Le coin du cinéphage

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14 décembre 2007

MORT DE PHILIPPE CLAY

PhilippeClay3 Annonce de la mort de Philippe Clay, le 13 décembre dernier, à l'âge de 80 ans. Pierre Mathevé, né le 7 mars 1927, à Paris. En 1945, il entre au conservatoire national d'art dramatique et débute au théâtre au T.N.P. Il est très représentatif des artistes de Saint-Germain-des-Près, il devient un interprète de chansons très prisés. Un parcours dû au hasard, ses amis l'inscrivant sans lui dire, en raison de sa belle voix, dans un concours pour amateurs au café "La colonne de la Bastille". On le compare facilement à Serge Gainsbourg,  on se souvient d’une interprétation mémorable de "Accordéon", avec lui, déguisés en clochards pour la télévision. Il apparaît souvent comme chanteur dans "C’est arrivé à 36 chandelles" - disponible chez René Chateau vidéo - et "Adorable voisine".  Il rencontre des polémiques en 1971, avec sa chanson "Mes universités", très contre l’esprit de Mai 1968, voir les paroles dans le site paroles.net, ce qui lui vaut une réputation d’anar de droite, voire réactionnaire. Une réputation pas si ursurpée que ça, comme on veut bien le dire, il semblerait. Sans vouloir polémiquer, comme chantait Brassens, "Les morts sont tous des braves types",  mais j’ai le souvenir d’une interview de lui assez édifiante entendue par hasard, en parcourant la radio, il y a quelques années, en m’apercevant finalement que c’était Radio-Courtoisie, radio controversée d’extrême-droite. Au cinéma, la silhouette élastique et dégingandée - 1m90 - et ses traits émaciés le prédisposaient aux rôles d’affreux. Henri Jeanson dont on ne présente plus la rosserie, l’appelait "Le squelette d’Yves Montand". Le comédien, souvent exceptionnel, était formidable. On le retrouve virevoltant dans "French cancan" (1954), où son dynamisme fait merveille et on le retrouve dans la "Cour des Miracles", en impressionnant Clopin Trouillefou, chef de tire-laine dans "Notre-dame-de-Paris" (1956). Il en impose également dans le solide polar, "Des femmes disparaissent" (Édouard Molinaro, 1958), en tueur psychopate et sadique, martyrisant à l’envi le personnage joué par Robert Hossein, avec une délectation assez redoutable. Reste que la comédie est son domaine de prédilection. Il apporte un côté goguenard, une malice aux pires des nanars qu’il interprète, notamment dans les années 70, comme dans "Les joyeux lurons" (1972), où il campe un truand d’opérette, déguisé en prêtre.  Il peut faire preuve aussi d’humanité, comme dans le téléfilm d’Agnès Delarive, "Maaarcelll !" (1997), où il est l’ami de Michel Galabru, dont il partage les habitudes de piliers de comptoir. Il supporte son caractère de cochon, et le console de son veuvage. Comme il était l’amant de sa femme, il trouve de curieuses affinités avec elle, revenue sur la terre réincarnée en petite chatte ! Derrière la loufoquerie du sujet, il donne une grande tendresse à son personnage. Il est étonnant en père aveugle de Denis Lavant dans le méconnu "Tuvalu" (1998), où l’utilisation comique de son corps fait merveille. C’est au théâtre qu’il a connu des rôles plus intéressants, notamment dans les mises en scène de Jean-Luc Tardieu. Remplaçant au pied levé John Berry, à la mort de ce dernier, il interprète un octogénaire atteint de la maladie de Parkinson renversé par un jeune cadre, dans "Visites à Mister Green". Il sera nommé aux Molières en 2002, pour ce rôle. Sa complainte des apaches chantée au générique des "Brigades du tigre", restera dans toutes les mémoires, et on peut le retrouver actuellement dans la série "La commune" chez Canal+. Il avait publié deux livres "Mes universités" (Éditions Robert Laffont, 1992), où il évoquait son entrée dans la Résistance, dans un maquis du Lot-et-Garonne et son engagement ensuite auprès du Maréchal de Lattre, et "Mérotte" (Éditions Anne Carrère, 1999). On peut déplorer cependant une meilleure utilisation de son talent et de sa vis comica au cinéma, comme souvent pour certaines individualités fracassantes.

