26 juillet 2009
MORT D'ANDRÉ FALCON
Annonce de la mort d'André Falcon, le 22 juillet dernier à l'âge de 84 ans. Il débute au théâtre auprès de Gaston Baty, avant de connaître le succès dans "Le cid" de Corneille en 1959. Il devint à 25 ans le plus jeune sociétaire de la Comédie Française. Le cinéma s’intéresse à lui dans les années 60, alors qu’il quitte "La Maison de Molière" en 1966. On le remarque ainsi dans "Paris brûle-t’il ?" - tourné en 1965 -, il est l’homme qui fait cesser les querelles internes de résistants en brisant une armoire vitrée. François Truffaut lui donne un de ses rôles les plus mémorables avec le directeur de l’agence de détectives qui engage Jean-Pierre Léaud dans "Baisers volés" (1968). Il devient le notable type ou le grand bourgeois des années Pompidou puis Giscard, dans les années 70 et 80. Claude Lelouch l’emploie souvent et s’amuse même avec son image, tel l’homme kidnappé et humilié, forcé de jouer à la roulette russe par la bande des "Pieds Nickelés" dans "L’aventure c’est l’aventure". La scène est d’une grande drôlerie en raison de la grande couardise de son personnage. On le retrouvera en bijoutier dupé dans "La bonne année" - il reprendra ce rôle dans "Le courage d’aimer" - et en avocat défendant André Dussollier dans "Toute une vie". A noter qu’il tournera à 4 reprises dans des films espagnols, il est ainsi un directeur de banque braqué dans "Vivre vite", il est doublé dans la version originale. La télévision le sort aussi de ses emplois habituels, citons son rôle de propriétaire d’un magasin de prêt à porter victime d’une rumeur – inspirée de la rumeur d’Orléans – dans l’épisode "Joseph" de la série "François Gaillard ou la vie des autres" - à découvrir absolument en DVD aux éditions Koba films -. Face à Pierre Santini, en rescapé des camps de concentration, victime de l’antisémitisme, il tente de maîtriser vainement cette situation diffamatoire et incontrôlable, étant accusé de faire disparaître des vendeuses. Il est excellent aussi dans "Les rois maudits", où il compose un bouillant Enguerrand de Marigny, qui paiera de sa vie ses attitudes réformistes et son opposition à Charles de Vallois. Dans "Julien Fontanes, magistrat", il est le supérieur hiérarchique de Jacques Morel. Jacques Baudou & Jean-Jacques Schleret le décrivent à la perfection dans l’excellent "Meutres en séries" (Huitième art, 1990) en "directeur des affaires criminelles et des grâces à la Chancellerie : fonctionnaire aux bottes du garde des Sceaux, il est toujours prêt à ouvrir le parapluie et à désavouer Fontanes, bien que celui-ci lui ait à plusieurs reprises sauvé la mise : lors d’une affaire de drogue dans laquelle sa fille, Martine Le Cardonnois est impliquée « La 10ème plaie d’Égypte » ou lorsqu’il est pris en otage par des terroristes « Les nerfs en pelotes », ou encore lorsqu’il lui sert d’alibi durant sa liaison avec une jeunesse, qui a l’âge de sa fille. Le Cardonnois apporte souvent une note comique qui atténue la noirceur des récits". Toujours sociétaire à la Comédie Française, il délaisse le cinéma ces dernières années, mais on retiendra sa composition de colonel ganache, qui tente de lire laborieusement un discours dans "Capitaine Conan". Il eut également une importante activité dans le doublage, lire à cet effet Le blog sur le doublage. Il aura réussi à tirer son épingle du jeu, malgré les rôles stéréotypés dans lesquels il était parfois cantonné.
Yvan Foucart rend hommage à Claude May, suite à sa disparition, sur le site des "Gens du cinéma".
