01 juin 2007
MORT DE JEAN-CLAUDE BRIALY
Annonce de la mort de Jean-Claude Brialy, le 30 mai dernier, dans la ville de Monthyon en Seine-et-Marne, des suites d'un cancer. Il était très lucide sur son métier, il confiait à la revue "Cinéma 72" N°163 : "…Etre acteur de cinéma, c’est trop souvent, être privé de toutes responsabilité. Le cinéma est une meule, on vous propose un sujet, vous imaginez quelque chose, vous faites ce qu’on attend de vous et le produit auquel on aboutit n’a aucun rapport avec ce que vous aviez espéré . Bien sûr, si vous êtes une star, on construit le film autour de vous. Il y a aussi les metteurs en scènes avec lesquels on ne risque rien. Mais on ne tourne pas toujours avec Losey, ou avec Rohmer…" Il a traversé le cinéma français sans aucune amertume, et avec une grande autodérision. Mais ce grand comédien ne devrait pas être mésestimé, le public retenant volontiers son image publique, provoquant les sarcasmes de certains humoristes, - Thierry Le Luron, l’appelant avec rosserie "La Mère Lachaise", comme le rappelait Guy Carlier sur "France Inter" -, car il ne manquait jamais à rendre hommage à ses aînés, et qu'il faisait toujours preuve d'un grand esprit. Né dans une ville de garnison en Algérie, Jean-Claude Brialy a refusé de prendre la relève de la garde paternelle pour devenir artiste, se brouillant ainsi avec sa cellule familiale. Il vivote d’abord comme débardeur aux Halles de Paris ou comme plongeur. C’est au service cinématographique des armées qu’il rencontre Pierre Lhomme, futur chef opérateur et Philippe de Broca. Très rapidement son côté dandy, espiègle et frondeur, plût à la Nouvelle vague, dont il devient le compagnon de route régulier. Claude Chabrol lui donne ses premiers grands rôles. Dans "Le beau Serge" (1957), il joue un jeune bourgeois, revenant dans son village natal pour soigner sa tuberculose et voulant sauver son ami d’enfance Serge – joué par Gérard Blain – de l’alcoolisme et la déchéance. Sur un mode plus léger, il est un des "Paul" chabrolien, étudiant noceur, manipulant le timide Charles – Gérard Blain toujours – dans "Les cousins" (1958). Il devait jouer dans "À double tour" en 1959, mais il est remplacé par Jean-Paul Belmondo suite à un accident de voiture. Dans "Les godelureaux", il fait une saisissante composition en Ronald, snobinard "gégauffien" cruel et retord. Il retrouvera Chabrol en 1985 dans "L’inspecteur Lavardin" en frère ambiguë et protecteur de Bernadette Laffont. Jean-Luc Godard utilise avec brio son côté ludion dans le court-métrage "Tous les garçons s'appelent Patrick" (1956), où il joue un dragueur invétéré et "Une femme et une femme" (1961) – je reviendrai sur ce film -, en libraire hâbleur. Il fait une courte apparition pour François Truffaut avec Jeanne Moreau dans "Les 400 coups", il le retrouvera plus longuement en incarnant le confident de "La mariée était en noir" (1967), adaptation de l'oeuvre de William Irish, film souffrant de la transposition d'une histoire américaine dans la province française. Éric Rohmer lui donne l’occasion de montrer une nouvelle face de sa personnalité avec "Le genou de Claire" en 1970, cinquième opus de ses contes moraux. Il remarquable de justesse dans ce rôle de trentenaire, attaché d’ambassade en vacances près d’Annecy. Il s’apprête à se "ranger" en se mariant, mais il sera troublé par la sensualité de jeunes femmes. On le découvre aussi à l’écoute de son partenaire du jeune et déjà bouillonnant Fabrice Luchini. Mais il restait fidèle à ses aînés, alternant ces films avec ceux qualifiés "Qualité France", mais qui lui permettait de jouer avec ses idoles comme "Et ta sœur", mémorable nanar où il donnait la réplique à Pierre Fresnay et son idole Arletty. Il était souvent disponible pour de jeunes metteurs en scène, à l’instar de son court rôle de noctambule, qui aime la jeunesse dans "L’amour à la mer" (Guy Gilles, 1961), ne dédaignant pas faire de courtes apparitions par amitié chez Louis Malle ou Agnès Varda - le petit film muet "les fiancès du pont MacDonald" à l'intérieur du film - "Cléo de 5 à 7" -. Très tôt il aima à jouer avec son image de charmeur très parisien et beau parleur comme dans son rôle d’écrivain dans "Les lions sont lâchés" (Henri Verneuil, 1961), s’il séduit le personnage joué par Claudia Cardinale par ses beaux discours, il se révèle ensuite pitoyable dans l’alcôve. On l’utilise volontiers dans la comédie, où on se sert de son esprit parisien. Il y tire souvent son épingle du jeu, résistant à la "tornade" Louis de Funès dans l’un des sketches du "Diable et les dix commandements" (Julien Duvivier, 1962), où dans "Carambolages", où il incarne un arriviste cynique voulant prendre la place de son supérieur. On le retrouve chez Philippe de Broca en fou élégant dans le génial "Roi de cœur" (1966), et dans le mésestimé "Julie pot-de-colle" (1976), où il incarne un austère fondé de pouvoir d’une banque, bousculé par le personnage joué par la pétulante Marlène Jobert.