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Filmographie : 1947  Le destin exécrable de Guillemette Babin (Guillaume Radot) - 1951  Le crime du Bouif (André Cerf) - 1954  French Cancan (Jean Renoir) - 1955  33 tours et puis s’en vont (Henri Champetier, CM) - 1956  La vie est belle (Roger Pierre & Jean-Marc Thibault) – Notre-Dame de Paris (Jean Delannoy) - 1957  C’est arrivé à 36 chandelles (Henri-Diamant-Berger) - Nathalie (Christian-Jaque) – En bordée (Pierre Chevalier) - 1958  Bell book and candle (Adorable voisine) (Richard Quine) - Drôles de phénomène (Robert Vernay) - Des femmes disparaissant (Édouard Molinaro) - Messieurs les Ronds de Cuir (Henri-Diamant-Berger) - Totò a Parigi (Parisien malgré lui) - 1959  La nuit des traqués (Bernard-Roland) - Les canailles (Maurice Labro) - 1960  Touchez pas aux blondes (Maurice Labro) - Dans l’eau qui fait des bulles / Le garde-champêtre mène l’enquête (Maurice Delbez, voix seulement [Récitant et la voix du mort]) - 1961  I moschettieri del mare (Il était trois flibustiers) (Steno) - 1964  Le gentleman de Cocody (Christian-Jaque) - 1966  Voilà l’ordre (Jacques Baratier, CM) - Sale temps pour les mouches (Guy Lefranc) - 1967  Les têtes brûlées (Willy Rozier) - 1969  Pour un sourire (François Dupont-Midy) - 1971  Armiamoci e partite ! (Deux corniauds au régiment) (Nando Cicero) - 1972  Pas folle la guêpe (Jean Delannoy) - Les joyeux lurons (Michel Gérard) - L’insolent (Jean-Claude Roy) - 1974  Shanks (William Castle) - Une partie de campagne (Raymond Depardon, documentaire) - 1982  Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (Jean Yanne) - Salut la Puce (Richard Balcucci) - 1973  Un bon petit diable (Jean-Claude Brialy) - 1992  Le Put 320  décembre (Marcel Angosto, CM) - Die wildnis / État sauvage (Werner Masten, inédit en France)- 1995  Krim (Ahmed Bouchaala) - 1997  Lautrec (Roger Planchon) - 1998  Les cachetonneurs (Denis Dercourt) - 2000  Tuvalu (Veit Hermer) - 2001  Là-haut un roi au-dessus des nuages (Pierre Schoendoerffer) - 2007  La deuxième vie du sucrier (Didier Canaux, CM). 