André Falcon dans l'épisode "Joseph" de la série "François Gaillard ou la vie des autres"
Filmographie : 1954 Le vicomte de Bragelonne (Fernando Cerchio) - 1965 Le due orfanelle (Les deux orphelines) (Riccardo Fredda) - Paris brûle-t-il ? (René Clément) - 1967 Le grand dadais (Pierre Granier-Deferre) - 1968 Baisers volés (François Truffaut) - 1969 Tout peut arriver (Philippe Labro) - L’aveu (Costa-Gavras) - L’homme de désir (Dominique Delouche) - 1971 Sans mobile apparent (Philippe Labro) - Un peu de soleil dans l’eau froide (Jacques Deray) - L’aventure c’est l’aventure (Claude Lelouch) - 1972 État de siège (Costa-Gavras) - Le silencieux (Claude Pinoteau) - Une journée bien remplie (Jean-Louis Trintignant) - Ras le bol (Michel Huisman) - Il n’y a pas de fumée sans feu (André Cayatte) - Le serpent (Henri Verneuil) - 1973 La bonne année (Claude Lelouch) - L'événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la lune (Jacques Demy) - Les aventures de Rabbi Jacob (Gérard Oury) - Un tueur, un flic, ainsi soit-il… (diffusé avec des inserts hard sous le titre : La balançoire à minouches) (Jean-Louis Van Belle) - Ce que savait Morgan (Luc Béraud, CM) - Nada (Claude Chabrol) - Toute une vie (Claude Lelouch) - 1974 Les seins de glace (Georges Lautner) - Borsalino and Co (Jacques Deray) – Die Antwort kennt nur der Wind (Seul le vent connaît la réponse) (Alfred Vohrer) - 1975 Le faux cul (Roger Hanin) – Docteur Françoise Gailland (Jean-Louis Bertuccelli) - Le bon et les méchants (Claude Lelouch) – La marge (Walerian Borowczyk) - 1976 Mado (Claude Sautet) - Le gang (Jacques Deray) - Madame Claude (Just Jaeckin) – Un neveu silencieux (Robert Enrico, téléfilm diffusé en salles) - 1977 L’homme pressé (Édouard Molinaro) – Sorcerer / Wage of fears (Le convoi de la peur) (William Friedkin) - Ne pleure pas (Jacques Ertaud, téléfilm diffusé en salles) - 1978 Los ojos vendados (Les yeux bandés) (Carlos Saura) - L’ange gardien (Jacques Fournier) – 1980 Pile ou face (Robert Enrico) – Trois hommes à abattre (Jacques Deray) - Deprisa, deprisa (Vivre vite) (Carlos Saura) – 1981 Mille milliards de dollars (Henri Verneuil) - 1984 Gare de la douleur (Henri Jouf, CM) – 1986 Veintisiete hores (27 heures) (Montxo Armandáriz) - 1994 Historias del Kronen (Les histoires du Kronen) (Montxo Armandáriz) – 1995 Capitaine Conan (Bertrand Tavernier) - 1996 Le gardien du phare (Nicolas Tempier, CM) - Familia (Fernando León de Aranoa) - 2003 Le genre humain – 1ère partie : Les Parisiens (Claude Leouch) –Le courage d’aimer (Claude Lelouch). Nota : 1975 Maître Pygmalion ou comment devenir un bon vendeur (Jacques Nahum & Hélène Durand) est un film d'entreprise, désitné à la formation à la technique des ventes en 10 épisodes. Voxographie succincte (doublage) : 1959 La scimittarra del saraceno (La vengeance du sarrazin) (Piero Pierroti) - 1962 Le masque de fer (Henri Decoin) - 1972 Il Decamerone proibito (Décaméron interdit) (Carlo Infascelli) - 1974 Les innocents aux mains pleines (Claude Chabrol) - 1978 Les sœurs Brontë (André Téchiné).
André Falcon à ses débuts (source AFP)
Télévision (notamment) : 1966 Manon : Le miroir à trois faces (Aimée Mortimer) - 1968 En votre âme et conscience : Les innocents d’Egalgson (Claude Barma) - Au théâtre ce soir : La part du feu (Pierre Sabbagh) - 1969 Allô police : Au diable la malice (Ado Kyrou) - 1972 François Gaillard ou la vie des autres : Joseph (Jacques Ertaud) - Les mal-aimés (Pierre Viallet) - L’inconnue du vol 141 (Louis Grospierre) - Les rois maudits (Claude Barma) - 1973 Témoignages : Peter (Édouard Luntz) - L’amour du métier (Yves Laumet) - 1974 Les cinq dernières minutes : Les griffes de la colombe (Claude Loursais) - 1974 Un bon patriote (Gérard Vergez) - 1975 Les grands détectives : Monsieur Lecoq (Jean Herman) - Messieurs les jurés : L’affaire Lambert (André Michel) - Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret hésite (Claude