Le coin du cinéphage

Blog d'humeurs et d'informations sur le cinéma et la télévision : bios, filmos, articles, commentaires, bases de liens, bref c'est du foutraque...

28 avril 2007

LES BALLETS ÉCARLATES

Les_Ballets__carlates 

6ème salve des films de Jean-Pierre Mocky en DVD, disponible depuis le 25 avril dernier. Loin d’êtres des fonds de tiroirs, ces films montrent l’originalité du cinéaste, qui n’est finalement jamais où on l’attend. Mon préféré de cette série reste "Chut !" (1971), avec le génial Jacques Dufilho, charge féroce sur le petit monde des épargnants, mais le film est hélas disponible dans la version courte, faite pour la sortie VHS sous le titre "Mocky s’moque N°1" - "Mocky s’moque N°2" étant "Les rois des bricoleurs" (1976), c’est également cette version courte, sans générique (!) qui figure dans le DVD du film- . On retrouve aussi "Les vierges" (1962), évocation de la première expérience sexuelle de 5 jeunes femmes , "Divine enfant" (1989), amusant film pour enfant, "Noir comme le souvenir" (1994), film d’atmosphère, et "Le mari de Léon" (192) excellente adaptation de l’œuvre de Frédéric Dard. Cerise sur le gâteau, il y a deux films inédits en salle, tournés en 2004, la même année que "Grabuge" : "Touristes ? oh yes !" - j’y reviendrai – et "Les Ballets écarlates". Petit rappel avant de m’arrêter sur ce dernier, l’article de ce blog sur Les couilles en or, est en fait un poisson d’avril. Le film est bien entendu invisible, difficile de vérifier si c’est une affabulation mockienne… "Les ballets écarlates", co-écrit par le fidèle Alain Moury, est l’un des films les plus noirs de l’œuvre du cinéaste. Difficile de comprendre le système Mocky, sur la distribution de ses films. Malgré son omniprésence sur les écrans TV - il fallait le voir insulter injustement Philippe Torreton dans la soirée électorale proposée par M6 -, il rechigne à financer la publicité autour de la sortie de ses films. La raison évoquée pour que "Les ballets écarlates" soit resté inédit trois ans est … la censure ! Il évoque dans son dernier ouvrage "Mocky s’affiche" (Éditions Christian Pirot, 2007), "Film censuré, médias muets". Pour DVDrama il évoquait plus longuement ce film – le lire dans son intégralité ici : "Il a été interdit par la censure, ce qui est rare de nos jours. Il devait sortir à l’époque où on brûlait des bagnoles. J'en ai profité pour aller voir Renaud Donnedieu de Vabres en lui disant: «moi, si vous me faîtes chier, avec mon copain du Monde, on va faire un scandale dans le journal». (...) Au départ donc, ils l'ont interdit; ensuite, ils l'ont autorisé après ma visite et les chantages. (...) Ce film, je l'ai fait en souvenir de cette petite fille. J'ai pensé que tout le monde serait ému. En plus, j'ai donné l'argent aux enfants. (...) Et là-dessus, on me l'interdit. Pathé qui sont mes amis l'avaient inscrit dans leur convention de septembre dernier et il a été resucré. Il y a une sorte de cabale. (...) Alors, finalement, Pathé l'a acheté en dvd mais n’a pas pu le présenter en officieux. (…). Pour vous donner une idée, il y avait un festival du film noir à Besançon il y a trois mois. L'organisateur qui est un jeune comme vous avait vu le film, le trouvait excellent et ne comprenait pas pourquoi il était refusé. Donc il l'a pris dans son festival. J'arrive à Besançon il y a quelques mois. Je présente le film à 20h30. La salle était bourrée, les gens ont applaudi à la fin et ne sont pas sortis pour assister au débat. (...) Le lendemain, un journaliste de L'Est républicain fait un article sur moi et? pas un mot du film! (...) J’ai déjà eu des problèmes avec mes anciens films comme Snobs qui était interdit en Afrique noire et La cité de l'indicible peur qui a été mutilé. Tout ça, ça ne me choque pas. Mais là, vraiment, c'est clair qu'il y a une obstruction totale, comme si personne ne voulait en parler. (...)". Je vous laisse juge...

Patricia Barzyk & Jean-Pierre Mocky

Quoi qu’il en soit le film est désormais visible, Mocky le présente dans un bonus comme un mélo. L’histoire dans une petite ville province, un rabatteur – Alain Fourès – achète à un père alcoolique et désœuvré – François Toumarkine dans la monstruosité -, la présence de sa fille – Hortense Belhôte – et de son très jeune fils Éric – Florian Junique -, pour assister à une "partie fine" pour des pédophiles. Ces pervers immondes sont en fait des notables "respectables". Mais Éric arrive à s’enfuir. Il est recueilli par Violaine, qui vit près d'un bois - Patricia Barzyk dans la conviction -, femme d’un garde-forestier. Elle vit seule depuis l’hospitalisation de son mari, devenu fou de douleur depuis la disparition de leur petit Guillaume… Le film, il faut bien le dire laisse dans un état nauséeux. Sans le raconter, disons qu’il a une morale discutable, proche d’un film récent, le contestable  "Contre-enquête" de Franck Mancuso -, idées que l’on retrouvait souvent dans le cinéma des années 70. Mocky montre sa défiance aussi bien pour les politiques que les instutions. renâcle avec beaucoup d’amertume sur ses personnages. Les exécutants sont pitoyables, comme les personnages joués par Alain Fourès  sinistre homme de main ou Michel Bertay, qui incarne un tueur déchu obligé pour vivre d’exécuter les basses œuvres. Les élites d’une province étriquée incarnés par  Dominique Zardi odieux voyeur ou Christian Chauvaud en redoutable manipulateur, n’œuvre que pour leur bon plaisir. Si Violaine trouve des aides vengeresses, Jean Abeillé conseiller désabusé sitant Freud, Nadia Vasil sœur d’un politique indigné et Mocky lui même qui incarne Mathieu, un armurier opportuniste. Le film malgré ses faibles moyens est assez prenant, Mocky film la ville de Vienne de manière insolite et le chef opérateur Edmond Richard connaît son métier. Signalons la musique de Vladimir Cosma, qui comme à l’accoutumée, recycle allégrement ses anciennes musiques. On attend par exemple dans un restaurant chinois, la musique du "Banzaï" de Claude Zidi ! Ce qui constitue un curieux décalage dans ce film très âpre. Le film met vraiment mal à l’aise, l’organisation d’un dispositif mettant en scène des enfants dont l’innocence va être pervertie pour les fantasmes monstrueux d’hommes mûrs est particulièrement éprouvant. Je préfère le Mocky satiriste à celui vindicatif du film, mais le sujet ne le prédisposait pas à l'exercer. Après "Le témoin" (1978) et "Noir comme le souvenir", il évoque une nouvelle fois la pédophilie mais en radicalisant son propos. J’avais crée une fiche pour ce film sur IMDB, qui sera actualisée sous peu.

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26 avril 2007

MORT DE ROSCOE LEE BROWNE

img262/8285/roscoeleebrownexz3.jpg Annonce de la mort de Roscoe Lee Browne, décédé des suites d'un cancer à Los Angeles ce 11 avril 2007, à l'âge de 81 ans. Son décès a été injustement omis des médias français, hormis des internautes avisés signalant sa disparition dans un des forum de DVD Classik.  C'était un comédien solide et attachant, très discret finalement au grand écran. Il avait été un athlète remarqué dans la course à pieds. Il avait gagné notamment les 804 mètres courus dans les jeux de 1952 de Millrose. Il avait enseigné la littérature comparative et le français à l’université noire de Lincoln en Pennsylvanie, lieu où il avait été diplômé. Il débute au théâtre en 1956, avec une adaptation du "Jules César" de William Shakespeare, lors d’un festival.  Il continue son parcours notamment à New York, passant de l’univers de Shakespeare à celui de Brecht. En 1961, il avait joué l’adaptation américaine de la pièce "Les nègres" de Jean Genet, où il tenait le rôle principal. Au cinéma, on se souvient de lui dans "L'étau" d'Alfred Hitchcock, où il incarne un fleuriste espion. Curiosité il était un droïde dans "L'âge de Cristal" - Le film -  (Michael Anderson, 1976), affublé d'un curieux costume en fer blanc. Paul Vecchiali dans la "Saison cinématographique 1972" avait bien résumé son jeu à propos de "John Wayne et les Cow-Boys" (Mark Rydell, 1971) : "...Au milieu d'une troupe exceptionnelle, on peut retenir Roscoe Lee Browne qui joue le cuisinier avec une élégance et une maîtrise inégalables". Il incarne souvent des hommes d’autorités, magistrats ou chefs de la police, mais il peut incarner aussi des hommes humbles ou des maître d‘hôtels. A la télévision, on le retrouve aussi souvent comme des "guest" dans des séries comme "Columbo", "Falcon Crest", ou plus récemment dans "The Shield" ou "New York police judiciaire".  Il avait gagné un "Emmy Award"  en 1986 pour son rôle du professeur Barnabus Foster dans "Le Cosby Show". Soucieux d’éviter d’incarner les stéréotypes, il a préféré privilégier sa voix de baryton, à l’instar de James Earl Jones, sa voix a beaucoup été utilisée dans des narrations multiples. Il est le récitant des deux films "Babe", narrant les aventures du cochon parlant. Sa voix de baryton était très célèbre pour les spectateurs anglo-saxons. Ce serviteur discret de la scène américaine fut également un poète. Il avait sillonné les États Unis avec Anthony Zerbe, dans une création poétique "Behind the broken words", dont il était le co-auteur.