Télévision : 1955  Paris Precinct : Cognac et cyanure (Sobey Martin) - 1964  L’assassinat de Franz Léhar (Maurice Château, scopitone) - 1966  L'esprit et la lettre : La grande peur de la montagne (Pierre Cardinal) - Un conte d’hiver (Jean Kerchbron) - Les gueux au paradis (Jean Pignol) - 1970  La brigade des maléfices : Voir Vénus et mourir (Claude Guillemot) - L’homme qui rit (Jean Kerchbron) - La canne (Adrien Papazian) - 1971  Le père Noël est en prison (Pierre Gautherin) - La sainte farce (Jean Kerchbron) - 1977  L’affaire Miller (André Flédérick) - Brigade des mineurs : Play back et tais-toi (André Flédérick) - 1978  La maréchale d’Ancre (Jean Kerchbron) - 1979  Un comédien lit un auteur : Philippe Clay lit Louis Pergaud (Jean-Claude Demey) - La dame aux coquillages (Charles Paolini) - Les amours de la belle époque : Ces dames aux chapeaux verts (André Flédérick) - La ruée vers l’eau (Charles Paolini) - 1980  Ubu cocu ou l'archéoptéryx (Jean-Christophe Averty) - La nuit du général Boulanger (Hervé Bromberger) - 1981  Frère Martin (Jean Delannoy) - Au bon beurre (Édouard Molinaro) - Novgorod (Armand Ridel) - 1982  Ressac (Charles Paolini) - Marianne, une étoile pour Napoléon (Marion Sarraut) - 1984  Catherine (Marion Sarraut) - L’herbe rouge (Pierre Kast) - 1985  Le chevalier de Pardaillan (Josée Dayan) - 1987  Anges et loups (Boramy Tioulong) - 1988  Le ravissement de Scapin (Michel Folgoas) - Le Gerfaud (Marion Sarraut) - L’homme à tout faire (Gandrey Rety) - La comtesse de Charny (Marion Sarraut) - 1989  Loft story : Kleptomanie - 1990  Le dernier gang : L'homme aux chiens (Josée Dayan) - 1991  Le gourou occidental (Daniel Souissa) - La dérive (Josée Dayan) - 1992  Un flic pourri (Josée Dayan) - Le J.A.P. : Tirez sur le lampiste (Josée Dayan) - 1993  Le J.A.P. : La cible (Henri Helman) - Le J.A.P. : Rupture (Franck Appréderis) - Police secrets : Mort d'un gardien de la paix (Josée Dayan) - 1994  Le J.A.P. : Point de rupture (Franck Appréderis) - La rivière Espérance (Josée Dayan) -  1993  Le J.A.P. : Chacun sa gueule (Franck Appréderis) - 1995  Pasteur, 5 années de rage (Luc Béraud) - Les allumettes suédoises [épisodes "David et Olivier" et "Les sucettes à la menthe"] (Jacques Ertaud) - 1996  La guerre des moutons (Rémy Burkel) - Les anneaux de la gloire (Jean-Luc Miesch) - La parenthèse (Jean-Louis Benoît) - 1997  Le bimillionnaire (Michaël Perrotta) – Les lois de l’hospitalité (Luc Béraud) - Le causse d’Aspignac (Rémy Burkel) - La grande Béké (Alain Maline) - Marceeel !!! (Agnès Delarive) - Le comte de Monte Cristo (Josée Dayan) - 1998  La maison d’Alexina (Mehdi Charef) - 2000  Des croix sur la mer (Luc Béraud) - Amour, embrouille et ballade / Promène-couillon (Bernard Malaterre) - 2004  Père et maire : Retour de flammes (Gilles Béhat) - 2006  Dombais et fils (Laurent Jaoui) - 2007  La commune [épisode 2 et 6] (Philippe Triboit).

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Avec Thomas Joussier, dans "Visites à Mister Green"

Théâtrographie : 1945 à 1949 Le marchand de Venise de W. Shakespeare / Tartuffe de Molière / Iphigénie de Racine / De 1950 à 1953 Comédien dans la troupe du Palais de Chaillot. / De 1966 à 1995 Don Quichotte d’Y. Jamiaque / Des idées larges Théâtre de l’Athénée. /  Le comte de Monte-Cristo, m.e.s. M. Jacquemont / Philippe Clay, Théâtre des Nouveautés. / Le Barbier de Séville, Théâtre des Champs Elysées. / Jules Romain, homme de bonne volonté. Rencontres du Palais Royal. / L’aiglon d’E. Rostand, m.e.s. J.-L. Tardieu / Zoo de Vercors, m.e.s. J.-L. Tardieu / Oscar de C. Magnier, m.e.s. J. Bœuf / 1995 La veuve joyeuse de F. Lehar, m.e.s. J.-L. Tardieu / Un ennemi du peuple de H. Ibsen, m.e.s. J.-L. Tardieu / 1996 Des ronds dans l’eau, m.e.s. J.-L. Tardieu / Le voyage de Monsieur Perrichon de E. Labiche, m.e.s. J.-L. Moreau / 1997 Des ronds dans l’eau, m.e.s. J.-L. Tardieu / 1998/1999  Le sexe faible d’E. Bourdet, m.e.s. Jean-Claude Brialy ((Festival d'Anjou + tournée) / 2001/2003  Visite à Mr Green, de Jeff Barron, aaptation de Thomas Joussier et Stéphanie Galland, m.e.s. de Jean-Luc Tardieu (Genève ; reprise à Paris, espace Rachi ; Théâtre de la Bruyère, Théâtre Antoine. Festival de Gordes ; + tournée) / 2005/2006 L’escale de Paul Hengge, adapation de Stephan Meldegg ; Attica Guedj, m.e.s. Stephan Meldegg