Avec Bernadette Lafont dans "Le beau Serge"
Il se lance dans la réalisation dans les années 70, allant volontiers dans des ambiances surannées pour des films qu’il ne faudrait pas dédaigner. Il trouve l’occasion de donner de beaux rôles à des comédiennes qu’il chérit comme Valentine Tessier en touchante aïeule dans "Églantine" (1971), peut être son meilleur film, racontant les grandes vacances d’un enfant de 1895, ou Marie Bell jouant une patronne d’un bordel breton en 1930 dans "Les volets clos" (1972). Il s’amuse à faire une variante du "Désiré" de Sacha Guitry avec son inégal "L’oiseau rare" (1973), donne un rôle romantique à sa grande amie Romy Schneider dans "Un amour de pluie" (1973), adapte la comtesse de Ségur avec "Les malheurs de Sophie" (1983), tout en tournant des téléfilms souvent historiques. Les années 70 sont aussi l’occasion pour lui de se montrer à l’aise dans une gravité sereine ou désespérée. Il s’adapte parfaitement à l’univers de Luis Buñuel, en couple avec Monica Vitti dans "Le fantôme de la liberté" (1974), s’indignant devant l’obscénité de photos de monuments historiques avec de déclarer la disparition de leur fillette au commissariat pourtant bien présente à leurs côtés. ll est nommé au césar du meilleur second rôle pour sa composition de procureur tourmenté dans "Le juge l’assassin" (1975) de Bertrand Tavernier. André Téchiné le dirige avec bonheur, en directeur de journal usé face à son destin dans "Barocco" (1976), et le chef d’orchestre alcoolique et homosexuel dans "Les innocents" (1987) – qui lui valu son seul césar, celui du meilleur second rôle-, l’occasion d’émouvoir avec les failles de ses personnages. Il est un remarquable Arsène Lupin à la télévision pour Alexandre Astruc dans "Arsène Lupin contre Arsène Lupin" - disponible en DVD chez L.C.J. Éditions. Dans cette adaptation de "813", il rend justice à la noirceur du personnage créé par Maurice Leblanc. Il avait d’ailleurs joué l’un des fils, avec Jean-Pierre Cassel, de ce personnage dans l’amusant film d’Édouard Molinaro, "Arsène Lupin contre Arsène Lupin" (1962), l’occasion de retrouver la confrontation de deux élégances dont la mort cette année nous attriste. Il aimait à multiplier les activités investissant dans un restaurant "L’orangerie", en devenant organisateur du festival de Ramatuelle, et le directeur du théâtre Herbertot en 1977, puis celui des "Bouffes-Parisiens" en 1986. Il tourne beaucoup dans les années 80, aimant à se moquer de son image – le magnat du disque qui meurt dans l’emphase dans "Suivez mon regard" (Jean Curtelin, 1985), ou l’acteur cabotin d’un théâtre de "Grand Guigol" (Jean Marboeuf, 1986). Il gardait toujours un humour proverbial, même quand il jouait un médecin fou dans "Le démon dans l’île" (Francis Leroi, 1982). Il fallait le voir menaçant, un rasoir à la main, avancer vers une Anny Duperey cherchant désespérément à sortir devant une porte fermée à clé, puis déclarer "Vous voulez que je vous ouvre ?". Il est un coiffeur homosexuel, poudré et maniéré dans "Le nuit de Varennes" (Ettore Scola, 1981), ému d’avoir pût embrasser Casanova – Marcello Mastroianni -. Ce type de rôle eut des déclinaisons beaucoup moins heureuses comme dans "Lévy et Goliath" (Gérard Oury, 1986), l’enfermant hélas dans un certain stéréotype. En 1990, il trouve l’un de ses meilleurs rôles dans "S’en fout la mort" de Claire Denis, où il est un impressionnant organisateur de combats de coqs clandestins organisés dans la cave de son restaurant à Rungis, exploitant la misère du lieu. Les cinéastes ne faisant plus preuve d’imaginations à son égard, il se tourne alors vers la télévision, en jouant des personnages récurrents comme dans la série "Ferbac" dans les années 90, où il campe un colonel de gendarmerie menant des enquêtes, puis dernièrement "Le président Ferrare". Il est vrai qu’il manque à cette époque des rôles à la mesure de son talent à l'instar de sa composition désabusée de l'amiral de Coligny dans "La reine Margot" (Patrice Chéreau, 1993). On le cantonne souvent dans des rôles d’homosexuels mondains comme dans les décevants "People – Jet set 2" et "Quartier