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Filmographie : 1962  The connection (Connection) (Shirley Clarke) – 1963  Terror in the city (Allen Baron) – 1964  Bertholt Brecht : Practice pieces (Nick Havinga, CM) – Black like me (Carl Lerner) – 1967  The comedians (Les comédiens) (Peter Glenville) – Up Tight ! (Point noir) (Jules Dassin) – 1968  Me and my brother (Robert Frank) – 1969  Topaz (L’étau) (Alfred Hitchcock) – 1970  The liberation of L.B. Jones (On n’achète pas le silence) (William Wyler) – 1971  Cisko Pike (Bill L. Norton) - The cowboys (John Wayne et les cow-boys) (Mark Rydell) – 1973  The world’s greatest athlete (Robert Scheerer) – Super Fly T.N.T. (Ron O’Neal) – 1974  Uptown saturday night (Sidney Poitier) – 1976  Logan’s run (L’âge de Cristal) (Michael Anderson) – 1977  Twillight’s last gleaming (L’ultimatum des trois mercenaires) (Robert Aldrich) – 1979  Double take (Richard Quine) – 1980  Nothing personal (George Bloomfield) – 1985  Legal eagles (L’affaire Chelsea Deardon) (Ivan Reitman) – 1986  Jumpin’Jack Flash (Id) (Penny Marshall) – 1990  Moon 44 (Id) (Roland Emmerich) - 1991  The Mambo Kings (Les Mambo Kings) (Arme Glincher) – 1993  Naked in New York (Daniel Algrant) – Eddie Presley (Jeff Burr) – 1994  Last summer in the Hamptons (Henry Jaglom) - 1995  The beast (Rhoderic C. Montgomery, CM) – 1996  Muppet treasure island (L'île au trésor des Muppets) (Brian Henson) - The pompatus of love (Richard Schenkman) – Dear gold (Escroc malgré lui) (Garry Marshall) – Forest warrior (Aaron Norris) – 1998  Judas kiss (id) (Sebastian Gutierrez) - 1999  Morgan’s Ferry (Sam Pillsbury) – 2002  Sweet deadly dreams (Walter Stewart) – 2003  Behind the broken words (David Sern, captation).

Voxographie : (notamment) 1986  The nativité (Bruce Johnson, court-métrage d’animation) – 1988  Oliver & company (Oliver et compagnie) (George Scribner) – 1989  Night angel (Dominique Othenin-Girard, récitant) – 1995  Babe (Id) (Chris Noonan) - 1998  Babe : Pig in the city (Babe, le cochon dans la ville) (George Miller) – 2002  Treasure island (La planète aux trésors – Un nouvel univers) (Ron Clements) – 2006  Garfield : A tail of two cities (Garfield 2) (Tim Hill, Récitant) – Epic movie (Big movie) (Jason Friedberg, récitant) .

A noter que Les gens du cinéma, signale le décès de la comédienne Ariane Borg.

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23 avril 2007

LE CANDIDAT

Bon on digère un peu le traumatisme du 21 avril 2002 avec les résultats d’hier soir, avec la petite satisfaction de voir l’échec - relatif - d’un vieux cabotin d’extrême droite qui a peut être mené son combat de trop. "Le candidat", premier film de Niels Arestrup tombe donc à point nommé, même si son auteur de défend d’avoir voulu coller avec l’actualité dans ce projet vieux de 4 ans. Michel Dedieu – non n’insistez pas je ne ferai pas de jeu de mots ! -, est un homme politique influent dans un pays que l’on arrive pas définir. Il est incarné par un Yvan Attal formidable de justesse, montrant avec sobriété les états d’âmes de son personnage. Il remplace au débotté, aux élections présidentielles, le candidat titulaire, obligé de se retirer pour des raisons de santé. Il s’isole dans son luxueux château, pour préparer le débat télévisé du second tour, avec une équipe de spécialistes, faisant partie des apparatchiks de son parti. L’équipe a fort à faire, car Dedieu a une image négative et austère auprès de l’opinion publique.  Eric Carson son opposant  - Thierry Hancisse dans une excellente composition – est lui beaucoup plus convivial et à l’aise dans ce joyeux monde, il est le favori dans les sondages… Michel s’applique à bien faire, mais doit également gérer son couple qui bat de l’aile, une crise internationale qui se prépare, et la suffisance de la petite équipe qui l’entoure. Le chef du parti – Niels Arestrup en personne qui "brando-ise" - avec brio, semble surveiller tout ce petit monde avec condescendance. L’atmosphère est lourde, cette réunion est la dernière chance de Michel d’éviter le désastre. Même s’il y a une distanciation, dans cette observation de ces petits arrangements avec la politique, on finit inévitablement par faire des recoupements avec notre campagne électorale actuelle. Ainsi le staff de Michel Dedieu donne comme excuse de l’absence du candidat dans un important meeting… un retard de son avion. Ce qui, rétrospectivement ne manque pas que piquant, quand Nicolas S, invoque cette raison pour annuler la visite d’un quartier lyonnais, alors qu’il était attendu par des manifestants hostiles à sa venue. L’ineffable Renaud Bertrand avait d’ailleurs déclaré : "Est-ce qu’on voulait y aller? La réponse est non parce qu’on n’a pas vocation à mettre en valeur la gauche et l’extrême gauche qui n’attendaient que ça“. Source : NouvelObs.com. Le film privilégie l’épure en se servant des liens parfois étroits entre politique et théâtre – Jean-François Balmer et Jacques Weber rejouant actuellement avec succès les débats télévisés entre Valery Giscard d’Estaing et François Mitterrand -".

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Yvan Attal

On suit le destin presque désincarné de Michel, au bord de l’épuisement. Le film montre avec subtilité, la manière de corriger ses insuffisance – ce qui ne manque pas de sel quand on voit l’importance de l’image dans cette campagne -. Le candidat est ici déshumanisé, modelé pour coller au mieux avec l’idée d’un grand homme d’état. Le protocole est éprouvant, une nouvelle venue est même sérieusement réprimandée car elle donne son avis, qui est d’ailleurs plein de bon sens. Arestrup nous montre des politiques coupés du monde, qui vivent en microcosmes, s’épient, attendent le moindre signe de faiblesse pour affirmer une autorité qui n’est qu’un leurre. Le metteur en scène s’entoure de comédiens remarquable, pour incarner cette équipe peu sympathique. Yvan Attal impressionne dans son incarnation subtile d’un angoissé, dans sa manière de portraitisé les doutes et les réactions de son personnage pour évoluer selon sa conscience. Autour de lui, outre Thierry Hancisse, deux autres sociétaires de la Comédie Française excelle, la trop rare Clotilde Bayser en conseillère désabusée et Guillaume Galllienne monstrueux d’arrogance. Laurent Grévill, en homme fidèle à son parti, Isabelle Le Nouvel en nouvelle venue fragile, devant subir l’arrogance des autres, Cyril Couton – révélé chez Stéphane Brizé – est amusant en rédacteur de discours, toujours affamé. Luc Thuillier en chauffeur énigmatique et Sophie Broustal en femme bafouée sont au diapason. L’actrice italienne Stefania Rocca joue la femme de Michel avec les failles de son personnages, faisant exister son personnage dans l’effacement et le prodigieux Maurice Bénichou nous livre une composition remarquable en mentor charismatique. Sans viser au réalisme – on suit le film sans trop réfléchir aux invraisemblance du scénario – autour du personnage d’Alain Doutey, excellent d’ailleurs ici, c’est normal on n’est pas ici chez Eric-Emmanuel Schmitt -, la vision distanciée du petit monde politique amène à la réflexion. L’écueil de la caricature et du « tous pourri » est ici plutôt évité, pour voir la manipulation générale, dans ce petit jeu des apparence. Arestrup ayant signé le scénario seul, le résultat final est assez convaincant. La manière de voir comment des individus peuvent abandonner ce en quoi il croient pour suivre une sorte d’intérêt général lénifiant me semble probante. L’idée de privilégier l’arrière-plan, l’anti-spectaculaire, la préparation aux meetings et au débats, nous donne une idée de correspondre parfaitement à l’envers du décors. Niels Arestrup a donc réussi son entrée dans la mise en scène, en nous livrant l’acuité de son regard. C’est une proposition de cinéma salutaire dans ce monde charmant en évolution sur les coulisses d’un monde qui nous échappe.

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21 avril 2007

J-1

Sans_titre Jour J-1... Seule certitude, Roland Cayrol, va nous expliquer dimanche soir la fiabilité de ses sondages, surtout s’il se trompe. C’est le grand gagnant de ses élections, moins il est crédible, plus il s’exprime ! La politique et le cinéma, n’étant jamais très éloigné, "Studio", nouvelle formule - comprendre version light -, nous propose les films préférés de 5 candidats – on y apprend que Nicolas S. et Segolène R. ont le même acteur préféré, Gérard Philipe -. Histoire d’être au niveau désolant de cette campagne,  "Je veux mettre mon bulletin dans ton urne" chante sans rire un fan de François Bayrou dans un petit bijou de propagande ! -. Petit jeu idiot des titres, histoire de se détendre un peu entendant dimanche.

