29 janvier 2008
MORT DE PHILIPPE KHORSAND
Annonce de la mort de Philippe Khorsand, à l’âge de 59 ans, d’une hémorragie interne foudroyante. Très populaire sur le petit écran, on l’avait revu récemment encore dans "Une famille formidable", série de Joël Santoni, records d’audience sur TF1 . Il incarnait Richard Mathis, l’ami particulièrement envahissant de Bernard Le Coq, ancien présentateur TV - de... TF1 ! -, qui même au début de la série en 1982, n’hésitait pas à faire des avances à sa femme – Anny Duperey -, alors qu’il était invité par la famille Beaumont pour se consoler de sa séparation avec sa femme. On l’associe immédiatement à son compère Jean-Michel Ribes, il débuta dans l’une de ses mises en scènes en 1966, "L’alchimiste", pièce de Ben Johnson, et ils fonderont avec Gérard Garouste la compagnie de théâtre Palladium. Il lui restera fidèle jusqu’au "Musée haut, musée bas " qui sortira prochainement. Avec Claude Piéplu, Tonie Marshall et Eva Darlan, il est prodigieux au début des années 80, dans "Merci Bernard", à l’aise dans un humour décalé. En 1988, il les retrouvera dans "Palace", où avec Eva Darlan, il donne des conseils aux "fauchés" pour rêver de luxe – Jean-Luc Godard emploiera le couple dans ton "Soigne ta droite" - , ou en directeur des lieux rusé détourne les remontrances d’un client grincheux incarné par Marcel Philippot, qu’il retrouvera récemment – ainsi que Daniel Prévost et Laurent Gamelon - dans une publicité pour une compagnie d’assurance. Le tout venant de la comédie se l’arrache, il fait merveille dans une sorte d’humour dépressif, de l’amant éconduit par Catherine Alric, promenant son spleen face à Daniel Auteuil dans "T’empêches tout le monde dormir !", au concierge défaitiste d’un immeuble de banlieue, désolant Gérard Depardieu dans "Le plus beau métier du monde", deux films de Gérard Lauzier. Il excelle dans "Mes meilleurs copains", de Jean-Marie Poiré, en metteur en scène de théâtre trop gâté pour conserver l'esprit révolutionnaire de sa jeunesse. Il est même en vedette, marié à Stéphane Audran, dans "Corps z’a corps", morne satire de la presse par André Halimi, où il est rédacteur en chef d’un journal économique, contraint de reprendre la gestion d’un magazine érotique. Si le film est guère mémorable, Daniel Sauvaget rédacteur de la "Saison Cinématographique 1988", le salue cependant "...Aucun acteur ne parvient à donner vie à son personnage, sauf par moments, l’excellent et méconnu Philippe Khorsand". Il est vrai que son humour échappé de l’univers d’un Roland Topor, pouvant flirter avec l’absurde, n’aura été finalement utilisé que par le sous-estimé Patrick Schulmann, pour "Zig zag story" - abusivement parfois baptisé "Et la tendresse bordel ? N°2" -, où il incarne un commissaire blasé dont les pensées apparaissent dans des bulles de bandes-dessinées, ou le formidable "Les oreilles entre les dents", où il s’accuse faussement de meurtres histoire d’exister pour lui en s’échappant d’une morne existence. On le retrouve plus sérieusement, chez Claude Lelouch, notamment en personnification tragique de Javert dans "Les misérables", chez Serge Le Péron, qui en fait le confident de Jean-Pierre Léaud dans "L’affaire Marcorelle", et en curé intransigeant dans "Le temps des porte-plumes". On peut déplorer que cette sensibilité ne fut pas plus utilisée. Îl avait eu un parcours au théâtre important, dernière "L'invité" de David Pharao, dans une mise en scène de Jean-Luc Moreau (2004-2005) et "La sonate des spectres" d'August Strindberg (2006), dans une mise en scène d'Ivan Heidsieck. Il fut même à la Comédie Française de 1988 à 1989. Lui, on l'aimait vraiment.