Boissol) - 1976 Les Monte en l’air (François Martin) - La pêche miraculeuse (Pierre Matteuzi) - 1977 La foire (Roland Vincent) - Rendez-vous en noir (Claude Grinberg) - Les femmes du monde (Georges Farrel) – Richelieu (Jean-Pierre Decourrt) - 1978 Les brigades du tigre : Cordialement vôtre (Victor Vicas) - Les bonnes âmes (Georges Farrel) - Les pieds poussent en Novembre (Pierre Viallet) - 1979 Histoires de voyous : Les marloupins (Michel Berny) - Il était un musicien : Monsieur Albeniz (Claude Lallemand) - Les yeux bleus (François Dupont-Midy) - Le journal (Philippe Lefebvre) - Ne rien savoir (Georges Farrel) - 1980 Petit déjeuner compris (Michel Berny) - Le mandarin (Patrick Jamain) - Julien Fontanes, magistrat : Par la bande (François Dupont-Midy) - Julien Fontanes, magistrat : Les mauvais chiens (Guy-André Lefranc) – Le carton rouge (Alain Quercy) - Les enquêtes du commissaire Maigret (Maigret et l’ambassadeur) (Stéphane Bertin) - À une voix près… ou la naissance d’une République (Alexandre Astruc) - 1981 Julien Fontanes, magistrat : Le soulier d'or (François Dupont-Midy) - Julien Fontanes, magistrat : Un si joli petit nuage (Jean Pignol) - Julien Fontanes, magistrat : La dernière haie (François Dupont-Midy) - Julien Fontanes, magistrat : La 10ème plaie d'Égypte (Patrick Jamain) – Les cinq dernières minutes : Le retour des coulons (Éric Le Hung) - Le bouffon (Guy Jorré) – Arcole ou la terre promise (Marcel Moussy) - Dickie-roi (Guy-André Lefranc) - Aide-toi… (Jean Cosmos) – 1982 Les invités (Roger Pigaut) – Le secret des Andrônes (Sam Itzkovitch) – Mozart (Marcel Bluwal) - Jupiter 81 (Maurice Frydland) - Julien Fontanes, magistrat : Cousin Michel (Guy-André Lefranc) – La marseillaise (Michel Berny) - Les poneys sauvages (Robert Mazoyer) - Le crime de Pierre Lacaze (Jean Delannoy) - Credo (Jacques Deray) - 1983 Tante Blandine (Guy Jorré) - Julien Fontanes, magistrat : Week-end au paradis (Guy-André Lefranc) – La veuve rouge (Édouard Molinaro) - Julien Fontanes, magistrat : Perpète (Jean-Pierre Decourt) - Le général a disparu (Yves-André Hubert) - Julien Fontanes, magistrat : Un coup de bluff (Daniel Moosman) – Thérèse Humbert (Marcel Bluwal) –1984 Julien Fontanes, magistrat : La pêche au vif (Guy-André Lefranc) - Les amours des années 50 : Les cinq doigts de la main (Catherine Roche) - 1985 Julien Fontanes, magistrat : Rien que la vérité (André Farwagi) - La politique est un métier (Maurice Frydman) - Stradivarius (Jacques Kirsner, diffusion en 1991) - 1986 Julien Fontanes, magistrat : Les nerfs en pelote (Jean-Pierre Decourt) - Julien Fontanes, magistrat : Jamais rien à Coudoeuvre (Roger Kahane) - Julien Fontanes, magistrat : Un dossier facile (Patty Villiers) - Julien Fontanes, magistrat : Retour de bâton (Guy-André Lefranc) - Le rire de Caïn (Marcel Moussy) - 1988 Le loufiat : Intrigue sur canapé (Maurice Fasquel) - 1989 Julien Fontanes, magistrat : Les portes s'ouvrent (Guy-André Lefranc) - L’agence : La croisière (Jean Sagols) – 1990 L’annonce (Stéphane Bertin) - 1992 Mes coquins (Jean-Daniel Verhaeghe) - 1993 L’affaire Seznec (Yves Boisset) - Puissance 4 : Chiens écrasés (Gérard Poitou) - L’interdiction (Jean-Daniel Verhaeghe) - 1994 Assedicquement vôtre (Maurice Frydland) - 1995 Quatre pour un loyer (un épisode) - L’affaire Dreyfus (Yves Boisset) - 1999 Cordier juge et flic : L’honneur d’un homme (Paul Planchon) - 2001 Casas (Yves Boisset) - 2002 Nestor Burma : Mignonne, allons voir si la rose (Laurent Carcélès) - 2005 Jaurès, naissance d’un géant (Jean-Daniel Verhaeghe) - La femme coquelicot (Jérôme Foulon) - 2006 Le clan Pasquier (Jean-Daniel Verhaeghe) - 2007 Chez Maupassant : Ce cochon de Morin (Laurent Heynemann). Nota : IMDB crédite ce comédien à la télévision dans "Britannicus" (Jean Meyer, 1977) et "Henri IV" (Sacha Pitoëff, 1967), absents du très fiable "Les fictions française à la télévision" de Jean-Marc Doniak (Dixit-SACD, 1998).