François B. : La grande combine (Billy Wilder) / Vive Henri IV, vive l’amour (Claude Autant-Lara)

Olivier B. : Le facteur s’en va-t-en guerre (Claude Bernard-Aubert) / L’ange ivre (Akira Kurosawa)

José B. : Astérix aux Jeux Olympiques (Frédéric Forestier) / Le voleur de feuilles (Pierre Trabaud)

Marie-George B. : Les longues vacances de 36 (Jaime Camino) /  Jamais je ne t’ai promis un jardin de roses (Anthony Page)

Frédéric F. : La dernière chasse (Richard Brooks) / Je me tiens, tu te tiens par la barbichette (Jean Yanne)

Arlette L. : Vive la sociale ! (Gérard Mordillat) / L’inspecteur ne renonce jamais (James Fargo)

Jean-Marie L.P. : Tais-toi quand tu parles (Philippe Clair) / Rendez-vous avec le déshonneur (R. McCahon)

Ségolène R. : Sartana, si ton bras gauche te gêne, coupe-le (Dick Spitfire) / Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman)

Nicolas S. : On se calme et on boit frais à Saint-Tropez (Max Pécas) / Fais-moi très mal… mais couvre-moi de baisers (Dino Risi)

Gérard S. : Par où t’es rentré, on t’a pas vu sortir ? (Philippe Clair) / Les nains ont aussi commencé petit (Werner Herzog)

Philippe de V. : Le naïf aux quarante enfants (Philippe Agostini) / Y a t’il un Français dans la salle ? (Jean-Pierre Mocky)

Dominique V. : La chambre verte (François Truffaut) / Y aura-t-il de la neige à Noël ? (Sandrine Veysset)

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20 avril 2007

MORT DE JEAN-PIERRE CASSEL

Cassel Annonce de la mort de Jean-Pierre Cassel. C'était un artiste complet, comédien, mais aussi danseur, il avait connu un grand succès sur la scène internationale dans "Chorus line". Pour l'anecdote, il avait fait en 1956 de la figuration dans "La route joyeuse", film de Gene Kelly de 1957, mais à l'époque il ne dansait pas encore. Après trois années de cours chez René Simon, il commence sa carrière par de petits rôles. Il est amusant de le retrouver dans " À pied, à cheval et en voiture", mettant en vedette Noël-Noël, en 1957. Il est alors le prototype du jeune premier, face à Jean-Paul Belmondo qui doit se contenter d'un rôle de bon copain. Il devient très vite un jeune premier très demandé au cinéma. Philippe de Broca l’emploie dès 1959 dans des rôles légers et charmeurs, le jeu de Jean-Pierre Cassel étant en parfaite adéquation avec le rythme rapide du cinéaste : "...Philippe est venu me voir en douce au théâtre dans le rôle d'Oscar", que je reprenais après Delon. Ses potes étaient sûrs que mes yeux bleus et mon grand pif allaient lui plaire (rires !) Et ça marché, il m'a proposait le rôle. Le film a signé l'explosion de sa carrière et de la mienne par la même occasion" (1). On le retrouve souvent dans des rôles de naïfs, à l’instar de "Candide", libre adaptation du conte de Voltaire, signé Norbert Carbonnaux. En 1961, il excelle dans le rôle du caporal dans "Le caporal épinglé" signé par un Jean Renoir galvanisé de diriger une troupe de jeunes comédiens. Son personnage cherche à s'évader d'un camp de prisonniers du Nord-est de la France en 1940. Jean-Pierre Cassel confiait à Roger Viry-Babel dans "Jean Renoir, le jeu et la règle" Éditions Denoël, 1986" :  "...Ce qui est merveilleux avec Renoir, c'est le respect qu'il nous manifeste. Avec lui, on ose oser des trucs. On sait que ça peut l'aider, et que si l'on se trompe, il saura vous le faire comprendre sans que l'on se sente ridicule". Il est idéal pour incarner le panache d'un D'Artagnan, face à José Ferrer en Cyrano, dans "Cyrano et D'Artagnan"(1962), amusant film d'Abel Gance, entièrement écrit en vers ! La comédie reste son domaine de prédilection, il est irrésistible dans le rôle de Gaspard, violoncelliste bougon dont la vie est chamboulée par l'arrivée de Brigitte Bardot dans l'excellent "L'ours et la poupée" (Michel Deville, 1969). Le même année on le retrouve dans une tonalité plus âpre dans "L'année des ombres", dans le rôle d'un résistant frère de Paul Meurisse. Il évoquait les tensions sur le tournage avec Jean-Pierre Melville, dans le bonus DVD du film "Jean-Pierre Melville et l'armée des ombres", même s'il avait eu de bons rapports avec lui. C’est dans les années 70, qu’il trouve des rôles plus graves et plus complexes. Claude Chabrol lui donne le rôle d’un aventurier suffisant et d’une bêtise redoutable, qui essaie de compromettre le personnage de Stéphane Audran qui est en froid avec son beau-père, incarné par Michel Bouquet dans "La rupture" (1970).

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Avec Fernando Rey et Paul Frankeur dans "Le charme discret de la bourgeoisie"

Il est formidable en bourgeois suffisant dans le dévastateur "Le charme discret de la bourgeoisie"  (Luis Buñuel, 1972). Michel Deville, en 1973, fait de lui un homme boiteux et aigri, manipulant Jean-Louis Trintignant pour transformer un timide employé de banque en "mouton enragé".  Il aime aussi à égratigner son image, comme dans le "Prêt-à-porter" de Robert Altman, où il incarne un "cador" de la mode qui meurt étouffé par un sandwiche face à Marcello Mastroianni. Mais il est toujours dans la nuance, que se soit l'homme d'affaires trouble dans "La truite" (Joseph Losey, 1982), le directeur de l’hôtel homosexuel ballotté par les événements dans "Casque d’or" (Gérard Jugnot, 1993) ou le bourgeois mélomane n’anticipant le drame à venir dans "La cérémonie" (Claude Chabrol, 1995). Au théâtre, il joue Molière, Feydeau, Guitry, Bourdet ou Jean-Claude Brisville sous la direction de Jean Vilar, Jacques Charon ou Jean Meyer, Pierre Dux ou Marcel Bluwal. Il passe avec aisance du théâtre de boulevard "La fille sur la banquette arrière" de Jean-Claude Carrière, en 1983, mise en scène de Pierre Mondy, au drame, comme dans l'adaptation théâtrale du film "Festen", en 2002-2003, mise en scène par Daniel Benoin et Mogens Rukov. En 1999, il adapte, produit et interprète " Le Désenchanté " de Budd Schulberg. Il chante et danse également dans de nombreux spectacles, comme dans "Jean-Pierre Cassel chante et danse Fred Astaire (1994-1995), "Jean-Pierre Cassel fait son petit journal" (1999), "Je n'peux pas vivre sans amour" (2002), dont il tire un album, "Jean-Pierre Cassel chante Serge Gainsbourg" (1985). Il signe également des disques comme "Et maintenant" (Wagram, 2001). Sur la danse, il confiait à Guy Braucourt dans "La revue du cinéma" N°246 de janvier 1971 : "Je trouve qu'il faut faire de la danse comme l'on pratique la compétition sportive, en amateur, comme une activité accessoire et parallèle à autre chose, car le drame de ce métier c'est qu'il accapare entièrement, qu'il arrête complément la vie. Mais il est très important pour un acteur de savoir danser, même si cela ne ne lui sert jamais directement et je pense que pour jouer Shakespeare il est utile de connaître les claquettes. Je ne fais que reprendre là l'opinion de Laurence Olivier qui, recevant un jeune homme venu lui demander des conseils après une représentation de "Jules César", releva sa toge, fit quelques pas de claquette et répondit : "Apprenez cela et peut-être pourrez-vous jouer Shakespeare"...". Au cinéma, on le retrouve ces dernières années, dans les personnages parfois mutiques, tel le père paralysé à l'oeil inquisiteur d’Olivier Gourmet dans "Congorama" (Philippe Falardeau, 2005), sensible tel son interprétation de l’homme âgé qui tombe amoureux de Françoise Fabian dans la subtile adaptation de l’œuvre de Noëlle Chatelet dans "La femme Coquelicot" pour France 3, ou le père juif déstabilisé par le fait que le compagnon de sa fille soit arabe dans le subtil "Mauvaise foi" (Roschdy Zem, 2005). Il peut être aussi féroce, comme dans "Bunker Paradise" (Stefan Liberski, 2005), où il agresse son dégénéré de fils campé par Jean-Paul Rouve, avec un cynisme inouïe. J'avais eu la chance de le rencontrer lors de l'avant-première du film de Mabrouk El Mechri "Virgil". Dans ce rôle d’Ernest, ancien boxeur condamné à perpétuité, il offre une excellente composition dans l’extraversion. Je me souviens de sa grande élégance, et de la pudeur qu'il avait pour évoquer sa maladie sans aucune plainte. Il était très malade sur le tournage de "Narco", mais il était toujours disponible pour travailler avec de jeunes metteurs en scène, rencontrés souvent auprès de sa fille Cécile et de ses fils Vincent et Mathias - alias Rockin'Stat,  leader du groupe rap "Assassin" -. Il évoquait librement sa carrière dans son livre "À mes amours" (Éditions Stock, 2004), évocation sensible de ses rencontres avec Philippe de Broca et Claude Chabrol, mais aussi avec celle des grands maîtres du cinéma, Luis Buñuel, Jean-Pierre Melville, Robert Altman, Jean Renoir ou Joseph Losey. Ce grand comédien a eu une brillante carrière internationale, sans se préoccuper de l'importance d'un rôle, tout en restant disponible pour les nouveaux talents : "...J'ai toujours fait mon petit bonhomme de chemin en diversifiant mes activités et en choissant selon l'envie. Je suis content de continuer à tourner et de rester sur le qui-vive. Si on axe sa carrière sur la réussite et l'argent, on se plante forcément. Il vaux mieux miser sur le plaisir." (1) Il va beaucoup nous manquer. Nos pensées vont à sa famille.

