Le coin du cinéphage

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02 juillet 2007

MORT D'EDWARD YANG

img516/1936/edwardyangpt4.jpg Annonce de la mort d’Edward Yang des suites d’un cancer du colon à l’âge de 59 ans. Cet artiste qui débuta dans l’écriture de mangas fit des études à l'université de "Southern California", avant de revenir à Taiwan sur lequel il va poser un regard singulier, citadin et nostalgique sur l’exil, la vie, ou les générations qui passent. "Yi Yi" était une belle révélation pour le grand public, ce film connu une consécration internationale et fut récompensé au Festival de Cannes en 2000, par le prix de la mise en scène. L’évocation d’un quadragénaire en crise, aspirant à changer de vie, était magnifique de justesse et de retenue. Yang s’était fait connaître par le film "Guling jie shaonian sha ren shijian" - "A brighter summerday" (1991), une histoire vraie et fleuve sous fond politique de Taiwan gouverné par la République de Chine en 1949. Son film “Mahjong” en 1996, est hélas inédit en France malgré la présence de Virginie Ledoyen. Il travaillait ces derniers temps sur un film d’animation "The wind". Si son œuvre reste assez méconnu chez nous, il mérite qu’on le salut, ne serait-ce que pour "Yi Yi", 173 minutes de grâce. La malice du petit Yang-Yang, enfant de 8 ans, au souvenir d’une grand-mère mourante, resteront dans nos mémoires. A lire sa fiche sur "Wikipédia" et celle de "CinémaAsie".

yiyi

ARTICLE TAIWAN (AFP) - Décès du réalisateur taïwanais Edward Yang

Le réalisateur taïwanais Edward Yang, qui avait reçu le prix de la mise en scène en 2000 au Festival de Cannes pour son film "Yi Yi", est décédé à l'âge de 59 ans, a-t-on appris dimanche de source officielle. Edward Yang est décédé vendredi des suites de complications liées à un cancer du colon à son domicile de Beverly Hills en Californie, a indiqué Peggy Chou, une responsable du Bureau gouvernemental d'information. Il était considéré comme l'un des fondateurs de la nouvelle vague taïwanaise aux côtés de ses compatriotes Hou Hsiao-Hsien et Tsai Ming Liang.

Le décès d'Edward Yang "endeuille les amoureux du cinéma" (Gilles Jacob)

PARIS, 2 juil 2007 (AFP) - 02/07/2007 08h58 - La disparition vendredi d'Edward Yang, l'un des plus talentueux auteurs de la nouvelle vague taïwanaise "attriste le cinéma mondial comme elle endeuille les amoureux du cinéma", a déclaré le président du festival de Cannes Gilles Jacob dans un communiqué lundi. "Ceux qui ont découvert dans +A brighter summer day+ ou +Taipei Story+ la délicatesse de touche, la chaleur humaine et l'intelligence du coeur d'Edward Yang, les ont retrouvées dans +Yi Yi+, prix de la mise en scène à Cannes, un festival dont il était l'ami, lui qui contribua à y mettre le cinéma asiatique au premier plan", affirme M. Jacob. "Ces qualités sont celles d'un grand artiste d'aujourd'hui qui a su, à partir de petites histoires particulières de son pays, atteindre l'universel", conclut le président de Cannes. Dechang Yang, dit Edward, est décédé à l'âge de 59 ans vendredi à son domicile de Beverly Hills en Californie, des suites de complications liées à un cancer du colon. Il était, avec Hou Hsiao-hsien et Tsai Ming-liang, l'un des plus talentueux auteurs de la nouvelle vague taïwanaise née dans les années 1980.

LIBÉRATION du 3/07/2007

Edward Yang, mort d’un «rebelle» taïwanais désenchanté, par Didier Péron

Cinéma. Le réalisateur au parcours atypique, primé à Cannes, avait su créer un univers bousculant l’ordre ancien.

La nouvelle de la mort du cinéaste taïwanais Edward Yang, d’un cancer, est tombée dimanche soir. Il avait 59 ans. Installé à Los Angeles, il luttait contre la maladie depuis sept ans, tout en développant le projet d’un long métrage d’animation, The Wind, co-produit par Jackie Chan. Edward Yang a en définitive peu tourné, sa filmographie ne compte en effet que sept longs métrages en un peu plus de vingt ans (son coup d’essai, That Day, on the Beach date de 1983). Mais cette rareté et le caractère secret, relativement insaisissable, de Yang, l’ont rendus cher au cœur de nombreux cinéphiles, qui considèrent notamment A Brigther Summer Day (1991), sorte de Fureur de vivre taïwanaise, fresque de plus de trois heures, comme un chef-d’oeuvre au lyrisme et à l’élégance proprement irrésistibles. La confidentialité de son œuvre auprès du public est aussi due à la mauvaise distribution de ses films puisque seuls Brighter Summer Day et surtout Yi Yi, Grand Prix à Cannes en 2000, ont véritablement bénéficié d’une sortie en France, Les autres ont été vus au cas par cas dans des festivals ou à la Cinémathèque. Né à Shanghai le 6 novembre 1947, d’un père confucéen et d’une mère chrétienne, Dechang Yang, dit Edward, appartient à ces familles chinoises qui quittent le pays en plein bouleversement politique pour Formose (Taiwan), à la suite des troupes nationalistes. Edward découvre le cinéma au côté de son père qui l’emmène voir des films américains, japonais et chinois deux fois par semaine. Architecture.  Fan des mangas japonais (en particuliers d’Osamu Tezuka), Edward dessine ses propres BD dès l’âge de 10 ans. Les études le conduisent à se consacrer à l’architecture puis il passe un diplôme d’ingénieur en Floride et intègre l’école de cinéma USC en Californie. Il ne s’y plaît pas et quitte l’école au bout du deuxième semestre, part à Seattle où il se spécialise dans le design de logiciels pendant sept ans. Pendant cette période, il découvre le nouveau cinéma allemand, Werner Herzog, Rainer Werner Fassbinder, Wim Wenders, qui joueront un rôle décisif sur lui. Il comprend alors qu’il peut faire du cinéma sans l’aide d’une équipe technique lourde et décide de rentrer à Taiwan en 1981. Il a 34 ans. Alors qu’à Hongkong, le cinéma explose, Taiwan connaît à son tour une ébullition, avec des jeunes gens qui se coalisent pour donner à l’île le cinéma moderne qu’elle mérite, entre l’expérience d’un enfermement dans un territoire minuscule et une fascination complexe pour les Etats-Unis. Un manifeste collectif co-signé par cinéastes, acteurs, techniciens, critiques, paraît en novembre 1986, donnant une assise théorique à un groupe que Yang nommera plus tard’ une «légion de rebelles prêts à bousculer l’ordre ancien» . Ce front commun se disloquera vite et chacun tracera sa route, s’affrontant aux difficultés grandissante de financements. Aliénation.  Edward Yang revient en force en 2000 avec Yi Yi, film-somme dessinant un tableau existentiel sur les doutes amoureux, l’aliénation familiale et le supplice mou du travail tertiaire. Yang y décrit aussi le désenchantement d’une génération dévorée par l’individualisme et le vide spirituel après avoir connu l’âge d’or des Sixties. «Nous sommes à l’heure actuelle en pleine perdition», déclarait-il en 1994.

Posté par Coinducinephage à 17:23 - R.I.P. - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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