22 juillet 2009
MORT DE YASMINE BELMADI
Annonce de la mort de Yasmine Belmadi, actuellement à l'affiche d'"Adieu Gary", le 18 juillet dernier des suites d'un accident de scooter, à l'âge de 33 ans. J'y reviendrai dès que possible. Le blog sur le doublage nous informe de celle de François Leccia et Yvan Foucart rend hommage à Isabelle Pia, disparue l'an dernier, sur le site des "Gens du cinéma".
Filmographie : 1997 Les corps ouverts (Sébastien Lifshitz, MM) - 1998 Sans cité (Nourdine Halli, CM) - Les passagers (Jean-Claude Guiguet) – Les amants criminels (François Ozon) - Un dérangement considérable (Bernard Stora) - 1999 Le songe de Constantin (Joël Brisse, CM) - Les gens en maillot de bain ne sont pas (forcément) superficiels (Éric Assous) - 2000 Coffee and dreams (Jalil Lespert & Sébastien Dacek, CM) - 2002 Filles uniques (Pierre Jolivet) - Qui a tué Bambi ? (Gilles Marchand) - Houria : Faut pas tout confondre (Rachida Krim, CM) - 2003 Grande école (Robert Salis) - De l’autre côté (Nassim Amaouche, CM) - Wild Side (Sébastien Lifshitz) - 2004 Beur blanc rouge (Mahmoud Zemmouri) - 2005 Au petit matin (Xavier Gens, CM) - 2006 Frontière (Xavier Gens) – 2007 Coupable (Laetitia Masson) - 2008 Adieu Gary (Nassim Amaouche). Télévision : 1998 Les terres froides (Sébastien Lifshitz) - 2001 Commissariat Bastille : Le blouson rouge (Gilles Béhat) - 2001 Sami : Sami, le pion (Patrice Martineau) - 2002 La vie devant nous (Vincenzo Marano) - Sami : À la vie, à la mort (Olivier Guinard) - Sami : Rumeur (Patrice Martineau) - PJ : Tyrannie (Gérard Vergez) - 2007 La commune (Philippe Triboit) - 2009 Pigalle, la nuit (Hervé Hadmar & Marc Herpoux).
08 juillet 2009
MORT D'HENRI-JACQUES HUET
Dans "Chambre 12, hôtel de Suède"
A l’autre extrémité de la démesure autour de la mort de Michael Jackson, il y a celle très discrète d’Henri-Jacques Huet, mort le 4 juin dernier à l’âge de 79 ans. Nous avons cette information grâce à la vigilance de l’équipe des "Gens du cinéma". Pascal Aubier dans ses "Mémoires de Gascogne" (éditions "Yellow Now", 1996) avait fait un portrait très juste à son sujet : "…Acteur français vu dans « Le petit soldat », si ce n’est pas lui qui dit que Raoul Coutard est le meilleur opérateur français, c’est en tous les cas lui qui appelle Michel Subor « Mon petit prince ». Par la suite, j’ai souvent donné du « petit prince » à mes amis, et c’est pour ça que Marco appelle ainsi Harvey (1). C’était un ami de ma mère, et je l’ai connu quand il était au TNP. Il avait une Simca et nous a emmenés un jour à l’aube d’Avignon nous baigner en Camargue. Je me souviens, à la même époque de l’avoir vu embrasser à bouche que veux-tu la blonde qui jouait le rôle de la femme de Roland Lesaffre dans « Les tricheurs », c’était devant le Champo et ça m’avait fort impressionné". On retiendra son côté dandy et désinvolte qu'il donnait à bien de ses personnages. Il suit des cours de comédie auprès de Marguerite Long avant d’entrer au Conservatoire. Il a débuté au cinéma dans la veulerie dans "Le cas du docteur Laurent" , film faisant l’apologie de l’accouchement sans douleurs. Son personnage dominé par sa mère – Orane Demazis –, lâche de manière éhontée Nicole Courcel enceinte de lui puis abandonnée. Il se prend de remords quand sa conduite indigne lui est signifiée, mais rejeté avec véhémence, il se console très vite en partant à la pêche. Le ton est donné pour