15 février 2009
ARRÊT DE CINÉROTICA
Cinérotica s’arrête avec son quatrième numéro paru en kiosque. Les abonnés ont reçu cette nouvelle accompagnée d’un texte de à lire sur Zine. C’est l’occasion d’interroger son instigateur Christophe Bier, sur la fin – provisoire - d’une formidable aventure. Un grand merci à Christophe pour ses propos passionnants et à Laëtitia Mélierres pour ses photographies.
Christian Chauvaud & Christophe Bier, tournage pour YouTube - © Laëtitia Mélierres
Genèse de Cinérotica :
- Peux-tu évoquer l’élaboration de "Censure –moi, histoire du classement X en France", aux éditions de l’Esprit frappeur, un livre de référence paru en 2000 ?
A l’époque, Baise-moi venait de sortir en salles, interdit aux moins de 16 ans, avec ensuite toutes les difficultés dont les médias se sont fait l’écho. Une association conservatrice, Promouvoir, traquant les bédés érotiques dans les Fnac, homophobe et pour la « préservation des valeurs de l’Occident chrétien », tout cela mérite un [sic !], voit rouge et conteste l’exploitation du film en vertu de l’article Jolibois, le 227-24 du code Pénal, stipulant que « le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine, soit de faire commerce d’un tel message, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 75000 euros d’amende lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur. » Bref, pour ces tenants de l’ordre moral, Baise-moi tombe bien sous le coup de cet article puisqu’il comporte des scènes sexuelles explicites mais est autorisé à des mineurs de 16 et 17 ans. Il faut savoir que depuis que Jack Lang avait fait ramener à 12 et 16 ans les interdictions aux mineurs de 13 et 18, la seule manière d’interdire aux 18 ans le film de Despentes et Coralie était de le classer X ou de l’interdire totalement. Le classement X qui est ipso facto une interdiction aux moins de 18 ans existait et existe toujours bien qu’au cinéma il n’y ait plus un seul porno. J’ai donc voulu raconter ce problème et surtout rectifier un certain nombre d’âneries publiées à l’époque et qui montraient au mieux l’ignorance au pire le mépris, ou les deux, dont bénéficiait le cinéma porno. Il a été dit que Baise-moi était le premier film censuré depuis "La Religieuse" de Rivette sans que personne ne s’offusque de ce mensonge ! Et La Comtesse est une pute ? Et Langue de velours ? Et Prostitution clandestine ? Et Les Petites Filles et un millier d’autres films pornos qui furent classés X de 1976 à 1992, entraînant la ghettoïsation d’un genre, son appauvrissement et sa disparition lente, qu’est-ce que c’est sinon une censure économique et politique ? C’est donc pour rappeler au souvenir de tout ce patrimoine du cinéma français, honorable selon moi, victime d’une censure implacable, que j’ai écrit ce livre qui a toutes les apparences d’un Que sais-je ? Informatif, historique mais qui est aussi très polémique. C’est quasiment un pamphlet qui reprend des idées reçues sur la censure, dénonce des positions hypocrites. On entend souvent : je suis contre la censure, mais… Ce qui sous-entend qu’il y aurait une littérature ou un cinéma noble et un autre qui serait… ignoble et pouvant être censuré. Oui au Fleurs du mal, non à C’est bon la bite ! Oui à La Religieuse non à Inonde mon ventre qui serait censé ne pas être du cinéma donc indigne d’être défendu. Le silence assourdissant des intellectuels et des critiques de cinéma pendant les presque vingt ans d’action de la loi X les ont rendus complices – et beaucoup s’en félicitent peut-être – de la mort d’un genre cinématographique. L’Esprit Frappeur, qui appartient au groupe de la NSP, l’éditeur de Cinérotica, était l’éditeur engagé idéal pour éditer ce petit livre. Et c’est comme cela que j’ai rencontré Michel Sitbon, l’éditeur, lequel s’est plus tard courageusement lancé dans l’aventure de Cinérotica.
© Laëtitia Mélierres
- Comment s’est faite la promotion de la revue, tu as fait preuve d’inventivité notamment avec des clips sur You tube ?
Nous avons engagé une attachée de presse que je connaissais bien, Karine Durance. Elle avait longtemps travaillé pour la chaîne câblée Ciné Cinéma, elle avait aussi fait la promotion du long métrage et du coffret DVD de HPG. Elle avait toute sa place pour faire connaître au mieux Cinérotica. Et sur ce plan-là, on ne peut qu’être satisfaits car nous avons rencontré un très bel accueil critique. Libération, Nouvel Obs, Paris Match, Brazil, Siné Hebdo, Technikart, Les Inrocks dont nous avons fait, modestement, la couverture avec Obama ! Des sites comme Bakchich, le blog d’Aurélien Ferenczi dans Télérama, d’autres. Nous avons bénéficié de quelques soutiens spontanés sur les forums spécialisés comme La Cochonne, DevilDead, la liste est longue… Les clips sur You Tube, c’était un clin d’œil que nous nous sommes offert. Je m’en suis occupé personnellement avec des amis qui m’ont tous aidés bénévolement. Disons que c’est un cadeau que j’ai offert à mon éditeur, ça n’entre pas dans son budget promotionnel. Il a juste réglé la facture du costume de cardinal que je porte. C’est Jean-Claude Guillosson qui tenait la caméra, faisait le cadre et a fait le montage. Il a été extraordinaire de gentillesse et de compétence. Un autre copain, Dominique Forma, tenait la perche alors qu’il avait dirigé Jeff Bridges à Hollywood dans un excellent polar, Scenes of the Crime ! J’ai écrit les spots, choisi les acteurs et on a tourné tout cela en une journée dans les bureaux d’Yves Riquet, un personnage étonnant qui a sauvé un des derniers métiers à tisser français fabriquant de véritables bas couture. C’est un fétichiste du bas couture, vous comprenez… Et un amoureux du strip-tease ! Je ne peux que m’entendre avec des gens comme lui ! Et j’ai demandé à des amis acteurs de venir comme Christian Chauvaud qui est un habitué de chez Mocky, Raphaël Scheer, un auteur strasbourgeois dont j’ai joué déjà deux pièces et qui est un excellent acteur – l’homme ivre, c’est lui -, Manon Desgryeux, Murielle Rivemale. Xavier et Marie ne sont pas comédiens mais l’une, en chienne de garde, l’autre en candidat du quizz, ont aussi été parfaits. J’ai même eu le luxe d’avoir une photographe de plateau, Laëtitia Mélierres qui m’avait déjà beaucoup aidé sur un précédent documentaire. Franchement, j’ignore quel fut l’impact de ces spots, mais on s’est bien tous amusés à les tourner. Et j’ai offert à chacun une magnifique paire de bas couture de la production Riquet. C’est le minimum que je pouvais faire pour les remercier tous.
