveiller notre affect, mais il se complaît dans l’anecdotique. Il tente même une citation de l’œuvre de Jacques Demy, il faut voir Bernard Bloch et Benoît Poelvoorde chantant dans un parc, mais ici ça confine au grotesque. La quête du personnage principale et sa théorie de "La mécanique des fluides" patinent, et on finit par ce demander où veut en venir le metteur en scène. On est loin du réalisme poétique cher à Prévert, malgré une utilisation insolite des décors parisiens. On peut sauver une interprétation de qualité, mention spécial à Rufus, jubilatoire en officier obsédé par les batailles Napoléoniennes – il faut le voir agresser Philippe Béglia lointain descendant d’un ennemi félon du sieur Bonaparte – et Anne Le Ny, prévenante collègue en mal d’amour. Saluons aussi Bernard Ballet et Manuela Gourary en voisins pleurant la mort de son chien hurleur et mélomane, Robert Castel en petit entrepreneur timoré, Daniel Isoppo en kiosquier obséquieux, Olivier Broche en pizziaolo apeuré, Constance Dollé en jeune femme en roller, Michaël Cohen en amant rassurant, François-Eric Gendron en joueur de tennis cyclothymique, etc... Un film que l’on aurait aimé aimer. Dommage le thème pouvant concilier drôlerie et réflexion sur la notion relative d’être heureux…
16 mars 2006
MORT DE JACQUES LEGRAS
Photo : www.bernard-luc.com Annonce de la mort de Jacques Legras, ce 15 mars de comédien né à Nantes en 1924. On se souviendra toujours de lui dans les riches heures de la télévision, avec la célèbre caméra cachée, invention de son compère Jacques Rouland, pour lequel il était animateur de "Gardez le sourire" sur Europe 1. Cette émission diffusée sur la seconde chaîne à partir de 1964, était l'occasion de piéger des quidam, et Jacques Legras avec sa fine moustache et son sérieux imperturbable imposait par son assurance les situations les plus déstabilisantes et les plus improbables. Les meilleurs sketches portés à l'écran par Jacques Rouland dans "La gueule de l'emploi" (1973), le mettait en vedette avec Jean-Claude Massoulier. C'est après le conservatoire de la rue Blanche, qu'il rejoint la troupe des Branquignol. Il restera fidèle à l'univers de Robert Dhéry également au cinéma dès "Branquignol" son premier film en 1949. On se souvient dans cet univers, du monsieur Loyal dans "Ah ! les belles bacchantes" (1954), et du curé roux du "Petit baigneur" (Dhéry, 1967). On le retrouvait souvent dans des rôles distingués facilement malmenés, client suisse qui arrive dans un bordel le jour de la fermeture suite à la décision de Marthe Richard dans "Les bons vivants : La fermeture" (Gilles Grangier, 1965), de l'examinateur de permis de conduire véhément suite aux maladresses de Louis Velle dans "Le permis de conduire" (Jean Girault, 1973), notable tenté par un voyage libertin avec sa femme dans "Sex-Shop" (Claude Berri, 1972), où le préposé au mariage de Jean-Paul Belmondo tétanisé devant sa fuite dans "Les mariés de l'an II" (Jean-Paul Rappenau, 1970). Souvent goguenard, il est un ancêtre d'Alexandre Dumas, écrivain public prenant des notes en rencontrant les valets des trois mousquetaires "Les quatre Charlots mousquetaires" (André Hunebelle). Très apprécié du réalisateur Michel Boisrond, on lui doit la composition singulière d'un traître japonais - avec fausses dents et sans moustache - dans le croquignolet "Atout cœur à Tokyo pour OSS 117" (1966), un grand moment délirant hautement cornichon. Jean-Pierre Mocky l'avait utilisé pour 6 films dont l'étalon (1969) où il campe Pointard joueur de pétanque ayant les traces de ses boules sur son bronzage à force de les porter autour de son coup, "Robin des mers" (1997) où il est un marin et dans "Vidange" (1997) son dernier rôle en procureur. S'il n'a pas toujours eu les rôles à la mesure de sa folie, il marquait toujours ses passages avec une distinction qui cachait une réelle subversion.