son parcours étonnant, et dès ses débuts il fait "le grand écart" passant de l'univers de Maurice Cloche à celui de Jean-Luc Godard. Ce dernier lui confie d’ailleurs son rôle le plus célèbre, celui d'Antonio Berrutti, copain de Michel Poicard dans "À bout de souffle". On le retrouve ému dans le documentaire de Claude Ventura "Chambre 12, hôtel de Suède" de 1993 – disponible dans le DVD du film édité par Studio Canal et diffusé sur "Arte" -, il témoigne de la dernière journée de tournage de la scène culte tournée rue Campagne première à Paris, scène où il aide pour la dernière fois Jean-Paul Belmondo. On le retrouve dans "Le petit soldat" en militant d'extrême-droite maître-chanteur, qui pousse Michel Subor à commettre un meurtre. Odieux et manipulateur, il souhaiterait mourir comme le "Thomas l'imposteur" de Jean Cocteau. Souvent cynique, dragueur invétéré, il est souvent narquois comme dans le rôle d’un membre des F.F.I. qui n’est pas dupe à la Libération, devant un collaborateur joué par Yves Robert. On le retrouve souvent dans des rôles de hâbleurs à l’instar de son apparition dans "Extérieur nuit", où en commanditaire de musique de film, il demande un peu de légèreté à son compositeur campé par Gérard Lanvin. On apprend dans l’excellent "Blog sur le doublage" qu’il a fait beaucoup de doublage, il prêta sa voix au personnage du Comte Yoster dans la série franco-allemande, le "Comte Yoster a bien l’honneur". Déplorons une fois de plus – refrain connu et archi-rebattu ici – peu d'intérêt des médias sur la mort de ce serviteur du cinéma français.
(1) personnages de son film "Le fils de Gascogne".

Avec Gérard Lanvin dans "Extérieur nuit"
Filmographie : 1954 French Cancan (Jean Renoir) - 1956 Le cas du docteur Laurent (Jean-Paul Le Chanois) – 1957 Marchands de filles (Maurice Cloche) – Filles de nuit (Maurice Cloche) - En cas de malheur (Claude Autant-Lara) – 1958 Prisons de femmes (Maurice Cloche) – Le fric (Maurice Cloche) - Le mal des autres (CM) - 1959 Quand le bâtiment va… (Pierre Simon, voix du Récitant, CM) - À bout de souffle (Jean-Luc Godard) – Austerlitz (Abel Gance) – Un soir sur la plage (Michel Boisrond) – Le petit soldat (Jean-Luc Godard) – À fleur de peau (Claude Bernard-Aubert) – 1961 Conduite à gauche (Guy Lefranc) – Jusqu’à plus soir (Maurice Labro) – 1962 Et Satan conduit le bal (Grisha-M. Dabat) - 1963 O.S.S. 117 se déchaîne (André Hunebelle) - Le commissaire mène l' enquête [sketch « Fermez la porte »] Fabien Collin & Jacques Delille) – 1966 Le grand restaurant (Jacques Besnard) – 1967 Ciné-girl (ressorti dans un nouveau montage en 1973 sous le titre : Piège à pucelles) (Francis Leroi) – 1968 Le corps de Diane (Jean-Louis Richard) – Slogan (Pierre Grimblat) – 1970 Max et les ferrailleurs (Claude Sautet) - 1971 Le viager (Pierre Tchernia) - 1972 César et Rosalie (Claude Sautet) – Pas folle la guêpe (Jean Delannoy) - 1973 Salut l’artiste (Yves Robert) - 1974 Peur sur la ville (Henri Verneuil) – 1977 Violette Nozière (Claude Chabrol) - 1978 L’amour en question (André Cayatte) - New Generation (Jean-Pierre Lowf-Legoff) - 1979 Je vais craquer (François Leterrier) - Extérieur nuit (Jacques Bral) – 1980 Les malheurs d’Octavie (Roland Urban) - Beau-père (Bertrand Blier) - 1981 Madame Claude 2 (François Mimet) – 1982 Le prix du danger (Yves Boisset) – 1983 Charlots connection (Jean Couturier) - 1984 Tranches de vies (François Leterrier) – 1985 Dressage (Titre TV : Éducation perverse) (Pierre B. Reinhard) - 1986 Avec plaisir (Claire Lise Panzer & Pierre Sisser) - Le débutant (Daniel Janneau) - Le solitaire (Jacques Deray) - 1994 Les misérables (Claude Lelouch). Nota : il ne figure pas dans les copies existantes de "Le grand restaurant" (Jacques Besnard, 1966), il est cité cependant dans "Histoire du cinéma français, encyclopédie des films 1966-1970"-