(1) Dossier de presse de "Virgil"

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Filmographie : (initialement élaboré pour le site "Les gens du cinéma")

1950  Pigalle St-Germain-des-Prés (André Berthomieu) - 1953  La route du bonheur (Maurice Labro & Giorgio Simonelli) - Un acte d'amour / Act of love (Anatole Litvak) - 1956  The happy road (La route joyeuse) (Gene Kelly) - 1957  La peau de l'ours (Claude Boissol) - À pied, à cheval et en voiture (Maurice Delbez) - Les surmenés (Jacques Doniol-Valcroze, CM) -  Comme un cheveu sur la soupe (Maurice Régamey) - Trois pin-up comme ça (Robert Bibal) - 1958  Le désordre et la nuit (Gilles Grangier) - En cas de malheur (Claude Autant-Lara) - Et ta soeur ? (En Belgique : Ma soeur exagère) (Maurice Delbez) - Sacrée jeunesse (André Berthomieu) - Cabriole ou la journée d'une danseuse (Robert Bibal, CM, voix du récitant) - 1959 La marraine de Charley (Pierre Chevalier) - Les jeux de l'amour (Philippe de Broca) - 1960  Le farceur (Philippe de Broca) - Candide (Norbert Carbonnaux) - L'amant de cinq jours (Philippe de Broca) - 1961  Goodbye again ? (Aimez-vous Brahms ?) (Anatole Litvak) - Les sept péchés capitaux [épisode "L'avarice"] (Claude Chabrol) - La gamberge (Norbert Carbonnaux) - Le caporal épinglé (Jean Renoir) - Napoléon II, l'aiglon (Claude Boissol) - 1962  Arsène Lupin contre Arsène Lupin (Édouard Molinaro) - Cyrano et d'Artagnan (Abel Gance) - 1963  Nunca pasa nada (Une femme est passée) (Juan Antonio Bardem) - Alta infedelta (Haute infidélité) [épisode "La sospirose / La jalousie"] (Luciano Salce) - Les plus belles escroqueries du monde [épisode "L’homme qui vendit la Tour Eiffel"]  (Claude Chabrol) - 1964  Un monsieur de compagnie (Philippe de Broca) - Those magnificent men in their flying machines (Ces merveilleux fous volants dans leur drôle de machines)  (Ken Annakin) - 1965  Les fêtes galantes (René Clair) - Paris brûle-t-il ? (René Clément) - 1966  Jeu de massacre (Alain Jessua) - 1967  Le dolce signore (Pas folles, les mignonnes) (Luigi Zampa) - La révolution d'octobre (Frédéric Rossif, documentaire, voix du récitant) - 1969  Oh ! what a lovely war (Ah ! Dieu que la guerre est jolie) (Richard Attenborough) - L'armée des ombres (Jean-Pierre Melville) - L'ours et la poupée (Michel Deville) - 1970  La rupture (Claude Chabrol) - Le bateau sur l'herbe (Gérard Brach) - 1971  Baxter (En Belgique "R. comme Roger") (Lionel Jeffries) - Malpertuis (Harry Kümel) - 1972  Le charme discret de la bourgeoisie (Luis Buñuel) - Il magnate (Le magnat) (Gianni Grimaldi) - 1973  Le mouton enragé (Michel Deville) - 1974  The three musketeers (Les trois mousquetaires) (Richard Lester) - The four musketeers (La revance de Milady) (Richard Lester) - Murder on the Orient-Express (Le crime de l'Orient-Express) (Sidney Lumet) - 1975  That lucky touch (Le veinard) (Christopher Miles) - Docteur Françoise Gailland (Jean-Louis Bertuccelli) - Les oeufs brouillés (Joël Santoni) - 1976  Folies bourgeoises (Claude Chabrol) - 1977  Who is killing the great chiefs of Europe (La grande cuisine) (Ted Kotcheff) - 1978  Les rendez-vous d'Anna (Chantal Akerman) - Contro 4 bandiere/From hell to victory (De l'enfer à la victoire)(Hank Milestone) - Je te tiens, tu me tiens par la barbichette (Jean Yanne) - 1979  La giacca verde (Le maestro) (Franco Giraldi) - La ville des silences (Jean Marboeuf) - Alicja / Alice (Jacek Bromski & Jerzy Gruza) - Le soleil en face / Les morts de Marat (Pierre Kast) - Grandison (Joachim Kurz, inédit en France) - 5 % de risque (Jean Pourtalé) - 1980  Superman II (Richard Lester, cameo) - 1981  La vie continue (Moshé Mizrahi) - Nudo di donna (Nu de femme) (Nino Manfredi) - La guerrillera (Pierre Kast) - 1982  Ehrengard (Emilo Greco) (+ version TV) - La truite (Joseph Losey) - 1983  Désir (Jean-Paul Scarpitta, inédit) - Vive la sociale (Gérard Mordillat) - 1984  Tranches de vie (François Leterrier) - 1986  Se un giorno busserai alla mia porta (Luigi Perelli, téléfilm parfois diffusé en salles) - 1987  Chouans ! (Philippe de Broca) - Vado a riprendermi il gatto (Giuliano Biagetti) - Migrations / Seobe / La guerre la plus glorieuse (Migrations) (Aleksandar Petrovic, présenté au Festival de Cannes en  1989) - 1988  Mangeclous (Moshé Mizrahi) - The return of the Musketeers (Le retour des mousquetaires) (Richard Lester) - 1989  Mister Frost (Philippe Setbon) - Vincent & Theo (Vincent et Théo) (Robert Altman) (+ version TV) - 1990  The favour, the watch and the very big fish (La montre, la croix et la manière) (Ben Lewin) - 1991  Sur la terre comme au ciel (Marion Hänsel) - The maid (En France, présenté comme un téléfilm sous le titre "Un amour de banquier") (Ian Toyton) - Aqui d’el Rei ! (António Pedro Vasconcelos) - 1992  Pétain (Jean Marboeuf) - L'oeil écarlate (Dominique Roulet) - Coup de jeune (Xavier Gélin) - Métisse (Mathieu Kassovitz) - Chá forte com limao (Thé  noir au citon) (Antonio de Macedo) - 1993  L'enfer (Claude Chabrol) - Casque bleu (Gérard Jugnot) - 1994  Prêt-à-porter (Robert Altman) - 1995  La cérémonie (Claude Chabrol) - Amores que matan (Juan Manuel Chumilla) - Valse nocturne / Valse bleue (Christopher Barry, CM) - Les Bidochon (Serge Korber) - 1996  La lettre (Pierre Anaïs, CM) - 1997  La patinoire (Jean-Philippe Toussaint) - Con rabbia e con amore (Alfredo Angeli) - 1998  Le plus beau pays du monde (Marcel Bluwal) - Trafic d'influence (Dominique Farrugia) - 1999  Sade (Benoît Jacquot) - Les rivières pourpres (Mathieu Kassovitz) - 2002  Michel Vaillant (Louis-Pascal Couvelaire) - À l'abri des regards indiscrets (Ruben Alves & Hugo Gélin, CM) - 2003  The wooden camera (La caméra de bois) (Ntshaveni Wa Luruli) - Narco (Tristan Aurouet  Gilles Lellouche) -  2004  Dans tes rêves (Denys Thibaud) - Virgil (Mabrouk El Mechri) - Judas (Nicolas Barry, CM) - 2005  Bunker paradise (Stefan Liberski) - Call me Agostino (Christine Laurent) - Fair play (Lionel Baillu) - J'aurais voulu être un danseur (Alain Berliner) - Congorama (Philippe Falardeau) - Mauvaise foi (Roschdy Zem) - 2006  Où avais-je la tête (Nathalie Donnini) - J'ai plein de projets (Karim Adda, CM) - Astérix aux Jeux Olympiques (Frédéric Forestier) - Contre-enquête (Franck Mancuso) - Acteur (Jocelyn Quivrin, CM) - Le scaphandre et le papillon (Julian Schnabel) - Vous êtes de la police ? (Romuald Beugnon).

