31 janvier 2009
MORT D'ARMAND MEFFRE
Capture d'écran d'Armand Meffe dans "Quentin Durward"
Annonce de la mort d’Armand Meffre par le site des Gens du cinéma, le 22 janvier dernier à l’âge de 79 ans. Jacques Marquis dans le numéro 1253 de Télérama, du 19/01/1974, faisait de lui un portrait très juste : "J’ai déjà vu cette tête-là quelque part. C’était à la télé ; il y en avait plein le petit écran de ce colosse barbu et de son quintal d’intarissable bonhomie. C’était dans un de ces seconds rôles dont on se souvient longtemps. Parce qu’"il", avait si bien la tête de l’emploi. Mais, voyez comme on est ingrat, je n’ai pas la mémoire des noms. Renseignement pris, il s’appelle Armand Meffre, il a quarante-cinq ans, le cheveu court et frisé, la barbe épaisse et la silhouette prospère. Compagnon admiratif de "L’illustre Maurin", c’est un familier de la télévision (…). Méconnu malgré tout. Au théâtre, il a joué tous les grands auteurs classiques et contemporains. Il a adapté pour la radio des œuvrés italiennes. Il écrit. Il joue du violon. Et il parle…. Pas très bavard sur sa jeunesse, craignant le mauvais folklore. Mais naturellement loquace dès qu’il évoque ses rôles, les comédiens, le théâtre, et son Midi. Car ce comédien singulier, paysan d’origine et de constitution, prétend que si dans son métier on ne se préoccupe que de soi-même, on en arrive vite à ne plus faire que des grimaces.". On apprend dans ce même numéro, son parcours atypique: il a débuté à l’âge de 27 ans, alors qu’il était agriculteur dans le Vaucluse. Il se confie ainsi : "On faisait le vin, les cerises et les asperges. Ça me plaisait. Mais j’ai toujours refusé toute fatalité. Je faisais du théâtre amateur, dans mon village, avec l’instituteur. Pendant que les autres troupes d’amateurs jouaient du Max Régnier ou du théâtre de boulevard, nous montions Marivaux, Jules Romains. C’était tout de même autre chose. Et puis je disais des poèmes. Je me souviens être allé à Cavaillon pour un radio-crochet avec des poèmes de Jehan Rictus ! Le gars, pas dupe du travail qu’il faisait m’a dit : "Tu vas te faire étendre mais, par contre, tu devrais faire du théâtre". Un jour, des gens qui campaient dans mon village m’ont entendu dire des poèmes et m’ont conseillé d’aller voir [Roger] Planchon à Lyon (…) Il m’a engagé à la première audition et il m’a confié tout de suite des rôles importants : Paolo Paolini, d’Adamov, Georges Dandin (de Molière). J’ai joué Ionesco, Brecht, Beckett". Le cinéma l’engage parfois, mais c’est surtout à la télévision qu’il connaît une formidable popularité, notamment dans la série "Le théâtre de la jeunesse". On le retrouve ainsi dans le rôle du truculent marin Pencroft dans "L’île mystérieuse" (1963) aux côtés de Georges Géret et Michel Etcheverry – le DVD est disponible chez Koba Vidéo -. Il est aussi un père qui garde sa dignité malgré la mort de sa fille face à Guy Tréjan dans "Tribunal de l’impossible : La bête du Gévaudan" (1967), et un ecclésiastique goguenard dans "Quentin Durward" (1971). Mais il restera soucieux de ne pas se laisser enfermer dans des rôles de provençaux, même si son talent lui permettait d’illustrer la Provence de Marcel Pagnol comme celle de Jean Giono dans des adaptations. Il répond ainsi à la question "Votre accent méridional ne vous a pas gêné pour obtenir certains rôles ?" : "Non, dans la vie je m’exprime avec mon accent et j’y tiens. Mais j’ai horreur de la spécialisation. J’aurais très bien pu jouer la carte du Méridional. Or, ce qui est étonnant, c’est que pendant dix ans, n’ayant joué que des auteurs classiques ou contemporains, chaque fois que je me présentais pour un rôle de Méridional, on ne voulait pas de moi. Il a fallut que je joue un Marseillais dans "La clé des cœurs" à la télévision pour qu’on me confie des rôles de Méridionaux". Il aimait aussi à se diversifier, comme écrivain, auteur de pièces de théâtre, scénariste pour la télévision et peintre : "Je n'ai jamais voulu courir le cacheton. Mais la liberté coûte cher. Je préfère la payer le prix. Et puis ma peinture après tout je la vends". Il conclue ainsi l'entretien : "L'important c'est de rentrer sur une scène ou sur un plateau avec l'idée qu'au moment où l'on joue, on doit vous regarder. Sinon, ce n'est pas la peine d'entrer. Moi quand j'entre en scène je me dis que je suis le plus fort". A lire un portrait très complet à son sujet sur le site Le répertoire des auteurs de théâtre. Sur le site des Gens du cinéma, on peut retrouver deux hommages par Yvan Foucart au sujet de Magali de Vendeuil et de Marie Glory décédées également en janvier.