Télévision (notamment) : 1950 Agence Nostradamus (Claude Barma) - 1956 Beau sang (Maurice Cazeneuve) - 1958 Les cinq dernières minutes : Réactions en chaîne (Claude Loursais) - 1959 Le mouchoir rouge (Jean Prat) - Une nuit orageuse (Claude Barma) - 1960 Grabuge à Chioggia (Marcel Bluwal) - On roule à deux (Marcel Bluwal) - 1961 Un mariage sous Louis XV (Guy Lessertisseur) - 1963 L’inspecteur mène l’enquête : Preuve à l’appui (Pierre Badel) - 1965 Le bouquet (Jean-Pierre Marchand) - 22 avenue de la Victoire (Marcel Moussy) - Poly au Portugal (Claude Boissol) - 1966 Sacrés fantômes (Stellio Lorenzi) - 1967 Allô police : Mélo (Paul Siegrist) – L’amateur / S.O.S. Fernand (Maurice Delbez) - 1968 Les cinq dernières minutes : Les enfants du Faubourg (Claude Loursais) - 1969 Agence intérim : Henri III (Marcel Moussy) - Les trois portes (Abder Isker) - 1970 Au théâtre ce soir : La mariée est trop belle (Pierre Sabbagh) - Sébastien et la Mary-Morgane (Cécile Aubry) - Zamore (Jean-Marie Coldefy) - 1971 Des amis très chers (Abder Isker) - 1972 Les cinq dernières minutes : Meurtre par la bande (Claude Loursais) - Figaro-ci, Figaro-là (Hervé Bromberger) - Sang froid (Abder Isker) – Paix à ses cendres (Guy Lessertisseur) - Joseph Basalmo (André Hunebelle) – Un monsieur bien rangé (Agnès Delarive) - 1973 Un tyran sous la pluie (Philippe Arnal) - Témoignages : Le vent rouge (Roger Buckhardt) – 1974 Gil Blas de Santillane (Jean-Roger Cadet) – Les cinq dernières minutes : Fausses notes (Claude Loursais) - 1975 Au théâtre ce soir : Dix minutes d’alibi (Pierre Sabbagh) - La mort d’un touriste (Abder Isker) - 1976 Au théâtre ce soir : Sacrés fantômes (Pierre Sabbagh) - 1977 Emmenez-moi au Ritz (Pierre Grimblat) – Commissaire Moulin : Marée basse (Jacques Trébouta) - Recherche dans l’intérêt des familles : La marmotte ((Philippe Arnal) – Esprit de suite (Jean Hennin) - C’est arrivé à Paris (François Villers) - 1978 Claudine à l’école (Édouard Molinaro) - Les hommes de Rose (Maurice Cloche) - Désiré Lafarge : Seize millimètres couleur (Jean Pignol) - 1979 L’inspecteur mène l’enquête : Le dernier éditorial (Jean-Paul Roux) - 1980 Les incorrigibles (Adber Isker) - 1981 Les gaités de la correctionnelle : Les ploucs (Joannick Desclers) - Les avocats du diable (André Cayatte) - La guerre des chaussettes (Maurice Cloche) – Le pilon (James Thor) - 1982 Les brigades du Tigre : Le réseau Brutus (Victor Vicas) - Les scénaristes ou les aventures extraordinaires de Robert Michon (Nino Monti) - Marion : Qui trop efface (Jean-Pignol) - Le truqueur (Abder Isker) - 1983 Les enquêtes du commissaire Maigret : La tête d'un homme (Louis Grospierre) - 1984 Aéroport : Le ciel et le feu "Zarka" (Roger Buckhardt) - Battling le ténébreux (Louis Grospierre) - 1993 Chambre 12, Hôtel de Suède (Claude Ventura & Xavier Villetard, documentaire). Non daté : Les Bargeot (un épisode). Divers : 1960 Touchez pas au blondes (Maurice Cloche, adaptation et dialogues).
