Le coin du cinéphage

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02 janvier 2008

MORT DE JERZY KAWALEROWICZ

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Annonce de la mort du grand cinéaste polonais Jerzy Kawalerowicz, à l’âge de 85 ans, très estimé en Pologne, assez mal distribué chez nous, même s’Il avait fait l’objet d’une rétrospective au festival de la Rochelle en 1987 et en 1990. Une œuvre foisonnante et inventive.  "La vraie fin de la guerre" évoque le retour à la vie d’un jeune architecte libéré d’un camp de concentration nazi, "Train de nuit", un homme accusé à tort dans un train de la mort d’une femme suite à un quiproquo. En 1961, il a adapté la célèbre affaire de possession démoniaque dans le couvent des Ursulines à Loudun du 17ème siècle, transposé dans la région de Smolensk au 18ème siècle, avant l’ineffable et hystérique version de Ken Russell ("Les diables" en 1971), avec une vision différente plus austère et en noir et blanc, tout en évoquant les grandes "amoures" contrariées entre un prêtre exorciste et une religieuse.  "Pharaon", lui apporte une consécration internationale, avec une des représentation les plus saisissante de l’Egypte ancienne sous Ramses XIII, le DVD du film est hautement recommandable. Les films suivants sont diffusés surtout dans des festivals, comme "Maddalena", histoire d’amour à nouveau entre une veuve et un prêtre, "La mort d’un président", sur l’assassinat en 1922, du président Gabriel Narutowciz, et de son passage éclair au pouvoir, "Rencontre sur l’Atlantique", où un professeur fait une rencontre insolite sur un Transatlantique, ou "L’auberge du vieux Tag", une évocation juive fuyant l’attaque de cosaques. "L’otage de l’Europe" est une curiosité évoquant la confrontation entre Napoléon – Roland Blanche – et Hudson Lowe – Vernon Dobtcheff. Le tournage en Bulgarie fut assez étonnant pour ses interprètes, si j’en crois François Berléand, qui me confiait quelques moments d’hilarités avec les autres comédiens, en retrouvant des petits poissons au fond d’une assiette, histoire de donner une consistance à l’image. Le metteur en scène dirigeait avec flegme, ses acteurs avec l’aide d’un interprète. En 2001, il avait tourné en Pologne, une nouvelle adaptation du célèbre roman d’Henryk Sienkiewicz, avec un important budget. Trois autres DVD,- outre "Pharaon" - sont disponibles chez Malavida dans une collection consacrée au cinéma polonais, "Train de nuit", "Mère Jeanne des anges" et "Austeria", mais ces films édités dans cette compagnie semblent être difficile à trouver en Province - si je prends Bordeaux en exemple, chez le distributeurs "virginfnacquien". N’ayant vu que "Pharaon" et "L’otage de l’Europe", il est très tentant de découvrir ces trois autres œuvres, tant ces deux films étaient passionnants.

Filmographie : 1952  Gromada (La commune) - 1954  Celuloza (Celluloze / Une nuit de souvenir / Sous l’étoile phrygienne) - Pod gwiazda frygijska - 1956  Cien (L’ombre) – 1957  Prawdziwy koniec wielkiej wojny (La vraie fin de la guerre) – 1957  Pociag (Train de nuie) – 1961  Matka Joanna od aniolów (Mère Jeanne des anges) – 1966  Faraon (Le pharaon) – 1968  Gra  (Le jeu)  - 1971  Maddalena (Id) – 1977  Smierc prezydenta (La mort du président) – 1979  Spotkanie na Atlantyku (Rencontre sur l’Atlantique) – Austeria (Id) – 1988  Jeniec Europy (L’otage de l’Europe) – 1991  Bronsteins Kinder – 1996  Za chto? – 2001  Quo Vadis. 