Capture d'écran d'Armand Meffre et Guy Tréjan dans "La bête du Gévaudan"
Filmographie : 1959 Par-dessus le mur (Jean-Paul Le Chanois) - 1961 Le combat dans l’île (Alain Cavalier) - 1964 Monsieur (Jean-Paul Le Chanois) - La vieille dame indigne (René Allio) - 1968 Sous le signe du taureau (Gilles Grangier) - 1969 Heureux qui comme Ulysse... (Henri Colpi) - Trop petit, mon ami (Eddy Matalon) - Soleil O (Med Hondo) - 1972 Le moine (Ado Kyrou) - 1973 Le boucher, la star et l’orpheline (Jérôme Savary) - 1974 Verdict (André Cayatte) - 1976 Le pays bleu (Jean-Charles Tacchella) - 1979 Retour à Marseille (René Allio) - 1982 Le braconnier de Dieu (Jean-Pierre Darras) – Le grain de sable (Pomme Meffre) - 1984 J’ai rencontré le Père Noël (Christian Gion) - 1985 Jean de Florette (Claude Berri) – Manon des sources (Claude Berri) - 1987 Charlie Dingo (Gilles Béhat) - 1995 Le paradis des infidèles (Azize Kabouche, CM) - 1997 Charité Biz'ness (Thierry Barthes & Pierre Jamin). Télévision (notamment) : 1961 Flore et Blancheflore (Jean Prat) - Le théâtre de la jeunesse : Un bon petit diable (Jean-Paul Carrère) - 1962 Le théâtre de la jeunesse : Un pari de milliardaire (Marcel Cravenne) - 1963 Le théâtre de la jeunesse : L’île mystérieuse (Pierre Badel) - Le théâtre de la jeunesse : L'enfance de Thomas Edison (Jean-Christophe Averty) - 1964 Le théâtre de la jeunesse : Un matelot de nulle part (Marcel Cravenne) - 1965 Ubu roi (Jean-Christophe Averty) - Le théâtre de la jeunesse : Marie Curie : Le radium (Pierre Badel) - Sylvérie ou les fonds hollandais (Michel Ayats) - 1966 Le théâtre de la jeunesse : La clef-des-cœurs (Yves-André Hubert) - Le théâtre de la jeunesse : L'homme qui a perdu son ombre (Marcel Cravenne) - Le théâtre de la jeunesse : La belle Nivernaise (Yves-André Hubert) - L’Arlésienne (Pierre Badel) - 1967 Le tribunal de l’impossible : Le bête de Gévaudan (Yves-André Hubert) - L’affaire Lourdes (Marcel Bluwal) - Le voleur d'enfants (Bernard Hecht) - 1968 Les contes du chat perché (Arlen Papazian) - Sarn (Claude Santelli) - Le théâtre de la jeunesse : Ambroise Paré : Les victoires (Jacques Trébouta) - Cinq jours en automne (Pierre Badel) - 1969 Fortune (Henri Colpi) - En votre âme et conscience : L’affaire Fieschi (Claude Dagues) - Mesure pour mesure (Marcel Bluwal) - 1970 Maurin des Maures (Claude Dagues) - Le tribunal de l’impossible : Un mystère contemporain (Alain Boudet) - Le chien qui a vu Dieu (Paul Paviot) - Les lettres de mon moulin (Pierre Badel) - 1971 Les nouvelles aventures de Vidocq : Échec à Vidocq (Marcel Bluwal) - & Les trois crimes de Vidocq (Marcel Bluwal) - Quentin Durward (Gilles Grangier) - Tang (André Michel) - Le voyageur des siècles : Le bonnetier de la rue Tripette (Jean Dréville) - 1972 Dimanche volé (Gérard Chouchan) - Paix à ses cendres (Guy Lessertisseur) - Alberte (Sverre Udnaes) - 1973 L’éducation sentimentale (Marcel Cravenne) - L’hiver d’un gentilhomme (Yannick Andréi) – L’illustre Maurin (Claude Dagues) - 1974 Les faucheurs de marguerites (Marcel Camus) - 1975 Azev : Le tsar de la nuit (Guy Lessertisseur) - 1976 Les lavandes et le réseda (Jean Prat) - Le sanglier de Cassis (Carlo Rim) - 1980 Un jour de presqu’hiver (Christian Marc) - La fin du Marquisat d’Aurel (Guy Lessertisseur) - Colline (Lazare Iglésis) - 1981 Le chèvre d’or (Jean Dasque) - Ursule Mirouët (Marcel Cravenne) - 1982 Vivre ma vie (Georges Ferraro) - Bonbons en gros (François Dupont-Midy) - 1984 Série noire : Cœur de hareng (Paul Vecchiali) - 1990 L’ami Giono : La solitude de la pitié (Marcel Bluwal) - L’ami Giono : Joffroy de la Maussan (Marcel Bluwal) - 1989 Il professore : Diva (La diva et le professeur) (Steno) - Il professore : Polizza droga (Steno) - 1993 Young Indiana Jones chronicles (Les aventures du jeune Indiana Jones) : Paris 1908 (René Manzor & Carl Schultz) - 1994 La grande collection : Goupil-mains rouges (Claude Goretta) - 1996 Dans un grand vent de fleurs (Gérard Vergez) - La comète (Claude Santelli) - 1997 Des mouettes dans la tête (Bernard Malaterre) - 1998 La clé des champs (Charles Nemes) - Divers : 1997 Marciel monte à Paris (Marc Hollogne, pièce de cinéma-théâtre). Scénariste TV : 1976 Les lavandes et la liberté (Jean Prat) - Batailles pour les lavandes (Jean Prat) - 1979 La fin du Marquisat d'Aurel (Guy Lessertisseur) - 1985 Le soleil des autres (Guy Jorré). Remerciements à Armel de Lorme.
15 janvier 2009
MORT DE CLAUDE BERRI
Le réalisateur Claude Berri, en mars dernier, dans sa galerie d'art (AFP). (Source Le Figaro)
Annonce de la mort de Claude Berri, le 12 janvier dernier de Claude Berri, des suites d’un accident vasculaire cérébral, il débutait le tournage, en collaboration avec François Dupeyron, du film "Trésors"» avec Mathilde Seigner et Alain Chabat. En attendant de finaliser un petit hommage, signalons quelques diffusions TV, ce soir sur France 3, "Lucie Aubrac", à 20h35, sur "France 2", "Le cinéma de papa" - à voir absolument – à 20h45 et dimanche 19 prochain "Uranus" sur Arte à 20h45 et "Tchao pantin" sur TF1 0 23H15. Annonce également de la mort de Patrick McGoohan et de Ricardo Montalban.