- Combien de temps as-tu mis avec tes collaborateurs pour arriver à définir ton dictionnaire des longs-métrages érotiques et pornographiques ?
Nous y travaillons depuis presque dix ans. Francis Moury est mon plus ancien collaborateur. Les autres sont arrivés au fil des ans. J’ai défini le contenu du dictionnaire et sa forme. Le travail n’est pas fini ; il doit rester deux cents films à chroniquer. Avec Cinérotica, nous faisions quelques réunions pour discuter principalement sur les titres tangents. Faut-il Hiroshima mon amour ? Faut-il Irréversible ? Et à ces réunions, je venais toujours avec les copies vidéos des films érotiques ou pornos qui restaient à faire et on se les répartissait ensemble.
Tournage pour YouTube - © Laëtitia Mélierres
- Comment as-tu choisi tes collaborateurs, tous des érudits ?
Certains sont déjà bien connus des cinéphiles. Par exemple Jacques Zimmer qui fut rédacteur en chef de La Revue du Cinéma qui publiait la Saison tous les ans et grâce à laquelle les films pornos avaient droit au même traitement critique que les autres films. D’ailleurs, l’un des meilleurs défenseurs du porno dans la Saison, Alain Minard, a rejoint le dictionnaire il y a un an environ. Patrick Meunier en est un autre de la Saison mais il signait sous un autre nom ; il y a Jean-François Rauger, programmateur de la Cinémathèque française ; Gilles Esposito, qui vient notamment de Mad Movies ; François Cognard, un ancien de Starfix devenu depuis producteur de cinéma ; Frédéric Thibaut travaille à la Cinémathèque de Toulouse où il anime Extrême Cinéma et écrit pour Brazil (le professeur Thibaut, c’est lui) ; Italo Manzi est un critique argentin vivant à Paris et féru de cinéma français des années 20-30 ; Richaud d’Ombasle, c’est Monsieur troisième couteau du cinéma français, un maniaque des filmographies exhaustives, auteur de L’@ide-Mémoire ; Emmanuel Levaufre vient de La Lettre du cinéma ; Herbert P. Mathese, c’est l’auteur d’un incroyable bouquin sur Benazeraf ; et il y a des jeunes auteurs très prometteurs comme Edgard Baltzer, 25 ans seulement et l’érudition d’un vieux cinéphile qui a tout vu ! J’ai aussi eu la chance de rencontrer cet été Hervé-Joseph Lebrun, un réalisateur qui s’intéresse aussi beaucoup au cinéma porno gay sur lequel peu de choses passionnantes et détaillées ont été écrites jusqu’à présent. Dominique Forma et Francis Moury, déjà cités, Pierre-Arnaud Jonard, Maxime Delux dont l’écriture précise et iconoclaste me ravit, Didier Dhuique, Frédérick Durand qui est un écrivain canadien… Tous ont été choisis pour la rédaction du dictionnaire parce qu’ils savaient écrire sur l’érotisme et la pornographie sans se moquer du sujet, sans condescendance, sans cette prétention si répandue à vouloir démontrer combien le rédacteur est supérieur au film qu’il commente, qu’il n’est pas dupe. Le second degré qui tient office généralement d’avis est proscrit. Et pour le magazine Cinérotica, je suis heureux d’avoir rencontré Frédéric Tachou, encore un dont le travail remet en cause les idées reçues sur le porno clandestin longtemps paresseusement colportées sans un véritable travail de recherche qu’il est le seul à accomplir en ce moment, et comme Lebrun, c’est aussi un réalisateur qui porte donc un regard de cinéaste sur son sujet, ce qui est toujours très enrichissant pour nous lecteurs. Et dans le n°4, je suis fier d’avoir enfin la plume féminine que je désespérais de trouver : Britt Nini, une pionnière dans le domaine puisqu’elle faisait partie de l’équipe fondatrice du mythique Sex Stars System.
- Quelle était la méthode de travail, on est stupéfait devant la masse d’informations des pseudonymes aux stock-shots ?
Chacun a apporté son regard personnel et ses connaissances. Quelqu’un comme Francis Moury qui a connu le milieu professionnel porno à la fin des années 80/début 90, qui a travaillé avec Jean-Claude Roy, Michel Ricaud, Pierre B. Reinhard et Alain Payet, avec une vendeuse de films spécialisée entre autres dans le cul, avait des infos de première main. Quand on le pouvait, on est entré en contact avec les protagonistes. Un exemple parmi d‘autres, Edgard Baltzer a correspondu avec Catherine Ribeiro qui s’est exprimé librement sur sa participation au film le plus méconnu de sa carrière, Ils sont nus de Claude Pierson. Pour ma part, j’ai fait tout le travail de dépouillement des archives du CNC, la consultation des dossiers de censure, parfois riches d’information, même s’il faut être très prudent avec ses infos administratives. Mais le plus intéressant sont les commentaires mêmes de la commission de censure que j’ai reproduits chaque fois qu’ils étaient circonstanciés. Nous sommes à l’affût de la moindre info, des archives de production consultables. Encore récemment, j’ai hérité de quatre classeurs d’archives des productions Hustaix qui avaient échappés au déménagement de ses bureaux vers 1988, treize ans après la mort du bonhomme. J’y ai découvert les contrats de techniciens et d’acteurs qui m’ont permi d’établir des fiches techniques et artistiques encore plus complètes que les génériques. L’essentiel reste la vision des films : une fois le stock des titres édités en VHS françaises épuisés, nous avons fait jouer le réseau des collectionneurs européens, pour profiter de copies allemandes, italiennes ou anglaises. L’un de mes contacts achète aussi des copies 35 de films rares dont le dictionnaire profite ensuite : c’est ainsi que j’ai pu visionner et commenter sur pièce la version hardifiée sous le titre de Clodo et les vicieuses du dernier film de Bourvil, Clodo dont on ne connaissait en vidéo que la version originelle ! Mais il reste toujours des films mystérieux, qui résistent aux recherches, c’est une quête sans fin !
- Quels critères sur le choix des films disponibles en VOD sur le site internet ?
On s’efforce de choisir des strip-teases et des pornos clandestins représentatifs de leur époque ou au contraire très particuliers, proposant une certaine originalité.
