23 novembre 2006
MORT DE PHILIPPE NOIRET
Annonce de la mort à 76 ans de Philippe Noiret, des suites d'un cancer. . Je vous renvoie au beau livre écrit par Dominique Maillet : "Philippe Noiret", (éditions Henri Veyrier, 1989), où l'acteur parlait avec lucidité de chacun de ses films, y compris les mineurs. C'était un comédien digne de figurer au panthéon des plus grands monstes sacrés du cinéma mondial, il apportait toujours, une crédibilité et un vécu, à n'importe quelle oeuvre par sa seule présence. Jacques Zimmer l’avait bien défini dans "La revue du cinéma" N° 426 : "…Rabelaisien ? Bonhomme ? Aux pieds de ce monstre sacré les clichés fleurissent si naturellement qu’il faut ruser et contourner la montagne pour apercevoir la face cachée de sa carcasse de seigneur. Ayant patiemment élaboré une image publique de hobereau paisible, il lui arrive de s’en amuser et, par éclairs d’entrouvrir le rideau…". Ce grand comédien a découvert sa vocation grâce à un abbé, le père Bouyer, qui le considérant comme cancre, devine en lui une vocation d'acteur. Il fit venir Julien Green et Marcel Jouhandeau à l'un des spectacles qui avait joué avec ses camarades. Le jeune Philippe Noiret, fréquente pendant un an à l'EPIJD (Éducation par le jeu dramatique), cours animés à Paris, par Edmond Beauchamp, François Vibert et Roger Blin, où il rencontre Delphine Seyrig et Daniel Emiflork. Il entre ensuite au Centre d'art dramatique de l'Ouest d'Hubert Gignoux, où il rencontre Jean-Pierre Darras. Il eu une autre grande rencontre prépondérante avec Jean Vilar, il restera 7 ans au TNP. Il devait y jouer des pères nobles, et fut même, de part sa stature et sa célèbre voix de bronze, le père de Jean Vilar dans "Don Juan", et celui de Maria Casarès dans "Le cid". Il y rencontre sa future femme, la grande comédienne Monique Chaumette. En parallèle, il forme avec Jean-Pierre Darras, un duo comique dans plusieurs cabarets, animant également avec lui quelques émissions TV de Denise Glaser, "Discorama". Avec son compère, il se produit à l'Écluse, aux "Trois Baudets", à la "Villa d'Este", à l'"Échelle de Jacobs", où il crée un personnage de "Roi-Soleil"désopilant" Il fait des débuts assez tardif à l’écran, en remplaçant Georges Wilson, malade pour "La pointe courte", film assez radical, où assez maladroit, il partage la vedette avec Silvia Monfort. Il confessait avoir eu la nausée, pour s'être vu à l'écran. Il quitte en 1960 le TNP, et trouve finalement des rôles à la mesure de son talent au cinéma, bien que boudé par la "Nouvelle vague". Il est formidable dans le rôle de l'oncle excentrique et travesti de Catherine Demongeot dans "Zazie dans le métro" pour Louis Malle (1960) ou le mari empoisonné par Emmanuelle Riva dans l'adaptation de Françoise Mauriac par Georges Franju dans "Thérèse Desqueyroux" (1962), rôle qu'il retrouvera dans une dramatique TV "La fin de la nuit" en 1966, un rôle austère auquel il confère une grande humanité. Il excelle très vite dans la comédie, avec "La vie de château", petit bijou de la comédie signée Jean-Paul Rappeneau, en 1965. Il travaille aussi avec de grands maîtres, comme René Clair, George Cukor, et surtout Alfred Hitchcock avec "L'étau" (1969), il est formidable d'ambiguïté dans le rôle d'un agent double, distillant une angoisse, en ouvrant et fermant, simplement un tiroir. Yves Robert, lui offre également ses premiers meilleurs rôles, avec "Les copains" (1967), où il livre une scène d'anthologie avec un faux prêche dans une messe, "Alexandre le bienheureux", en paysan fatigué qui découvre les vertus du farniente à la mort de sa femme tyrannique, et "Clérambard" (1969), d'après Marcel Aymé, en aristocrate, ruiné et violent, touché par la grâce. Il accède au vedettariat dans les années 70, se trouvant des affinités avec certains metteurs en scènes comme Pierre Granier-Deferre ou Philippe de Broca, tout en aidant les jeunes metteurs en scènes, comme Marco Pico avec la comédie mélancolique "Le nuage entre les dents" (1973), où il est un pittoresque journaliste spécialisé en faits-divers et flanqué de Pierre Richard en photographe, ou Jacques Renard. Il joue un M Lepic tout en retenu dans "Poil de carotte" (1972), face à Monique Chaumette redoutable Mme Lepic, sous la direction d'Henri Graziani - Le couple retrouvera ce metteur en scène pour "Nous deux" (1991), en jouant des retraités faisant un retour aux sources en Corse -. Il soutient Bertrand Tavernier, pour son premier film également, avec lequel il