Claude Berri, acteur dans "Réactions en chaîne", un épisode des "Cinq dernières minutes" de 1958
Filmographie : comme acteur : 1952 Rue de l’Estrapade (Jacques Becker) - 1953 Le bon Dieu sans confession (Claude Autant-Lara) - Le blé en herbe (Claude Autant-Lara) – 1954 French Cancan (Jean Renoir) – 1958 Jeux dangereux (Pierre Chenal) - Asphalte (Hervé Bromberger) - 1959 J’irai cracher sur vos tombes (Michel Gast) – Les bonnes femmes (Claude Chabrol) - 1960 La vérité (Henri-Georges Clouzot) - Les lâches vivent d’espoir (Claude Bernard-Aubert) - La bride sur le cou (Jean Aurel & Roger Vadim) - 1961 Les sept péchés capitaux [Sketch : « L’avarice »] (Claude Chabrol) - 1963 Behold a pale horse (Et vint le jour de la vengeance) (Fred Zinnemann) - 1964 Compartiment tueurs (Costa-Gavras) - 1965 Le temps d’apprendre à vivre (Henri Graziani, CM) - 1966 La ligne de démarcation (Claude Chabrol) - 1968 Mazel Tov ou le mariage (+ réalisation) - 1970 Le cinéma de Papa (+ réalisation) - 1972 Sex-Shop (+ réalisation) - 1974 Le mâle du siècle (+ réalisation) - 1976 Barocco (André Téchiné) - 1980 Le roi des cons (Claude Confortès) - 1982 L’homme blessé (Patrice Chéreau) - 1986 Cinématon N°798 (Gérard Courant, CM) - Sous le soleil de Satan (Maurice Pialat, remplacé en cours de réalisation) - 1989 Stan the flasher (Serge Gainsbourg) - 1994 La machine (François Dupeyron) - 1995 Les trois frères (Didier Bourdon & Bernard Campan) - L’univers de Jacques Demy (Agnès Varda, documentaire) - 1996 Didier (Alain Chabat) - 1997 Un grand cri d’amour (Josiane Balasko) - 1999 La débandade (+ réalisation) – 2000 Va savoir (Jacques Rivette) - Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (Alain Chabat) - 2001 Les rois mages (Didier Bourdon & Bernard Campan, cameo) - 2003 Les clefs de bagnole (Laurent Baffie) - 2003 Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (Yvan Attal) - 2004 Le fantôme d’Henri Langlois (Jacques Richard). Télévision (notamment) : 1958 Les cinq dernières minutes : Réactions en chaîne (Claude Loursais) - 1959 Cristobal de Lugo (Jean-Paul Carrère) - 1960 Un beau dimanche de septembre (Marcel Cravenne) - 1964 Les cinq dernières minutes : 45 tours… et puis s’en vont (Bernard Hecht). Nota : Certaines sources le créditent comme acteur dans "Barocco" (André Téchiné, 1976), à vérifier...
Comme réalisateur-scénariste-producteur : 1962 Janine (co-réalisé par Maurice Pialat, + scénario et dialogues) – 1963 Les baisers [Sketch : "Baiser de 16 ans"] (+ production) – Le poulet (CM) – 1964 La chance et l’amour [Sketch : "La chance du guerrier") – 1966 Le vieil homme et l’enfant + production) – 1968 Mazel Tov ou le mariage) (+ producteur délégué) – 1969 Le pistonné (+production) - 1970 Le cinéma de Papa (+ production) – 1972 Sex-Shop (+ production) – 1974 Le mâle du siècle – 1976 La première fois – 1977 Un moment d’égarement – 1980 Je vous aime – 1981 Le maître d’école – 1983 Tchao pantin – 1985 Jean de Florette – Manon des Sources – 1990 Uranus – 1992 Germinal – 1996 Lucie Aubrac – 1999 La débandade – 2002 Une femme de ménage – 2004 L’un reste, l’autre part – 2006 Ensemble c’est tout (co-réalisé par François Dupeyron) – 2009 Trésor (co-réalisé par François Dupeyron).
Production seulement : 1967 L’enfance nue (Maurice Pialat) – Marie pour mémoire (Philippe Garrel) – 1968 Oratorio for Prague (Jan Nemec, CM) - Le corps de Diane (Jean-Louis Richard) – Tech nekolik dnu (À quelques jours près) (Yves Ciampi) - 1969 Ma nuit chez Maud (Éric Rohmer) - 1970 La maison (Gérard Brach) – 1971 Le poème de l’élève Mikowski (Pascal Thomas, CM) - 1972 Les fous du stade (Claude Zidi) – Les Charlots font l’Espagne (Jean Girault) – Les gants blancs du diable (Laszlo Szabo) – La maman et la putain (Jean Eustache) - 1973 Le grand bazar (Claude Zidi) – Pleure pas la bouche pleine (Pascal Thomas) - Je sais rien mais je dirai tout (Pierre Richard) – Les quatre Charlots mousquetaires (André Hunebelle) – À nous quatre Cardinal ! (André Hunebelle) - 1974 La grande trouille (Pierre Grunstein) – Céline et Julie vont en bateau (Jacques Rivette) – La moutarde me monte au nez (Claude Zidi) - Le chaud lapin (Pascal Thomas) - Les Bidasses s’en vont-en-guerre (Claude Zidi) - Souvenirs d’en France (André Téchiné) – Zig-Zig (Laszlo Szabo) – 1975 La course à l’échalote (Claude Zidi) - Un sac de billes (Jacques Doillon) - Bons baisers de Hong Kong (Yvan Chiffre) - Ce gamin, là (Renaud Victor, documentaire) - Un genio, due compari, un pollo (Un génie, deux associés, une cloche) (Damiano Damiani) - Calmos (Bertrand Blier) - Je t’aime, moi non plus (Serge Gainsbourg) - Un enfant dans la foule (Gérard Blain) - 1976 Marcia trionfale (La marche triomphale) (Marco Bellochio) - Le jouet (Francis Veber) - Le crabe tambour (Pierre Schoendoerffer) - 1977 Un oursin dans la poche (Pascal Thomas) – 1978 Vas-y maman (Nicole de Buron) - Une histoire simple (Claude Sautet) – La femme qui pleure (Jacques Doillon) – Passe ton bac d’abord (Maurice Pialat) – Tess (Id) (Roman Polanski) – 1979 Rien ne va plus (Jean-Michel Ribes) – 1980 Inspecteur