Filmographie : 1970 Laisse aller… c’est une valse (Georges Lautner) - 1976 Lâche-moi les valseuses !… (Alain Nauroy) - 1979 Le mors aux dents (Laurent Heynemann) - Rien ne va plus (Jean-Michel Ribes) - 1980 Inspecteur La Bavure (Claude Zidi) - 1981 T’empêches tout le monde de dormir ! (Gérard Lauzier) - 1982 Édith et Marcel (Claude Lelouch) - Zig zag story (Patrick Schulmann) – 1983 Attention ! une femme peut en cacher une autre (Georges Lautner) - Les compères (Francis Veber) - P’tit con (Gérard Lauzier) - 1984 La vengeance du serpent à plumes (Gérard Oury) - 1985 La galette du roi (Jean-Michel Ribes) - Sauve-toi Lola (Michel Drach) - 1986 Si t’as besoin de rien, fais-moi signe (Philippe Clair) - Les frères Pétard (Hervé Palud) - Septième ciel (Jean-Louis Daniel) - Les oreilles entre les dents (Patrick Schulmann) - 1987 Soigne ta droite (Jean-Luc Godard) - Les années sandwiches (Pierre Boutron) - 1988 Corps z’a corps (André Halimi) - Mes meilleurs copains (Jean-Marie Poiré) - 1989 L’aventure extraordinaire d’un papa peu ordinaire (Philippe Clair) - 1990 La femme fardée (José Pinheiro) - 1991 – Le zèbre (Jean Poiret) - Tableau d’honneur (Charles Némès) - 1992 Une journée chez ma mère (Dominique Cheminal) - La soif de l’or (Gérard Oury) - 1993 La vengeance d’une blonde (Jeannot Szwarc) - Lou n’a pas dit non (Anne-Marie Miéville, voix) - 1994 Les misérables (Claude Lelouch) - 1996 Hommes, femmes : Mode d’emploi (Claude Lelouch) - Le plus beau métier du monde (Gérard Lauzier) - Messieurs les enfants (Pierre Boutron) - 1997 Don Juan (Jacques Weber) - Si je t’aime… prends garde à toi (Jeanne Labrune) - 1999 Premier Noël (Kamel Cherif, CM) - L’affaire Marcorelle (Serge Le Péron) - Total western (Éric Rochant) - 2001 Ce qui compte pour Mathilde (Stéphanie Murat , CM) - 2002 Psykorama (Laurent Platiau, CM) - 2004 Le courage d’ aimer (Claude Lelouch, rôle coupé au montage) - Victoire (Stéphanie Murat) - 2005 Le temps des porte-plumes (Daniel Duval) - 2007 Musée haut, musée bas (Jean-Michel Ribes). Scénariste : 1976 L’Hippopotamours (Christian Fuin) - 1979 Rien ne va plus (Jean-Michel Ribes).
Télévision : (notamment) 1971 Théorèmes et travaux pratiques (James James) - 1978 Caméra une première : Nous ne l'avons pas assez aimée (Patrick Antoine) - 1981 Le gros oiseau (Jean-Michel Ribes) - Humour libre (Jean-Michel Ribes) - Merci Bernard (Jean-Michel Ribes) - 1982 Humour FR3 (Jean-Michel Ribes) - Télévision de chambre : Casting (Arthur Joffé, MM) - Le petit théâtre d'Antenne 2 : Personne ne me regarde dans la rue (Jean-Michel Ribes) - 1983 L'appartement (Dominique Giuiani) - 1984 Le jardin d'Eponine (Michel Boisrond) - Batailles (Jean-Michel Ribes, captation) - 1985 Le véto (Daniel Moosmann) - Un mariage de prix (Michel Treguer) - 1986 Série noire : Mort aux ténors (Serge Moati) - Série rose : "À la feille de rose", maison turque (Michel Boisrond) - Carnet de vie (Bruno Gantillon) - 1988 Sueurs froides : Dernier week-end (Hervé Palud) - M'as-tu-vu ? (Éric Le Hung, 6 épisodes) - La belle anglaise : Un drôle de client (Jacques Besnard) - Palace (Jean-Michel Ribes) - Le banquet (Marco Ferreri) - 1989 Des cadavres à la pelle (Éric Le Hung) - David Lansky : Le gang des limousines (Hervé Palud) - 1990 Eurocops : Secret défense (Franck Apprederis) - 1991, Une famille formidable (Joël Santoni, saison 1, trois épisodes) - 1992 Papa veut pas que je t'épouse (Patrick Volson) - Vacances au purgatoire (Marc Simenon) - Une famille formidable (Joël Santoni, saison 2, 3 épisodes) - 1994 Le misanthrope (Mathias Ledoux, captation en direct) - Des enfants dans les arbres (Pierre Boutron) - Une