trouvera ses meilleurs rôles. Pour ce dernier, il est le père meurtri de Sylvain Rougerie dans "L'horloger de Saint-Paul" (1973), d'après Georges Simenon, un Régent jouisseur dans "Que la fête commence" (1974), le juge déterminé dans "Le juge et l'assassin" (1975), l'unique policier d'une petite bourgade de l'Afrique occidentale, en proie avec ses démons dans "Coup de torchon" (1981) et un militaire borné dans "La vie et rien d'autre" (1988). C'est une belle composition qui durera 20 ans jusqu'à son interprétation de D'Artagnan fatigué dans "La fille de D'Artagnan" (1993) : "...Bertrand Tavernier a le goût du plaisir, il n'enfante pas dans la douleur du moins pendant le tournage. Si l'écriture a été difficile, il a au moins la courtoisie de ne pas en faire part. Je suis toujours irrité par ceux qui parlent des douleurs de leur création. Qu'ils souffrent en silence..." (1) Il est touchant en vieux garçon désabusé dans "La vieille fille" de Jean-Pierre Blanc (1971), aux côtés d’Annie Girardot, qu’il retrouvera dans des comédies de Philippe de Broca. Il est aussi à l'aise avec l'audace de Marco Ferreri avec "La grande bouffe" et "Touchez pas à la femme blanche", "...On parle de la folie de Ferreri, mais elle est très contrôlée, il maîtrise tout parfaitement..." (1). Dans "La grande bouffe", en petit juge d'instruction de province, retrouvant Michel Piccoli, Marcello Mastroianni et Ugo Tognazzi, pour une orgie gastronomique, il se révèle le personnage le plus touchant de ce film provocateur. Mais Jean-Pierre Mocky le convainc moins, avec l'un de ses premiers personnages totalement antipathique avec "Le témoin" - il avait refusé le rôle de Jean Yanne pour "Que la bête meure" pour Claude Chabrol en 1969 - : "... Par contre chez Mocky, c'est le désordre total, je ne m'y sens pas bien...". (1). Il est vrai que même s'il ne reculait pas devant certaines audaces, il aimait à se qualifier comme "un saltimbanque qui aime le confort". Il devait retrouver Claude Chabrol, pour l'un de ses meilleurs rôles dans "Masques" (1986), en présentateur TV cynique. Fort du succès de "La grande bouffe", l'Italie l'adopte, à l'instar d'un Bernard Blier, en lui donnant de grands rôles, de son rôle de farceur iconoclaste dans "Mes chers amis" ((Mario Monicelli, 1975) - et sa suite boudée en france -, du magistrat chargé de reprendre l'instruction d'un magistrat abbatu par une organisation terroriste dans "Trois frères" (Francesco Rosi, 1980), de l'homosexuel vieillissant pour "Les lunettes d'or" (Giuliano Montaldo, 1987), du projectionniste bougon dans "Cinéma Paradiso" (Giuseppe Tornatore, 1988), au le truculent Pablo Neruda face au touchant Massimo Troisi - qui devait mourir le lendemain du dernier jour de tournage - dans "Le facteur" (Michael Radford, 1994). Il a marqué de son humanité beaucoup de succès populaires, comme dans "Le vieux fusil" (1975), pour lequel il obient son premier César, film pourtant assez contestable de par son côté revanchard - mais on se souvient de sa belle déclaration d'amour à Romy Schneider - et dans "Les ripoux" et ses deux suites, il est jubilatoire en policier corrompu. On lui doit une des carrières les plus riches du cinéma français. Il est idéal pour personnifer un émule de Romain Gary, en écrivain s'inventant une nouvelle identité, dans "Faux et usage de faux" (Laurent Heynemann, 1990), et il est à l'aise dans l'ambiguité en journaliste partageant la vie d'Ivan Desny dans "J'embrasse pas" (André Téchiné, 1991), et profitant de la précarité d'un jeune homme joué par Manuel Blanc. Le cinéma l'avait délaissé cette dernière décennie, il avait fait un retour aux sources en revenant au théâtre avec Bertrand Blier en 1997, pour les "Côtelettes", qui connu une captation cinématographique. Mais il y était toujours remarquable, comme dans son rôle de père indigne dans "Père et fils" (2003), où assureur roublard dans le mésestimé "Edy" (2005). Pudique et modeste, il avait une conception bien à lui de son métier : "...Je suis vraiment agacé par les comédiens qui se vantent de prendre des risques. Il faut en prendre le moins possible ! Nous avons déjà une profession à risques comme les cascadeurs, essayons donc des les limiter. Mettons des genouillères pour ne pas nous abîmer. Le reste n'est que vantardise, nous ne jouons pas les héros, nous faisons simplement notre boulot..." (1). Nos pensées vont à sa fille Frédérique et à sa femme Monique Chaumette. A lire l'hommage d'Yvan Foucart, pour "Les gens du cinéma".