La Bavure (Claude Zidi) – Une journée en taxi (Robert Ménard, producteur délégué) – Fantasma d’amore (Fantôme d’amour) (Dino Risi) – 1982 L’Africain (Philippe de Broca) – Banzaï (Claude Zidi) – Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (Jean Yanne) – L’homme blessé (Patrice Chéreau, producteur délégué) – 1983 La femme de mon pote (Bertrand Blier) - Garçon ! (Claude Berri) – 1984 La vengeance du serpent à plumes (Gérard Oury) - Les enragés (Pierre-William Glenn) – Adieu Bonaparte (Youssef Chahine) - Hurlevent (Jacques Rivette) – Scemo di guerra (Le fou de guerre) (Dino Risi) – 1985 Paulette, la pauvre petite milliardaire (Claude Confortès) – 1986 Hôtel de France (Patrice Chéreau) – Twist again à Moscou (Jean-Marie Poiré) – 1988 L’ours (Jean-Jacques Annaud) - À gauche en sort de l’ascenseur (Édouard Molinaro) – Bille en tête (Carlo Cotti) – La petite voleuse (Claude Miller) – Trois places pour le 26 (Jacques Deray) – 1989 Tumultes (Bertrand Van Effenterre) – Valmont (Id) (Milos Forman) – 1990 On peut toujours rêver (Pierre Richard) – 1991 L’amant (Jean-Jacques Annaud) – Kafka (Id) (Steven Soderbergh) - Nous deux (Henri Graziani, producteur délégué) – Albert souffre (Bruno Nuytten) - 1992 Une journée chez ma mère (Dominique Cheminal) – La corsa dell’innocente (Carlo Carlei) – 1993 La reine Margot (Patrice Chéreau, producteur délégué) – 1994 L’auteur, le poète et le philosophe (Alain Pavel, CM) - La machine (François Dupeyron) - Gazon maudit (Josiane Balasko) – Le repos du guerrier (Jean-Marc Descamps, CM) - La séparation (Christian Vincent, producteur délégué) – 1995 Les rois mages (Didier Bourdon & Bernard Campan) - Nadie hablará de nosotras cuando hayamos muertos (personne ne parlera de nous quand nous serons mortes) (Agustin Diaz Yanes) – Waati (Souleymane Cissé) – 1996 Arlette (Claude Zidi) – Didier (Alain Chabat) – Der unhold (Le roi des Aulnes) (Volker Schlöndorff) – 1997 Mea culpa (François Boucq, CM) - Le pari (Dider Bourdon & Bernard Campan) – Un grand cri d’amour (Josiane Balasko) – 1998 Astérix et Obélix contre César (Claude Zidi, producteur délégué) – Mauvaise passe (Michel Blanc) – Mookie (Hervé Palud) – 1999 Le chant des sirènes (Arnaud Debrée, CM) - Inséparables (Michel Couvelard) – La maladie de Sachs (Michel Deville) – Todo sobre mi madre (Tout sur ma mère) (Pedro Almodovar) – 2001 Amen. (Costa-Gavras) – Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (Alain Chabat) – La boîte (Claude Zidi) – Le cas Pinochet (Patricio Guzman, documentaire) – Les rois mages (Didier Bourdon & Bernard Campan, producteur délégué) - 2002 La beuze (François Desagnat & Thomas Sorriaux) – Le Bison (et sa voisine Dorine) (Isabelle Nanty) – Brocéliande (Doug Headline) – Le coût de la vie (Doug Headline) - 2003 Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (Yvan Attal) – San-Antonio (Frédéric Auburtin) – Les sentiments (Noémie Lvosky) – 2004 Deux frères (Jean-Jacques Annaud) - Les enfants (Christian Vincent) - Le démon de midi (Marie-Pascale Osterrieth) – 2006 La maison du bonheur (Dany Boon) – Le scaphandre et le papillon (Julian Schnabel) - La graine et le mulet (Abdel Kechiche) - 2007 Bienvenue chez les Ch'tis (Dany Boon). Divers : Scénariste seulement : 1971 L’œuf (Jean Herman, adaptation) – 1984 Scemo di guerra (Le fou de guerre) (Dino Risi, adaptation française).
ARTICLES :
Le Monde du 13/01/2009
Claude Berri, homme-clé du cinéma français, par Jean-Luc Douin
Une double image perdurera. Celle d'un homme pressé qui affirmait s'être amusé toute sa vie plutôt qu'avoir travaillé. Et celle d'un homme irrémédiablement sinistre, comme hanté par des tourments secrets. Le second masque de Claude Berri a pris le dessus, ces dernières années, lorsqu'il a été fracassé, miné par une dépression chronique. Au suicide de sa femme, Anne-Marie Rassam, en 1995, s'était ajouté l'accident de son fils Julien Rassam, qui est mort en 2002 après s'être retrouvé tétraplégique. Il avait 74 ans, dont quarante-cinq de carrière : avec un mélange de crainte, d'admiration et d'affection, on l'avait surnommé "le parrain", "l'empereur", "le pilier", "le chef de famille" du cinéma français. Claude Berri était aussi un grand collectionneur d'art. Il est mort le 12 janvier à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, des suites d'un accident vasculaire cérébral. Né le 1er juillet 1934 à Paris, il avait pris le nom de sa mère comme nom de scène, en y ajoutant un "r", pensant que Berri était plus facile à retenir que Langmann. Il le regrettait. Claude Berri disait être resté fils toute sa vie. Fils d'un fourreur juif du Faubourg Poissonnière, il était un acteur-né, qui faisait rire tout le quartier. Il disait qu'il allait "mettre De Funès au chômage" ; il lui rendra hommage dans le film Le Cinéma de papa (1970). Il voulut faire du théâtre. En dépit d'un concours gagné, de débuts prometteurs, son profil peine à s'imposer. "Petits rôles, petits rôles. Comme disait mon père : il vaut mieux être balayeur dans les rues que comédien au chômage." Son père ajoutait : "Il faut