V.I.P.". Bertrand Blier a heureusement dynamité cet emploi en le mettant en couple avec un Pierre Arditi décalé dans le mésestimé "Les acteurs" (1999), et en lui écrivant un dialogue brillant teinté d'amertume sur son parcours de comédien. Le théâtre lui donne par contre plus de satisfactions. Ce conteur infatigable se raconta brillamment dans deux autobiographies dont "Le ruisseau des singes" qui fut un grand succès de librairie. Ce comédien a toujours gardé notre sympathie et la finesse de son jeu, lui qui appréhendait en 1972 son évolution : "…Le métier d’acteur est une sorte de sport. On vous choisit d’abord pour un aspect physique, votre présence, votre silhouette, votre gueule. A l’intérieur, il y a le désir de s’exprimer, et le talent, bien sûr. Encore faut-il trouver le réalisateur qui vous permette de sortir ce qui est à l’intérieur. Après, il faut s’affronter au public.. Puis, il faut tenir, vieillir. Tout le monde n’est pas Gabin". ("Cinéma 72" N°163). Nous garderons aussi le souvenir d'une grande pudeur et d'une grande sensibilité, dévoilées lors de son retour dans l'Algérie, dans le documentaire "Jean-Claude Brialy, sur les pas de son enfance en Algérie" réalisé par Yannis Chebbi et Michael Kazan en 2006 et diffusé sur "La cinquième", et qui fit également l'objet d'un livre. On devrait le retrouver en septembre sur Arte dans le rôle de Max Jacob dans le téléfilm "Monsieur Max", et au cinéma dans "Vous êtes de la police ?" - ex "Les sapins bleus" - de Romuald Beugnon, où il donne une dernière fois la réplique à Jean-Pierre Cassel.
Dans "Les innocents"
Filmographie (initialement élaborée pour Les gens du cinéma)
1956 La sonate à Kreutzer (Éric Rohmer, CM) - Le coup du berger (Jacques Rivette, CM) - Tous les Garçons s'appellent Patrick ou Charlotte et Véronique (Jean-Luc Godard, CM) - Élena et les hommes (Jean Renoir, rôle coupé au montage) - 1957 L'ami de la famille (Jack Pinoteau) - Tous peuvent me tuer (Henri Decoin) - Les surmenés (Jacques Doniol-Valcroze, CM) - Amour de poche (Pierre Kast) - Le triporteur (Jack Pinoteau) - Cargaison blanche (Georges Lacombe) - Ascenseur pour l'échafaud (Louis Malle, cameo) - L'école des cocottes (Jacqueline Aubry) - Le beau Serge (Claude Chabrol) – 1958 Une histoire d'eau (Jean-Luc Godard et François Truffaut, CM) - Et ta soeur (En Belgique : Ma soeur exagère) (Maurice Delbez) - Christine (Pierre Gaspard-Huit) - Paris nous appartient (Jacques Rivette) - Les cousins (Claude Chabrol) - Le bel âge (Pierre Kast) - Les 400 coups (François Truffaut, cameo) – 1959 Le chemin des écoliers (Michel Boisrond) - La notte brava (Les garçons) (Mauro Bolognini) - Les yeux de l'amour (Denys de la Patellière) – 1960 Le gigolo (Jacques Deray) - Les godelureaux (Claude Chabrol) - Une femme est une femme (Jean-Luc Godard) - Adieu Philippine (Jacques Rozier, cameo) – 1961 Le puits aux trois vérités (François Villiers) - Amours célèbres [épisode : "Agnès Bernauer"] (Michel Boisrond) - Les lions sont lâchés (Henri Verneuil) - Cléo de 5 à 7 (Agnès Varda) - L'éducation sentimentale (Alexandre Astruc) - Tire-au-flanc 61 (Claude de Givray) - Les sept péchés capitaux [épisode : "L'avarice] (Claude Chabrol) - La chambre ardente (Julien Duvivier) - Les petits matins (Jacqueline Aubry) – 1962 Les veinards [épisode "Le gros lot"] (Jack Pinoteau, cameo) - L'amour à la mer (Guy Gilles) - Le diable et les dix commandements [épisode "Bien d'autrui ne prendras"] (Julien Duvivier) - Arsène Lupin contre Arsène Lupin ('Édouard Molinaro) - Le glaive et la balance (André Cayatte) - La banda Casaroli (Florestano Vancini) – 1963 Carambolages (Marcel Bluwal) - Château en Suède (Roger Vadim) - La bonne soupe (Robert Thomas) – 1964 La ronde (Roger Vadim) - La chasse à l'homme (Édouard Molinaro) - Un monsieur de compagnie (Philippe de Broca) - Comment épouser un premier ministre ? (Michel Boisrond) - La bonne occase (Michel Drach) - Tonio Kröger (Rolf Thiele) - Cent briques et des tuiles (Pierre Grimblat) – 1965 La mandragola (La mandragore) (Alberto Lattuada) - Io la conoscevo bene (Je la connaissais bien) (Antonio Pietrangeli) - Viheltäjät (Les