AFP/MICHEL CLÉMENT Photo prise le 11 mars 1980 à Neuilly-sur-Seine, du comédien Jacques Legras, qui est mort le 15 mars 2006, à son domicile parisien, à l'âge de 82 ans. (Source Le Monde).
Filmographie
1949 Branquignol (Robert Dhéry) - La patronne (Robert Dhéry) - 1950 Bertrand, cœur de lion (Robert Dhéry) - 1951 La demoiselle et son revenant (Marc Allégret) - 1952 L’amour n’est pas un péché (Claude Cariven) - 1953 Les trois mousquetaires (André Hunebelle) - Les hommes ne pensent qu’à ça… (Yves Robert) - 1954 Escalier de service (Carlo Rim) - Ah ! les belles bacchantes (Jean Loubignac) - 1955 L'impossible Monsieur Pipelet (André Hunebelle) - 1961 La belle américaine (Robert Dhéry) - 1964 Allez France ! (Robert Dhéry) - Les gros bras (Francis Rigaud) - Une souris chez les hommes / Un drôle de caïd (Jacques Poitrenaud) - Lady L (Id) (Peter Ustinov) - 1965 Les bons vivants [épisode : "La fermeture"] (Gilles Grangier) - La communale (Jean L’hôte) - La tête du client (Jacques Poitrenaud) - La bourse et la vie (Jean-Pierre Mocky) - 1966 Le grand restaurant (Jacques Besnard) - Atout cœur à Tokyo pour OSS 117 (Michel Boisrond) - Trois enfants dans le désordre (Léo Joannon) - Sette volte donna / Woman times seven (Sept fois femmes) (Vittorio de Sica)- 1967 Le petit baigneur (Robert Dhéry) - 1968 Faites donc plaisir aux amis (Francis Rigaud) - L’Auvergnat et l’autobus (Guy Lefranc) - Un été sauvage (Marcel Camus) - 1969 Hibernatus (Édouard Molinaro) - L’ardoise (Claude Bernard-Aubert) - Poussez pas grand-père dans les cactus (Jean-Claude Dague) - The lady in the car with glasses and a gun (La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil) (Anatol Litvak) - L’étalon (Jean-Pierre Mocky) - 1970 Les assassins de l’ordre (Marcel Carné ) - Les mariés de l’An II (Jean-Paul Rappeneau) - Daisy Town (René Goscinny & Morris, voix) - On est toujours trop bon avec les femmes (Michel Boisrond) - 1972 Sex shop (Claude Berri) - Les Charlots font l’Espagne (Jean Girault) - Elle court, elle court la banlieue (Gérard Pirès) - 1973 Le permis de conduire (Jean Girault)- L’événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la lune (Jacques Demy) – Les gaspards (Pierre Tchernia) – La gueule de l’emploi (Jacques Rouland) - Les 4 Charlots mousquetaires (André Hunebelle) - 1974 Vos gueules les mouettes ! (Robert Dhéry) - 1975 Catherine et cie (Michel Boisrond) - L’intrépide (Jean Girault) - 1976 Le trouble fesses (Raoul Foulon) - Drôles de zèbres (Guy Lux) - Le roi des bricoleurs (Jean-Pierre Mocky) - 1977 La ballade des Dalton (René Goscinny, Morris, Henri Gruel & Pierre Watrin, voix) - La vie parisienne (Christian-Jaque) - 1978 Les héros n’ont pas froid aux oreilles (Charles Némès) - Le beaujolais nouveau est arrivé (Jean-Luc Voulfow) - 1979 La gueule de l’autre (Pierre Tchernia) - L’associé (René Gainville) - La gueule de l’autre (Pierre Tchernia) - Mais qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour avoir une femme qui boit dans les cafés avec les hommes ? (Jan Saint-Hamon) - 1980 Les malheurs d’Octavie (Roland Urban) - 1981 Le jour se lève et les conneries commencent (Claude Mulot) - Les bidasses aux grandes manœuvres (Raphaël Delpard) - 1982 N’oublie pas ton père au vestiaire (Richard Balducci) - 1983 Vous habitez chez vos parents ? (Michel Fermaud) - Mon curé chez les Thaïlandaises (Robert Thomas) - Retenez-moi… ou je fais un malheur ! (Michel Gérard) - 1984 Vive le fric (Raphaël Delpard) - 1985 La gitane (Philippe de Broca) - 1988 Corps z’à corps (André Halimi) - Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer (Jacques W. Benoît) - 1997 Robin des Mers (Jean-Pierre Mocky) - Vidange (Jean-Pierre Mocky) - 1999 36 (Mathieu Mathelin, CM).