que tu donnes les cartes !" Le fils a obéi, il est devenu un "patron" : auteur, réalisateur, producteur, distributeur. Brasseur de millions. Son ascension commence en 1963. Son court métrage Le Poulet décroche un Oscar. Personne n'avait voulu le produire. Il n'agira pas ainsi. Lorsqu'il gagne de l'argent, il réinvestit ses profits dans les films des autres : Chéreau, Annaud, Balasko, Zidi, Almodovar, Kechiche... "Produire est un moyen d'éviter de penser à soi-même. A un moment, j'en ai eu assez de me regarder le nombril. Je n'ai jamais voulu faire des affaires. J'ai partagé le magot." En y laissant des plumes : l'échec public de Tess, de Roman Polanski, l'endetta jusqu'au cou. La passion avec laquelle il s'acharne à aider Milos Forman est un bel exemple de sa ténacité. En 1967, il n'a pas un centime. Sûr du talent du jeune cinéaste tchèque, il achète Au feu les pompiers et négocie sa sortie. Accompagnant Forman à Prague, Berri se dit : "Son prochain producteur ne sera pas Lelouch (comme c'était prévu) mais moi." Fondée en 1967, afin de produire Le Vieil Homme et l'Enfant, sa société Renn Productions devient un acteur majeur du cinéma français, associé aux distributeurs AMLF puis Pathé. Produisant aussi bien Jacques Rivette (Hurlevent) que Claude Zidi (Astérix). En 2005, Claude Berri laisse la destinée de Renn à Pathé, juste après avoir lancé deux projets de films qui ont marqué ces deux dernières années : Bienvenue chez les Ch'tis, de Dany Boon, qui a battu le record de fréquentation en France, et La Graine et le Mulet, sacré aux Césars en 2008. Entre-temps, son fils Thomas Langmann a fondé sa propre société, baptisée La Petite Reine, qui produit Astérix aux Jeux olympiques et Mesrine. Claude Berri ne dédaignait pas faire l'acteur. Dans Stan the flasher de Serge Gainsbourg, il se montre peu soucieux de son image, jusqu'à la provocation. En 1988, pour défendre les droits de ses camarades lors des négociations du GATT (accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), et sur la télévision à péage, il fonde l'Association des auteurs, réalisateurs, producteurs (ARP). Elu président de la Cinémathèque française en 2003, il devient celui qui peut obtenir des subsides du pouvoir, il pousse à la modernisation de l'institution, ouvre des expositions dans ce lieu. Grand collectionneur de peintures et de photographies, il datait la naissance de sa passion de 1954, lors d'une visite à l'exposition que consacrait le Musée de l'Orangerie à Van Gogh. Au début des années 1970, il acquiert sa première oeuvre, une gouache de Magritte. Il s'intéresse ensuite à l'Art déco, puis, confiait-il, il a "une sorte d'hallucination" : "J'ai entendu des voix me dire qu'il fallait que je vende ma société de production pour acheter de la peinture..." Jean Dubuffet, d'abord, puis l'Américain Robert Ryman, dont il possédait la plus importante collection au monde. Il disait collectionner "pour apprendre" et ajoutait : "La connaissance passe par la possession." En 1990 puis en 2008, il avait ouvert, d'abord rue de Lille et ensuite dans le Marais, à Paris, des espaces où il organisait des expositions d'art contemporain. C'est comme cinéaste qu'il s'exprimait le plus ouvertement. "Je n'aime pas le cinéma confidentiel", écrivait-il dans ses Mémoires. Il n'était pas hostile, en revanche, au cinéma de confidences. Il a puisé dans sa propre vie la matière d'une grande partie de ses films. "On m'en a fait le reproche, insinuant que je n'avais pas d'autre source d'inspiration." François Truffaut l'en félicitait : "Berri n'est pas un metteur en scène cinéphile, il ne se réfère pas aux films existants mais à la vie elle-même. Il puise à la source, il a d'abord des histoires à raconter." Ainsi Le Vieil homme et l'Enfant (1967), un sujet qu'il raconte à Godard "avec l'espoir de l'intéresser" : "Il m'a conseillé de l'écrire moi-même", racontait-il. Un gamin juif sous l'Occupation. Une évocation de son enfance, à la fin de la guerre, "où j'étais caché sous un faux nom chez de braves vieux, admirateurs du maréchal Pétain. Pour moi, ce n'était pas seulement un film sur l'antisémitisme, mais sur les préjugés, la bêtise." Berri et le mariage : en 1969, avec Mazel Tov ou le mariage, il commence une série où il joue lui-même le personnage principal. "Quand j'ai écrit cette histoire de mariage, je n'étais pas encore marié. Ce n'était pas mon expérience que je racontais, mais plutôt mon appréhension d'être marié." Berri au service militaire : Le Pistonné (1970). Berri fasciné par la libération sexuelle des années 1970 : les clubs échangistes dans Sex shop (1971), jalousie et crise conjugale dans Le Mâle du siècle (1974), l'adolescent qu'il fut en victime de la misère sexuelle dans les années 1950 avec La Première Fois (1976). Apparemment, la veine autobiographique s'arrête là. Berri passe à l'adaptation de livres. "Ma vie ne me faisait plus rire, je ne pouvais plus la raconter. Tout ce que j'avais vécu dans mon enfance, dans ma jeunesse, même les moments les plus tristes, avec le recul je les trouvais