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Avec Françoise Fabian dans "La femme coquelicot"

Télévision :  1956  La famille Anodin (André Leroux) - 1958  Les cinq dernières minutes : Le théâtre du crime (Claude Loursais) - 1959  La nuit de Tom Brown (Claude Barma) - 1960  La mariage de Figaro (Marcel Bluwal) - 1966  L’avare (Robert Valey) - Le jeu de l'amour et du hasard (Marcel Bluwal) - 1967  La double inconstance (Marcel Bluwal) - 1969  Mesure pour mesure (Marcel Bluwal) - 1977  L'oeil de l'autre (Bernard Queysanne) - 1978  La giaca verde (Le maestro) (Franco Giraldi) - 199  Love in a cold climate (Donald Mc Whinnie) - 1980  Shillingburry tale (Val Guest) - Ca, ça va plaire (Bernard Lion, + co-réalisation) - La mise à nu (André Gazuts) - Il caso Grasiosi (Michele Massa) - 1982  Le fleuve étincelant (Patrick Bureau) - 1983  Le dernier banco (Claude de Givray) - 1985  La méthode rose (Claude de Givray) - Série noire : La lune d'Omaha (Jean Marboeuf) - Padre Brown (Vittorio de Sisti) - Vous êtes avec moi Victoria (Claude Barma) - Sei delitti per Padre Brown (Vittorio de Sisti) - L'été 36 (Yves Robert) - Se un giorno busserai alla mia porta (Luigi Perelli) - 1985  Liberty (Richard C Sarafian) - Nel gorgo del peccato (Andrea et Antoine Frazzi) - Casanova (Sidney Langton) - 1987  Talkie walkie (Daniel Moosman) - Sahara secret (Le secret du Sahara) (Alberto Negrin) - A matter of convenience (Le prix à payer) (Ben Lewin) - Sentimental journey (Peter Patzak) - Emma, quatro storie di donne / Una moglie (Carlo Lizzani) - La chaîne (Claude Faraldo) - Tu crois pas si bien dire (Giovanni Fago) - 1989  Le piège infernal (Richard Martin) - The phantom of the Opera (Le fantôme de l'Opéra) (Tony Richardson) - Aqui d'El Rei ! (Lieutenant Lorena) (António-Pedro Vasconcelos) - 1990  Disperatamente Giulia (Enrico Maria Salerno) - The fatal image / French kill (Meutre en vidéo) (Thomas J Wright) - Fantaghirò / Cave of the Golden Rose (La caverne de la rose d’or) (Lamberto Bava) - Une affaire d’état (Jean Marboeuf) -  Mountain of diamonds (La montagne de diamants) (Jeannot Szwarc) - Warburg : A man of influence (Warburg, le banquier des princes) (Moshé Mizrahi) - 1991  Haute tension : Adriana (Juan Luis Buñuel) - Salut les coquins (Marcel Zemour) - Notorious (Colin Bucksey) - The Young Indiana Jones Chronicles : Petrograd, July 1917 (Les aventures du jeune Indiana Jones) (Simon Wincer) - De terre et de sang (Jim Goddard) - 1992  La treizième voiture (Alain Bonnot) - Le secret d’Élisa Rhais (Jacques Otmezguine) - 1993  Héritage (Maurice Frydland) - 1994  Le juge est une femme : Dérive mortelle (Claude Grinberg) - 1995  Tatort - Eine todsichere Falle (Vol & envol) (Hans-Christoph Blumenberg) - Le fils de Paul (Didier Grousset) - Le cœur étincelant (Henri Helman) - L’embellie (Charlotte Silvera) - Hors jeu (G. Davies) - Le neuvième jour (David Delrieux) - 1996  Flairs ennemis (Robin Davis) - Le président et la garde-barrière (Jean-Dominique de la Rochefoucauld) - Un printemps de chien (Alain Tasma) - Les tiers mondains (Éric Civanyan) - 1998  Il cuore e la spada (Le cœur et l’épée) (Fabrizzio Costa) - Les montagnes bleues (Fabrizzio Costa) - Mai con i quadri (Mario Canaio) - Les Cordier, juge et flic : Les tables de la loi (Pascale Dallet) - 1999  Crimes en série : Histoires d’amour (Patrick Dewolf) - Le coup du lapin (Didier Grousset) - 2000  Double emploi (Bruno Carrière) - Rastignac ou les ambitieux (Alain Tasma) - Un pique-nique chez Osiris (Nina Companéez) - Ma vie en l’air (Arnaud Sélignac) -Méditerranée (Henri Helman) - 2001  La memoria e il perdono (Giorgio Capitani) - La faux (Jean-Dominique de la Rochefoucauld) - La chanson du maçon (Nina Companéez) - 2002  La maison du canal (Alain Berliner) - Une deuxième chance (Frédéric Krivine) - 2003  Fabien Cosma : D’un battement de cils (Jean-Claude Sussfeld) - 2004  Menteur ! menteuse ! (Henri Helman) - 2005  La femme coquelicot (Jérôme Foulon) -  2006  Le vrai coupable (Francis Huster). 

Dans "La caméra de bois"         

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LIBÉRATION du 21/04/2007

Jean-Pierre Cassel ne jouera plus, par Didier Peron

L'acteur, comédien, danseur, musicien, chanteur... est décédé jeudi à 74 ans.

«Élégance tranquille » , a dit Jacques Chirac apprenant la mort de Jean-Pierre Cassel, décédé jeudi à Paris à 74 ans des suites d'une longue maladie. Bien vu. Cassel avait toujours l'air de ne pas trop se forcer alors qu'il accumula un nombre impressionnant de rôles : une soixantaine de films pour le cinéma, une trentaine pour la télé, une trentaine de rôles au théâtre. Cassel naît Jean-Pierre Crochon le 27 octobre 1932 à Paris dans une famille de bonne bourgeoisie protestante. Pas doué pour les études, ses parents ne s'opposent pas à son idée d'entrer au cours Simon. «Pendant les deux premières années, j'étais totalement hagard, racontera-t-il. A la fois déluré et timide. Je n'avais pas une bonne diction et je ne m'extériorisais pas.» Dans le Paris des années 50, il est un beau gosse qui s'éclate dans les boîtes de jazz de Saint-Germain-des-Prés. «J'ai toujours dansé spontanément. J'ai aussi appris. Des claquettes, de la danse moderne, du classique.» Prestance. En 1958, il remplace Belmondo, appelé sous les drapeaux, dans la pièce de boulevard Oscar. Philippe de Broca le remarque et lui propose un rôle dans les Jeux de l'amour. De Broca, passionné par les comédies américaines, trouve en celui qui se nomme désormais Jean-Pierre Cassel la prestance nécessaire pour des films de courses-poursuites et de quiproquos. De Broca et Cassel enchaînent avec le Farceur en 1961, hagiographie d'un dilettante. Il en gardera une image de dandy titi désinvolte. Pourtant, sa boulimie de travail lui permet d'aborder des registres différents avec des cinéastes comme Jean Renoir ( le Caporal épinglé , 1962), Abel Gance ( Cyrano et  d'Artagnan, 1963), Melville ( l'Armée des ombres, 1969), Buñuel ( le Charme discret de la bourgeoisie, 1972), Sidney Lumet ( le Crime de l'Orient-Express, 1974) ou Joseph Losey ( la Truite, 1982). Claude Chabrol, prenant le contre-pied de son image de gendre idéal, lui donne un rôle de salaud dans la Rupture (1970), où il s'emploie à ruiner la réputation d'une femme en instance de divorce (mémorable scène de téléphone où Cassel se fait turluter par une fille sans perdre son self-control au combiné). En 1960-66, il rencontre Jean Vilar qui l'impressionne durablement. Il joue sous sa direction le Hasard au coin du feu, de Crébillon, et l'Avare, de Molière. Ces années-là, il tombe amoureux de Françoise Dorléac, soeur de Catherine Deneuve. Dans A mes amours (2004), il raconte : «Une passion foudroyante, donc destructrice. On s'est sûrement rencontrés trop tôt.» Dorléac meurt dans un accident de voiture en 1967. Libre comme l'air. En septembre 1976, Cassel réalise l'un de ses plus vieux rêves : il joue à Londres dans la comédie musicale A Chorus Line.  «Je me souviens surtout du final sur scène à danser pendant vingt minutes. Pendant deux mois, tous les soirs, on pleurait.» Avec les grands modèles qu'il s'était donnés (Fred Astaire, Michel Simon), Jean-Pierre Cassel savait qu'il ne boxait pas dans la même catégorie, et que ce n'était pas grave tant que ses expériences professionnelles poids léger, libre comme l'air, restaient amusantes. Sur le tard, il se met au chant. En 1994, il se lance seul sur scène avec un spectacle en hommage à Astaire, puis Gershwin, Cole Porter et, en 2000, des standards de la chanson française (Ferré, Brel, Bécaud...). En 2004, il est hospitalisé pour un cancer dont il ressort vainqueur pour à nouveau bombarder sur tous les fronts (scènes, disques, livres, cinéma). Dans le film de Roshdy Zem, Mauvaise Foi, comme en pied de nez à la maladie, on le voit défier l'acteur-réalisateur costaud à vélo et le distancer à l'aise dans les allées du bois de Vincennes. A un journaliste le questionnant sur la vieillesse, il répondait : «Arrivé à un âge certain, il y a une urgence différente à bien faire les choses. On goûte davantage chaque moment de la vie.» Jean-Pierre Cassel est le père de l'acteur magnétique Vincent Cassel.