famille formidable (Joël Santoni, saison 3, 3 épisodes) - 1996 Une femme explosive (Jacques Deray) - 1997 Mira la magnifique (Agnès Delarive) - 1999 Une famille formidable (Joël Santoni, saison 4, 3 épisodes) - 2001 L'aîné des Ferchaux (Bernard Stora) - Navarro : Graine de Macadam (José Pinheiro) - 2002 Maigret et le fou de Sainte Clotilde (Claudio Tonetti) - Une famille formidable (Joël Santoni, saison 5, 3 épisodes) - Soeur Thérèse.com (pilote) (Christian Faure) - 2003 Le voyage de la grande duchesse (Joyce Buñuel) - Soeur Thérèse.com : Changement de régime (Christian Faure) - Les Bronzés, le père Noël, Papy et les autres (Stéphane Kopecki) - 2004 Une famille formidable (Joël Santoni, saison 6, 3 épisodes) - 2005 Soeur Thérèse.com : Au nom du père (Olivier Barma) - 2006 Soeur Thérèse.com : Meutre en sous-sol (Christophe Douchand) - Une famille formidable (Joël Santoni, saison 7, 3 épisodes) - 2007 SoeurThérèse.com : L'assassin est parmi nous (Joyce Buñuel) - Soeur Thérèse.com : Thérèse et le voyant (Vincent Marano).
Théâtre : 1966 L’ALCHIMISTE de Ben Jonhson, Mise en scène : Jean-Michel Ribes - 1967 HERMAN EST DE RETOUR de F. Martial, Mise en scène : Jean-Michel Ribes - LE RADEAU DE LA MEDUSE de Jérôme Savary; Mise en scène : Jérôme Savary - 1969 LE LAI DE BARRABAS de Fernando Arrabal, Mise en scène : Jean-Michel Ribes - 1970 LES FRAISES MUSCLEES de Jean-Michel Ribes, Mise en scène : Jean-Michel Ribes - 1974 L’ODYSSEE POUR UNE TASSE DE THE de Jean-Michel Ribes, Mise en scène : Jean-Michel Ribes - 1978 LE GROS OISEAU de Jean-Michel Ribes, Mise en scène : Jean-Michel Ribes - 1979 YERMA de Federico Garcia Lorca, Mise en scène : Eric Nonn - 1980 LE MARIAGE DE FIGARO de Beaumarchais, Mise en scène : Françoise Petit (Compagnie Jacques Weber) - 1981 LES 30 MILLIONS DE GLADIATOR d’Eugène Labiche, Mise en scène : Françoise Petit (Théâtre du 8ème à Lyon - A la Maison de la Culture à Nanterre) - 1982 LE GARCON D’APPARTEMENT de Gérard Lauzier, Mise en scène : Daniel Auteuil (Théâtre Marigny) - 1983 BATAILLES de Jean-Michel Ribes et Roland Topor, Mise en scène : Jean-Michel Ribes ( héâtre du Petit Athénée - Théâtre Fontaine) - 1983 LE MONDE EST PETIT, LES PYGMEES AUSSI de Philippe Bruneau, Mise en scène : Philippe Bruneau (Le Splendid Saint-Martin) - 1984 LEOCADIA de Jean Anouilh, Mise en scène : Pierre Boutron (Comédie des Champs Elysées) - Saison 85/86/87 LA CUISSE DU STEWARD de Jean-Michel Ribes, Mise en scène : Bernard Murat (Théâtre de la Renaissance - Avec Jacqueline Maillan, Roland Blanche) - 1986/1987 L’AMUSE-GUEULE, Mise en scène : PierreMondy (Théâtre du Palais Royal) - 1987/1988 LE PONT DES SOUPIRS de Jacques Offenbach, Mise en scène : Jean-Michel Ribes (Théâtre de Paris) - 1988/1989 LA CAGNOTTE d’Eugène Labiche, Mise en scène : Jean-Michel Ribes (La Comédie Française) - 1989 PIECES DETACHEES d’Alan Ayckbourn, Mise en scène : Bernard Murat (Théâtre de la Michodière) - 1992 RUMEUR A WALL STREET de Bernard Chatellier, Mise en scène : Bérangère Bonvoisin (Théâtre des Amandiers-Nanterre) - DE DERRIERE LES COLLINES de Jean-Louis Bourdon, Mise en scène : Jean-Louis Bourdon (Festival d’Avignon) - 1993 LA MEGERE APPRIVOISEE de William Shakespeare, Mise en scène : Jérôme Savary (Théâtre National de Chaillot) -1993/1994 TAILLEUR POUR DAMES de Georges Feydeau, Mise en scène : Bernard Murat (Théâtre de Paris) - 1994 LE MISANTHROPE de Molière, Mise en scène : Jacques Weber (Canal +) - 1994/1995 L’HOTEL DU LIBRE ECHANGE de Georges Feydeau, Mise en scène : Franck Lapersonne (Théâtre de la Michodière) - 1996 LE PORTEFEUILLE de Pierre Sauvil et Eric Assous, Mise en scène : Jean-Luc Moreau (Théâtre Saint-Georges) - 1996/1997 BAGATELLE(S) de Noël Coward, Mise en scène : Pierre Mondy (Théâtre de Paris) - 1997/1998 CYRANO DE BERGERAC d’Edmond Rostand, Mise en scène : Jérôme Savary (Théâtre National de Chaillot) - 1998/2000 FREDERIK OU LE BOULEVARD DU CRIME d’Eric Emmanuel-Schmitt, Mise en scène : Bernard Murat (Théâtre Marigny et en tournée) - 2002 THEATRE SANS ANIMAUX de Jean-Michel Ribes, Mise en scène : Jean-Michel Ribes (Théâtre Tristan Bernard) - 2003/2005 L’INVITE de David Pharao, Mise en scène : Jean-Luc Moreau (Théâtre Edouard VII - Théâtre des Mathurins et en tournée - Nomination aux Molières 2004) - 2006/2007 2006/2007 FAMILLE DE STARS de Rémi Rosello, Mise en scène : Rémi Rosello (En tournée). Mise en scène : 1971 OH ! CALCUTTA (À l'Élisée Montmartre).
Remerciements à Aurélie Grasso de l'Agence Artistique Nicole Cann
Le comédien Philippe Khorsand répètant une scène de la pièce "L'invité" de David Pharao, en représentation au théâtre Edouard VII à Paris, le 26 septembre 2003
ARTICLE / AFP
Mort du comédien Philippe Khorsand, visage familier de la série "Palace"
PARIS (AFP) — Le comédien Philippe Khorsand, révélé au grand public par les séries TV "Palace" et "Merci Bernard" de Jean-Michel Ribes, est mort mardi matin à Paris, à l'âge de 59 ans, des suites d'une maladie, a-t-on appris auprès de son agent. Pensionnaire de la Comédie-Française de 1988 à 1989, Philippe Khorsand, figure populaire de la télévision, du cinéma et du théâtre, était entré au cours Simon à l'âge de 15 ans. Georges Lautner lui avait offert son premier rôle au cinéma en 1971 dans "Laisse aller, c'est une valse". Pour la télévision, il faisait partie de la distribution des séries "Une famille formidable" et "Soeur Thérèse.com" avec Anny Duperey et Dominique Lavanant dans les principaux rôles. Il a tourné une cinquantaine de films et joué dans une trentaine de pièces de théâtre, dont 10 ont été mises en scène par Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point à Paris. Après "Merci Bernard", série de Jean-Michel Ribes qui a renouvelé l'humour à la télévision en 1982, Philippe Khorsand a suivi le réalisateur avec "Palace" dans le rôle du directeur de l'hôtel harcelé par l'éternel client mécontent. Dans le rôle de "Gentil John", Philippe Khorsand formait aussi un duo mémorable dans "Palace" avec la comédienne Eva Darlan. Leurs personnages au comble du snobisme, donnaient des conseils aux téléspectateurs pour "être palace chez soi". Né le 17 février 1948 d'une mère française et d'un père iranien, Philippe Khorsand a joué au cinéma des personnages très divers sous la direction de Claude Zidi ("Inspecteur la bavure", "Attention ! Une femme peut en cacher une autre"), Claude Lelouch ("Edith et Marcel", "Les Misérables", "Hommes, femmes, mode d'emploi", "Le courage d'aimer"), Francis Weber ("Les Compères"), Gérard Oury ("La Vengeance du serpent à plumes"), Jean Poiret ("Le Zèbre"), Jacques Weber ("Don Juan")... Au théâtre, Philippe Khorsand avait mis en scène en 1971 "Oh ! Calcutta" à l'Elysée Montmartre à Paris. Il a joué sur les planches une variété de rôles, dans "Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais (1980), "Leocadia" d'Anouilh (1984), "La Cagnotte" de Labiche (1988), "La Mégère apprivoisée" de Shakespeare (1992), "Cyrano de Bergerac" de Rostand (1997). Sa dernière collaboration avec Jean-Michel Ribes remonte à quelques mois avec le tournage du film "Musée haut, musée bas" dont la sortie est prévue en octobre. Philippe Khorsand a participé dernièrement à des publicités pastichant la série "Palace" pour une compagnie d'assurance.