(1) "La revue du cinéma" N°426 : Propos de Philippe Noiret à Danièle Para.
Philippe Noiret à Cannes pour la représentation de "Père et fils"
Filmographie : 1948 Gigi (Jacqueline Audry, figuration) - 1950 Olivia (Jacqueline Audry, figuration) -1951 Agence matrimoniale (Jean-Paul Le Chanois, figuration) - 1955 La pointe courte (Agnès Varda) - 1960 Zazie dans le métro (Louis Malle) - Ravissante (Robert Lamoureux) – Le capitaine Fracasse (Pierre Gaspard-Huit) - 1961 Les amours célèbres [épisode : "Lauzun"] (Michel Boisrond) – Le rendez-vous (Jean Delannoy) – Tout l’or du monde (René Clair) – Comme un poisson dans l’eau (André Michel) – Le crime ne paie pas [ épisode : "L'affaire Hugues" (Gérard Oury) - 1962 Thérèse Desqueyroux (Georges Franju) – Ballade pour un voyou (Jean-Claude Bonnardot) - Le massaggiatrici (Les faux-jetons) (Lucio Fulci) - Cyrano et d’Artagnan (Abel Gance) – Clémentine chérie (Pierre Chevalier) - 1963 La porteuse de pain (Maurice Cloche) – Mort, où est ta victoire ? (Hervé Bromberger) - Les amoureux du France (François Reichenbach & Pierre Grimblat, voix du récitant) – 1964 Les copains (Yves Robert) – Monsieur (Jean-Paul Le Chanois) – Lady L (id) (Peter Ustinov) – 1965 La vie de château (Jean-Paul Rappeneau) – Qui êtes-vous Polly Maggoo ? (William Klein) -1966 Les sultans (Jean Delannoy) – Le voyage du père (Denys de la Patellière) – Tendre voyou (Jean Becker) - The night of the generals (La nuit des généraux) (Anatole Litvak) – Woman times seven (Sept fois femme) [épisode "Snow" ("La neige"] (Vittorio de Sica) - 1967 L’une et l’autre (René Allio) – Alexandre le bienheureux (Yves Robert) – Adolphe ou l’âge tendre (Bernard Toublanc-Michel) – The immortal story (Une histoire immortelle) (Orson Welles, voix française d’Orson Welles) - 1968 Bruegel (Paul Haesaerts, documentaire, voix du récitant) - The assassination bureau (Assassinats en tous genres) (Basil Dearden) - Mister Freedom (William Klein) - Justine (Id) (George Cukor & Joseph Strick) - Topaz (L’étau) (Alfred Hitchcock) - 1969 Clérambard (Yves Robert) – Les caprices de Marie (Philippe de Broca) - 1970 Le monde des animaux sauvages (Eugène Schumacher, documentaire, voix du récitant) - 1971 Time for loving (Christopher Miles) – Les aveux les plus doux (Édouard Molinaro) – Murphy’s war (La guerre de Murphy) (Peter Yates) – La vieille fille (Jean-Pierre Blanc) – La mandarine (Édouard Molinaro) – Siamo tutti in libertà provisoria (Manlio Scarpelli) – Le trèfle à cinq feuilles (Edmond Frees) - 1972 Jean Vilar, une belle vie (Jacques Rutman, documentaire) – L’attentat (Yves Boisset) – Poil de carotte (Henri Graziani) – Le serpent (Henri Verneuil) - 1973 La grande bouffe (Marco Ferreri) – Touche pas à la femme blanche (Marco Ferreri) – L’horloger de Saint-Paul (Bertrand Tavernier) – Un nuage entre les dents (Marco Pico) – Les gaspards (Pierre Tchernia) – 1974 Le secret (Robert Enrico) – Le jeu avec le feu (Alain Robbe-Grillet) – Que la fête commence (Bertrand Tavernier) - 1975 Amici miei (Mes chers amis) (Mario Monicelli) – Le vieux fusil (Robert Enrico) – Monsieur Albert (Jacques Renard) – Le juge et l’assassin (Bertrand Tavernier) – Il comune senso del pudore (Alberto Sordi) - 1976 Il deserto dei tartari (Le désert des tartares) (Valerio Zurlini) – Une femme à sa fenêtre (Pierre Granier-Deferre) – Un taxi mauve (Yves Boisset) – 1977 Coup de foudre (Robert Enrico, inachevé) – La barricade du Point du Jour (René Richon) – Tendre poulet (Philippe de Broca) - Who is killing the great chefs of Europe ? (La grande cuisine) (Ted Kotcheff) – 1978 Le témoin (Jean-Pierre Mocky) - Due pezzi