drôles. J'arrivais à en rire et à faire rire. Mais le jour où ma vie a basculé, où la mère de mes enfants est tombée malade, je ne pouvais plus rigoler." Claude Berri transforme Coluche en prof soixante-huitard qui laisse le bazar s'installer dans sa classe (Le Maître d'école, 1981), puis en flic à rouflaquettes reconverti en pompiste alcoolique (Tchao Pantin, 1983). Il rend hommage à Marcel Pagnol avec Jean de Florette et Manon des sources (1986), et signe sa trilogie filmée historico-littéraire française : Uranus d'après Marcel Aymé (1990), Germinal d'après Emile Zola (1993), Lucie Aubrac (1997). Mais il n'a pas totalement refoulé ses souvenirs : dans Je vous aime (1980), il fait revivre à Catherine Deneuve l'émoi de ses propres amours, la souffrance de ses ruptures. "A travers son personnage, je cherchais à comprendre comment on peut faire sa vie en plusieurs fois, moi qui avais toujours cru que je la ferais en une." Plus qu'une comédie sur le Viagra, La Débandade (1999) est une autodérision sur la perte du désir. Adapté de Christian Oster, Une femme de ménage (2002) porte les traces de sa dépression. C'est à ce moment-là que Claude Berri rencontre l'écrivain Nathalie Rheims, qui devient sa compagne. L'Un reste, l'autre part (2005) évoque cette période. Comment refaire sa vie. La culpabilité. Il faut citer A nos amours, de Maurice Pialat, qui vécut un temps avec Arlette Langmann, la soeur de Claude. Pialat y incarne le père Langmann, Arlette est jouée par Sandrine Bonnaire, et Claude Berri par Dominique Besnehard. Ayant pignon sur rue près des Champs-Elysées, Berri avait un fantasme : écrire, devenir "le Paul Léautaud de la rue Lincoln". Il raconte sa vie dans Autoportrait, dont est extraite la majeure partie des propos ici reproduits. Il est mort en plein tournage de Trésor, un film avec Alain Chabat et Mathilde Seigner évocateur du couple qu'il formait avec Nathalie Rheims, que celle-ci compte mener à bien. Dates clés : 1er juillet 1934 Naissance à Paris. 1967 Fonde Renn Productions. "Le Vieil Homme et l'Enfant". 1954 Début de sa passion pour l'art. 12 janvier 2009 Mort à Paris. Ses principaux films : Comme réalisateur : 1963 : "Le Poulet", court métrage, Oscar à Hollywood 1967 : "Le Vieil Homme et l'Enfant" 1983 : "Tchao Pantin" 1986 : "Jean de Florette" et "Manon des sources", d'après Marcel Pagnol 1990 : "Uranus", d'après Marcel Aymé 1993 : "Germinal", d'après Emile Zola 1996 : "Lucie Aubrac" 2005 : "L'un reste, l'autre part" 2007 : "Ensemble, c'est tout", d'après Anna Gavalda. Comme producteur : 1968 : "L'Enfance nue", de Maurice Pialat 1971 : "Taking off", de Milos Forman 1979 : "Tess", de Roman Polanski 1983 : "L'Homme blessé", de Patrice Chéreau 1992 : "L'Amant", de Jean-Jacques Annaud 1994 : "
14 janvier 2009
MORT DE PAT HINGLE
Annonce de la mort de Pat Hingle, le 3 janvier dernier, des suites d’un cancer du sang à l’âge de 84 ans, dans la ville côtière Caroline Beach. Il y vivait depuis le tournage de l’unique film comme réalisateur de Stephen King, "Maximum overbride" (1986). Ce comédien né en 1924 à Denver au Colorado, campait souvent des personnages à la force tranquille. On l’imagine immédiatement représentant l’ordre et la raison, dans des rôles de routiers, juges ou policiers. Issu de l’Actor’s Studio, s’il fut très attaché au théâtre, on le vit aussi très souvent sur le petit écran. Il fait une rencontre déterminante au théâtre avec Elia Kazan, qui le met en scène dans une pièce de William Inge "The dark at the top of the stairs", qui lui valut une nomination aux Tony Awards, en 1958. Il retrouvera Kazan, qui l’appréciait beaucoup, et lui confie le rôle du père de Warren Beatty, dans "La fièvre dans le sang" (1961) contrariant ses amours avec Natalie Wood, pour le pousser à poursuivre ses études à l’université. Il sera au final victime du grand krach de 1929. Il dut surmonter un grave accident en 1960 – voir l’hommage ci-dessous de Philippe Garnier dans "Libération" -. Il trouve l’un de ses meilleurs rôles dans "Norma Rae" (1979) en ouvrier, père de Sally Field, la recueillant chez lui ainsi que ses deux enfants, pour qu’ils puissent subvenir à une dure existence dans une petite bourgade américaine conservatrice. Tim Burton l’appelle pour camper le commissaire Gordon, pour deux nouvelles et brillantes adaptations du personnage de "Batman". Il rempilera tout comme Michael Gough qui joue le valet Alfred, dans deux autres opus – au-delà du navrant – signés Joel Schumacher. Son rôle le plus surprenant reste celui de Bobo Justus, dans une excellente adaptation du roman de Jim Thompson "Les arnaqueurs" (1990), signée Stephen Frears. Celui-ci détourne avec habilité son personnage habituel de père tranquille, pour en faire un bookmaker violent arnaqué par Angelica Huston. On se souviendra avec effroi, de sa manière de se venger violemment quand il la bat avec des oranges entourées d’une serviette, manière de tuméfier encore plus son visage, tant il est revanchard. Bibliographie : "Quinlan's character stars", par David Quinlan (Reynolds & Hearn Ltd, 2004).
