Le coin du cinéphage

Blog d'humeurs et d'informations sur le cinéma et la télévision : bios, filmos, articles, commentaires, bases de liens, bref c'est du foutraque...

26 septembre 2006

MORT DE JACQUELINE DOYEN

Jacqueline Doyen aux côtés de Jean-Pierre Cassel dans la pièce "La fille sur la banquette arrière" de Bernard Slade, au théâtre du Palais-Royal à Paris.

L’annonce de la mort de Jacqueline Doyen, née le 14 février 1930, à Paris nous confirme le site des "Gens du cinéma", au début du mois de septembre, plus chaleureux que l’absence d’hommage à la mort de certains seconds rôles, grâce aux informations du "Courrier de Mantes", journal de Mantes-la-Jolie (78) où elle est morte ce 3 septembre. Ces informations nous rappellent à notre bon souvenir ses rôles enlevés dans bien des comédies, et même parfois dans des petits films égrillards. A l’instar de son dernier rôle, une grande bourgeoise énergique dans "Sam suffit", elle faisait preuve d’une énergie fabuleuse. Dans "Vas-y maman" (Nicole de Buron, 1978), elle volait même la vedette au couple Annie Girardot-Pierre Mondy. Quoi de plus normal de jouer une mère d’une femme née en 1931, pour une comédienne née en 1930 !, en l'occurrence celle de la grande Annie. C’était l’une des bizarreries habituelles de certaines distributions dans notre cher cinéma français, mais sa composition et une coiffure poivre et sel pouvait faire la farce. Il fallait la voir se plaindre que sa fille ne l’appelle au téléphone que quand elle a besoin d’elle. Elle répond d’ailleurs dans une atmosphère enfumée, jouant aux cartes avec des amis de sa génération, et l’on sent très vite la roublardise de son personnage aimant à culpabiliser sa fille. S’occupant de ses petits enfants, elle a bien évidemment des rapports conflictuels avec son beau-fils, joué par Pierre Mondy, qui la raille constamment en l’appelant "Madame Fout la merde". Suite à une habituelle scène énervée, elle répond au couple en désignant son beau-fils et en s’adressant à sa fille, "Je veux bien garder tes enfants, mais pas les siens !". Un vrai festival montrant les capacités de cette comédienne. Le cinéma hélas fut pour elle assez peu imaginatif, sauf pour Louis Malle, l’utilisant comme l’une des silhouettes récurrentes de "Zazie dans le métro", où dans "Vie privée", où elle jouait une sorte de nounou chargée de s’occuper des états d’âmes du personnage joué par Brigitte Bardot. Mais elle marquait le moindre de ses petits rôles, comme celui de la postulante recalée pour cause de maturité, pour être vendeuse dans le "Sex-Shop" de Claude Berri (1972), elle repart dépitée, pensant pourtant que son expérience aux "Bains-douches" la légitimait dans cet emploi ! Nous garderons le souvenir de ses savoureuses compositions dans quelques comédies franchouillardes.

A déplorer aussi ce mois de semptembre, les morts des comédiens Bachir Touré et Nicolas Vogel - excellent chez Claude Sautet notamment - selon "La gazette du doublage", du culte (culturiste) Mickey Hargitay, célèbre M. Jayne Mansfield, du rféalisateur Rémy Belvaux - frère de Lucas - et du grand chef opérateur Sven Nykvist, dont on peut retrouver un portrait dans le très bon site Internet Encyclopedia of Cinematographers.