Avec AFP

L'acteur et danseur Jean-Pierre Cassel, qui s'était rendu célèbre par ses claquettes et ses rôles dans des comédies des années 50-60, est décédé à Paris jeudi, à l'âge de 74 ans.

«J’adore danser. En fait, j’adore cela depuis ma plus tendre enfance. Et je crois bien que j’ai su danser sans avoir à prendre une seule leçon!», disait l’acteur aux semelles agiles et au physique de gentleman, révélé par les comédies de Philippe de Broca dans les années 1960. Le regard azur teinté d’ironie et l’élégance indémodable d’un dandy, Jean-Pierre Cassel, mort jeudi à 74 ans des suites d’une longue maladie, était l’un des rares acteurs français à savoir jouer la comédie, chanter et danser, à l’instar de son idole Fred Astaire. Né le 27 octobre 1932 à Paris sous le nom de Jean-Pierre Crochon, ce fils d’un médecin et d’une chanteuse d’opéra, père de l’acteur Vincent Cassel, a été découvert par le roi américain de la comédie musicale Gene Kelly. Passionné de ce genre et amateur de music hall, il hantait alors les caves de jazz de Saint-Germain-des-Prés et apprenait la comédie au cours Simon, après avoir quitté le lycée. «Mes deux fils ont joliment raté leurs études et leur bac, comme moi», se plaisait à dire Jean-Pierre Cassel. Après des figurations et des petits rôles au théâtre, il est repéré dans la pièce La Prétentaine de Jacques Deval en 1957, par Philippe de Broca - alors premier assistant de Chabrol -, avec lequel il tournera cinq films, notamment Les jeux de l’amour, Le farceur et Un monsieur de compagnie. Boulimique de travail et insomniaque chronique, il alternera toute sa vie rôles au cinéma et au théâtre, téléfilms et spectacles de music hall, où il interprète les succès de Gershwin, Cole Porter ou Irving Berlin. Avec Chorus line de Michael Benett, ce Parisien très attaché à la Butte-Montmartre, où il résidait, partira en tournée à Londres, New York, Los Angeles et Toronto à la fin des années 1970. Mêlant à merveille séduction et ironie, Jean-Pierre Cassel a laissé son empreinte sur des films des années 60 et 70, tels que L’Armée des ombres de Melville ou Le Charme discret de la bourgeoisie de Buñuel, et donné la réplique à Brigitte Bardot dans L’ours et la poupée de Michel Deville (1969). Aussi à l’aise dans les comédies que les polars, il a souvent joué les séducteurs subtilement ironiques dans sa jeunesse et les pères de famille bourgeois quelques décennies plus tard. Il aura tourné dans plus d’une centaine de films, de la comédie au polar, avec Jean Renoir Le Caporal épinglé, Claude Chabrol L’enfer, René Clair Les fêtes galantes ou encore l’Américain Robert Altman Prêt à porter et le Britannique Richard Attenborough Oh! What a lovely war.«On me dit souvent que j’ai une superbe filmographie, mais pas un film sur dix n’a marché», s’amusait-il. Dans les années 80 et 90, il s’est fait moins présent au cinéma, lui préférant le petit écran et les planches, où il a joué notamment sous la direction de Roger Planchon ou Jean-Michel Ribes. «J’ai eu la veine de ne jamais cesser de travailler» disait-il. Jean-Pierre Cassel est toutefois régulièrement revenu au cinéma, notamment sous la direction de deux anciens complices, dans Chouans! de Broca en 1988 et La Cérémonie de Chabrol en 1995. Dans son livre A mes amours, publié en 2004, il rendait hommage à son idole, l’Américain Fred Astaire. Souvent sollicité par de jeunes réalisateurs, il a notamment joué dans Les rivières pourpres de Mathieu Kassovitz, qui a révélé son fils Vincent en 2000. Ces dernières semaines, il était à l’affiche de Mauvaise foi de Roschdy Zem, et du polar Contre-enquête de Franck Mancuso. Parmi les six films tournés par Jean-Pierre Cassel en 2006, figure Le scaphandre et le papillon de Julian Schnabel, en compétition au prochain festival de Cannes (16-27 mai). En septembre, il devait jouer aux côtés de Michel Aumont dans la pièce A second hand memory de Woody Allen au théâtre du Palais-Royal à Paris.

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Dans "Bunker Paradise"

LE MONDE du 21/04/2007

Jean-Pierre Cassel par Jean-Luc Douin

L'acteur a tourné pour Renoir, Gance, Chabrol, Melville... apportant à ses rôles une suprême élégance

C'est à Saint-Germain-des-Prés, dans l'une de ces caves où l'on swinguait à la fin des années 1950, que ce grand type élégant s'est révélé aux autres et à lui-même. Recalé au baccalauréat, fils d'un médecin et d'une chanteuse d'opéra, Jean-Pierre Cassel oublie sa timidité en improvisant des chorégraphies nerveuses et des enchaînements audacieux, au son de la batterie de Kenny Clarke. Un soir, ce fou de jazz et de claquettes est repéré par Gene Kelly. Les deux hommes resteront complices, même si, hormis dans Chorus Line à Londres en 1979, Jean-Pierre Cassel (né Jean-Pierre Crochon) ne put jamais faire la carrière à la Fred Astaire dont il rêvait.

Amateur de music-hall et de comédies musicales, Jean-Pierre Cassel, mort à 74 ans "des suites d'une longue maladie", était toujours partant pour participer à un gala au bénéfice d'une oeuvre caritative. On le vit, au gala de l'Union des artistes, faire de la voltige équestre avec Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, un numéro de perche aérienne avec Françoise Dorléac (avec laquelle il vécut, selon ses mots, "une passion dévorante"), ou présenter des éléphants. Il adorait les défis et, l'enthousiasme intact, jamais crispé sur ses cachets ou la place de son nom sur les affiches, adorait tourner avec de jeunes réalisateurs, comme il le prouva ces dernières années (il interprétait récemment le père de Cécile de France dans Mauvaise Foi de Roschdy Zem).

Elève du cours Simon, Cassel fut salué au début des années 1960 comme "le jeune premier bondissant", grâce aux premières comédies de Philippe de Broca : Les Jeux de l'amour (1960), Le Farceur et L'Amant de cinq jours (1961), Un monsieur de compagnie (1964). Il y jouait de charmants séducteurs, oisifs farfelus courant de coeur en coeur. Cette image de prince charmant ironique et virevoltant le poursuit dans Arsène Lupin contre Arsène Lupin d'Edouard Molinaro (1962), Cyrano et d'Artagnan d'Abel Gance (1962), Les Fêtes galantes de René Clair (1965), mais il fait aussi partie des soldats français qui tentent de s'évader d'un stalag allemand dans Le Caporal épinglé de Jean Renoir (1961). Et en 1969, Jean-Pierre Melville lui offre un rôle de résistant dans L'Armée des ombres, un rôle où le cinéaste avait mis beaucoup de lui-même.

Claude Chabrol, qui parle de lui comme d'"un comédien fin", soutenait que Cassel était fait "pour jouer les rôles de salopard". Il le prouva en lui confiant un personnage de pâle fripouille dans La Rupture (1970), et lui fut fidèle lorsqu'il le fit assassiner au fusil de chasse dans La Cérémonie (1995). Entre-temps, Cassel s'était imposé au théâtre, entre autres dans L'Idiote de Marcel Achard, L'Avare de Molière mis en scène par Jean Vilar, Bleu, blanc, rouge ou les libertins de Roger Planchon, Roméo et Juliette mis en scène par Michael Cacoyannis, Festen d'après de film de Vinterberg, plus deux Marivaux et un Shakespeare avec Marcel Bluwal pour la télévision.

Grâce, humilité, pudeur : Cassel s'amuse. Il ferraille dans un film de cape et d'épée, saute d'une comédie de boulevard à un film historique, passe de Michel Deville (L'Ours et la Poupée, Le Mouton enragé) à Jean Yanne, de Pierre Kast (Le Soleil en face) à Serge Korber (Les Bidochon), des Chouans de De Broca au Pétain de Jean Marbeuf. Accrochant au passage l'attention de quelques cinéastes emblématiques, en intellectuel superficiel, Louis XIII, contrôleur de wagons-lits, libertin, docteur Gachet : Luis Bunuel (Le Charme discret de la bourgeoisie, 1972), Richard Lester (Les Trois Mousquetaires, 1974), Sidney Lumet (Le Crime de l'Orient-Express, 1974), Joseph Losey (La Truite, 1982), Robert Altman (Vincent et Théo, 1990 ; Prêt-à-porter, 1994). Il voyait en ce dernier un réalisateur jazzy, ayant un sens inné du rythme, de la mise en place, de l'humour.

On le revit dans le Sade de Benoît Jacquot (1999), dans Les Rivières pourpres de Mathieu Kassovitz (1999). On lut ses mémoires en 2004 (A mes amours, Stock). Elles étaient préfacées par son fils, Vincent Cassel, qui rendait hommage à ce "fou dansant", à sa grâce, son humilité, sa discrétion, sa pudeur.