23 janvier 2008
MORT D'HEATH LEDGER
Annonce de la mort de Heath Ledger, ce 22 janvier, à l’âge de 28 ans, liée selon la police à une prise de stupéfiants, dans une résidence de Manhattan (source AP). Après Brad Renfro - "Un élève doué", "Bully" -, mort à l’âge de 25 ans et à l’instar d’un River Phoenix, le sort s’acharne sur le destin des jeunes acteurs hollywoodien. Né à Perth, le 4 avril 1979, son père est ingénieur et sa mère professeur de français, lui donne le prénom du personnage d’Emily Brontë dans "Les hauts du hurlevent". Australien, d’origine irlandaise et écossaise, il se découvre des affinités dans le mode artistique et celui du sport à la "Guildford Grammar School", en Australie. Il devient très vite populaire dans des films de divertissement comme le curieux "Chevalier" (2001), film médiéval à la sauce glam-rock. Il est aussi le digne fils de Mel Gibson, dont il partage le charisme, dans le pachydermique "The Patriot". On le retrouve aussi en fils suicidé de Bill Bob Thorton dans l'excellent "À l'ombre de la haine". Son côté sportif et son physique avenant, le prédisposent à être champion de surf dans "Les seigneurs de Downtown". Il connaît une consécration – saluée par une nomination aux oscars – en cow-boy frustre tombant amoureux de Jake Gyllenhaal dans le flamboyant "Le secret de Brokeback Mountain", il ne manque pas ainsi l’occasion de d’écorner une image un peu lisse. Il rencontre sur le tournage l’actrice Michelle Williams, avec laquelle il eut une fille. Terry Gilliam l’engage pour camper l’un des frères Grimm dans le film éponyme, mais le film déçoit un peu. Il participe au film expérimental "I’m not there", où formant un couple avec Charlotte Gainsbourg, il personnifie l’attitude de Bob Dylan face au vedettariat, désabusé face aux vanités de la société du spectacle, prestation qui a une résonance particulière désormais. Pour la petite histoire, il fit sensation en arrivant à la présentation du film à la dernière Mostra de Venise 2007, en short et en chaussettes rouges. On le retrouvera l’été prochain dans le rôle du Joker, face à Christian Bale en Batman, succédant à Jack Nicholson - lourde tâche -, mais les premiers extraits du film, semblent montrer une belle performance. Il avait débuté le tournage du prochain film de Terry Gilliam "The imaginarium of Doctor Parnacius", cinéaste malheureusement coutumier des coups du sort. Ne doutons pas que quelques distributeurs avisés profiteront de sa mort, pour sortir les inédits "Casanova" de Lasse Hallström, où il interprète le rôle titre et "Candy", dans lequel il joue un junkie. Ce comédien très prometteur et couvert de prix - 13 récompenses selon IMDb -, avait ces dernières années des choix très intéressants et une exigence certaine. Annonce également de la mort de Jean-François Rémi, excellent comédien français cantonné dans les rôles de notables - le copain goguenard golfeur de Claude Brasseur dans "Signes extérieurs de richesse" -, à lire l'excellent hommage d'Yvan Foucart à son sujet pour "Les gens du cinéma", Carlos qui a promené sa bonhomie dans quelques films et dans la série sur TF1 "Le J.A.P.", Maila Murmi dite "Vampira", cultissime vedette du "Plan 9 from outer space" d'Ed Wood, et de Suzanne Pleshette, dont on peut lire un excellent portrait dans l'excellent "dictionnaire Hitchcock", paru récemment sous la direction de Laurent Bourdon aux éditions Larousse, mais le temps me manque pour les évoquer.