siffleurs) (Eino Ruutsabo) - I nostri mariti [épisode "Il marito di Olga] (Luigi Zampa) – 1966 Le roi de coeur (Philippe de Broca) - Un homme de trop (Costa-Gavras) - Le plus vieux métier du monde [épisode : "Mademoiselle Mimi"] (Philippe de Broca) – 1967 Lamiel (Jean Aurel) - La mariée était en noir (François Truffaut) - Caroline Chérie (Denys de la Patellère) - Manon 70 (Jean Aurel) - Operazione San Pietro (Au diable les anges) (Lucio Fulci) – 1969 Le bal du comte d'Orgel (Marc Allégret) – 1970 Cose di Cosa Nostra (Steno) - Le genou de Claire (Éric Rohmer) - Côté court, côté jardin (Guy Gilles, CM) – 1971 Una stagione all'inferno (Une saison en enfer) (Nelo Risi) – 1972 Un meurtre est un meutre (Étienne Périer) – 1973 L'oiseau rare (+ réalisation) - Un amour de pluie (cameo + réalisation) – 1974 Le fantôme de la liberté (Luis Buñuel) - Comme un pot de fraises (Jean Aurel) – 1975 Les onze mille verges (Éric Lipmann) - Un animal doué de déraison (Pierre Kast) - Catherine et Cie (Michel Boisrond) - Le juge et l'assassin (Bertrand Tavernier) - Les oeufs brouillés (Joël Santoni) - 1976 L'année sainte (Jean Girault) - Barocco (André Téchiné) - Julie Pot-de-Colle (Philippe de Broca) – 1977 L'imprécateur (Jean-Louis Bertuccelli) - Le point de mire (Jean-Claude Tramont) - Doppio delitto (Enquête à l'italienne) (Steno) - La chanson de Roland (Frank Cassenti) – 1978 Robert et Robert (Claude Lelouch) - Le maître nageur (Jean-Louis Trintignant) – 1979 L'oeil du maître (Stéphane Kurc) - Bobo Jacco (Walter Bal) – 1980 La banquière (Francis Girod) - Les uns et les autres (Claude Lelouch) – 1981 La nuit de Varennes / Il mondo nuovo (Ettore Scola) - Notre dame de la croisette (Daniel Schmid, cameo) – 1982 La ragazza di Trieste (La fille de Trieste) (Pasquale Festa Campanile) - Le démon dans l'île (Francis Leroi) - Cap canaille (Juliet Berto et Jean-Henri Roger) - Édith et Marcel (Claude Lelouch) - Mortelle randonée (Claude Miller) - Sarah (Maurice Dugowson) - Stella (Laurent Heynemann) – 1983 La crime (Philippe Labro) - Papy fait de la résistance (Jean-Marie Poiré) – 1984 Pinot simple flic (Gérard Jugnot) - Le téléphone sonne toujours deux fois (Jean-Pierre Vergne) – 1985 Le quatrième pouvoir (Serge Leroy) - Le mariage du siècle (Philippe Galland) - Tueur de fous (Guillaume Perotte, CM) - L'effrontée (Claude Miller) - Inspecteur Lavardin (Claude Chabrol) - Un homme et une femme : vingt ans déjà (Claude Lelouch, cameo) - Hypothèse d’un soir (Marie-Christine Fieni, CM) - Suivez mon regard (Jean Curtelin) – 1986 Le débutant (Daniel Jannneau) - Lévy et Goliath (Gérard Oury) - Grand Guignol (Jean Marboeuf) - Le moustachu (Dominique Chaussois) – 1987 Maladie d'amour (Jacques Deray) - Les innocents (André Téchiné) - Maschenka (John Godschmidt) - 1988 Comédie d'été (Daniel Vigne) - C’era un castello con 40 cani / Paradiso dei cani (Au bonheur des chiens) (Ducio Tessari) – 1989 Ripoux contre ripoux (Claude Zidi) - 1990 S'en fout la mort (Claire Denis) - Faux et usage de faux (Laurent Heynemann) - 1991 Août ('Henri Herré) - 1992 Tous les garçons (Étienne Faure, CM) - 1993 La reine Margot (Patrice Chéreau) - 1994 Le fils de Gascogne (Pascal Aubier, téléfilm diffusé en salles) - Les cent et une nuits (Agnès Varda) - Une femme française (Régis Wargnier) - Il mostro (Le monstre) (Roberto Benigni) – 1995 Beaumarchais, l'insolent ('Édouard Molinaro) - Les caprices d'un fleuve (Bernard Giraudeau) - Portraits chinois (Martine Dugowson) - 1998 L'homme de ma vie (Stéphane Kurc) - 1999 Les acteurs (Bertrand Blier) - Kennedy et moi (Sam Karmann) - In extremis (Étienne Faure) - Hommage à Alfred Lepetit (Jean Rousselot, CM) - 2000 Concorrenza sleale (Concurrence déloyale) (Ettore Scola) - 2001 C'est le bouquet (Jeanne Labrune) - South Kengsington (Carlo Vanzina) – 2002 Les filles personne s'en méfie (Charlotte Silvera) - 2003 Les clefs de bagnole (Laurent Baffie, cameo) - People – Jet set 2 (Fabien Onteniente) - 2004 Quartier V.I.P. (Laurent Firode) - Quoi ? L’éternité (Étienne Faure, documentaire) – 2006 Mon dernier rôle (Olivier Ayache-Vidal, CM) - Vous êtes de la police ? (Romuald Beugnon).