Filmographie, établie avec Christophe Bier & Armel de Lorme : 1956 Le salaire du péché (Denys de la Patellière) – La roue (André Haguet) – 1957  L’étrange monsieur Stève (Raimond Bailly) -  Fernand clochard (Pierre Chevalier) –   La bonne tisane (Hervé Bromberger) – Les œufs de l’autruche (Denys de la Patellière) – 1958  Asphalte (Hervé Bromberger) – 1960  Zazie dans le métro (Louis Malle) – 1961  Vie privée (Louis Malle) – 1962  Nous irons à Deauville (Francis Rigaud) – La vendetta (Jean Chérasse) (1) – Parigi o cara (Vittorio Caprioli) – 1967  Fleur d’oseille (Georges Lautner) – 1969  L’homme-orchestre (Serge Korber) – Une veuve en or (Michel Audiard) – 1970  Le cri du cormoran, le soir au-dessus des jonques (Michel Audiard) – 1971  Le drapeau noir flotte sur la marmite (Michel Audiard) – 1972  Sex-Shop (Claude Berri) – 1973  Ursule et Grelu (Serge Korber) – OK Patron (Claude Vital) – Juliette et Juliette (Rémo Forlani) - On s'est trompé d'histoire d'amour (Jean-Louis Bertuccelli) - Comment réussir… quand on est con et pleurnichard (Michel Audiard) – 1974  Le rallye des joyeuses (signé Alain Nauroy, mais réalisé en fait par Serge Korber) – Sexuellement vôtre (Max Pécas) - Soldat Duroc, ca va être ta fête (Michel Gérard) –Hard Love / La vie sentimentale de Walter Petit (John Thomas [pseudonyme de Serge Korber]) - Salut les frangines / C’est si bon à 17 ans ( Michel Gérard) – Ce cher Victor (Robin Davis) – 1975  Docteur Françoise Gailland (Jean-Louis Bertuccelli) – Indécences (Jack Régis [pseudonyme d’Alain Nauroy]) – Perversions / La grande perversion / Les amours difficiles (Peter Rafaël [pseudonyme de Raphaël Delpard]) – L’essayeuse (John Thomas, [pseudonyme de Serge Korber]) – 1976  Cours après moi que je t'attrape (Robert Pouret) - Le juge Fayard dit "Le Shérif (Yves Boisset) – Dis bonjour à la dame (Michel Gérard) – 1977  Monsieur Papa (Philippe Monnier) – Tendre poulet (Philippe de Broca) -  Diabolo menthe (Diane Kurys) – 1978  Vas-y maman (Nicole de Buron) – Je vous ferai aimer la vie (Serge Korber) – Coup de tête (Jean-Jacques Annaud) – Le coup de sirocco (Alexandre Arcady) - Cause toujours… tu m'intéresses ! (Édouard Molinaro) – 1979  Nous maigrirons ensemble (Michel Vocoret) – Gros câlin (Jean-Pierre Rawson) – 1980  Pile ou face (Robert Enrico) – Voulez-vous un bébé Nobel ? (Robert Pouret) – Viens chez moi, j’habite chez une copine (Patrice Leconte) – 1981  La vie continue (Moshe Mizrahi) – Mille milliards de dollars (Henri Verneuil) – 1982  Better late than never (Ménage à trois) (Bryan Forbes) – Coup de foudre (Diane Kurys) – 1983  Charlots Connection (Jean Couturier) – Le garde du corps (François Leterrier) – 1984  The frog prince (Brian Gilbert) – Adieu Blaireau (Bob Decout) – 1986  Twist again à Moscou (Jean-Marie Poiré ) – Club de rencontres (Michel Lang) – 1987  Chouans ! (Philippe de Broca) – 1991  Sam suffit (Virginie Thévenet). (1) Nota : Jacqueline Doyen n’apparaît pas dans « La vendetta » (Jean Chérasse, 1962), bien que ce titre soit crédité dans sa filmographie de « L’ABC du cinéma ».

ARTICLES : LE COURRIER DE MANTES

Jacqueline Doyen nous a quittés par Ludovic Vincent
L’actrice Jacqueline Doyen est décédée dimanche à l’hôpital de Mantes-la-Jolie à l’âge de 76 ans.

Publié le:  06 septembre 2006

« Le Dindon, ça j’en suis fière. Le reste, ce n’est pas grand-chose. Je ne suis pas une star. Même si j’aurais aimé être Simone Signoret. Mais il ne faut pas avoir la grosse tête... » En juillet 2001, alors qu’elle fêtait ses quinze ans de mariage avec Daniel Marty dans un restaurant de Juziers, l’actrice avait résumé de ces quelques mots pleins de modestie sa carrière. Elle joua près de 500 fois dans cette pièce mondialement connue, Le Dindon, sa plus grande fierté, l’unique à l’écouter. Mais elle avait aussi marqué par ses apparitions dans les films de Michel Audiard.

Toujours dans notre journal, elle évoquait ses souvenirs d’actrice aux côtés des plus grands : Jean Gabin, Patrick Dewaere, Jean Piat, Philippe Noiret. Ses rencontres avec Simone Signoret, Yves Montand, Alain Delon, Visconti, Lauren Bacall l’avaient marquée et elle gardait en mémoire ses fous rires avec Jacques François et Bernard Blier sur le tournage de Twist Again à Moscou. Elle racontait encore comment, pour chasser le trac, elle avait sifflé une bouteille de vodka avec Thierry Lhermitte avant d’entrer en scène.

Sa carrière s’était construite en deux temps. A 18 ans, au lendemain de la guerre, elle pris des cours d’art dramatique, devenant l’élève de Jean Weber puis de Julien Bertheau à Paris. Elle tourna avec Marcel Camus, Louis Malle, Vittorio Capioli, Francis Giraud… Elle mis une parenthèse de sept ans à sa carrière qu’elle passa à Saint-Paul-de-Vence comme restauratrice-antiquaire. Elle revint à la scène et à l’écran en 1973. On l’a vu dans des pièces comme Le Grand Standing de Neil Simon, L’Arc de Triomphe de Marcel Mithois, Trois lits pour huit d’Alain Ayckbourn, Chéri de Colette, …

Les plus grands réalisateurs ont fait appel à elle : Michel Audiard avec plusieurs films dont Une veuve en or , Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques , Le drapeau noir flotte sur la marmite, Comment réussir dans la vie quand on est con et pleurnichard mais aussi Georges Lautner pour Fleur d’oseille (1967), ou Robin Davies (Ce Cher Victor, 1974), Bertucelli (Docteur Françoise Gaillard, 1975), Yves Boisset (Juge Fayard, 1976), Diane Kuris (Diabolo Menthe, 1976), Arcadi (Le coup de sirocco, 1978), Jean-Jacques Annaud (Coup de tête, 1981), Henri Verneuil (Mille milliards de dollars, 1981), Bryan Forbes (Ménage à trois, 1981), Jean-Marie Poiret (Twist again à Moscou, 1988), Philippe de Brocca (Tendre Poulet en 1977 et Chouans en 1988).