di pane (Deux bonnes pâtes) (Sergio Citti) – 1979 Rue du Pied-de-Grue (Jean-Jacques Grand-Jouan) – On a volé la cuisse de Jupiter (Philippe de Broca) – 1980 Une semaine de vacances (Betrand Tavernier) – Pile ou face (Robert Enrico) – Tre fratelli (Trois frères) (Francesco Rosi) – 1981 Il faut tuer Birgitt Haas (Laurent Heynemann) – Coup de torchon (Bertrand Tavernier) – L’étoile du Nord (Pierre Granier-Deferre) - 1982 Amici miei atto secondo (Mes chers amis II) (Mario Monicelli) – L’Africain (Philippe de Broca) – 1983 L’ami de Vincent (Pierre Granier-Deferre) – Le grand carnaval (Alexandre Arcady) – Fort Saganne (Alain Corneau) – 1984 Les Ripoux (Claude Zidi) – Qualcosa di biondo (Aurora) (Maurizio Ponzi) – Souvenirs, souvenirs (Ariel Zeitoun) – L’été prochain (Nadine Trintignant) – Les rois du gag (Claude Zidi, cameo) – 1985 Le quatrième pouvoir (Serge Leroy) – Speciamo che sia femmina (Pourvu que ce soit une fille…) (Mario Monicelli) – Round Midnight (Autour de minuit) (Bertrand Tavernier) – 1986 Twist again à Moscou (Jean-Marie Poiré) – La Harka (Alain de Bock & José Jornet, CM) - La femme secrète (Sébastien Grall) – Masques (Claude Chabrol) – 1987 Glio occhiali d’oro (Les lunettes d’or) (Giuliano Montaldo) – Noyade interdite (Pierre Granier-Deferre) – Chouans ! (Philippe de Broca) – L’homme qui plantait des arbres (Frédéric Back, animation, voix du récitant) – 1988 Il giovane Toscanini (Toscanini) (Franco Zeffirelli) – Il frullo del passero (La femme de mes amours) (Gianfranco Mingozzi) – Nuovo cinema Paradiso (Cinéma Paradiso) (Giuseppe Tornatore) – The return of the musketeers (Le retour des mousquetaires) (Richard Lester) – La vie et rien d’autre (Betrand Tavernier) – 1989 Ripoux contre Ripoux (Claude Zidi) – Dimenticare Palermo (Oublier Palerme) (Francesco Rosi) – 1990 Faux et usage de faux (Laurent Heynemann) – Uranus (Claude Berri) – 1991 Rossini ! Rossini (Id) (Mario Monicelli) - Nous deux (Henri Graziani) – J’embrasse pas (André Téchiné) – Contre l’oubli [épisode : "Joaquim Elema Boringue, Guinée équatoriale"] (Jean Becker) – Arsène né terrien (Laurent-Pierre Paget, CM, voix du récitant) – La domenica specialmente (Le dimanche de préférence) [épisode "Il cane blu" ("Le chien bleu"] (Giuseppe Tornatore) – Zuppa di pesce (Soupe de poisson) (Fiorella Infascelli) – 1992 Max et Jérémie (Claire Devers) – Tango (Patrice Leconte) – 1993 Grosse fatigue (Michel Blanc) – Le roi de Paris (Dominique Maillet) – La fille de d’Artagnan (Bertrand Tavernier) - 1994 Il postino (Le facteur) (Michael Radford & Massimo Troisi) - Veillées d'armes (Marcel Ophuls, documentaire) - Prílis hlucná samota (Une trop bruyante solitude) (Věra Cais) – Les Milles (Sébastien Grall) – 1995 Les grands ducs (Patrice Leconte) - Facciamo paradiso (Mario Monicelli) – Fantôme avec chauffeur (Gérard Oury) - 1996 Marianna Ucrìa (La vie silencieuse de Marianna Ucria) (Roberto Faenza) – Les palmes de Monsieur Schutz (Claude Pinoteau) – Dragonheart (Cœur de dragon) (Rob Cohen, voix française du dragon) – 1997 Soleil (Roger Hanin) – Le bossu (Philippe de Broca) - 1998 Le pique-nique de Lulu Kreutz (Didier Martiny) - 2000 Un honnête commerçant (Philippe Blasband) - 2001 Le chien, le général et les oiseaux (Francis Nielsen, animation, voix du récitant) – 2002 Les côtelettes (Bertrand Blier) – Père et fils (Michel Boujenah) – 2003 Ripoux 3 (Claude Zidi) - 2004 Edy (Stéphan Guérin-Tillié) – 2005 Marcello, una vita dolce (Marcello, une douce vie) ( Mario Canale & Annarosa Morri, documentaire) - 2006 Voie d'eau (Matthieu David Cournot, CM, voix du récitant) -Trois amis (Michel Boujenah).