Voxographie : 1954 Paris mon copain (Pierre Lhomme, CM, documentaire, récitant) – 1961 Goodbye again (Aimez-vous Brahms ?) (Anatol Litvak, voix française d'Anthony Perkins) - 1973 Dreyfus ou l’intolérable vérité (Jean Chérasse, documentaire , récitant) - 1975 Barry Lindon (Id) (Stanley Kubrick, récitant version française) - 1976 Pour Clémence (Charles Belmont, récitant) – 1977 Hooray for Hollywood (Les plus grands moments de Hollywood / Hollywood parade) (Edward Shaw, documentaire, récitant version française)- 1992 Sacha Guitry et les femmes (Pierre Philippe, CM, récitant) - 1993 Monsieur Dior (Franck Maubert & Mathias Ledoux, CM documentaire, récitant).
Jean-Claude Brialy dans "Monsieur Max"
Télévision : 1954 Chiffonard de Bonaloy (Pierre Lhomme) - 1960 Les parents terribles (Jean-Paul Carrère) - 1962 Chéri (François Chatel) - 1965 Anna (Pierre Koralnik) - 1974 La peur des coups (Jeannette Hubert) - 1980 Arsène Lupin joue et perd : 813 (Alexandre Astruc) - 1981 Cinq-Mars (+ réalisation) - 1982 Mozart (Marcel Bluwal) - Caméra une Première : L'accompagnateur (Pierre Boutron) - Quelques hommes de bonne volonté (François Villiers) - 1983 Père Noël et fils (André Flédérick) - 1984 Désiré (Dominique Giuliani, captation) - L'herbe rouge (Pierre Kast) - 1988 Loft story (un épisode) - 1989 Les deux virus (Bruno Gantillon) - Le nègre (Yves-André Hubert, captation) - 1990 C'est quoi ce petit boulot ? (Michel Berny) - 1991 Ferbac : Mariage mortel (Marc Rivière) - L'illusionniste (Michel Treguer, captation) - 1992 Lucas (Marie Trintignant) - Colpo di coda / Échec et mat (José-Maria Sanchez) - Ferbac : Les bains de jouvence (Marc Rivière) - 1993 Sandra, princesse rebelle (Didier Albert) - Ferbac : Le festin de miséricorde (Christian Faure) - Ferbac : Le mal des ardents (Roger Verharvert) - Ferbac : Le crime de Ferbac (Bruno Gantillon) - 1994 La jalousie (Patrick Bureau, captation) - 1995 Sandra princesse rebelle (Didier Albert) - Vacances bourgeoises (+ réalisation) - 1997 Nos jolies colonies de vacances (Stéphane Kurc) - La grande béké (Alain Maline) - Les héritiers (Josée Dayan) - Le comte de Monte Cristo (Josée Dayan) - 1998 Elisabeth / Ils sont tous nos enfants (Pasquale Squitieri) - 1999 La bicyclette bleue (Thierry Binisty) - Les jeunes premiers d'hiers et d'aujourd'hui : Jean-Claude Brialy (Gilles Nadeau, documentaire) - 2000 Nana (Édouard Molinaro) - Les filles à Papa (Marc Rivière) - 2001 Le hasard fait bien les choses (Lorenzo Gabriele) - On ne choisit pas sa famille (François Luciani) – 2003 Le président Ferrare : L’affaire Valéra (Alain Nahum) - 2004 Le président Ferrare : L’affaire Denise Chabrier (Alain Nahum) - 2005 L'étoile noire : Mythes et réalités de la vie des stars (Gilles Nadeau, documentaire) - Les contes secrets ou les Rohmériens (Marie Binet, documentaire) - Le président Ferrare : L’affaire Gilles d’Aubert (Alain Nahum) - Les rois maudits (Josée Dayan) - 2006 Monsieur Max (Gabriel Aghion).
Comme réalisateur : 1971 Églantine - 1972 Les volets clos - 1973 Un amour de pluie - L’oiseau rare - 1979 Les malheurs de Sophie - La nuit de l’été (TV) - 1981 Cinq-mars (TV) - 1983 Un bon petit diable - 1995 Vacances bourgeoises (TV) - 1996 Georges Dandin de Molière (TV) - 1998 La dame aux camélias (TV) - 2000 Les parents terribles (Captation télévisée).
