14 novembre 2006
LIBERO
Kim Rossi Stuart, Marta Nobil & Alessandro Morace
Qui pouvait penser un jour en voyant Kim Rossi-Stuart dans le film de Michelangelo Antonioni dans "Par-delà les nuages" en 1985, où il paraissait comme une gravure de mode bien fade, qu’il s’avèrerait plus de 10 ans plus tard, un réalisateur aussi subtil avec son premier "Anche libero va bene", en V.O.. Il est vrai que l’on avait put noter une maturité dans son jeu d’acteur, dans "Romenzo criminale" (Michele Placido, 2005) et surtout "Les clés de la maison" (Gianni Amelio, 2004) , où il se découvrait un père tardif d’un petit handicapé. On attendait donc son film, en raison des échos favorables de la présentation du film, dans le cadre de la "Quinzaine des réalisateurs à Cannes". Il avait d’ailleurs obtenu le prix de la CICAE, association rassemblant des exploitants de salles "Art et Essai européennes". Il joue ici Renato, le père un peu dépassé de Tommi, enfant de 11 ans et de sa grande sœur Viola. Pour son premier film, il ne devait pas jouer ce rôle, mais il a finalement emplacé un comédien défaillant au pied-lever. La mère les a abandonnés assez rapidement. Complètement irresponsable, elle préfère suivre sa vie volage. Le trio subsiste face aux difficultés financières du père. Il est un petit caméraman assez impulsif, qui tente de s’installer à son compte. Mais il a du mal à trouver des contrats, car il est trop entier pour accepter les compromissions – voir la mémorable scène du chameau lors d’un tournage d’une publicité -. Ils arrivent à un petit équilibre, malgré l’absence de l’amour d’une mère, le fils – formidable Alessandro Morace doté d’une belle sensibilité et trouvé par le réalisateur dans son école -, très mature pour son âge, se forge son propre univers. Il s'approprie le toit de son immeuble comme terrain de jeu. Tommi poursuit ses études sans trop d’enthousiasme .Il finit par s’attacher à un jeune retardé plus âgé arrivé dans sa classe, mutique et presque autiste. S’il hésite à s’asseoir avec ce nouvel arrivant, il finit par s’en faire un allier. Renato a pour son fils, de grandes ambitions, il l’encourage à devenir un champion de natation, alors que ce dernier préfèrerait jouer au foot. Même si Viola, a des petits jeux sexuels assez inquiétants pour son âge, cette famille décomposée est unie, malgré l’autorité du père, et de sa colère rentrée qui ne demande qu’à sortir, comme la gifle qu’il donne à son fils pour le punir d’avoir traité sa sœur de pute. Mais la mère, en femme désinvolte et blessée revient et demande à se faire accepter par le trio malgré son attitude indigne. Le père demande à ses enfants de voter pour autoriser son retour, et bien évidemment l’équilibre précaire qu’il y avait chez lui est fortement remis en question… 