ARTICLE - AFP
« Monsieur caméra invisible » est mort Le comédien Jacques Legras, qui fut l’un des piliers des Branquignols et un grand nom de la télévision française, est mort mercredi à l’âge de 82 ans. Il sera incinéré le 21 mars au Crématorium du Père Lachaise à Paris, avant de reposer au cimetière Montmartre. La France des années 1960 et 1970 a gardé en mémoire sa moustache, son flegme britannique et son culot monstre. Chaque semaine, des Français se laissaient piéger par celui dont ils connaissaient pourtant les canulars. Muni d’une dizaine de paires de lunettes à montures différentes, d’un lot de coiffures éclectiques, allant du képi de gendarme au béret basque, Jacques Legras œuvrait dans les émissions télévisées de Jacques Rouland. Il était et restera « Monsieur caméra invisible ».
Champenois né à Paris, après des études à Nantes, puis au Centre du spectacle de la Rue Blanche, sa rencontre avec Robert Dhéry et Colette Brosset va lancer sa carrière. Il participe dès 1949 à l'aventure au théâtre et au cinéma des Branquignols. Cette compagnie restera sa principale famille artistique avec laquelle il joua sur scène Dugudu, La plume de ma tante, La grosse valse ou le célèbre Vos gueules les mouettes. Grand écran :Et quand les Branquignols s’affichent sur grand écran, Jacques Legras est de la partie. Ils jouent ensemble La belle américaine, Allez France et Le petit baigneur où, aux côtés de Louis de Funès, Michel Serrault, Jacqueline Maillan et Micheline Dax, il incarne un curé rouquin dans une église délabrée surnommé Notre-Dame des courants d'air.
Jacques Legras s’illustre aussi en solo au cinéma. Il partage l’affiche avec les plus grands : Michel Serrault dans La gueule de l'emploi, Jean-Pierre Mocky, Edouard Molinaro, Jean Girault ou encore Claude Berri. Pendant plusieurs années, Jacques Legras est aussi la voix de l’émission d’Europe 1, Gardez le sourire.
15 mars 2006
L'AFFAIRE JOSEY AIMES
Plusieurs films traitent du harcèlement moral et de la pression dans les entreprises actuellement. Ce film parle de la difficulté pour une femme de travailler dans un univers presque exclusivement masculin. Dans ce film : North country (L'affaire Josey Aimes)" se passe au début des années 80. Josey Aimes - Charlize Theron, plus probante dans la simplicité que dans la composition certes spectaculaire dans "Monster", mais finalement assez laborieuse - quitte son mari violent, avec ses deux enfants. Elle est obligée pour survivre de retourner vivre chez ses parents dans le Minnesota – Richard Jenkins & Sissy Spaceck -. Elle subit l’hostilité de son père, qui lui bat froid depuis qu’elle est devenue fille mère. Elle décide de travailler dans la mine, pour trouver son indépendance déclenchant la colère paternelle. Mais en plus d’un travail particulièrement pénible, elle doit subir en plus, comme ses rares collègues féminines, des plaisanteries salaces ou scatologiques, des humiliations quotidiennes, qui ne sont d’ailleurs pas pris au sérieux dans l’organisation syndicale du lieu. Elle décide de se dresser, seule contre tous contre ce système, ne voulant plus subir un ostracisme et les préjugés de par à son statut famillial. Son attitude courageuse va donner une grande avancée dans le droit des femmes. Son combat personnel va être celui des femmes… La réalisatrice Niki Caro, avec classicisme, restitue admirablement l’ambiance (la mine, les vestiaires, une patinoire) des lieux – habile utilisation des décors naturels – et trouve une empathie bienveillante avec ses personnages.