Bibliographie :
- Auto-biographie "Le ruisseau des singes" Éditions Robert Laffont 2000
- Auto-biographie "J’ai oublié de vous dire" Éditions Xo, 2004
- Auto-biographie "Mon Algérie" Timée Éditions, 2006 (+ DVD documentaire)
- Jacques Valot et Gilles Grandmaire "Stars Deuxième" Édition Edilig 1989 (+ filmo)
- Stars N¨°39 (Automne 2000)
Jean-Claude Brialy, le 27 octobre 1961, lors de l'avant-première des "Amours célèbres" de Michel Boisrond
AFP/STF.
LE FIGARO du 01/06/2007
La prolifique carrière au cinéma d'un dandy saltimbanque, par Dominique Borde
De Chabrol à Scola en passant par Godard et Rohmer, il a traversé cinquante ans de cinéma.
À LA FOIS PRÉCIEUX et insolent, volontiers cynique et toujours élégant, Jean-Claude Brialy n'aura pas vraiment incarné un personnage au cinéma, mais plutôt une tendance, en étant à lui seul un personnage dans sa vie. Après être apparu dans deux courts-métrages de Rohmer et Rivette en 1956, il devient le faire-valoir de Darry Cowl dans L'Ami de la famille et Le Triporteur, de Jack Pinoteau. C'est un modeste début qui peut ressembler à une répétition. Compagnon de route des réalisateurs de la nouvelle vague, on le voit chez Pierre Kast, mais c'est surtout avec Chabrol qu'il se révèle.
Quand le réalisateur tourne son premier film, Le Beau Serge, avec un petit héritage qu'il vient de toucher, c'est à lui qu'il fait appel pour être le partenaire de Gérard Blain. Il a 24 ans, l'apparence délicate, le physique avenant d'un jeune premier en vadrouille, le sourire provocant des adolescents prolongés. Il séduit sans qu'on puisse lui reprocher de plaire à tout prix. Mais, surtout, ce fils d'officier qui a choisi d'être saltimbanque est quelqu'un qui s'intéresse aux autres, aux personnages, qui les regarde, les écoute. Celui qui veut se montrer est aussi un observateur qui épingle les qualités des plus grands qu'il fréquente. C'est ce qui fera très vite la particularité de l'acteur qui ne se contente pas de paraître mais sait accompagner et écouter.
Bon copain ou mauvais génie - Avec le deuxième film de Chabrol, Les Cousins, il s'affirme et se défoule dans le rôle moins sympathique d'un jeune viveur orgueilleux et cynique. On devine un interprète plus ambigu, capable de confondre dans le même geste le pire et le meilleur. Son profil commence à se dessiner.
D'un côté, il fréquente le cinéma de Pierre Kast, Rivette, Godard, apparaît rapidement dans le premier film de Louis Malle, Ascenseur pour l'échafaud, de l'autre, il flirte avec le cinéma populaire, qualifié à l'époque de commercial, en étant le volubile second, bon copain ou mauvais génie d'Alain Delon dans Christine ou Le Chemin des écoliers. Godelureau encore pour Chabrol, Gigolo chez Deray, il est à l'affiche des Quatre Cents Coups, de Truffaut et d'Une femme est une femme, de Godard, ce qui ne l'empêche pas d'apparaître dans Les lions sont lâchés, de Verneuil, ou de passer dans un sketch des Amours célèbres, de Boisrond. Vedette interchangeable, on le reconnaît toujours à côté d'un acteur de premier plan. Lui qui rêve d'être un nouveau Jules Berry reprendra l'un de ses rôles en devenant le fils du célèbre gentleman cambrioleur dans Arsène Lupin contre Arsène Lupin, avec son complice Jean-Pierre Cassel. Mais il lui faudra attendre les années 1980 et la télévision pour qu'il incarne l'authentique héros de Maurice Leblanc dans une série signée Alexandre Astruc.
De comédies légères (La Chasse à l'homme, La Bonne Occase, Cent Briques et des tuiles) en vaudevilles grinçants (Un monsieur de compagnie, Le Roi de coeur, de Philippe de Broca), il est l'un des acteurs inévitables du cinéma français qui s'amuse d'un rien ou se moque de tout. Dandy en costume trois pièces, mondain agaçant ou pince-sans-rire, moqueur et vaguement méprisant, il semble incarner ce qu'il est dans la vie : un être volage, brillant et superficiel.
Mais tout à coup, en 1971, il étonne, bouscule son image en passant à la réalisation avec Églantine, où il donne le rôle-titre à la grande dame du cinéma d'avant-guerre, Valentine Tessier. Le mondain flagorneur laisse place à un réalisateur sensible et émouvant, qui sait ressusciter la tendresse et la délicatesse d'une autre époque.
Et toute la critique s'incline devant ce nouveau metteur en scène de 38 ans qui déboule dans un cinéma très différent de celui qu'il fréquentait. Son amour des autres se reflète soudain dans son métier d'auteur interprète. Cinq autres films suivront qui confirmeront un honorable talent de cinéaste. Avec Les Volets clos, il ressuscite un bordel des années 1930. Dans L'Oiseau rare, il regarde du côté de Guitry. Pour Un amour de pluie, il évoque les va-et-vient du sentiment et retrouve le charme désuet d'une époque révolue dans Les Malheurs de Sophie et Un bon petit diable. Et, à chaque fois, il y a un ton, un sens de l'image et un art d'éveiller la nostalgie.