03 juillet 2009
MORT DE KARL MALDEN
Annonce de la mort de Karl Malden le 1 juillet dernier à l'âge de 97 ans. Cet acteur était beaucoup plus subtil que le cliché que l’on peut avoir en France sur les comédiens forgés à l’Actor Studio. Il faut lire l’excellent portrait que faisait de lui encore vivant Jean-Louis Sauger dans "Retour à Yuma" : Un physique, un nez imposant, fracturé à deux reprises pour cause de basket-ball - Tavernier et Coursodon le décrivait comme "bourgeonnant qui semble croître de film en film". Ce fils de charpentier, né à Chicago, commence par des petits métiers comme laitier ou et maçon. Pendant trois ans, il étudie à la "Goodman Theatre Dramatic School". Il fait la rencontre déterminante, avant guerre, d’Elia Kazan sur la pièce de Clifford Odets, "Golden Boy". Il débute au cinéma par une série impressionnante de grands films. On le retrouve ainsi en austère et nouveau chef de la police de Dana Andrews dans "Mark Dyxon détective". De son rôle d’inspecteur dans "La loi du silence", Donald Spoto parlera de lui « qui a élevé la « sériosité » au rang d’archétype dans ses interprétations (1) Il restera fidèle à Kazan qui insistera pour qu’il reprenne son rôle créé au théâtre dans "Un tramway nommé désir", au cinéma en soupirant timide et lâche de Vivien Leigh, pour lequel il reçoit l’oscar du meilleur second rôle en 1952. Face à Brando, il sera un aumônier compatissant dans "Sur les quais", il n’est que nommé cette fois toujours pour l’oscar du meilleur second rôle en 1955. Kazan lui confiant le rôle du mari jaloux et pyromane de Baby Doll, évoque son personne qui "éprouve à la fois du ressentiment et de l’amour pour Carroll Baker" (2). Il retrouve Brando, comme partenaire mais aussi comme réalisateur dans l’atypique, narcissique et sadomasochiste « La vengeance aux deux visages ». Il est un ancien pilleur de banque devenu shérif qui retrouve le personnage de Brando qui vient se venger. Il trouve l’un de ses meilleurs rôles en 1962 dans "Le prisonnier d’Alcatraz", en sévère geôlier de Burt Lancaster, condamné pour meurtre, qui se découvrira un don pour l’ornithologie en recueillant un oiseau blessé. Le directeur de la prison finira par lier une certaine amitié avec les années. Comme beaucoup d’acteurs américains, il fera un petit tour en Europe à l’aube des années 70, notamment avec son rôle d’aveugle témoin d’un meurtre dans « Le chat à neuf queues ». Il est excellent en propriétaire d’un ranch autoritaire, qui ne supporte pas que deux de ses employés – William Holden et Ryan O’Neal – lui échappent dans le très bon « Deux hommes dans l’Ouest » (Blake Edwards, 1971). On le revit une dernière fois au cinéma dans "Cinglée" (1987), où il était le beau-père "respectable" de Barbara Streisand, avant qu’il ne se consacre à la télévision. Il avait réalisé un film “La chute des héros” (1), en 1957 avec Richard Widmark et Richard Basehart, Le film ne connut pas un bon accueil critique, à l’instar de Guy Allombert pour "La saison cinématographique 1959" : "Réalisé par Karl Malden, dans l’optique et les méthodes d’interprétation de l’Actor Studio, ce film de la série anti-rouge se ressent beaucoup de son origine théâtrale. On y parle beaucoup pour essayer d’intéresser le spectateur au « cas de conscience » qui est posé. Pourquoi trahit-on ? La décevante réponse donnée à cette question provoque le sourire. Est-ce à dire que l’ouvrage soit farouchement anti-communiste ? Non mais, seulement la qualité artistique, le talent reconnu pourraient sauver ce film ; au mieux, lui donner un intérêt…". C'est un film sans doute à redécouvrir - voir Retour à Yuma également -. Il réalisa aussi quelques séquences de "La colline des potences". Il connu une popularité internationale avec les 120 épisodes de "Les rues de San Francisco" de 1972 à 1977 avec Michael Douglas. Avec ce comédien "Bigger than life" disparaît une certaine mythologie d'un certain âge d'or du cinéma américain.
(1) L’art d’Alfred Hitchcock (Éditions Edilig, 1986). (1) (2) Kazan par Kazan entretiens avec Michel Ciment (1973-2009).