Nota : il est parfois crédité à tort pour "Paris brûle-t'il ?" (René Clément), et "La mano spietata della legge" ("La fureur d'un flic") (Mario Gariazzo, 1975, confusion avec Philippe Leroy ?). "Laughter in the dark" (Laszlo Papas, 1986), avec Marina Vlady et Maximilien Schell, est une petite énigme, est-ce un film inédit, un inachevé, ou un simple projet ? En 1968, il est le récitant de la version sonorisée de "Häxan" ("La sorcellerie à travers les âges") (Benjamin Christensen, 1922). Il a participé à 2 spectacles audiovisuels mis en scènes par Jean Chouquet, "Les grandes heures de France" (1973) et "Notre-Dame de Paris" (1977).
Télévision : notamment : 1955 Le réveillon (Marcel Bluwal) - 1959 Clarisse Fenigan (Jean Prat) – Macbeth (Claude Barma) - 1960 De fil en aiguille (Roger [Lazare] Iglésis) - Cyrano de Bergerac (Claude Barma) - 1961 Flore et Blancheflore (Jean Prat) - 1962 Enfin bref ! (Maurice Chateau) - Le mal court (Alain Boudet) - 1963 L'inspecteur Leclerc enquête : La chasse (Mick Roussel) - Blagapar : Les Grecs (Roger [Lazare] Iglésis) - 1964 Château en Suède (André Barsacq) - 1966 Anatole (Jean Valère) - La fin de la nuit (Albert Riéra) - 1970 Dim dam dom (Roger Ikhless) - 1996 Le veilleur de nuit (Philippe de Broca) - Balthus de l'autre côté du miroir (Damian Pettigrew, documentaire, voix du récitant) - 1999 Mi figlio ha 70 anni (Mon fils a 70 ans) (Giorgio Capitani).
Avec Anouk Aimée dans "Love letters"
Théâtre : 1951 Lorenzaccio, de Alfred de Musset, m.e.s. Jean Vilar - Le Cid, de Pierre Corneille, m.e.s. Jean Vilar – 1953 La tragédie du roi Richard II, de William Shakespeare, m.e.s. Jean Vilar – Don Juan, de Molière, m.e.s. Jean Vilar - 1954 Ruy Blas, de Victor Hugo, m.e.s. de Jean Vilar – Cinna, de Pierre Corneille, m.e.s. de Jean Vilar – Macbeth, de William Shakespeare, m.e.s. de Jean Vilar – 1955 La ville, de Paul Claudel, m.e.s. de Jean Vilar – Marie Tudor, de Victor Hugo, m.e.s. de Jean Vilar – Le triomphe de l’amour, de Marivaux, m.e.s. de Jean Vilar – 1956 Les femmes savantes, de Molière, m.e.s. de Jean Vilar – Ce fou de Platonov, d’Anton Tchekhov, m.e.s. de Jean Vilar – Le mariage de Figaro, d’Aldred de Musset, m.e.s. de Jean Vilar – 1957 Le malade imaginaire, d’Aldred de Musset, m.e.s. de Jean Vilar – Le faiseur, d’Honoré de Balzac, m.e.s. de Jean Vilar – 1958 L’école des femmes, de Molière, m.e.s. de Jean Vilar – Les caprices de Marianne, d’Alfred de Musset, m.e.s. de Jean Vilar – Œdipe, d’André Gide, m.e.s. de Jean Vilar – Lorenzaccio, d’Alfred de Musset, m.e.s. de Jean Vilar – Marie Tudor, de Victor Hugo, m.e.s. de Jean Vilar – 1959 Le songe d’une nuit d’été, de William Shakespeare, m.e.s. de Jean Vilar (Broadway Theater New-York City) – La fête du cordonnier, de Michel Vinaver, m.e.s. de Georges Wilson – 1997/99 Les côtelettes, de Bertrand Blier, m.e.s. de Bernard Murat – 2000/01 L’homme du hazard, de Yasmina Reza, m.e.s. de Frédéric Belier-Garcia – 2002 Les contemplations (et autres textes de Victor Hugo), m.e.s. de Frédéric Belier-Garcia – 2005 Love letters, de A.R. Gurney, m.e.s. de Sandrine Dumas.
ARTICLES
LIBÉRATION du 24/11/2006
Dernière retraite, par Gérard Lefort
Après 125 films et quelques pièces de théâtre, le populaire Philippe Noiret est mort à 76 ans.
«Quand je me retourne, je vois quelqu'un qui a fait correctement son métier d'artisan. J'ai fait des films difficiles, peu. Des films pas assez exigeants, peu. La moyenne n'est pas mal : je suis un acteur populaire, et j'aime cette idée.» Ainsi parlait Philippe Noiret, mort hier en début de soirée, à l'âge de 76 ans. Cette façon de ranger lui-même sa filmographie (plus de 125 films en une cinquantaine d'années de carrière) n'est pas la pire. Elle fait la preuve en tout cas d'une certaine lucidité. Populaire, Noiret l'était sans conteste, puisqu'à l'annonce de sa disparition, le quidam peut spontanément citer de mémoire un grand nombre de titres de ses films, qui, à cet égard, font partie du patrimoine du cinéma franco-français. Pour s'en moquer parfois (combien de remake déconnade du Vieux Fusil ?) ou y rire franchement (les Ripoux).