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ARTICLES

LE MONDE du 01.01.08

Jerzy Kawalerowicz , par Jean-Luc Douin

LE MONDE | 01.01.08 | 18h49  •  Mis à jour le 01.01.08 | 18h49

Auteur de Mère Jeanne des anges, Prix spécial du Jury à Cannes en 1961 et mis à l'index par le Vatican, le cinéaste polonais Jerzy Kawalerowicz est mort jeudi 27 décembre 2007, à l'âge de 85 ans. Cette figure du cinéma de l'Est d'après-guerre pensait avec Andrzej Wajda que l'art avait une mission historique, celle de s'affirmer en instrument de l'indépendance nationale et de la révolution sociale. Mais contrairement à Wajda et à cet autre représentant de ce que l'on appela "l'école polonaise" que fut Andrzej Munk (l'auteur de La Passagère), Kawalerowicz ne tourna que deux films à connotation politique : La Mort du président (1977), sur l'assassinat du premier président de la République polonaise, instaurée en 1918, et Pharaon (1966), évocation du règne de Ramsès XIII et plaidoyer pour les résistances romantiques. Il s'attacha tout au long de sa carrière à "passer d'un sujet à un autre, d'une forme à une autre". Ancien étudiant en histoire de l'art, il aura toujours soigné la facture de ses films. C'est avec Train de nuit (1959) qu'il prouva sa maîtrise esthétique. Cherchant l'un et l'autre à oublier un traumatisme (elle, son mariage raté, et lui, chirurgien, la mort d'une adolescente sur sa table d'opération), une femme et un homme se retrouvent dans un compartiment de wagon-lit. Mise en scène virtuose et bande-son jazzy pour un voyage au bout de la nuit des solitudes. Inactif de 1961 à 1966, Kawalerowicz retrouve le succès avec un film inspiré de l'histoire des possédées de Loudun et adapté d'un roman d'Iwaskiewicz (dont Wajda adaptera Le Bois de bouleaux). Mère Jeanne des anges (1961) est situé en Pologne au XVIIIe siècle. Kawalerowicz y compose un décor géométrique et aride, hanté par un érotisme discret, pour évoquer l'histoire d'amour entre la prieure soupçonnée d'être visitée par le diable et le prêtre venu l'exorciser. C'est un prétexte pour traiter le thème du combat entre les passions humaines et les dogmes ou l'intolérance. Symptomatique des superproductions en vogue à l'époque et tourné au Kazakhstan, Pharaon prouve la dextérité du cinéaste à imposer un univers visuel. Et à contourner le danger de traiter des sujets contemporains délicats. Moins connu, Austeria (1981) évoque la culture disparue d'une communauté juive de la Galicie, dont Jerzy Kawalerowicz était originaire. Huis clos parfois onirique situé durant la première guerre mondiale, cette fresque métaphysique, réalisée avec le concours du Théâtre yiddish de Varsovie, annonce ce qui adviendra trente ans plus tard. Entre-temps, le cinéaste, longtemps directeur d'un des studios de production nationale, avait essuyé plusieurs échecs.

Parcours  : 19 janvier 1922 : Naissance à Gwozdziec (Ukraine)

1959 : Réalise "Train de nuit"

1961 : Récompensé à Cannes pour "Mère Jeanne des anges"

27 décembre 2007 : Mort à Varsovie

Mort du cinéaste Jerzy Kawalerowicz, une personnalité du cinéma polonais

VARSOVIE (AFP) — Le cinéaste polonais Jerzy Kawalerowicz, un des fondateurs de l'"école polonaise du cinéma" dès les années 1950, est décédé jeudi des suites d'une hémorragie, à l'âge de 85 ans, a annoncé l'Association des cinéastes polonais dont il fut président d'honneur. Né le 19 janvier 1922 à Gwozdziec (Ukraine), Jerzy Kawalerowicz réalisa 17 films, dont les plus connus sont Le Pharaon, qui lui a valu la nomination pour l'Oscar 1965, Mère Jeanne des anges (Prix spécial du jury à Cannes) et Train de nuit. Son dernier film, la mise à l'écran du roman Quo Vadis de Henryk Sienkiewicz, date de 2001. Il reçut en 1978 un Ours d'argent du Festival de Berlin pour l'ensemble de son oeuvre. Smierc prezydenta (La mort du président) fut docteur honoris causa de la Sorbonne et de l'Ecole de cinéma de Lodz (centre).

Posté par Coinducinephage à 17:07 - R.I.P. - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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