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LE FIGARO

Jean-Pierre Cassel, gentleman acteur, par Marie-Noëlle Tranchant & Jean-Luc Wachthausen

Mort hier, à Paris, à l'âge de 74 ans, il a échappé aux pesanteurs du vedettariat. Fantaisiste mais réservé, très populaire et pourtant discret. IL SEMBLAIT heureux sur la scène de ce petit club de jazz parisien où il reprenait les chansons de son ami Gainsbourg, Le Poinçonneur des Lilas, Les Petits Papiers, Melody Nelson... esquissant çà ou là quelques pas de danse et de claquettes. C'était il y a deux ans. Jean-Pierre Cassel savourait en souriant ces moments de grâce où le texte d'une chanson se marie à l'art du comédien et chanteur qui lui ­donne vie. Deux heures d'un ­récital plein de charme, d'élégance, d'humour, à l'instar de son interprète, qui luttait en secret contre le mal qui le rongeait peu à peu. Images furtives d'un artiste complet, grand admirateur de Gene Kelly qu'il avait rencontré dans le Saint-Germain-des-Prés des années 1950. Ce dernier l'engagea en 1958 pour un petit rôle dans The Happy Road. Mais, avant de se lancer dans le cinéma, Jean-Pierre Cassel avait fait ses classes au théâtre. Des incursions du côté du music-hall et de la chanson : Né le 27 octobre 1932 à Paris, de son vrai nom Jean-Pierre Crochon, il était fils d'un médecin et d'une chanteuse d'opéra qui lui transmit son amour du spectacle. Et particulièrement de la comédie musicale. C'est donc tout naturellement qu'il choisit le métier d'acteur : après son baccalauréat, il s'inscrit au Cours Simon et se choisit le pseudonyme de Cassel, qu'il transmettra à son fils Vincent. Il y apprendra non seulement la comédie mais le chant et la danse, formation très complète qu'il exploitera tout au long de sa carrière, avec ses incursions du côté du music-hall et de la chanson. À 20 ans, il fait ses premiers pas devant la caméra dans La Route du bonheur, de Labro et Simonelli (1952). Tout au long des années 1950, il trouvera des petits rôles, chez Anatole Litvak (Acte d'amour), Claude Autant-Lara (En cas de ­malheur) ou Gilles Grangier (Le Désordre et la Nuit). En même temps, il joue au théâtre, et c'est là que le découvre un jeune réalisateur débutant, Philippe de Broca. Ensemble, ils vont former un élégant tandem d'acteur et réalisateur, dans les années 1960. Leur collaboration commence avec Les Jeux de l'amour où Cassel incarne un de ces personnages papillonnants qui allaient avec sa légèreté charmeuse. Suivent Le Farceur (1960), L'Amant de cinq jours (1961) et surtout Un monsieur de compagnie (1964), où il campe un rêveur paresseux et volontiers parasite. Cette même décennie le voit devant la caméra de Jean Renoir pour Le Caporal épinglé, où il tient le rôle-titre, de Claude Chabrol pour Les Sept Péchés capitaux, d'Édouard Molinaro pour Arsène Lupin contre Arsène Lupin, d'Abel Gance pour Cyrano contre d'Artagnan, de René Clair pour Les Fêtes galantes, de René Clément pour Paris brûle-t-il ?. En 1969, il forme avec Brigitte Bardot le duo charmant de L'Ours et la Poupée de Michel Deville, sur un scénario écrit avec Nina Companeez. Il est un violoncelliste farfelu et renfermé, elle une adorable snob capri­cieuse. « Nous étions de la même race, formés à l'école de la danse, et notre couple fonctionnait merveilleusement bien à l'écran », résumait-il. La même année, on le voit dans le magnifique film de Jean-Pierre Melville sur la Résistance L'Armée des ombres. Et, en 1972, il fait partie de la brillante distribution et des aventures hautement satiriques qui font Le Charme discret de la bourgeoisie, de Buñuel. « C'est excitant pour un acteur de travailler avec des fous pleins de liberté comme Renoir, comme Buñuel », disait-il. Dans les années 1980, il tourne aussi beaucoup à l'étranger : Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines, de Ken Annakin, Ah ! Dieu que la guerre est jolie, de Richard Attenbo­rough, Les Trois Mousquetaires, de Richard Lester (et toutes les suites), Le Crime de l'Orient-Express, de Sidney Lumet, De l'enfer à la victoire, de Milestone... Beaucoup de noms de grands réalisateurs, on le voit, pour une filmographie foisonnante et très éclectique, souvent faite de petits rôles. La raison en est peut-être exprimée dans cette réflexion de l'acteur : « J'ai passé ma vie, volontairement ou par accident, à casser les choses, poussé par la seule liberté de faire ce qui m'amuse. » Fantaisiste mais réservé, très populaire et pourtant discret, il a échappé aux pesanteurs du vedettariat, saltimbanque élégant qui ne forçait jamais la note. Son dernier rôle, on le découvrira au prochain Festival de Cannes, dans le film de Julien Schnabel, Le Scaphandre et le Papillon.

Jamais aussi heureux que sur les planches, par Armelle Héliot

Du Cours Simon à Marigny, en passant par Avignon, un vrai chemin. 

UNE ÉLÉGANCE à la Musset, une virtuosité d'Arlequin, un comédien idéal pour jouer Marivaux, mais Pinter aussi bien et Shakespeare, et Molière, Albee, plus récemment Bernstein ou Vinterberg. Jean-Pierre Cassel aura tout joué au théâtre. Il en aimait la discipline, l'esprit de troupe, et si son merveilleux parcours au cinéma, à la télévision l'occupait passionnément, jamais il ne renonça aux planches. Il était un peu enfant de la balle, puisque sa maman était chanteuse d'opéra et c'est son père, médecin soucieux des rêves de son fils, qui l'avait inscrit au Cours René Simon qui le dissuada de se présenter au conservatoire. Très vite, le grand jeune homme séduisant trouva ses premiers rôles. Il remplace Philippe Nicaud dans La Prétentaine quand on le sollicite pour jouer dans Oscar au côté de Louis de Funès. En six jours, il reprend le rôle laissé par Belmondo, appelé sous les drapeaux et Claude Rich qui a préféré renoncer... Le cinéma va le remarquer et s'il tourne, il ne quitte pas le théâtre. Avec Vilar, en 1966, il joue dans L'Avare au Festival du Marais, avec Planchon en 1967 à Avignon, Les Libertins, l'année suivante à Chaillot, Roméo et Juliette sous la direction de Michel Cacoyanis. Ce timide, cet homme jamais sûr de lui, va un jour s'imposer la discipline de la comédie musicale, comme un défi. Chanter, danser, faire des claquettes, il aime, il sait. Il parle anglais, pas mal du tout. Mais en 1976, interpréter Chorus Line à Londres et tenir l'affiche un an, c'est du grand art ! Il n'en tirait aucune gloire. Il aimait les textes, la camaraderie et les comédies. Pieds nus dans le parc avec Mireille Darc, La Fille sur la banquette arrière avec Anny Duperey. Il aimait aller plus loin : Qui a peur de Virginia Woolf ? d'Albee avec Béatrice Agenin, La Collection et l'Amant de Pinter avec Brigitte Fossey, Elvire de Bernstein avec Caroline Silhol. Autant de personnages pris dans les rets de situations complexes, ce qui l'intéressait beaucoup. On lira, on relira avec émotion son beau livre À mes amours *. Il n'avait pas eu peur, il y a quatre ans, d'incarner le père monstrueux de Festen, d'après le film de Thomas Vinterberg dans une mise en scène de Daniel Benoin. Jean-Pierre Cassel y avait des accents shakespeariens. C'est un roi de théâtre qui a quitté la scène. Noblement. * Stock, 18,50 eur et en Poche, 6 euros.