TNP. Né le 1er octobre 1930 à Lille, Philippe Noiret fut un élève médiocre qui rata plusieurs fois le bac et débuta sur des scènes de théâtre parisiennes, notamment aux côtés de Jean-Pierre Darras dans des duos de cabaret comique aux dialogues volontairement absurdes. En 1953, il intègre le Théâtre national populaire (TNP) de Jean Vilar grâce à Gérard Philipe. Il y croise Agnès Varda, alors photographe maison, qui le fera jouer dans son premier film, la Pointe courte (1956). Dès lors, son escapade au théâtre «moderne» semble terminée. Dès la fin des années 50, il figure dans une dizaine de films, plutôt des comédies, dont Zazie dans le métro, de Louis Malle (1960), et la Vie de château, de Jean-Paul Rappeneau (1966), avant qu'Yves Robert ne le rende célèbre avec Alexandre le Bienheureux (1968). Après un bref et intriguant détour par Hollywood ( l'Etau, d'Alfred Hitchcock, 1969), il entame dans les années 70 une série de rôles qui vont rendre définitivement repérable sa silhouette de chanoine onctueux. Notamment parce qu'il devient l'acteur fétiche de quelques réalisateurs français alors émergents, comme Bertrand Tavernier, pour qui il sera un père tragique dans l'Horloger de Saint-Paul (1974), un régent tourmenté dans Que la fête commence (1975) ou un homme sans qualité dans le Juge et l'Assassin (1976). Noiret resta fidèle à Tavernier et réciproquement (cf., entre autres, le «monumental» la Vie et rien d'autre, en 1989, et la Fille de d'Artagnan , en 1994).
Made in France. Sans jamais négliger le filon comique : la Vieille Fille, de Jean-Pierre Blanc (1973), et bien entendu, ultérieurement, firmament de sa carrière, les Ripoux, de Claude Zidi, en 1984, où il fait beaucoup rire en débonnaire commissaire vénal. Mais c'est le patrimoine made in France qui va couronner sa célébrité. En 1976, Noiret obtient un césar (le premier des césars) pour la meilleure interprétation masculine dans le Vieux Fusil, de Robert Enrico (en vengeur de Romy Schneider assassinée par des nazis). Mais toujours dans ces années 70, décidément riches en contraste le concernant, il est aussi à l'affiche de deux films majeurs de Marco Ferreri qui feront grand bruit : la Grande Bouffe en 1973 plus que fraîchement accueilli au Festival de Cannes («Nous tendions un miroir aux gens et ils n'ont pas aimé se voir dedans. C'est révélateur d'une grande connerie») et Touche pas à la femme blanche, en 1974.
Bien qu'il n'ait jamais renié ces films «difficiles», Noiret orientera sa carrière de débonnaire de plus en plus officiel et, de ce fait, congelé dans ce rôle, vers des films nettement moins difficiles : tout au long des années 80, on le verra notamment en Italie, dans la Famille, d'Ettore Scola (1987) et, surtout, gros succès à nouveau, en projectionniste sentimental dans Cinema Paradiso, de Giuseppe Tornatore (1990).
Retraite. Ces dernières années, Noiret se faisait plus rare ( Uranus, de Claude Berri, 1990, J'embrasse pas, d'André Téchiné, 1991, le Facteur, de Michael Radford, 1994, les Côtelettes, de Bertrand Blier, ou les Ripoux 3, 2003), préférant sans doute s'occuper de sa retraite douillette dans sa maison de campagne, dans l'Aude, auprès de son épouse de toujours, la comédienne Monique Chaumette, avec qui il a eu une fille. Ses apparitions en grand témoin à la télévision lui valaient de passer pour un vieux sage un rien cynique et un poil phraseur. «Il me reste tellement peu d'illusions sur la nature humaine que cela devient difficile de se mettre en colère. Je suis désolé par les autres, le monde et moi aussi. Je suis un désolé gai», résumait-il. Ce qu'il n'était probablement pas dans le privé, fidèle à beaucoup de choses, et notamment à de vieux camarades, alter ego de cinéma, comme Jean-Pierre Marielle. «J'ai contribué à l'image de gentleman-farmer que l'on me colle, mais elle n'est qu'une parcelle de la réalité», assurait-il. Philippe Noiret aimait les chevaux, les belles chaussures, les vestes en tweed, les cigares et le cinéma. Le cinéma français.

Les trois facettes de l'acteur Noiret, par Didier Peron.
Gros plan sur la carrière d'un comédien tout en contrastes.
Trois films clés pour ouvrir aux métamorphoses d'un acteur plus sombre que sa réputation de débonnaire.