Christophe Bier - à droite - en Monsieur Cinéma - tournage pour UTube - © Laëtitia Mélierres
L’arrêt de la revue :
- Peux-tu nous évoquer la raison de l’arrêt de ta revue, 40 000 exemplaires étaient pourtant distribués ?
D’abord, il ne faut pas caricaturer et tout rejeter sur une raison : la revue s’arrête parce qu’il n’y a pas assez de lecteurs. Nous n’avons pas encore les vrais chiffres du 3, du 4 non plus évidemment. Mais il y avait environ 3400 lecteurs qui achetaient la revue en kiosque et presque 300 abonnés. Le contraire aurait été préférable et viable. J’ai rencontré des lecteurs désolés de cet arrêt et qui m’expliquaient qu’ils allaient s’abonner. C’est trop tard ! Aujourd’hui, la presse est un secteur en danger. Personne ne l’ignore, la crise de la presse est largement commentée dans les médias. Quand une nouvelle revue sort en kiosque, qui plus est lorsqu’elle est pointue et originale comme Cinerotica, il faut – si l’on est vraiment intéressé – immédiatement s’abonner. C’est l’évidence ! C’est un risque à prendre même. Après, il ne faut surtout pas se plaindre que la revue s’arrête.
- Y avait-t-il des problèmes de distribution, des freins des services de presse, et des difficultés pour trouver un éditeur ?
Problème de distribution ? On peut surtout parler d’un problème de diffusion. Cinerotica était distribué par les MLP. J’ai l’impression qu’ils n’ont rien fait pour mettre en valeur et promouvoir la revue. Ça ne les intéresse guère. Après il y a les dépôts partout en France ; parfois c’est une mafia. A Grasse par exemple, un kiosquier a plusieurs fois réclamé au diffuseur des Cinérotica et ne les a jamais eus… Pourquoi ? Le distributeur se fout de faire correctement son boulot, à moins de servir la soupe aux grands éditeurs. Faut-il donner des pots de vin pour avoir son magazine bien mis en évidence ? Je me pose la question ? Enfin, il y a les kiosquiers… Vaste problème ! Je ne veux pas en fait le bouc émissaire idéal, ce serait facile ! Ils ont leur problème, sont submergés par le papier, visiblement aussi par les problèmes financiers… Il n’empêche que beaucoup d’entre eux ne font pas correctement leur boulot. Je l’affirme car j’ai eu des témoignages sur certains comportements inqualifiables. D’abord, il y a ceux qui cherchent à décourager le client, lui affirmant qu’ils ne connaissent pas la revue, ne voient pas ce que c’est ; si le client insiste très lourdement, le kiosquier finit par lui sortir Cinérotica ! Ça s’est vu ! Encore plus fort, une autre fois dans une maison de la presse, le type est parti en réserve chercher le numéro : il ne l’avait absolument pas exposé ! Comment voulez-vous que des petits éditeurs s’en sortent avec des habitudes pareilles ! On n’a pas les moyens d’envahir les points de vente d’huissiers pour faire des constats de refus d’exposition ou de vente, c’est impossible ! Je crois aussi que Cinerotica a décontenancé des kiosquiers : la revue était trop particulière. Une revue de cul intello, ça dépassait leur entendement. Nous voulions être dans le rayon cinéma, à côté de Mad Movies par exemple, mais le kiosquier gère son kiosque comme il l’entend. Beaucoup l’ont mis dans le charme. Remarquez, pourquoi pas, c’est préférable que de rester en carton. J’ai aussi constaté que certains commencent à faire le ménage deux semaines avant la fin de l’exploitation, pour « faire de la place ». Considérant la revue « invendable », ils la mettent en carton en invendu avant même la fin du mois ! Je vous fais part de mes indignations, mais hélas il semble que tout cela soit très banal dans le monde de la presse. Voilà de quoi décourager les éditeurs…
- As-tu eu des difficultés avec la censure, ou une certaine morale bien pensante, à l’instar de la suppression de la page Facebook de Cinérotica ?
Pour continuer sur le kiosquier, ajoutons effectivement des menaces. Récemment, rue Léon dans le XVIIIème à Paris, l’un d’eux est arrivé le matin et a découvert sur son kiosque, par-dessus les publicités pour Union et un autre magazine érotique des affichettes sous forme de faire part (avec des bordures noires) rappelant les termes de l’article 227-24 du Code Pénal et signé « Papa et Maman en colère ». C’est de l’intimidation qui peut influencer le comportement des kiosquiers les plus trouillards. On ne peut pas leur en vouloir si ce genre de choses se propageait. On salope leur kiosque et en plus on les menace de prison et d’une amende salée s’ils font commerce d’un message porno pouvant être vu par un mineur ! C’est le fait d’associations conservatrices, comme celle qui avait poursuivi Baise-moi en 2000. Plutôt que de lutter contre la pornographie dont les effets néfastes restent toujours à démontrer, il faudrait s’inquiéter de la montée de ces intégristes qui, la nuit, recouvrent les murs de la ville de leur menace.
tournage pour YouTube - © Laëtitia Mélierres
Côté Service de presse, nous n’avons pas trop eu à nous plaindre. Le succès critique a été très grand. Toutefois, c’est vrai, quelques journalistes qui avaient adoré Cinérotica n’ont pas pu défendre notre revue au sein de leur rédaction. Un rédacteur en chef adjoint d’une très populaire revue de cinéma s’est vu opposer un refus catégorique de sa rédactrice en chef au motif de la pornographie ! Mais oui, Cinerotica parle de pornographie, quel est donc le problème, c’est interdit ? C’est indigne ? Il faut le croire… Cela ne gêne pas certaines revues d’exploiter l’érotisme, de surfer même sur l’idée de porno, en l’occurrence de porno chic, mais en aucun cas il faut saluer une entreprise plus frontale – en un mot plus honnête – comme Cinérotica ! Un autre hebdomadaire important a aussi refusé d’en parler, alors que l’article du critique était rédigé. C’est encore une rédactrice qui a bloqué. Des femmes qui ont des postes importants ne comprennent rien à la pornographie, la considèrent comme dégradante et font un authentique acte de censure morale. Des hommes tombent aussi dans ce travers par sympathie « féministe ». La suppression de la page Facebook en revanche n’est peut-être pas un cas de censure, mais répond aux limites de leur charte. Toujours est-il qu’il m’a fallu plusieurs mails pour obtenir une réponse complète de Facebook. Le site considérait notre profil comme « professionnel » et nécessitait donc un autre traitement.