Élégants saluts - Quant à l'acteur tout court, il retrouve son élégance et sa virtuosité pour jouer dans une difficile adaptation de Radiguet, Le Bal du comte d'Orgel, ou d'être le témoin médiateur et moralisateur, chevelu et barbu, du Genou de Claire, de Rohmer.
N'ayant plus rien à prouver et presque rien à perdre, Brialy est aussi bien dans Le Fantôme de la liberté, de Bunuel, que dans Les Œufs brouillés, de Joël Santoni, ou L'Année sainte, de Jean Girault, où il donne la réplique à Jean Gabin dans son ultime film. Ce qui ne l'empêche pas de décrocher un césar en 1976 pour son second rôle dans Le Juge et l'Assassin, de Tavernier, et un autre en 1987 pour Les Innocents, de Téchiné.
Avec les années 1990, il semble que l'homme du monde, le chroniqueur et le directeur de théâtre l'emportent sur les désirs de l'acteur. On le revoit encore dans La Reine Margot, de Chéreau, Beaumarchais l'insolent, de Molinaro, Les Acteurs, de Bertrand Blier, ou People - Jet-Set 2, de Fabien Onteniente. Mais ce ne sont que des apparitions qui ressemblent à d'élégants saluts. Le septuagénaire qui a hanté plus de cent trente films n'est pas devenu un symbole, mais le jeune homme insolent et distingué qui était un personnage est devenu une figure.
LIBÉRATION du 1 juin 2007
Brialy dandy caméléon, par Gérard Lefort & Didier Theron
L'acteur à la filmographie pléthorique, de la Nouvelle Vague au boulevard, est mort mercredi à 74 ans.
Jean-Claude Brialy était-il un godelureau, conforme à la définition du dictionnaire, «jeune élégant satisfait de sa personne» , comme au rôle éponyme qu'il joua dans le sketch de Jacques Rivette dans Paris nous appartient, en 1960 ? Oui, si on s'en tient à son image publique, popularisée aussi bien par ses nombreuses apparitions à la télévision que par ses succès au théâtre et en librairie (deux autobiographies best-sellers). Toujours de garde pour l'hommage aux chers disparus du cinéma français, abonné aux grands témoins dans n'importe quelle émission de Michel Drucker, ponctuant ses phrases de nombreuses citations instruites. Non, si on s'applique à un rapide survol de sa filmographie, riche de plus de cent films. La liste des cinéastes avec qui il a tourné impressionne : Claude Chabrol, Louis Malle, François Truffaut, Jean-Luc Godard, Eric Rohmer, Luis Buñuel...
Jean-Claude Brialy est né en 1933 en Algérie où son père était officier. Elevé à la dure, à coups de raclées paternelles, il atterrit au prytanée militaire de La Flèche qui n'a pas la réputation d'être un lieu de repos. Brialy se fait déjà remarquer comme un chef de troupe. Les séjours en famille sont pesants : «Je suis né dans un petit milieu bourgeois étriqué où on ne voyait que des cons et aucune lumière nulle part.» A 17 ans et demi, il fuit sa famille et s'installe dans le Paris interlope de l'après-guerre, où il ne cacha pas qu'il fut, entre autres, en compagnie du très jeune Alain Delon, play-boy pour tous : «Je vivais dans une chambre de bonne sans chauffage. J'ai déchargé des caisses aux Halles, j'ai été garçon de café, j'ai donné des cours de français.» Beau gosse, sachant faire rire la galerie, il entre dans une galaxie où brillent aussi bien Jean Marais, Jean Cocteau ou Jeanne Moreau. Le lancement de sa carrière d'acteur, il le doit à la tragédienne Marie Bell : «Elle m'a engagé dans la pièce de Félicien Marceau, contre l'avis de ce dernier, Madame Princesse . A ses côtés, moi qui n'avais jamais suivi de cours de comédie, qui avait été recalé au Conservatoire parce que "trop à l'aise", j'ai appris mon métier et le bonheur de le faire.»
Blague. La rencontre avec le cinéma ressemble à une blague de Fernand Raynaud. C'est par hasard, dans une voiture américaine qui descend vers Arles, qu'il rencontre Godard, Rivette, Chabrol, Alain Cavalier. Ils font le voyage pour voir Jules César de Shakespeare, monté par Jean Renoir dans les arènes : «Le spectacle affichait complet. Alors Renoir nous a dit : "Pour que vous soyez bien placés, on va vous mettre des toges et vous ferez de la figuration." » La petite bande des Cahiers du cinéma fait plus que l'adopter puisque, coup sur coup, il va jouer dans le Beau Serge (1958) de Claude Chabrol, les Cousins du même Chabrol, un an plus tard, les 400 coups de François Truffaut, Une femme est une femme de Jean-Luc Godard, en 1960. Brialy est une vedette «du jour au lendemain» . Il est aussi, avec Anna Karina, Samy Frey, Claude Brasseur et Jean-Paul Belmondo, le modèle d'un nouveau style de jeu décontracté et d'une nouvelle vague d'acteurs après des années de «monstres sacrés» à la Gabin.