Filmographie : 1940 They knew what they wanted (Drôle de mariage) (Garson Kanin) – 1944 Winged victory (George Cukor) - 1946 13 rue Madeleine (Treize, rue Madeleine) (Henry Hathaway) – Boomerang ! (Boomerang) (Elia Kazan) - 1947 Kiss of death (Le carrefour de la mort) (Henry Hathaway) - 1950 Where the sidewalk ends (Mark Dixon detective) (Otto Preminger) - The gunfighter (La cible humaine) (Louis King) - Halls of Montezuma (Okinawa) (Lewis Milestone) - 1951 A A streetcar name Desire (Un tramway nommé Désir) (Elia Kazan) – The sellout (La carte forcée) (Gerald Mayer) - 1952 Diplomatic courier (Courrier diplomatique) (Lewis Seiler) – I confess (La loi du silence) (Alfred Hitchcock) - Operation secret (Lewis Seiler) - Ruby Gentry (La furie du désir) (King Vidor) - 1953 Take the high ground ! (Sergent la Terreur) (Richard Brooks) - 1954 Phantom of Rue Morgue (Le fantôme de la rue Morgue) (Roy Del Ruth) - On the waterfront (Sur les quais) (Elia Kazan) - 1956 Baby Doll (Baby Doll / La poupée de chair) (Elia Kazan) - Fear strikes out (Prisonniers de la peur) (Robert Mulligan) - 1957 Bombers B-52 (Bombardiers B 52) (Gordon Douglas) - 1958 The hanging tree (La colline des potences) (Delmer Daves, + realisation non créditée de scènes) - 1959 Pollyanna (Id) (David Swift) - 1960 The great impostor (Le roi des imposteurs) (Robert Mulligan) - One-eyed Jacks (La vengeance aux deux visages) (Marlon Brando) – Parrish (La soif de la jeunesse) (Delmer Daves) - 1962 All fall dawn (L’ange de la violence) (John Frankenheimer) – Gypsy (Gypsy, Vénus de Broadway) (Mervyn LeRoy, + lyrics) - Come fly with me (Les filles de l’air) (Henry Levin) - Birdman of Alcatraz (Le prisonnier d’Alcatraz) (John Frankenheimer) - How the West was won (La conquête de l’Ouest) [Sketch : "The rivers"] (Henry Hathaway) - 1963 Dead ringer (La mort frappe trois fois) (Paul Henreid) – 1964 Cheyenne Autumn (Les Cheyennes) (John Ford) - The Cincinatti Kid (Le Kid de Cincinnati) (Norman Jewison) – 166 Nevada Smith (Id) (Henry Hathaway) – Hotel (Hôtel Saint-Gregory) (Richard Quine) - Murdere’s row (Bien joué Matt Helm) (Henry Levin) – The adventyre of Bullwhip Griffin (L’honorable Griffin) (James Neilson) – 1967 Billion dollar brain (Un cerveau d’un milliard de dollars) (Ken Russel) - 1968 Hot millions (Chaud les millions) (Eric Till) – Blue (El Gringo) (Silvio Narizzano) - 1969 Patton (Id) (Franklin J. Schaffner) - 1970 Il gatto a nove code (Le chat à neuf queues) (Dario Argento) - 1971 Wild rovers (Deux homes dans l’Ouest) (Blake Edwards) – Un verano para matar (Meutres au soleil) (Antonio Isasi Isasmendi) - 1978 Beyond the Poseidon adventure (Le dernier secret du Poséidon) (Irwing Allen) - 1979 Meteor (Météor) (Ronald Neame) - 1982 Twillight time (Goran Paskaljevic) - 1983 The sting II (Vidéo : L’arnaque II) (Jeremy Paul Kagan) - 1986 Billy Galvin (John Gray) - 1987 Nuts (Cinglée) (Martin Ritt) - 2003 Broadway : The golden age, by the legends who were there (Rick McKay, documentaire) - 2006 Who is Norman Lloyd (Matthew Sussman, documentaire). Comme réalisateur : 1956 Time limit (La chute des héros). Télévision (notamment) : 1949 Little woman (Marc Davis) - 1972/1977 The streets of San Francisco (Les rues de San Francisco) (120 épisodes) - 1977 Captains courageous (Capitaines courageux) (Harvey Hart) – 1980 Skag (6 épisodes) - 1981 World of honor (Parole d’honneur) (Mel Damski) - Miracle on ice (Steven Hilliard Stern) – 1984 With intent to kill (Trou de mémoire) (Mike Robe) – Fatal vision (David Greene) - 1986 Alice in Wonderland (Harry Harris) – 1988 My father, my son (La mort à retardement) (Jeff Bleckner) - 1989 The hijacking of the Achille Moro (Robert E. Collins) - 1990 Call me Anna (Gilbert Cates) - 1991 Absolute strangers (Gilbert Cates) - 1992 Back to the streets of San Francisco (Mel Damski) - 1993 They’ve taken our children (Vern Gillum) - 2000 The west wing (À la maison blanche) : Take this Sabbath Day (Thomas Schlamme) - 2007 Brando (Mimi Freedman & Leslie Greif, documentaire).