- Que deviennent les soirées Carré blanc, présentées sur CinéCinémaClub, en partenariat avec ta revue, et qui a participé aux choix de ces films ("Les onze mille verges", "Calmos", "Collection privées") ?
Les choix étaient du ressort du programmateur Bruno Deloye, de CinéCinémaClub. La chaîne continuera dans l’érotisme mais notre partenariat cesse évidemment.
- J’imagine ta déception. L’arrêt de ton dictionnaire va beaucoup frustrer les cinéphiles, peut-il ressortir sous une autre forme ou un autre support ?
Non, il ne faut pas être déçu. C’est une expérience qui a au moins permis de faire découvrir notre travail et l’ampleur de notre ambition. J’ai donc décidé d’achever le dictionnaire cette année. Le but est d’en faire un livre, un pavé de 800 pages illustrées, cousu et relié. Un ouvrage de luxe. Je me suis donné jusqu’en mars pour discuter avec des éditeurs. Passée cette date, si aucune proposition sérieuse n’est avancée, j’éditerai seul avec l’aide d’un ami partenaire cet ouvrage. Nous mettrons neuf mois à le finir, le temps d’une grossesse au cours de laquelle une souscription sera proposée à un prix très attractif. J’attends des devis d’imprimeurs, donc je ne peux pas encore donner de prix. Il faut patienter. Donc, tous ceux qui brûlaient d’envie de savoir ce qu’était Zob, zob, zob, le dernier titre du dictionnaire se rassurent : édité ou autoédité, le Dictionnaire sortira. Je les invite à se tenir au courant, surtout dans le cas d’une auto-édition avec souscription. Déjà, ils peuvent nous envoyer leurs adresses postales et mails à : cinerotica@free.fr. Je leur dis à très bientôt, courant mars pour des nouvelles.
tournage pour YouTube - © Laëtitia Mélierres
- Y a-t-il une action pour sauvegarder les copies de ces films, ou risquent-ils de disparaître un jour ?
Ce genre méprisé mériterait en effet un plan de sauvegarde. Déjà, plusieurs cinémathèques ont pris conscience de ce patrimoine et sauvegardent les films pornos, mais beaucoup de titres ont certainement disparu. Le genre a trop été dans les mains de marchands de soupe qui n’avaient cure du patrimoine et du respect de l’œuvre. Les premiers à mépriser la pornographie furent souvent, hélas, ceux qui la finançaient, parfois même qui la réalisaient. Les copies 35 exploitées jusqu’à la corde furent revendues, détruites pour économiser des frais de stockage, remontées pour faire de nouveaux films-gigogne. Lorsque la vidéo fit son apparition, c’est le master vidéo qui est devenu la référence, sans plus se soucier des copies. Quant aux négatifs, certains dorment dans les labos dans une indifférence générale. Je voudrai faire un rêve : un plan de financement gouvernemental pour un état des lieux du patrimoine pornographique français, suivi de mesures financières pour des restaurations massives. Mais vous imaginez cela possible ? Au moins, après le Dictionnaire de 800 pages, plus personne ne pourra dire que le cinéma porno français est négligeable. Il apportera la preuve de sa richesse, de ses différences et coupera court à tous les discours généralistes des pornophobes.
- Les films pornos restent-ils « Mauvais genres » malgré leurs diffusions TV et vidéo ?
Oui. Car la loi X est maintenue. Cela signifie que si un jour John B. Root a envie de tourner en HD un film porno pour le cinéma, il ne bénéficiera jamais de la nouvelle interdiction aux moins de 18 ans (celle de la ressortie de baise-moi) mais sera automatiquement classé X. Donc, le cinéma porno continue d’être censuré, interdit dans les salles puisqu’il n’y a plus de salles (à part le Beverley à Paris). Concernant les diffusions TV, ce qui est approuvé, du moins sur des chaînes du groupe Canal +, c’est un certain type de pornographie, une pornographie BCBG en quelque sorte, corsetée par des interdits stupides qui infantilisent le genre. B. Root, toujours lui, a contourné la difficulté en réalisant des doubles versions. Très habilement, il a commercialisé en vidéo sa « director’s cut » d’Inkorrekt(e)s et a fourni à Canal + une version expurgée qu’il a ironiquement intitulée Korrekt(e)s. Un autre problème crucial qui révèle le mépris et le refus de considérer la pornographie comme un genre qui a une histoire : sous le prétexte idiot de lutter contre le sida, tous les films tournés sans préservatifs dans les années 70-80 tendent à disparaître des programmations. On considère à la fois le cinéma porno comme un produit de consommation jetable dont il faut promouvoir uniquement les « produits » les plus récents et aussi comme ayant des devoirs pédagogiques. Tout cela vide le genre de sa force transgressive. Le cinéma porno n’a jamais eu de vocation pédagogique. Si aujourd’hui tous les films doivent utiliser des préservatifs, c’est uniquement pour protéger les comédiens et non pas pour donner un message éducatif. De même les pornophobes reprochent parfois une pornographie violente, mais elle n’a pas forcément la vocation d’être douce, mièvre, de symboliser l’image d’un bonheur béat. On dit encore que cela détourne les jeunes de l’amour parce que l’amour y est ridiculisé au profit du sexe. Mais là encore la pornographie n’a pas à être au service d’une idéologie unique qui serait celle de l’amour, de la fidélité. Et en quoi l’amour serait à privilégié dans l’éducation des jeunes par rapport à la découverte d’une sexualité sans sentiment ? Je m’arrête là car je peux être intarissable sur ce sujet. Je vous conseille simplement un livre remarquable du philosophe Ruwen Ogien : Penser la pornographie au PUF. Il fait le point et démonte de manière remarquable, à la lumière de l’éthique minimale, tous les arguments des pornophobes.
- Après « Eurociné », « Les nains au cinéma », et « Cinérotica » et la réalisation de documentaires, quels sont tes projets ?
Eh bien, ce Dictionnaire donc qui me prendra beaucoup de temps. Mais aussi un documentaire sur Daniel Emilfork qui est en bonne voie et dont j’espère commencer bientôt le montage. J’ai déjà fait les interviews de la fille d’Emilfork, Stéphanie Loik, de Pierre Philippe, de Jacques Baratier, Jean-Claude Dreyfus, Jean-Louis Roy qui réalisa un extraordinaire Inconnu de Shandigor avec l’un des plus beaux rôles d’Emilfork, Daniel Mesguich et Claudie Ossard, la productrice de La Cité des enfants perdus.