L'HUMANITÉ du 21/04/2007

La disparition de Jean-Pierre Cassel, par Jean Roy

Décès . Ce comédien aimé du public et qui avait joué dans de grands films s’est éteint jeudi à Paris des suites d’une longue maladie. Jean-Pierre Cassel n’est plus. Selon son entourage, prévenant les agences de presse hier peu avant midi, l’acteur est décédé jeudi à Paris, à l’âge de soixante-quatorze ans, « des suites d’une longue maladie ». Immédiatement, les flashes et les témoignages pleuvaient sur les radios, signe évident de l’affection que chacun avait pu lui porter. Né à Paris le 27 octobre 1932, de son vrai nom Jean-Pierre Crochon, ce fils d’un médecin et d’une chanteuse d’opéra qui lui transmet son goût de l’art et du spectacle entre au cours Simon dès la fin de ses études secondaires. Dès l’âge de vingt et un an, on peut le deviner à l’écran, se faufilant dans les emplois mineurs pour débutant, mais c’est la rencontre avec Gene Kelly dans les clubs de Saint-Germain-des-Prés qui détermine sa vocation. Cassel est grand (1,83 m), élégant, distingué, son emploi est trouvé. Jusqu’à la fin, on retrouvera en lui cette souplesse féline, doublée d’un sourire charmeur, qui est le propre de ceux formés à la comédie musicale, discipline totale qui implique le contrôle du corps autant que de la voix. Ajoutons que la danse, dans ce cas, se double de l’apprentissage spécifique des claquettes, qu’ignore le ballet classique. C’est ainsi qu’on le trouve dirigé par Kelly, en 1956, dans la Route joyeuse. Très vite, le comédien retient l’attention de nos meilleurs réalisateurs. On peut appeler cela aussi, savoir choisir ses rôles. Son premier mentor est Philippe de Broca, fin pratiquant de la comédie populaire comme on les regrette aujourd’hui, chez qui le rire n’a jamais empêché le raffinement. Sous sa direction, Cassel tourne dans les Jeux de l’amour dès 1960, qui sera suivi du Farceur, l’Amant de cinq jours, Un monsieur de compagnie et, bien plus tard, Chouans ! Dans le même registre, on accolera volontiers le nom de celui qui dépassera de Broca sur son propre terrain, Michel Deville. Avec ce dernier, Jean-Pierre Cassel donnera l’Ours et la Poupée (lui l’ours, Brigitte Bardot la poupée) en 1969 et le Mouton enragé en 1974. Mais, cinéphile, le comédien est aussi attiré par les maîtres, qui sauront l’employer. Le plus grand est bien évidemment Jean Renoir, qui en fera l’inoubliable caporal du Caporal épinglé en 1962. Ce rôle unique ne doit pas pour autant faire oublier que Cassel a également tourné avec Abel Gance dans Cyrano et d’Artagnan, où il était d’Artagnan face à José Ferrer, avec René Clair dans les Fêtes galantes, où il avait le premier rôle de Jolicoeur, avec Luis Bunuel dans le Charme discret de la bourgeoisie où il était marié à Stéphane Audran et avec Joseph Losey qui le mit face à Isabelle Huppert dans la Truite, son dernier film français. Citons encore Jean-Pierre Melville, pour l’Armée des ombres et René Clément pour Paris brûle-t-il ?, deux films de la France occupée sis en 1942 pour le premier, en 1944 pour le second. Si l’on passe aux réalisateurs de la génération suivante, celle des nouvelles vagues, Jean-Pierre Cassel attira Claude Chabrol qui en fit un de ses nombreux comédiens fétiches, l’employant dans son sketch l’Avarice, tiré du film collectif les Sept Péchés capitaux, puis dans son sketch L’homme qui vendit la tour Eiffel, dans les Plus Belles Escroqueries du monde, avant de l’unir à Stéphane Audran dans la Rupture, de lui confier un emploi de moindre importance dans l’Enfer et à nouveau le premier rôle masculin dans la Cérémonie. Le comédien parlant anglais, le cinéma international sut aussi faire appel à lui. C’est ainsi que le grand Robert Altman lui confia le rôle du docteur Gachet dans Vincent et Theo puis le maria à Sophia Loren dans Prêt-à-porter, et qu’il fut le complice de Richard Lester - ce Broca britannique - dans les Trois Mousquetaires (Louis XIII), les Quatre mousquetaires (id), Superman II (l’officier français à la Maison-Blanche) (2) et le Retour des mousquetaires (Cyrano). Ne pas oublier qu’il fut aussi du Crime de l’Orient-express, de Sidney Lumet, aux côtés de Lauren Bacall, Ingrid Bergman et Jacqueline Bisset. On l’envie. On n’a là évoqué que certains des rôles, les plus marquants parmi les près de deux cents qu’il laisse pour le cinéma et à la télévision. Jamais le comédien n’a renié sa frénésie de tourner. Il était encore récemment de Mauvaise foi, de Roschdy Zem, dans Contre-enquête, de Franck Mancuso, et on va encore le revoir dans une demi-douzaine de titres, dont le Scaphandre et le Papillon, de Julian Schnabel, en compétition à Cannes pour la France dans un mois. Pourtant, Jean-Pierre Cassel s’était surtout consacré au théâtre - son autre passion - ces derniers temps, entre autres sous la direction de Roger Planchon. Qui veut se souvenir de lui doit lire son livre À mes amours, qui comporte de très beaux portraits de ceux avec qui il a travaillé. Par ailleurs, l’acteur est le père de Vincent Cassel, réalisateur entre autres des Rivières pourpres dans lequel il avait employé son père, et de la comédienne Cécile Cassel, premier rôle du film qu’achève en ce moment Éric Rohmer.

(2) Petit commentaire : Pour la petite histoire, Jean-Pierre Cassel, ne fait qu'une brève apparition dans "Superman 2". J'avais d'ailleurs rajouté son rôle sur la fiche IMDB du film, qui manifestement ignorait sa participation dans ce second opus. Il est assez fréquent de voir un journaliste un peu hâtif, donner une importance à un rôle mineur après avoir consulté cette célèbre base de données.

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18 avril 2007

EL CUSTODIO

img339/5765/elcustodiosz0.jpg "El custodio – Le garde du corps" nous donne une nouvelle fois une bonne nouvelle du cinéma argentin, nous consolant un peu de la mort de leur cinéaste les plus doués Fabian Bielinsky. Ce film "una historia minima" pour détourner le titre d’un film de Carlos Sorin, narre le quotidien de Rubén, monolithique garde du corps du ministre de la Planification. Il officie son métier d’une manière morne, se raccrochant à des petits rituels d’approches et de surveillance. Il n’a que des rapports distants avec son supérieur qui l’ignore superbement, sauf quand il humilie parfois de manière peut être inconsciente – confère la scène du dessin avec les invités français, d’une violence inouïe... mais ordinaire -. Le cinéaste Rodrigo Moreno livre une mise en scène remarquable pour un premier film. C’est grâce au festival de Sundance qui l’a honoré du prix du meilleur scénario d’Amérique Latine qu’il a réussi à tourner son film. Il dresse un constat amer sur le poids des classes sociales. Le comédien argentin Julio Chávez est absolument remarquable dans le rôle du garde du corps, il a d’ailleurs reçu depuis l’ours d’argent du meilleur acteur au festival de Berlin, pour "El Otro". Comme encombré par son corps massif, qui est aussi son instrument de travail, il nous fait comprendre son personnage.  Il nous permet de suivre son itinéraire et son intimité, et de sa manière froide de ne plus rester installé dans la résignation. Il est prodigieux dans le rôle de cet homme fondu dans le décors, contenant ses émotions. Le film laisse deviner qu’il avait tout pourtant pour réussir, mais on ne connaît pas les raisons de son échec à vivre autrement que la situation qu’il subit désormais. Il semble se contenter de la routine, de faire partie du décorum de l’entourage du ministre. Souffrant d’une grande solitude, il reste cependant à l’affût, déformation professionnelle oblige, de la vie qui lui semble extérieure.

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Julio Chávez

Rodrigo Moreno a un sens aiguë de l’observation, traquant l’insolite qui peut surgir à tout moment de bureaux aseptisés et impersonnels tout en verre. Rubén semble avoir des difficultés à meubler la vacuité de son quotidien, entre l’ennui qui continue dans son petit appartement. Moreno fait aussi un portrait implacable de la société argentine, montrant le désarroi des petites gens, une révolte sourde qui est près à exploser à tout moment. Il montre aussi les difficultés de la majorité de la population, à l’instar d’une vieille mère déambulant dans l’appartement de sa fille qui se prostitue, offrant un peu de réconfort à Rubèn. Tel un veilleur, Rubén observe de manière froide les vaines agitations politiques, ne pouvant que contenir son dépit, des désillusions sur un monde qui vit de compromissions. Il respecte des codes et des convenances admises de manière implicite, mais ces habitudes rassurantes finalement ne montre que la limite d’une soumission à notre société, renvoyant à nous à réfléchir lui-même sur son propre sort. Il y a dans ce film une manière assez inédite de faire coexister deux mondes, du premier plan sécurisé et en surveillance perpétuelle, et à l’arrière plan, l’exhibition manifeste des arcanes du pouvoir. De ces micros événements, il finit pourtant par naître une grande tension dramatique dans l’expression de l’indicible. A signaler la photographie magnifique signée Alvarez. On reste constamment attentif du sort de Rubèn, qui doit anticiper, toujours toute menace extérieure. De ce fait, il est pour nous une sorte de passeur, entre deux mondes. Il ne trouve d’ailleurs plus aucun réconfort dans aucun d’entre eux. "El custodio" est une proposition de cinéma admirable, annonçant la naissance d’un grand cinéaste, qui en partant d’un état des lieux de la vie en Argentine, finit par toucher à des thèmes universels sur la condition humaine et nous livre mine de rien à notre propre reflet.

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16 avril 2007

FRAGMENTS D'UN DICTIONNAIRE AMOUREUX : GILLES GASTON-DREYFUS

img140/2217/gastondreyfusgillesqm5.jpgLe spectateur lui sera toujours redevable, quand il apparaît dans un mauvais film, la moindre de ses apparitions anime l’ensemble et nous amène dans un univers déjanté. Dans "Hellphone", il est irrésistible en proviseur "cartoonesque", amateur de poissons rouges, trônant dans un bureau infatué de lui même pour finir par être malmené par la puberté de Jean-Baptiste Maunier dont un téléphone portable satanique est tombé amoureux – Christophe Lambert et son porte-clefs criant à tout