Avec Charlotte Gainsbourg dans "I'm not here"
Filmographie : 1992 Clowning Around (George Whaley) - 1997 Paws ( Karl Zwicky) - Blackrock (Steven Vidler) - 1998 Two Hands (Gregor Jordan) - 1999 10 Things I Hate About You (10 bonnes raisons de te larguer) (Gil Junger) - 2000 The Patriot (The Patriot : Le chemin de la liberté) (Roland Emmerich) - 2001 A Knight's Tale (Chevalier) (Brian Helgeland) - Monster's Ball (À l’ombre de la haine) (Mark Forster) - The Four Feathers (Frères du désert) (Shekhar Kapur) - 2003 The Order (Le purificateur) (Brian Helgeland) - Ned Kelly (Gregor Jordan) – 2005 Candy (Neil Armfeld) - Lords of Dogtown (Les seigneurs de Dogtown) (Catherine Hardwicke) - The Brothers Grimm (Les frères Grimm) (Terry Gilliam) - Brokeback Mountain (Le secret de Brokeback Mountain) (Ang Lee) - Casanova (Lasse Hallström) - 2007 I’m not there (Id) (Todd Haynes) - The Dark Night (Christopher Nolan) - The imaginarium of Doctor Parnacius (Terry Gilliam). Télévision (notamment) : 1996 Sweat 1997/2000 Roar (Roar, la légende de Conor) (13 épisodes).

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LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 23.01.08 | 08h51 • Mis à jour le 23.01.08 | 09h11
Heath Ledger, héros du "Secret de Brokeback Mountain", retrouvé mort à New York
Heath Ledger, qui jouait l'un des deux héros du Secret de Brokeback Mountain, a été retrouvé mort, mardi 22 janvier, dans son appartement de Soho, à Manhattan, a annoncé la police new-yorkaise. L'acteur, né en Australie, avait 28 ans. Il a été retrouvé nu au pied de son lit vers 15 h 30, heure locale (21 h 30, heure de Paris) par une employée de maison qui a tenté de le réveiller, en vain, a indiqué Paul Browne, porte-parole de la police. La cause du décès n'a pas été établie. Des médicaments, dont des somnifères, ont été retrouvés dans l'appartement, mais pas éparpillés autour de lui comme l'avait d'abord indiqué la presse, a précisé la police. Une autopsie doit être réalisée mercredi. "UN DES ACTEURS LES PLUS DOUÉS DE NOTRE PAYS" : Le père de l'acteur, Kim Ledger, a parlé de "mort accidentelle" dans une déclaration lue à la presse devant la maison familiale, à Perth (Australie). "C'était quelqu'un de généreux, qui avait les pieds sur terre et aimait la vie (...). Heath a touché tellement de gens durant sa courte vie, mais peu avaient le plaisir de le connaître vraiment", a-t-il ajouté.Heath Ledger avait été nominé pour l'Oscar du meilleur acteur pour son rôle dans Le Secret de Brokeback Mountain. Ce film, qui raconte l'histoire d'amour entre deux hommes dans l'Ouest américain des années 1960 et 1970, avait reçu le Lion d'or à la Mostra de Venise en 2005 et valu à Ang Lee l'Oscar du meilleur réalisateur. Heath Ledger était le père d'une petite fille, Matilda. Il s'était séparé l'an dernier de sa mère, Michelle Williams, qui jouait son épouse dans le film. Plusieurs acteurs, dont ses compatriotes Mel Gibson et Nicole Kidman, mais aussi John Travolta et sa partenaire dans I'm Not There, Cate Blanchett, lui ont rendu hommage. "C'est une tragédie d'avoir perdu un des acteurs les plus doués de notre pays, qui était dans la fleur de l'âge", a déclaré le premier ministre australien, Kevin Rudd, dans un communiqué, saluant les rôles "divers et exigeants" qu'avait incarnés Heath Ledger. L'acteur sera à l'affiche en juillet du nouveau Batman, où il avait repris le rôle du Joker.