PC Départ des 6 jours par Philippe Clay en 1957, au Vélodrome d'hiver source Parisenimages

ARTICLES :

AMPLI EXT081 PARIS 13/12 (AFP)

Philippe Clay, artiste éclectique et engagé

Le comédien et chanteur français Philippe Clay, décédé jeudi à l'âge de 80 ans des suites d'un arrêt cardiaque, était un artiste touche-à-tout qui a connu une carrière à éclipses, aussi bien au music-hall et au cinéma qu'à la télévision et au théâtre. L'interprète de "Mes Universités", chanson qui lui avait valu d'être catalogué à droite, avait joué pour la dernière fois au théâtre l'an dernier dans "L'escale" de l'Autrichien Paul Hengge au La Bruyère à Paris. Son dernier film était "Là-haut" de Pierre Schoendoerffer en 2004. Enfin, il apparaissait dans la série télévisée "La commune", diffusée actuellement sur Canal+. Outre "Mes Universités", sa chanson la plus connue, il avait notamment interprété "La complainte des apaches", générique de la série TV "Les brigades du Tigre" (musique de Claude Bolling). Philippe Clay, né Philippe Mathevet le 7 mars 1927 à Paris, a commencé à chanter au lendemain de la guerre, après avoir remporté un concours amateur auquel l'avaient inscrit des copains au café "La colonne de la Bastille". Avec pour tout bagage quelques leçons de comédie, il se lance dans la chanson. Mais sa carrière ne débute vraiment qu'en 1953, lorsqu'il rentre de trois ans en Afrique du Nord où, dit-il, "j'avais rodé un vrai répertoire avec quinze chansons". Il connaît son premier "tube" avec "Le noyé assassiné", chanson écrite pour lui par Charles Aznavour. "Les voyous", "Festival d'Aubervilliers" et "Le danseur de Charleston" sont aussi des succès. Philipe Clay promène sa longue - 1,90 m - et maigre silhouette dans les plus grands cabarets où il interprète Charles Aznavour, Claude Nougaro, Jean-Roger Caussimon, Boris Vian, Serge Gainsbourg, Jean Yanne, Léo Ferré, Jacques Datin, Jean-Claude Massoulier ou Bernard Dimey, qui sont ses amis. Il sera balayé par la vague yéyé des années 60 mais il refait surface après Mai 68, avec quelques chansons anti-contestataires. "Mes Universités", qui oppose l'esprit de Mai 68 à celui de la Résistance, le situe clairement à droite, d'autant plus qu'il s'engage au RPR, le parti créé par l'ancien président Jacques Chirac. Pour lui, sa chanson a été "politisée". "Or +Mes Universités", c'est une chanson autobiographique. A 15 ans et demi, je suis parti me battre précisément contre le fascisme", souligne-t-il. Artiste touche-à-tout, amateur de livres, de vieilles pierres et de bowling, Philippe Clay, marié et père d'un enfant, s'essaie également au cinéma et à la télévision, tournant dans une trentaine de films et de nombreux feuilletons et téléfilms. Au cinéma, il est souvent abonné aux seconds rôles. Sa silhouette lui vaut cependant d'incarner Valentin le Désossé dans "French Cancan" de Jean Renoir (1955). Deux ans plus tard, il est Clopin Trouillefou, roi des voleurs, dans "Notre-Dame de Paris" de Jean Delannoy, au côté de Gina Lollobrigida et d'Anthony Quinn. A la télévision, l'interprète de "La quarantaine" et de "Cigarettes, whisky et p'tites pépées" apparaît notamment dans le feuilleton "Le chevalier de Pardaillan" (1985), "Le Gerfaud" (1988) ou "La Grande Béké" (1998). Mais c'est la scène qui, dit-il, lui procure "le plus de plaisir". Don Quichotte (1966), Monte-Christo (1975), "Le barbier de Séville" (1988), "L'aiglon" (1993) ou "Visites à Mister Green" (2001) témoignent de l'éclectisme et de la vitalité d'un artiste qui aimait cependant se dire d'"une fainéantise maladive"./.AF1/GGD

LE FIGARO

Philippe Clay : mort d’un chanteur engagé? par Bertrand Dicale et Marion Thébaud

Chanteur, comédien, acteur, il vient de s’éteindre à 80 ans.