11 janvier 2009
FERMETURE DÉFINITIVE
Jean-Roger Caussimon devant le Trianon-Théâtre, futur "Jean Vigo", en 1978
Petite promenade dans "la belle endormie" - désormais plus ripolinisée que Catherine Nay -, j’appréhende de traîner rue Franklin. J’y passe finalement, un écriteau fuse au cinéma Jean Vigo "fermeture définitive", une femme distinguée téléphone sur son portable sans s’en préoccuper, quelques papiers volants, aperçus dans au travers de la baie vitrée, jonchent le sol. Je m’attends presque à rejoindre le fantôme de Jean-Roger Caussimon. En effet, ce prodigieux comédien, chanteur et créateur de chansons – je le place dans mon petit panthéon personnel aux côtés des Brel/Barbara/Ferré/Brassens -, est à l’honneur d’un livre DVD "Jean-Roger Caussimon en images". On y retrouve un joli documentaire de 1984 signé Élisabeth-Charlotte Pelletier "Moi je suis du temps du tango". Il parle de son enfance bordelaise, tout en marchant dans Bordeaux. En commentaire, il signale "Il y avait dans une courte rue perpendiculaire au cours de l’Intendance, lieu de promenade, de rendez-vous de rencontres, des étudiants et des étudiantes, lorsque les 6 heures du soir avaient gravement sonnées, à la cathédrale Saint-André, il y avait dis-je rue Franklin, un lieu qui m’attirait, qui me fascinait. C’était le Trianon-Théâtre. C’était un très joli théâtre à l’italienne. C’est aujourd’hui un cinéma, spécialisé peut-être dans les films de catégories X, je ne sais pas, nous verrons bien…". Et l’on voit Jean-Roger Caussimon hausser les bras, devant ce lieu, en l’an 1978 – voir photo -. Caussimon reprend sa quête nostalgique, en évoquant ses souvenirs. A l’âge de 16 ans, il y avait une pièce toutes les semaines. Le directeur en était Kléber Harpain qui fut son professeur au conservatoire, et l’engagea finalement à l’année. Il cite alors "ses amours de fantômes de comédiens", Jean Marchat, Jacques Baumer, Marguerite Moreno, Marcelle Géniat, Henri Bosc…. Ce lieu chargé d’histoire, est désormais porte close. Quels qu’en soient les responsables ou les fautifs, on ne peut que s’en navrer….
Jean-Roger Caussimon visitant le "Trianon-Théâtre"
J’espère que le titre de cette notule ne fut pas pour vous une source de fausse joie, car il concernait bien la fermeture du "Vigo", et non de ce blog, c’est en fait pour moi l’occasion d’un re-départ. Je reprends ce blog, après voir annoncé mon retour il y a peu. Mais une mauvaise convergence entre un nouveau "tripalium" dans une société qui cadrerait parfaitement au film "J’ai mal au travail" et un ordinateur moribond, n’a pas arrangé grands choses. Pour plus de "lisibilité", je cite le très remarquable "Le petit livre du français correct" de Jean-Joseph Julaud, "travail" vient du latin "tripalium" qui désigne un instrument formé de trois pieux (tri-pal). Cet instrument était destiné à immobiliser un animal (….) l’imagination des hommes étant sans limites lorsqu’il s’agit de faire souffrir leurs semblables, le travail fut aussi utilisé pour la torture. Il prit alors le sens de "souffrance". Mais se plaindre alors que l’on a du travail, c’est un tantinet indécent en ce moment, non ? J’ai aussi changé de PC et je suis donc passé d’une charrette à bras à un TGV, je reprends du service, quelques hommages végétant dans les brouillons, et un logiciel de capture me permettra de nouvelles rubriques. P.S. : Bonne année quand même !
26 novembre 2008
ENCYCLOPÉDIE CINÉROTICA
Michel Ciment se plaignait dans l'éditorial de Positif d'octobre dernier, de l'hommage de la Cinémathèque fait à Jésus Franco, démontrant qu'il fallait installer une échelle de valeurs. Il ironise sur Max Pécas ne pouvant prétendre à être reconnu sérieusement dans l'avenir, selon lui on n'y devrait ne saluer que des grands maîtres. Une réponse involontaire est faite par Christophe Bier, avec la sortie au début de ce mois du second numéro de la revue pour lequel il est rédacteur en chef "Cinérotica". On connaît l'amour pour les cinémas de la marge de ce chroniqueur sur France Culture dans l'émission "Mauvais genre" - des "nains au cinéma" aux films de la firme d'Eurociné -. Comme disait Jean-Luc Godard, c'est "La marge qui tient le cahier". Ce mensuel fait donc suite à son livre paru en 2000 "Censure-moi - Histoire du classement X en France - "Collection "L'esprit frappeur", 2000 -. Il nous rappelait les agissements du comité de censure - et ses commentaires ! -, et qu'entre "La religieuse" (Jacques Rivette, 1966) à "Baise-moi" (2000), "depuis 25 ans, la loi X ne se contente pas de "protéger" les mineurs : elle pénalise très lourdement ceux qui fabriquent, produisent et émettent des images interdites. Du coup, tout un genre cinématographique a disparu". Un évènement, car avec une équipe de rédacteurs érudits - Jacques Zimmer, Richaud d'Ombasle, Edgard Baltzer, François Cognard, etc... -, il nous livre une somme consacrée, sous la forme de 24 fascicules - 1 par mois - à un panorama de l'érotisme à la pornographie dans le cinéma français. Chaque numéro comporte un dossier, par exemple le premier sur le cinéma des années 30 - on découvre au final qu'il est assez déluré, sans l'équivalant du Code Hays américain - et "Les pornos primitifs 1900-1950", et le deuxième sur le cinéma des années 50 - Dany Carrel, Françoise Arnoul dont le parcours est encadré par deux nudités de "L'épave" (1950) à "Post-coïtum, animal triste" (1996), Martine Carol et bien sûr Brigitte Bardot. On s'amusera à l'évoquation de l'ineffable Nadine Tallier fouettée par Juliette Gréco dans "L'homme et l'enfant" (Raoul André, 1958) . L'iconographie est remarquable, et aguicheuse. Il convient de saluer son grand oeuvre "Le dictionnaire du cinéma érotique et pornographique français des longs métrages en 16 et 35 mm" - dix ans de travail ! - proposé en 24 fois dans un cahier central. Soit plus de 1000 pages recensant plus de 1700 titres - les films référencés sont ceux uniquement présentés en salle, on ne retrouvera donc pas ceux diffusés en vidéo et à la télévision -, d'"A bout de sexe" à... "Zob, zob, zob" ! - il conviendra d'attendre presque deux ans pour lire cette dernière note. Des "auteurs" y sont salués de José