02 janvier 2008
MORT DE JERZY KAWALEROWICZ
Annonce de la mort du grand cinéaste polonais Jerzy Kawalerowicz, à l’âge de 85 ans, très estimé en Pologne, assez mal distribué chez nous, même s’Il avait fait l’objet d’une rétrospective au festival de la Rochelle en 1987 et en 1990. Une œuvre foisonnante et inventive. "La vraie fin de la guerre" évoque le retour à la vie d’un jeune architecte libéré d’un camp de concentration nazi, "Train de nuit", un homme accusé à tort dans un train de la mort d’une femme suite à un quiproquo. En 1961, il a adapté la célèbre affaire de possession démoniaque dans le couvent des Ursulines à Loudun du 17ème siècle, transposé dans la région de Smolensk au 18ème siècle, avant l’ineffable et hystérique version de Ken Russell ("Les diables" en 1971), avec une vision différente plus austère et en noir et blanc, tout en évoquant les grandes "amoures" contrariées entre un prêtre exorciste et une religieuse. "Pharaon", lui apporte une consécration internationale, avec une des représentation les plus saisissante de l’Egypte ancienne sous Ramses XIII, le DVD du film est hautement recommandable. Les films suivants sont diffusés surtout dans des festivals, comme "Maddalena", histoire d’amour à nouveau entre une veuve et un prêtre, "La mort d’un président", sur l’assassinat en 1922, du président Gabriel Narutowciz, et de son passage éclair au pouvoir, "Rencontre sur l’Atlantique", où un professeur fait une rencontre insolite sur un Transatlantique, ou "L’auberge du vieux Tag", une évocation juive fuyant l’attaque de cosaques. "L’otage de l’Europe" est une curiosité évoquant la confrontation entre Napoléon – Roland Blanche – et Hudson Lowe – Vernon Dobtcheff. Le tournage en Bulgarie fut assez étonnant pour ses interprètes, si j’en crois François Berléand, qui me confiait quelques moments d’hilarités avec les autres comédiens, en retrouvant des petits poissons au fond d’une assiette, histoire de donner une consistance à l’image. Le metteur en scène dirigeait avec flegme, ses acteurs avec l’aide d’un interprète. En 2001, il avait tourné en Pologne, une nouvelle adaptation du célèbre roman d’Henryk Sienkiewicz, avec un important budget. Trois autres DVD,- outre "Pharaon" - sont disponibles chez Malavida dans une collection consacrée au cinéma polonais, "Train de nuit", "Mère Jeanne des anges" et "Austeria", mais ces films édités dans cette compagnie semblent être difficile à trouver en Province - si je prends Bordeaux en exemple, chez le distributeurs "virginfnacquien". N’ayant vu que "Pharaon" et "L’otage de l’Europe", il est très tentant de découvrir ces trois autres œuvres, tant ces deux films étaient passionnants.
Filmographie : 1952 Gromada (La commune) - 1954 Celuloza (Celluloze / Une nuit de souvenir / Sous l’étoile phrygienne) - Pod gwiazda frygijska - 1956 Cien (L’ombre) – 1957 Prawdziwy koniec wielkiej wojny (La vraie fin de la guerre) – 1957 Pociag (Train de nuie) – 1961 Matka Joanna od aniolów (Mère Jeanne des anges) – 1966 Faraon (Le pharaon) – 1968 Gra (Le jeu) - 1971 Maddalena (Id) – 1977 Smierc prezydenta (La mort du président) – 1979 Spotkanie na Atlantyku (Rencontre sur l’Atlantique) – Austeria (Id) – 1988 Jeniec Europy (L’otage de l’Europe) – 1991 Bronsteins Kinder – 1996 Za chto? – 2001 Quo Vadis.