Noiret d'auteurs
Philippe Noiret est véritablement entré en cinéma en 1956 pour le baptême de réalisatrice d'Agnès Varda, qui l'embauche au côté de Sylvia Monfort dans la Pointe courte . Noiret est ensuite dirigé par le jeune Louis Malle ( Zazie dans le métro, 1960). On le retrouve dans ces années-là embauché par quelques-unes des meilleures pointures du cinéma. En France, Georges Franju le distribue dans le rôle néo-Bovary du mari empoisonné ( Thérèse Desqueyroux, 1962). Aux Etats-Unis, Cukor le réclame en 1968 pour être dans Justine, et, un an après, Hitchcock le veut dans l'Etau .
Sa carrière italienne, abondante tout au long des années 70-80, connaît un pic de gloire scandaleux avec la Grande Bouffe (1973), de Marco Ferreri, farce où il est le juge Philippe qui, aux côtés de Piccoli et Tognazzi, se bâfre jusqu'à en crever. Le film provoque un tollé lors de sa présentation cannoise, ce qui n'empêchera pas Noiret de retourner avec Ferreri dans Touche pas à la femme blanche (1974). Il est excellent aussi dans l'étrange Désert des Tartares, de Valerio Zurlini, général en perdition aux avant-postes désertiques au côté de Vittorio Gassman. Le venin dissimulé sous le masque de la gentillesse pateline, c'est ce que Chabrol voit en lui dans Masques (1987), où Noiret se régale dans le rôle de Christian Legagneur, un présentateur vedette de la télévision adoré par la France profonde comme père idéal et qui se révèle être une ordure domestique de la pire espèce. André Téchiné le distribue dans J'embrasse pas, en 1991, en homo mélancolique assoiffé de chair fraîche, qu'il interpréta avec une extrême délicatesse. Rôle plutôt risqué pour un acteur de sa trempe.
Noiret comique
Il avait le sens de la disproportion, et possédait donc à ce titre l'art d'être drôle. En 1966, Jean-Paul Rappeneau, qui avait coécrit le scénario de Zazie dans le métro, a l'idée de l'assortir en couple avec Catherine Deneuve dans la Vie de château , hilarante comédie de poursuites et de quiproquos se déroulant dans une gigantesque demeure normande pendant la guerre. Noiret est aussi, bien entendu, associé à quelques-uns des plus gros scores du cinéma populaire français. Il y eut d'abord l'association de choc avec Annie Girardot ( Tendre Poulet et On a volé la cuisse de Jupiter, de Philippe de Broca), servie par les dialogues de Michel Audiard, puis vient la franchise Ripoux de Claude Zidi avec, pour partenaire, Thierry Lhermitte en guise de Laurel et Hardy de commissariat dégringolé. Il y aura deux autres épisodes, en 1990, puis, le dernier, en 2003, rallongeant la sauce jusqu'au gênant.
Noiret gentleman acteur
C'est dans le Vieux Fusil de Robert Enrico (1975) que les Français l'admireront longtemps le plus, non sans mauvaises arrière-pensées revanchardes anti-allemandes encore vivaces dans ces années-là (éteintes depuis ?). Dans le rôle du chirurgien de Montauban, dont la femme est brûlée sous ses yeux par les nazis et qui décide de rendre la monnaie de la pièce, Noiret, l'homme ordinaire livré à l'exception d'une situation historique atroce, fascinait par le revirement de la crainte à la brutalité froide. Une certaine idée de l'acteur en justicier se dépose à cette époque, bien que l'ambiguïté perdure, un an après, dans sa composition du juge Rousseau dans le Juge et l'Assassin de Bertrand Tavernier, où l'humanisme du personnage cache de sombres desseins.
LE FIGARO du 23/11/2006
Noiret, un demi-siècle de talent et d'élégance par Brigitte Baudin & Dominique Borde
Il s'est éteint hier à l'âge de 76 ans après cinquante ans de carrière. Plus de cent vingt films, des dizaines de pièces de théâtre avaient fait de lui un des acteurs les plus populaires de France.