On peut déplorer certaines ficelles scénaristiques, à l’exemple d’une tardive caution morale, apportée à un des personnages, l’histoire est inspirée de faits réels - l’affaire "Lois Jensen" dans les années 70 -, mais il peut y avoir certaines libertés. Cependant l’émotion est présente dans plusieurs scènes. La quotidienneté du travail, de même les élans et les reculs de ses personnages, face à une situation précaire sont restitués avec habileté et justesse. Charlize Theron restitue bien ici, la lutte du personnage, sa pudeur face à son fils aîné, qui ne la comprend pas, et la difficulté de surmonter son isolement dans un machisme, puéril et cruel, aidé par une certaine lâcheté masculine ambiante. Autour d’elle, tous les comédiens sont à l’unisson, de Frances McDormand, bouleversante d’humanité en bonne copine souffrant d’arthrite, dans une tonalité proche de son rôle dans "Fargo", Richard Jenkins – l'incarnation du "père" dans le cinéma actuelle, loin de sa composition goguenarde dans "La rumeur court", coincé dans ses retranchements, Sissy Spacek en mère résignée, Sean Bean en homme d’honneur, Michelle Monaghan touchante ouvrière qui soigne sa mère, et même Woody Harrelson, parfaitement crédible en avocat esseulé. Le film nous rappelle la réalité de la condition de la femme dans un passé pourtant très proche. Le personnage de Josey Aimes est en cela proche avec celui de "Norma Rae" (1979) de Martin Ritt, avec la prodigieuse Sally Field, qui décrivait une situation identique, mais dans le milieu du textile. Le film évite le didactisme et finit par convaincre et gagner en émotion malgré certaines conventions.
14 mars 2006
MORT DE MAUREEN STAPLETON
Annonce de la mort le 13 mars de Maureen Stapleton, des suites de complications pulmonaires. Grand parcours théâtral, depuis ses débuts à Broadway en 1946. Son grand succès est "The rose tatoo" en 1951, elle était d'ailleurs l'une des interprètes privilégiée de Tenesse Williams. Au cinéma, elle marquait ses rôles par son dynamisme. Nommée trois fois à l'Oscar du meilleur second rôle, pour "Lonely-hearts" / "Coeurs à la dérive" (Vincent Donahue), "Airport" (George Seaton, 1969), le "bergmanien" : "Interiors / Intérieurs" (Woody Allen, 1978), avant de l'obtenir pour sa composition dans "Reds" (Warren Beatty, 1980). Connue pour son franc parler, elle avait déclaré au sujet de George W. Bush, information trouvée sur le web : ""I'm not saying that I'd vote for him. I'm just saying that I'd fuck him." . Ephraim Katz rappelait dans son "Film encyclopedia" qu'on la surnomait "the American Anna Magnani".
ARTICLE : AP - The Associated Press.
L'actrice Maureen Stapleton, qui avait remporté l'Oscar du meilleur second rôle féminin pour «Reds», est décédée lundi à l'âge de 80 ans, a annoncé son fils, Daniel Allentuck. Maureen Stapleton, dont l'apparence insignifiante et imposante avait occulté la personnalité et le talent, avait remporté un Oscar en 1981 pour le rôle d'Emma Goldman dans le film de Warren Beatty, «Reds», sur un journaliste américain qui se rend en Russie pendant la révolution bolchevique. Pour préparer le rôle, l'actrice expliquait qu'elle avait tenté de lire l'autobiographie de Goldman, avant de la jeter par ennui. «Il y a de nombreuses voies pour être un bon acteur», disait-elle dans son autobiographie publiée en 1995. «On m'a demandé de nombreuses fois quelle était la clef de la comédie et, en ce qui me concerne, la principale est de garder les spectateurs éveillés». Maureen Stapleton avait été nommée à plusieurs reprises pour l'Oscar du meilleur second rôle féminin, dont «Lonelyhearts» (1958), «Airport» (1970) et «Intérieurs» (1978), de Woody Allen. Elle avait également tourné dans «Cocoon» (1985) de Ron Howard et »Addicted to Love» (1997). A la télévision, elle avait remporté un Emmy pour «Among the Paths to Eden» en 1967. Elle avait également joué au théâtre, donnant notamment la réplique à Laurence Olivier dans «La chatte sur un toit brûlant» de Tennessee Williams. Pour «La Rose tatouée», autre pièce du dramaturge américain, elle avait remporté un Tony Award à l'âge de 24 ans. L'auteur et l'actrice étaient amis.