Comédies volatiles. Bien partie, la carrière de Brialy batifole assez vite dans des comédies volatiles et l'acteur touche-à-tout devient une figure du music-hall dans sa version télé. En 1969, il monte un programme, Brialy's Follies . Quelques années plus tard, il remplacera au pied levé son «ami» Jacques Martin dans l'animation des dimanches après-midis de France 2. En 1970, retour à la case «auteur» avec Eric Rohmer et le Genou de Claire . Il y interprète un esthète barbu et papillonnant, fétichiste du genou de la très jeune Béatrice Romand. Il a 37 ans et c'est le début d'une transformation de son image de hâbleur rigolo, sympathique, un peu folle, au profit d'une certaine noirceur mélancolique. En témoignent ses prestations aussi bien dans le Fantôme de la liberté (1974) de Luis Buñuel que dans le Juge et l'Assassin (1976) de Bertrand Tavernier. Quand il passe à la réalisation, on a le droit d'être moins convaincu par ses adaptations patrimoniales, notamment des romans de la comtesse de Ségur ( les Malheurs de Sophie en 1981, Un bon petit diable , 1983). Autre montée en puissance, ses fonctions de directeur de théâtre à partir de 1977, à la fois au théâtre Hébertot et aux Bouffes parisiens, lieu de sa rencontre avec Jean Marais. Il multiplie les mises en scène dramatiques et connaît des succès indéniables sur les planches, avec notamment Désirée de Guitry, en 1984, au théâtre Edouard VII.
Brialy s'éparpille dans de nombreuses activités : il est le patron du festival de Ramatuelle, propriétaire d'un restaurant à Paris, enchaîne les rôles de prestige à la télévision, notamment Arsène Lupin. Le cinéma l'a toujours à l'oeil et lui, a le pif pour choisir des films qui sont des gros succès : l'Effrontée de Claude Miller, en 1985, ou l'Inspecteur Lavardin de Claude Chabrol, en 1986. Mais c'est pour son rôle de pédé vieillissant et alcoolique dans les Innocents, d'André Téchiné, qu'il obtiendra le césar du meilleur second rôle en 1988.
Chéri de ces dames à l'écran comme à la ville, Brialy n'a jamais caché sa préférence sexuelle pour les hommes. Il confie, entre autres, une aventure avec Rudolf Noureev : «Notre histoire fut très belle mais très brève et sexuellement c'était extraordinaire.» Il a partagé sa vie pendant vingt-quatre ans avec son «compagnon», Bruno Finck.
«Cage dorée». Deux rôles vont marquer sa fin de carrière au cinéma. Une sorte de mafieux organisateur de combats de coqs dans S'en fout la mort de Claire Denis (lire ci-contre), et l'amiral de Coligny dans la Reine Margot (1994) de Patrice Chéreau. Débarrassé de tout le fatras de la mondanité un peu désuète, il apparaît dans l'adaptation du roman d'Alexandre Dumas en prince protestant austère, impressionnant, charismatique, juste avant d'être assassiné lors du massacre de la Saint-Barthélemy. Il regrettait de ne pas avoir joué Shakespeare sur scène sous la direction de Jean Vilar ou de Patrice Chéreau : «On m'a enfermé dans une cage dorée. J'aurais pourtant tellement voulu montrer autre chose qu'un dandy élégant et gai.»
LE MONDE du 31 juin 2007
Nécrologie : Jean-Claude Brialy, acteur-réalisateur, par Jean-Luc Douin
« Je ne suis pas beau, je cache ma sensibilité derrière une arrogance parfois forcée, j'essaie d'être élégant pour me protéger et d'avoir de l'esprit pour séduire" : c'est ainsi que se dépeignait Jean-Claude Brialy, figure de la Nouvelle Vague, du théâtre et de la vie mondaine, dans le second tome de ses Mémoires, J'ai oublié de vous dire (2004). Le premier tome s'intitulait Le Ruisseau des singes (2000).
"J'ai commencé ma carrière aux côtés d'Alain Delon, qui était à 18 ans la beauté incarnée, ce qui m'a rendu modeste", poursuivait-il, expliquant qu'il s'était rabattu, pour être apprécié, sur l'humour et le charme. Il reconnaissait qu'il possédait ce dont les acteurs ont besoin : un regard, et une voix (voilée et nasillarde chez lui).
Né le 30 mars 1933 à Aumale, en Algérie, près d'Alger, pays auquel il était resté "viscéralement attaché", Jean-Claude Brialy était fils de colonel ; il fut élevé durem