Benazeraf, Jean-Pierre Bouyxou, Alain Payet, Jean-Daniel Cadinot pour le porno gay, etc... On se régale déjà aux deux premiers morceaux de cette encyclopédie. C'est une mine d'informations avec des génériques les plus complets possibles - ce qui est remarquable pour le cinéma pornographique dans la jungle des pseudos -, des résumés, des avis critiques, des notes informatives, des dates de sorties avec les salles d'exclusivité, des titres alternatifs - étrangers, vidéos,et même ceux refusés par la censure -... Le tout est très riche en anecdotes, citons Georges Séguy, en meeting pour la "vie ouvrière" qui se retrouve involontairement dans "Adolescente pervertie" (José Benazeraf, 1978).... On retrouve aussi bien quelques réjouissances du genre aux titres incroyables - comme "L'aubergine est bien farcie" (sic) -; mais aussi des grands classiques - L'âge d'or" de Luis Buñuel, "Les amants" de Louis Malle -. Mais on retrouve aussi quelques films mineurs comportant quelques polissonneries - "Ah ! les belles bacchantes" (Jean Loubignac, 1954), qui vient d'être rediffusé sur France 3 - "Adam est... Ève" (René Gaveau, 1953) avec Jean Carmet, et également des films bien oubliés des dictionnaires comme le franco-luxembourgeois "L'amour, oui ! mais..." (Philippe Schneider, 1969), avec Roland Lesaffre et Sabine Sun. On retrouve aussi des commentaires complets, qui vont faire le regal de ceux qui s'amusaient à lire les comptes rendus des films pornographiques dans "La saison cinématographique" de films pornos aux traditionnels, sans hiérarchie, n'en déplaise à Michel Ciment. Le projet est déjà salué avec ferveur par Charles Tatum, et son excellent blog Le vieux monde qui bouge, Christophe Lemaire dans le numéro 11 de Brazil nouvelle formule, par Bernard Joubert dans "Sinéhebdo" qui s'amuse de ces "censeurs qui se sont tapés 1700 films de cul !". Souhaitons bon vent à cette entreprise salutaire, passionnée et émoustillante ! On peut signaler aussi des petits spots de pub désopilants sur Youtube 1, Youtube 2 - avec Christian Chauvaud, acteur fétiche de l'univers de Jean-Pierre Mocky - et Youtube3 notamment. Christophe nous signale que sa revue est disponible dans certaines librairies comme celle de la "Cinémathèque de Paris", "Le Regard Moderne", rue Gît le Coeur et la librairie de cinéma rue Monsieur le Prince (Paris).Vous pouvez également visiter le site officiel Cinérotica.fr. qui propose de larges extraits de la revue en format PDF et même des VOD - des codes sont disponibles pour les lecteurs pour les retrouver -. Indispensable ! Dans cet ordre d'idée signalons aussi l'excellent livre d'Herbert P. Mathese - aussi collaborateur de la revue - consacré à José Benazeraf "La caméra irréductible" (Éditions Clairac, 2007).
01 septembre 2008
LE JEAN-VIGO DE BORDEAUX EN SURSIS ?
A l’heure où la ville de Bordeaux est candidate à grands bruits pour être désignée par un jury pour devenir la capitale européenne de la culture, on peut être chagriné de voir que le cinéma Jean Vigo n’a pas réouvert ses portes depuis fin juillet. Ce cinéma se trouvant dans une petite rue, en face d’un centre commercial des quinconces, fait pourtant le régal des cinéphiles, de par sa programmation, ses cycles, ses manifestations – "Cinésites", des films en plein air sur la France entière -. La raison de l’absence de la rituelle réouverture est évoquée dans le journal "Sud-Ouest" du 29 septembre dernier par Christophe Loubes, qui précise qu'il ne devrait pas "rouvrir jusqu’à nouvel ordre" : "...Dans un communiqué publié hier, l’équipe du cinéma d’art et d’essai bordelais se dit « contrainte de prolonger (sa) fermeture estivale » dans l’attente d’une réponse de la mairie sur le montant d’une dotation qu’elle recevait chaque année. Cette aide, versée en plus d’une subvention annuelle de 250 000 euros, permet au Jean Vigo de payer le loger du Trianon, occupé depuis les années 70, les factures de gaz, l’électricité et les salaires des employés. Dominique Ducassou, adjoint à la culture, assure qu’elle sera versée en 2008. Or, au cinéma, on dit n’avoir reçu aucun courrier à ce sujet. « Ridiculement faible ». Dominique Ducassou est en revanche plus réservé sur le soutien municipal dans les années qui viennent : « Le Jean Vigo n’est plus seul à proposer des films d’art et essai. L’Utopia, le Mégarama ou des cinémas de communes périphériques ont provoqué une dispersion du public. Du coup sa fréquentation est devenue ridiculement faible. D’autre part, la donne a changé depuis qu’Alain Marty n’est plus directeur et nous voulons maintenant connaître le projet du centre Jean-Vigo pour l’avenir avant de nous engager. N’oublions pas qu’il s’agit d’une société de droit privée… ». À l’activité comparable, pourquoi soutenir un cinéma plus que les autres ? – à titre de comparaison, l’aide que perçoit l’Utopia avoisine les 3000 euros pour cinq ans -. C’est la question que soulève Dominique Ducassou. L’élu maintient toutefois le partenariat engagé pour le futur festival Cinéma-Science (…) ou les cinésites. Cette opération se poursuit d’ailleurs en septembre avec cinq dates décentralisées. Reste à savoir si, comme on commence à le chuchoter, Alain Marty cherche à passer en force à quatre jours de la venue de la délégation pour l’attribution du titre de capitale européenne de la culture. Celui qui est toujours président de l’association qui gère le Jean-Vigo était injoignable hier et n’a pas pu répondre notamment à cette question ». S’il est difficile au final de se faire une opinion, il est dommage que ce cinéma ne perdure pas dans le paysage culturel bordelais, sa programmation complétant des sites comme l’Utopia et l’UGC – à la programmation pointue -, il avait programmé par exemple le dernier film de Jacques Doillon -. Pour avoir un attachement sentimental dans ce cinéma pour des raisons personnelles – avec la vision de West Side Story avec celle qui occupe mes pensées -, et pour avoir vu quelques films souvent mal distribués ou quelques classiques, je ne peux que déplorer une situation inquiétante à surveiller donc, un cinéma de qualité qui ferme est toujours un drame. Ce cinéma a un site officiel à visiter ici.