Filmographie : 1954 On the waterfront (Sur les quais) (Elia Kazan) - The long gray line (Ce n’est qu’un au revoir) (John Ford) - 1957 The strange one (Demain ce seront des hommes) (Jack Garfein) - No down payment (Les sensuels) (Martin Ritt) - 1961 Splendor in the grass (La fièvre dans le sang) (Elia Kazan) - 1963 The ugly american (George Englund) - All the way home (Alex Segal) - 1964 Invitation to a gunfighter (Le mercenaire de minuit) (Richard Wilson) - 1966 Nevada Smith (Id) (Henry Hathaway) - 1967 Hang ‘em high (Pendez-les haut et court) (Ted Post) - Sol Madrid (Les corrupteurs) (Brian G. Hutton) - 1968 Jigsaw (James Goldstone, téléfilm diffuse en salles) - 1969 Bloody Mama (Id) (Roger Corman) - Norwoood (Jack Haley Jr.) - 1970 WUSA (W.U.S.A.) (Stuart Rosenberg) - 1972 The Carey treatment (Opération clandestine) (Blake Edwards) - 1973 Nightmare honeymoon (Elliot Silverstein) - Happy as the Grass was Green ( Charles Davis) - One little indian (Un petit indien) (Bernard McEveety) - The super cops (Super flics) (Gordon Parks) - Running wild (Robert McCahon, + producteur associé) - 1976 Independence (John Huston, CM) - 1977 The Gauntlet (L’épreuve de force) (Clint Eastwood) - 1979 Elvis (Le roman d’Elvis) (John Carpenter, initialement diffusé comme téléfilm) - Norma Rae (Id) (Martin Ritt) - Running scared (Paul Glicker) - When you comin’ back, Red Ryder (Milton Katselas) - 1980 Running Brave (D.S. Everett & Donald Shebib) - 1982 The act (Sig Shore) - 1983 Going Berseck (David Steinberg) - Sudden impact (Le retour de l’inspecteur Harry) (Clint Eastwood) - 1984 The falcon and the snowman (Le jeu du faucon) (John Schlesinger) – 1985 Brewster’s millions (Comment claquer un million de dollars par jour) (Walter Hill) - 1986 Maximum Overdrive (Id) (Stephen King) - Gringo mojado (Ricardo Franco) - 1987 Baby Boom (Id) (Charles Syer) – 1989 Batman (Id) (Tim Burton) - The grifters (Les arnaqueurs) (Stephen Frears) - 1992 Batman returns (Batman, le défi) (Tim Burton) - 1993 Lightning Jack (Jack l’éclair) (Simon Wincer) - 1994 Batman forever (Id) (Tim Burton) – 1995 The quick and the death (Mort ou vif) (Joel Schumacher) - 1996 Larger than life (Un éléphant sur les bras) (Howard Franklin) - Bastard out of Carolina (Anjelica Huston, téléfilm diffuse en salles) -1997 Horror story (Alexander Johnston) - Batman and Robin (Batman et Robin) (Joel Schumacher) - A thousand acres (Secrets) (Jocelyn Moorhouse) - 1998 The hunter’s moon (Richard Weinman) - 1999 Muppets from space (Les Muppets dans l’espace) (Tim Hill) - 2000 Morning (Ami Canaan mann) - Shaft (Id) (John Singelton) - The angel doll (Titre TV : L’ange de Noël) (Alexander Johnson, + producteur executif) - 2001 Road to redemption (Robert Vernon) – The greatest adventure of my life (Dorian Walker) - 2006 Two tickets to paradise (D.B. Sweeney) - Talladega (Rick Bobby : roi du circuit) (Adam McKay) - Waltzing Anna (Doug Bollinger & Bx Giongrete) - 2007 The list (Gary Wheeler) – Undowing time (Sheila Brothers & R.R. Gee). Voxographie : 1960 Wild river (Le fleuve sauvage) (Elia Kazan, voix du récitant) - 1978 American lost and found (Lance Bird, voix du récitant) - 1988 The land before time (Le petit dinosaure et la vallée des merveilles) (Don Bluth, animation) - Télévision (notamment) : 1954 Suspense : Smoke (Robert Mulligan) - 1964 Carol from another Christmas ( Joseph L. Mankiewicz) – 1966 The glass menagerie ( Michael Elliott) - 1969 The ballad of Andy Crocker (George McGowan) – 1970 A clear and present danger (James Goldstone) - 1971 The city ( Daniel Petrie) - Sweet, sweet Rachel (Sutton Roley) - All the way home (Fred Coe) - If tomorrow comes (George McGowan) - 1973 Trouble comes to town ( Daniel Petrie) - 1974 The Last Angry Man (Jerrold Freedman) - 1975 Twist (Alan Arkin & Clark Jones) - 1976 The secret life of John Chapman (David Lowell Rich) - 1977 Escape from bogen country (Steven Hilliard Stern) – Sunshine Christmas (Glenn Jordan) – Tarantulas : The deadly cargo (Vidéo : Tarentules : Le cargo de la mort) (Stuart Hagmann) - 1979 Stone (Corey Allen) - When hell was in session (Paul Krasny) – Disaster on the coastliner (Richard C. Sarafian) – 1980 Wild times (Richard Compton) - Off the Minnesota strip (Lamont Johnson) – 1981 Of mice and men (Reza Badiyi) - The private story of a campaign that failed (Peter H. Hunt) - 1982 Washington mistress (Peter Levin) – Bus stop (Peter H. Hunt) - 1983 The fighter (David Lowell Rich) – 1985 Noon wine (Michael Fields) – The lady from yesterday (Robert Day) - The lady from yesterday (Robert Day) – The rape of Richard Beck (Karen Arthur) – 1986 Casebuster (Wes Craven) - Manhunt for Claude Dallas (À la poursuite de Claude Dallas) (Jerry London) – 1987 LBJ : The early years (Peter Werner) – 1988 Stranger on my land (Larry Elikann) – The town Bully (Noel Black) – 1989 Everybody’s baby : The rescue of Jessica McClure (Mel Damski) – 1990 Beanpole (Linday Day) – Not of this world (Shock invader) (Jon Hess) - 1992 Citizen Cohn (Frank Pierson) – The habitation of dragons (Michael Lindsay-Hogg) – 1994 One Christmas (Tony Bill) – Against her will : The Carrie Buck Story (John David Coles) - 1995 Truman (Frank Pierson) - 1997 The member of the wedding (Fielder Cook) - The Shinning (Shinning) (Mick Garris) - 2000 The runaway (Le prix du courage) (Arthur Allan Seidelman).
ARTICLE
Libération du 8/01/2008
Pat Hingle, fin d’une bobine, par Philippe Garnier en correspondance de Los Angeles
Décès. Eternel second rôle et vraie gueule de cinéma, il est mort samedi à 84 ans. Elia Kazan l’avait dirigé de nombreuses fois.