Jacqueline Doyen avait mis sa carrière entre parenthèses depuis plus de six ans. Elle recevait un traitement de dialyse. Elle est décédée dimanche matin à l’hôpital de Mantes-la-Jolie. Elle vivait depuis plusieurs années dans une maison qui appartenait déjà à ses parents sur les hauteurs de Juziers.

Ses obsèques seront célébrées jeudi à 14 h 15 à l’église Saint-Michel de Juziers. Le Courrier de Mantes adresse ses plus sincères condoléances à son mari, Daniel Marty, sa famille et ses proches.

LE MONDE

Nécrologie 507.09.2006)

Jacqueline Doyen, actrice de comédies au théâtre et au cinéma

Jacqueline Doyen, actrice de comédies au théâtre et au cinéma, est morte dimanche 3 septembre à l'hôpital de Mantes-la-Jolie (Yvelines). Elle était âgée de 76 ans. Née le 14 février 1930 à Paris, elle étudie l'art dramatique avec Jean Weber et Julien Bertheau, et obtient de petits rôles dans quelques films de Louis Malle et Georges Lautner notamment, avant de s'installer à Saint-Paul-de Vence (Alpes-Maritimes) comme restauratrice-antiquaire. De retour à Paris en 1970, elle joue dans des comédies signées Michel Audiard, Claude Berri, Philippe de Broca, Diane Kurys, Edouard Molinaro, Patrice Leconte, Henri Verneuil ou Jean-Louis Bertucelli. Jacqueline Doyen, qui s'est également produite au théâtre, était aussi apparue dans des séries et feuilletons télévisés.

NOUVELOBS.COM | 11.09.06 | 15:15

L'actrice Jacqueline Doyen est morte

Elle avait notamment marqué par ses apparitions dans les films de Michel Audiard.

L 'actrice Jacqueline Doyen est décédée dimanche à l'âge de 76 ans à l'hôpital de Mantes-la-Jolie, a-t-on appris lundi 4 septembre auprès de ses proches.
Jacqueline Doyen s'était notamment illustrée dans les films de Michel Audiard. Elle avait également enchaîné les petits rôles dans des comédies au théâtre et au cinéma. Née le 14 février 1930 à Paris, elle commence à étudier l'art dramatique à 18 ans, devenant l'élève de Jean Weber puis de Julien Bertheau. Elle multiplie les apparitions dans une dizaine de films et tourne notamment avec Louis Malle ("Zazie dans le métro", "Vie privée"  avant de décrocher en 1967 un petit rôle dans "Fleur d'oseille" de Georges Lautner. Après une parenthèse de sept ans à Saint-Paul-de-Vence comme restauratrice-antiquaire, Jacqueline Doyen regagne Paris en 1970 pour se consacrer à sa carrière. Michel Audiard fait appel à elle pour plusieurs comédies: "Une veuve en or", "Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques", "Le drapeau noir flotte sur la marmite", "Comment réussir dans la vie quand on est con et pleurnichard". Films et feuilletons :
Elle tourne aussi avec Claude Berri ("Sex-shop" ), Philippe de Broca ("Tendre poulet", "Chouans !" ), Diane Kurys ("Diabolo menthe", "Coup de foudre" ), Edouard Molinaro ("Cause toujours... tu m'intéresses" ), Patrice Leconte ("Viens chez moi j'habite chez une copine" ), Henri Verneuil ("Mille milliards de dollars" ) ou Jean-Louis Bertucelli ("Docteur Françoise Gailland" ). A la télévision, Jacqueline Doyen joue dans des films et des feuilletons ("Vivement lundi !", "Les 400 coups de Virginie" ), la série Maigret ("L'amoureux de Madame Maigret" ) et du théâtre filmé ("Tiercé gagnant" avec Jacques Balutin, "La fille sur la banquette arrière" avec Jean-Pierre Cassel et Annie Duperey...). Parallèlement, elle se produit au théâtre surtout dans des comédies telles que "Trois lits pour huit" avec André Dussolier, "Vite une femme" avec Chantal Lauby et Daniel Prévost, "En attendant les boeufs". Jacqueline Doyen avait incarné cet été une concierge sentimentale dans "Première loge" d'Anne Fabien.

Posté par Coinducinephage à 22:01 - R.I.P. - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1