14 mai 2008
DVDRAMA, UN SITE PAS TRES CLASSE
Comme souvent je m’apprêtais à compléter un ancien portrait, de la rubrique "Fragments d'un dictionnaire amoureux" , consacré à François Berléand. Je pensais ainsi faire des ajout sur celui, qui a eu depuis la dernière mise à jour, une très riche actualité – théâtre, télévision pour Claude Chabrol, films, théâtre en direct à la télévision, réédition en poche . Mais je découvre par hasard la rubrique "classe, pas classe" - cliquez sur le lien -consacrée à François Berléand disponible du Site "Dvdrama" qui s'autoproclame : "premier quotidien du DVD, du cinéma et des séries".
En lisant ce portrait signé par… 5 ou 6 personnes Alex Masson, Stanislas Bernard, Nicolas Houguet, Pitou WH et Gilles Botineau, Je constate qu'il y a beaucoup de similitudes avec le portrait que j'avais fait sur mon blog, citations, films méconnus "ôte-toi de mon soleil", quelques phrases à peine remaniées "Ma petite entreprise" : exemples « C'est un acteur tellement bon que quoi qu'on écrive, il y a forcément un rôle pour lui...», citation reprise agrémentée d’autres – j’en citais la source "Studio" ; "Ôte-toi de mon soleil" : "où il profite d’une totale liberté de jeu pour expérimenter des techniques différentes, et même de participer au piano à la musique du film. En visualisant le grand nombre de rushes, il étudie la manière de progresser" devient pour DVDramort :"Pourquoi pas pour Berléand d'expérimenter plusieurs techniques de jeu, ou de composer en partie la musique du film"; Ma petite entreprise : "Pour Pierre Jolivet, il devient un réjouissant assureur escroc dans "Ma petite entreprise", taraudé par ses origines slaves incapable de voir l'amour que lui porte le personnage de Catherine Mouchet" devient : "Berléand est un réjouissant assureur (et escroc, donc), taraudé par ses origines slaves, incapable de voir l'amour que lui porte le personnage de Catherine Mouchet"; "H.S.": "en truand usé dans un climat qui se veut "Tarantinesque" dans "HS" (2000)" devient "...et dont les références tarantinesques"; "Edy" : "Il déclare volontiers que ce film reste son préféré" - il me l'avait confié et j'étais sur le tournage - devient "Berléand lui-même considère ce film comme son meilleur"; "L'homme idéal" : "Quelle que soit l'importance de la durée de ses rôles, il arrive toujours à faire exister un personnage, tel celui, muet, du dîneur victime d'un quiproquo dans "L'homme idéal" devient "celui interprété par notre ami Berléand, qui ne souffle mot dans cette scène ; il mange, simplement", etc…
Il y avait eu une première version de ce texte pour "Les gens du cinéma". Pourquoi "se casser le cul sur l’herbe tendre", comme chantaient en chœur Serge Gainsbourg et Michel Simon dans "Ce sacré grand-père", quand on peut trouver tout rôti chez les autres ou matière à fournir un canevas. Je trouve ce type d'agissement hautement regrettable, d'autant plus que j'agis dans un but non lucratif, ce qui n'est pas le cas de ce site marchand, dont les membres reçoivent des DVD par service de presse, ce qui n’est pas mon cas. Un blog étant peu exposé par rapport à ce site, et se veut partageur – même si on trouve ce texte en page 2 de Google -. Il devient donc très facile de se servir ici ou là. Ce n’est pas la première fois, ayant même vu un extrait d’un texte sur Henri Attal publié ! Mais au moins certains font un effort de réécrire un tantinet. Pour le fragment d’un dictionnaire amoureux, je bénéficiais de conversations inédites avec François Berléand, le connaissant un peu, et continuant à le voir, comme en avril dernier au théâtre dans "Batailles". Il reste d’ailleurs toujours aussi abordable, malgré sa grande notoriété et un emploi du temps dément - tout en jouant au théâtre, il tournait à Marseille "Le transporteur 3 " et répétait "Tailleur pour dames" pour France 2. Le retrouver est toujours un bonheur, Il a même pris la peine de me présenter à Jean-Pierre Marielle – l’une de mes idoles – et Agathe Natanson, présents ce-soir là, malgré une journée chargée.
Si ce type de comportement devient légion, il est parfois difficile de retrouver les sources exactes, comme ici. On peut imaginer que de bâcler ainsi en pillant ici ou là n’est pas une attitude très professionnelle. Si j’ai laissé trois commentaires, et bénéfice du doute suite au pont "viaduc" dernier, attendu une réponse de leur part à l’adresse mail de la rédaction du site, le tout est resté bien évidemment lettre morte. Petit rappel de la législation sur le droit d'auteur même sur le web : "...Ainsi tous les éléments présents sur Internet (images, vidéos, extraits sonores, textes) sont soumis de facto au droit d'auteur, même si leur accès est libre et gratuit et qu'aucune mention ne précise qu'ils sont protégés ! ". On peut reprendre des éléments à condition de citer l'auteur initial". Source "webmaster.hub"
Addenda du 19/06/2008, voir le forum de DevilDead, DVDrama semble coutumier du fait... A noter également les agissements d'un contributeur de Wikipédia "Scoubidou75", véritable sérial plagieur pour le cinéma français reprenant beaucoup de textes d'Yvan Foucart - et accessoirement mézigue pour Marie-Pierre Casey. Mais heureusement on peut contacter les modérateurs de ce site avec facilité et réactivité.