En 1959, il était pressenti pour jouer le prédicateur véreux dans Elmer Gantry. Au lieu de cela, il est tombé de huit mètres en voulant sortir d’un ascenseur en panne. Fractures du poignet, de la hanche, de la cheville et du crâne, un petit doigt en moins, un an de convalescence et pas d’oscar. C’est Burt Lancaster qui l’a obtenu à la place. La carrière d’un character actor tient parfois à cela. C’était l’année où il avait triomphé au théâtre dans le rôle-titre de J.D., la pièce d’Archibald MacLeish sur un Job moderne. Pat Hingle a toujours affirmé ne jamais avoir regretté ce tournant dans sa carrière. Contrairement à beaucoup de confrères, il aimait regarder ses films et émissions de télé, parce que, disait-il, il ne se rappelait jamais s’il était «bon ou méchant». Pat Hingle était le genre qui pouvait être les deux, parfois en même temps. Il est mort samedi, chez lui, en Caroline du Sud, d’une leucémie, à 84 ans. Hingle était un acteur très physique : traits porcins, narines ouvertes, on lui prêtait de bonne foi des odeurs corporelles. Il était souvent méchant, mais presque toujours intelligent ou du moins malin. En tout cas, redoutable. Dans une scène fameuse des "Arnaqueurs" (Stephen Frears, 1990), il était le patron d’Angelica Huston. Affable, grand et costaud sous son imperméable. L’imper était pour le sac d’oranges, avec lequel il la rosse brutalement, non sans lui avoir préalablement écrasé son cigare sur le dos de la main. Une fois fini, ils reprennent un verre. Business as usual. Hingle n’a pas toujours eu cette chance, mais il a eu des rôles mémorables : Jocko le barman qui asticote Brando sur sa foireuse carrière de boxeur dans Sur les quais (Elia Kazan, 1955) ; le père de Sally Field dans Norma Rae (Martin Ritt, 1979) ; le colonel Parker dans le Roman d’Elvis, le meilleur film de fiction sur Presley (John Carpenter, 1979), la liste est longue. Mais Hingle, un natif de Floride qui alla à la Texas University après sa démobilisation et s’enrôla dans une classe de théâtre parce qu’il avait remarqué que «toutes les jolies filles allaient là aussi», a fait beaucoup plus de scène que de cinéma, et encore plus de télévision. On serait en peine de trouver un feuilleton à partir des années 50 dans lequel il n’est pas apparu au moins une fois. Les metteurs en scène avaient aussi tendance à le garder : Kazan pour les pièces de Tennessee Williams qu’il dirigeait (Hingle jouait le frère faux jeton dans Une chatte sur un toit brûlant et surtout le terrifiant père de Warren Beatty dans "la Fièvre dans le sang"). Chez Eastwood, il faisait les flics ou officiels corrompus (l’Epreuve de force notamment). C’est néanmoins en commissaire Gordon dans Batman que les Américains se souviendront de lui. Il apparaît dans les quatre premiers films de la série.
Plusieurs décès à déplorer, je reviendrai bien sûr sur celui de Claude Berri et au moins sur celui de Michel Vianey.
11 janvier 2009
FERMETURE DÉFINITIVE
Jean-Roger Caussimon devant le Trianon-Théâtre, futur "Jean Vigo", en 1978
Petite promenade dans "la belle endormie" - désormais plus ripolinisée que Catherine Nay -, j’appréhende de traîner rue Franklin. J’y passe finalement, un écriteau fuse au cinéma Jean Vigo "fermeture définitive", une femme distinguée téléphone sur son portable sans s’en préoccuper, quelques papiers volants, aperçus dans au travers de la baie vitrée, jonchent le sol. Je m’attends presque à rejoindre le fantôme de Jean-Roger Caussimon. En effet, ce prodigieux comédien, chanteur et créateur de chansons – je le place dans mon petit panthéon personnel aux côtés des Brel/Barbara/Ferré/Brassens -, est à l’honneur d’un livre DVD "Jean-Roger Caussimon en images". On y retrouve un joli documentaire de 1984 signé Élisabeth-Charlotte Pelletier "Moi je suis du temps du tango". Il parle de son enfance bordelaise, tout en marchant dans Bordeaux. En commentaire, il signale "Il y avait dans une courte rue perpendiculaire au cours de l’Intendance, lieu de promenade, de rendez-vous de rencontres, des étudiants et des étudiantes, lorsque les 6 heures du soir avaient gravement sonnées, à la cathédrale Saint-André, il y avait dis-je rue Franklin, un lieu qui m’attirait, qui me fascinait. C’était le Trianon-Théâtre. C’était un très joli théâtre à l’italienne. C’est aujourd’hui un cinéma, spécialisé peut-être dans les films de catégories X, je ne sais pas, nous verrons bien…". Et l’on voit Jean-Roger Caussimon hausser les bras, devant ce lieu, en l’an 1978 – voir photo -. Caussimon reprend sa quête nostalgique, en évoquant ses souvenirs. A l’âge de 16 ans, il y avait une pièce toutes les semaines. Le directeur en était Kléber Harpain qui fut son professeur au conservatoire, et l’engagea finalement à l’année. Il cite alors "ses amours de fantômes de comédiens", Jean Marchat, Jacques Baumer, Marguerite Moreno, Marcelle Géniat, Henri Bosc…. Ce lieu chargé d’histoire, est désormais porte close. Quels qu’en soient les responsables ou les fautifs, on ne peut que s’en navrer….
Jean-Roger Caussimon visitant le "Trianon-Théâtre"
J’espère que le titre de cette notule ne fut pas pour vous une source de fausse joie, car il concernait bien la fermeture du "Vigo", et non de ce blog, c’est en fait pour moi l’occasion d’un re-départ. Je reprends ce blog, après voir annoncé mon retour il y a peu. Mais une mauvaise convergence entre un nouveau "tripalium" dans une société qui cadrerait parfaitement au film "J’ai mal au travail" et un ordinateur moribond, n’a pas arrangé grands choses. Pour plus de "lisibilité", je cite le très remarquable "Le petit livre du français correct" de Jean-Joseph Julaud, "travail" vient du latin "tripalium" qui désigne un instrument formé de trois pieux (tri-pal). Cet instrument était destiné à immobiliser un animal (….) l’imagination des hommes étant sans limites lorsqu’il s’agit de faire souffrir leurs semblables, le travail fut aussi utilisé pour la torture. Il prit alors le sens de "souffrance". Mais se plaindre alors que l’on a du travail, c’est un tantinet indécent en ce moment, non ? J’ai aussi changé de PC et je suis donc passé d’une charrette à bras à un TGV, je reprends du service, quelques hommages végétant dans les brouillons, et un logiciel de capture me permettra de nouvelles rubriques. P.S. : Bonne année quand même !