Philippe Clay n’aurait pas dû être chanteur. Élève du Conservatoire national d’art dramatique, ses débuts dans la carrière de comédien le déçoivent : on ne lui propose que des rôles jouant sur sa longue silhouette maigre et son profil de personnage du Greco. Inscrit par des amis à un concours de chanson, il découvre dans les cabarets de la rive gauche une expression qui le passionne. À une époque de cravate obligatoire sur les scènes de music-hall, il souligne encore l’étrangeté de sa silhouette en n’apparaissant qu’avec un col roulé et un pantalon noirs. Sa connaissance du mime et son âme de comédien s’expriment dans des chansons qu’il incarne avec une liberté décuplée par l’usage du microbaladeur – une première dans le music-hall français. On le remarque dès 1953 avec Le Noyé assassiné de Charles Aznavour, puis dans Joseph de Claude Nougaro, On n’est pas là pour se faire engueuler de Boris Vian, La Goualante du pauvre Jean, Le Danseur de charleston, Les Voyous… Son personnage, dans lequel on peut trouver rétrospectivement un peu de la morgue de Gainsbourg, du tranchant de Vian et de l’expressionnisme de Brel, compte parmi les plus singuliers de l’époque. Il connaît hélas la mésaventure, alors qu’il est tête d’affiche à l’Olympia, de se faire ravir la vedette par Jacques Brel qui assure sa première partie. Valentin le Désossé : Comme des dizaines de chanteurs en vue à la fin des années 1950, il est balayé par le prurit jeuniste des années 1960. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si son retour au premier plan, en 1971, se fait avec le tube le plus « réac » de son époque. Dans le savoureux Mes universités, il s’en prend à la génération de Mai 68 qui n’a pas, comme lui, été jeune sous l’Occupation : «Mes universités/C’était pas Jussieu, c’était pas Censier, c’était pas Nanterre/Mes universités/C’était le pavé, le pavé d’Paris, le Paris d’la guerre/On parlait peu d’marxisme/Encore moins d’maoïsme/Le seul système, c’était le système D/D comme débrouille-toi/D comme démerde-toi/Pour trouver d’quoi/Bouffer et t’réchauffer». Le 45 tours se vend à un million d’exemplaires ! Et Philippe Clay bat le fer tant qu’il est chaud avec La Quarantaine : «Si l’on avait mis en quarantaine/Tous les hommes de quarante ans/Il y aurait peut-être moins de problèmes/Pour la jeunesse et pourtant/Victor Hugo n’aurait pas écrit/Les Misérables à soixante ans […] Voltaire et Rousseau ainsi que Marx/Seraient d’illustres inconnus…». Devenu symbole d’une certaine manière de parler de son époque, il compte parmi les rares artistes de variétés à oser s’engager au RPR pour y défendre sa vision de la culture française. En 1954, Jean Renoir lui a confié le rôle de Valentin le Désossé dans French Cancan. Il ne cessera plus de tourner, promenant son visage de conquistador dans plus d’une centaine de films et de téléfilms, de Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy en 1956 au téléfilm Dombais et fils de Laurent Jaoui au printemps dernier. Comédien, dans les années 1990, à l’automne de sa vie, il avait trouvé au théâtre des rôles à sa mesure comme cet Ennemi du peuple d’Ibsen joué à Nantes sous la direction de Jean-Luc Tardieu. Ce metteur en scène l’avait accompagné à de nombreuses reprises, à Nantes, Zoo de Vercors, ou à Paris, pour Visites à Mister Green, pièce américaine de Jeff Baron qu’il joua en 2001 et pour laquelle il fut nommé aux Molières. Il créa en 2005 L’Escale de Paul Hengge sous le direction de Stephan Meldegg, ultime apparition du comédien sur scène.

Posté par Coinducinephage à 13:43 - R.I.P. - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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