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LE MONDE du 01.01.08
Jerzy Kawalerowicz , par Jean-Luc Douin
LE MONDE | 01.01.08 | 18h49 • Mis à jour le 01.01.08 | 18h49
Auteur de Mère Jeanne des anges, Prix spécial du Jury à Cannes en 1961 et mis à l'index par le Vatican, le cinéaste polonais Jerzy Kawalerowicz est mort jeudi 27 décembre 2007, à l'âge de 85 ans. Cette figure du cinéma de l'Est d'après-guerre pensait avec Andrzej Wajda que l'art avait une mission historique, celle de s'affirmer en instrument de l'indépendance nationale et de la révolution sociale. Mais contrairement à Wajda et à cet autre représentant de ce que l'on appela "l'école polonaise" que fut Andrzej Munk (l'auteur de La Passagère), Kawalerowicz ne tourna que deux films à connotation politique : La Mort du président (1977), sur l'assassinat du premier président de la République polonaise, instaurée en 1918, et Pharaon (1966), évocation du règne de Ramsès XIII et plaidoyer pour les résistances romantiques. Il s'attacha tout au long de sa carrière à "passer d'un sujet à un autre, d'une forme à une autre". Ancien étudiant en histoire de l'art, il aura toujours soigné la facture de ses films. C'est avec Train de nuit (1959) qu'il prouva sa maîtrise esthétique. Cherchant l'un et l'autre à oublier un traumatisme (elle, son mariage raté, et lui, chirurgien, la mort d'une adolescente sur sa table d'opération), une femme et un homme se retrouvent dans un compartiment de wagon-lit. Mise en scène virtuose et bande-son jazzy pour un voyage au bout de la nuit des solitudes. Inactif de 1961 à 1966, Kawalerowicz retrouve le succès avec un film inspiré de l'histoire des possédées de Loudun et adapté d'un roman d'Iwaskiewicz (dont Wajda adaptera Le Bois de bouleaux). Mère Jeanne des anges (1961) est situé en Pologne au XVIIIe siècle. Kawalerowicz y compose un décor géométrique et aride, hanté par un érotisme discret, pour évoquer l'histoire d'amour entre la prieure soupçonnée d'être visitée par le diable et le prêtre venu l'exorciser. C'est un prétexte pour traiter le thème du combat entre les passions humaines et les dogmes ou l'intolérance. Symptomatique des superproductions en vogue à l'époque et tourné au Kazakhstan, Pharaon prouve la dextérité du cinéaste à imposer un univers visuel. Et à contourner le danger de traiter des sujets contemporains délicats. Moins connu, Austeria (1981) évoque la culture disparue d'une communauté juive de la Galicie, dont Jerzy Kawalerowicz était originaire. Huis clos parfois onirique situé durant la première guerre mondiale, cette fresque métaphysique, réalisée avec le concours du Théâtre yiddish de Varsovie, annonce ce qui adviendra trente ans plus tard. Entre-temps, le cinéaste, longtemps directeur d'un des studios de production nationale, avait essuyé plusieurs échecs.
Parcours : 19 janvier 1922 : Naissance à Gwozdziec (Ukraine)
1959 : Réalise "Train de nuit"
1961 : Récompensé à Cannes pour "Mère Jeanne des anges"
27 décembre 2007 : Mort à Varsovie
Mort du cinéaste Jerzy Kawalerowicz, une personnalité du cinéma polonais
VARSOVIE (AFP) — Le cinéaste polonais Jerzy Kawalerowicz, un des fondateurs de l'"école polonaise du cinéma" dès les années 1950, est décédé jeudi des suites d'une hémorragie, à l'âge de 85 ans, a annoncé l'Association des cinéastes polonais dont il fut président d'honneur. Né le 19 janvier 1922 à Gwozdziec (Ukraine), Jerzy Kawalerowicz réalisa 17 films, dont les plus connus sont Le Pharaon, qui lui a valu la nomination pour l'Oscar 1965, Mère Jeanne des anges (Prix spécial du jury à Cannes) et Train de nuit. Son dernier film, la mise à l'écran du roman Quo Vadis de Henryk Sienkiewicz, date de 2001. Il reçut en 1978 un Ours d'argent du Festival de Berlin pour l'ensemble de son oeuvre. Smierc prezydenta (La mort du président) fut docteur honoris causa de la Sorbonne et de l'Ecole de cinéma de Lodz (centre).
01 janvier 2008
BONNE ANNÉE QUAND MEME
Meilleurs voeux à tous en nous souhaitant quelques excellents films pour 2008 dans la lignée de "La graine et le mulet" et plein de comédies franchouillardes qui seront un véritable régal pour les amateurs de navets en 2058. Je ne résiste pas à vous montrer la photo de Mary Pickford figurant sur les voeux de Christian Grenier, créateur de l'excellente Encinémathèque .