« Je ne vais jamais au-devant d’un rôle expliquait-il. J’attends qu’on me propose. Cela présente deux intérêts : la jubilation de jouer ce que les autres attendent de vous et une occasion de juger lucidement où l’on en est. »
Acteur, Philippe Noiret l’était jusqu’au bout des ongles, mais il aimait aussi rêver en contemplant la nature. « Je suis le plus heureux des hommes le nez au vent avec un livre à la main assis sur un banc, au soleil, dans mon jardin ou en train de galoper sur un de mes chevaux. Ma vie est un savant équilibre entre la nature et ma vie parisienne. » IL AVAIT L’ALLURE d’un hobereau de province avec ses costumes en tweed, ces pulls en cachemire, ses gilets en soie, ses chaussures faites sur mesure et ses pochettes bouffantes. Une voix profonde, reconnaissable entre toutes, des gestes élégants, un éternel cigare aux coins des lèvres, il cultivait son image d’élégant d’un autre siècle. Pour plaire, mais aussi pour se plaire. C’est son père, vendeur dans la confection, qui lui donne le goût des beaux vêtements, des étoffes luxueuses et surtout des mots
« Mon père était un lettré avouait- il. Il aimait la poésie, la littérature. Ses auteurs de chevet étaient Verlaine, Rimbaud, Montaigne, Montesquieu. » Né le 1er octobre 1930 à Lille, il grandit à Paris. Il n’aime pas les études. Il va d’abord chez les oratoriens puis au lycée Jeanson- de- Sailly. Il se fait renvoyer de tous les établissements. Un peu plus tard, il fréquente les cafés de Montparnasse. Il se lie avec des artistes, des comédiens. C’est là que naît sa vocation théâtrale. Il a 24 ans. Commence alors pour lui la grande aventure du TNP avec Jean Vilar où il jouera au côté de Gérard Philipe et de Monique Chaumette qui deviendra son épouse. Après une expérience de duettiste avec Jean- Pierre Darras dans les cabarets, il débute au cinéma.
L’oncle de Zazie
Pour lui le cinéma n’aurait pu être qu’un accident. Venu du TNP avec le physique enveloppé et confortable d’un bon gros à l’allure un peu snob, il n’avait pas le physique d’un premier rôle. En 1956, à 26 ans, il est dans le premier film d’Agnès Varda comme une apparition symbolique. Plus audacieux, Louis Malle en fait l’oncle de Zazie dans le métro, il est Hercule dans une version du Capitaine Fracasse aux côtés de jean Marais ou un Louis XIV emphatique dans Les Amours célèbres. Mais rien ne le détache de ses premiers duos avec Darras. Il faudra le Thérèse Desqueyroux de Franju, inspiré de Mauriac en 1962, Les Copains d’Yves Robert, tiré de Jules Romain pour qu’on remarque la finesse du comédien qui, au- delà de son allure pataude, sait imposer une sorte d’élégance innée.
Avec La Vie de château de Rappeneau, qui signe son premier film et en fait le mari d’une Catherine Deneuve évéenne et fantaisiste, il franchit un degré. Du coup, le cinéma devra compter avec celui qui se trouvait une « allure de pachyderme ». On s’habitue à cet ours pas trop mal léché qui sait jouer de ses fausses naïvetés ou de sa calme assurance pour entrer d’un bloc dans un personnage. Qu’Yves Robert en fasse le délicieux paresseux d’Alexandre le Bienheureux, qu’Hitchcock le transforme en espion soviétique pour L’Étau, qu’il soit Clérambard ou une barbouze dans L’Attentat de Boisset qui romance l’affaire Ben Barka, le « pachyderme » est d’abord un étonnant caméléon.
Bon nounours ou trouble-fête
Et c’est lui encore qui permet à Bertrand Tavernier de signer ses premiers films, L’Horloger de SaintPaul, Le Juge et l’Assassin, Que la fête commence. Lui aussi qui a l’audace avec l’ami Piccoli ou le copain Mastroianni de fréquenter l’infréquentable Marco Ferreri et ses provocations sulfureuses ( La Grande Bouffe). Mais ne peut- il pas tout se permettre ? De faire le pitre avec Mes chers amis de Monicelli, d’être l’un des officiers du Désert des Tartares, le vengeur exterminateur, mari d’une pathétique Romy Schneider pour le célèbre Vieux Fusil qui restera l’un de ses films les plus populaires, ou l’amoureux respectueux de Charlotte Rampling dans Un taxi mauve.
D’une adaptation de Drieu La Rochelle, Une Femme à sa fenêtre, à celle d’un Simenon ( L’Étoile du Nord), Noiret devient le comédien incontournable et interchangeable des années 1970. Du comique des Ripoux ou de Twist again à Moscou à la gravité de La Vie et rien d’autre ou le peu connu Les Lunettes d’or où il joue un homosexuel, il est sur tous les fronts, bon nounours ou vilain trouble- fête, notable ou anarchiste. Un seul rôle lui échappe dans lequel il aurait pu se couler aisément, celui de Maigret, devenu propriété de la télévision à l’époque avec Jean Richard. Jusqu’au bout, entre un Ripoux 3 où il semble se parodier et Père et fils de Michel Boujenah où il compose un paternel malicieux et émouvant, Noiret aura répondu présent au cinéma.
C’est cet homme élégant et ce comédien doué qui excusait ses coquetteries vestimentaires et son goût du confort en disant de la vie : « Le voyage est court autant le faire en première classe ! » Le voyage est fini, il nous laissé sa classe.
Noiret, un géant sur les planches par Marion Thébaud.
Publié le 24 novembre 2006
Il avait débuté au théâtre, avait quitté trente ans durant la scène, pour y revenir plus passionné que jamais.