28 avril 2008
IMDB'S BLUES
1 an et demi, après une précédente missive de ce blog sur IMDB, voir ici : rubrique Carnet trouvé chez une fourmi, l’un des membres de la famille des formicidés d’IMDB, commence sérieusement à avoir sérieusement assez des échanges avec ce site. En fin d’année dernière, je me suis aperçu que plusieurs de mes mises à jours restaient inédites – des téléfilms "Opération turquoise", "La boîte à images" -. Bon ils vous répondent que certains titres ne figurent pas dans la rubrique "higher priority" (sic), mais tout de même, plusieurs mois après… Il fallait revenir sur la rubrique "updates" puis relancer les fiches restées lettres mortes. Ma connerie ayant tout de même des limites (quoique… ) - , je renonce désormais à faire un travail de ressemelage quotidien. D’abord il y a les films, je fais des petites expériences d’en compléter certains et d’en oublier d’autres, une jeune mise à jour d’une fiche de film "Deux jours à tuer" (!) – et encore avec quelques fautes corrigées depuis -. Les "pros" semblent s’en ficher complètement, ou bien quelques échanges hagards dissuasifs, ont eu raison de plusieurs collaborateurs habituels du site – sauf le plus bête : Mézigue ! -. Résultat, depuis le début de l’année je visite les dossier de presse sur le web – facilement trouvables, -et fiables car un site comme "allociné", les recopie parfois n’importe comment -. De plus les crédits dans ces supports sont réduits à une dizaine de nom - excepté pour ces films comme "Cash" et "48 heures par jour", aux génériques bien fournis -. Pour le coup et de mémoire, je rajoute quelques seconds rôles – Fred Personne, Jenny Clève et Christophe Rossignon dans "Bienvenue chez les Ch’tis", Clément Michu, Moussa Maaskri, Jean-Paul Zehnacker, Tony Gaultier dans "MR73", etc…- Il y a des oublis, mêms chez les Américains comme les excellents Guillaume Gallienne et Scali Delpeyrat oubliés du générique du morne "Benjamin Gates et le livre des secrets". Bon, ce sont ceux que je connais bien, et bien évidemment plusieurs autres se retrouvent à la trappe, en attendant une diffusion TV ou DVD devant un générique qui risque d’être illisible – Astérix aux jeux Olympiques un modèle d’illisibilité même au cinéma ! – Evidemment j'ai une fois par an, le plaisir de revisualiser mes trouvailles dans "L'annuel du cinéma", qui continue à repomper IMDB. J’aime aussi à visiter les CV en ligne via agencesartistiques.com, un Daniel Isoppo se retrouve bien placé ainsi dans des films récents. D’autres sites vont recopier la base, ce comédien par exemple, ne risque de pas trop comprendre cet engouement à son sujet. Mais cet exercice à aussi des limites, Bernard Bloch se retrouve ainsi bien placé dans la fiche du " Nouveau protocole", alors qu’il est coupé au montage ! La mise à jour devient donc un exercice assez étonnant, avec pléthore de mails automatiques depuis le début de l'année seulement, pour mettre vos ajouts en doute. Bon par exemple, je crée un téléfilm de Marcel Bluwal, "Mitzi" de 1978, d’après Arthur Schnitzler, avec Danièle Lebrun, Françoise Giret, Robert Murzeau et un débutant Pascal Greggory. Envoi d’un mail d’IMDB Helpdesk, réponse ils veulent un lien internet avec un site ou un festival pour valider la fiche. Mais sur ce téléfilm, comment souvent pour la télévision, il n’y a rien, nada, que couic sur le web... Allez expliquer que l’info est complètement inédite, d’où l’intérêt de la rajouter. Bon gueulez un bon coup, et vous aurez une réponse d’une certaine Katie, tout miel tout sucre, expliquant les subtilités nouvelles. Ils finissent par mettre la fiche tout de même. Pareil pour le beau documentaire de René Vautier "Afrique 50", diffusé sur CinéCinéma classic, tragiquement absent de la base alors, il faut insister de plus belle... Mais ce n’est pas très constructif, voire la fois où j’avais crée un téléfilm "complot d'amateurs" avec Jean-François Stévenin, co-production franco-belge, diffusé sur La Une, RTBF. Ils trouvent que la fiche manque d’informations signifiantes… alors qu’elle est déjà en ligne ! En fait, il suffit de la relancer derrière, un autre moins sourcilleux la valide derrière et hop. Yvan Foucart me signale une erreur, IMDb a fusionné deux films à l’aveugle, mettant en scène le personnage du commissaire Muller, campé par Raymond Souplex, manière d’exploiter au ciné le succès des "Cinq dernières minutes". Le premier "Chaque minute compte" (1959), avec Georges Rollin, Véra Valmont, Denise Carven, Robert Berri, avec lequel « La saison cinématographique 1960 n’est pas tendre : " …Il faut bien se résigner à voir revenir à cycle régulier ces films inutiles et ennuyeux", le second "Alibi pour un meutre" (1960), avec Alan Scott, Yves Vincent, Georges de Caunes, Véra Valmont, Robert Berri et le génial Jean Tissier, est décrié aussi par "La saison 62…" : "...ce film n'a été tourné - et avec quelle rapidité - que pour bénéficier de la popularité du commissaire Bourrel, celui de la T.V.". J’avise donc nos amis d’IMDB de l’existence de ces deux films. Et là, la croix et la bannière, évidemment citer "La saison" support papier ne les convainc pas, il est vrai que j’étais mal habitué, ils me prenaient toutes mes infos de suite... Il faut que j’envoie un lien avec le site de la BIFI pour les convaincre. La bonne volonté a ses limites, et il est vrai que beaucoup d’internautes sont confiants avec le site – l’erreur des deux films est recopiée partout, notamment par Wikipédia, il est vrai il y a même un logiciel qui permet de mettre en page la fiche d’une personnalité sur le site, directement en ligne – sans les réalisateurs pour les acteurs bien sûr -. Et donc certaines fiches restent sur le carreau "Mademoiselle Christine" de Raoul Ruiz, la nouvelle série de "France 3" "Adresse inconnue", etc.... Si saisir des infos, ne me dérange pas, batailler contre les moulins à vents, un tantinet tout de même. Soient les collaborateurs ne sont plus les mêmes, soient les critères de vérification sont plus ardus. Mais alors pourquoi ils laissent des projets de films, avec le statu "completed", loin d’être tourné comme des films à sortir "Aux armes, etc…", "La bombe humaine", je finis par trouver une parade rajouter "unconfirmed" à côté des noms. Certes IMDB, innove, la naissance d’une rubrique personnage, et encore il y a beaucoup de manques – évidemment, si un français, ne leur dit pas, il ne vont pas savoir que Porphyre est la variante de Porfiry dans Les adaptations de "Crime et châtiment", et que La Fayette, ne se résume pas seulement à la dénomination à Marquis de la Fayette. Donc il y toujours plus à faire, d’autant plus que je rentre aussi les titres français et les dates de sorties de "Saison" - ce qui est un peu idiots car ces informations figurent dans l'excellent cite "Encyclociné" et même d'autres inédites en support papier-. Le piège est de faire comme moi, 5 minutes par ici, 10 minutes par là, dans une journée c’est peu. Mais au final, ça représente une masse de travail assez conséquente, même si mon ordinateur me régale d’ "erreurs fatales", et que je suis plutôt d’humeur badine en ce moment, et que j’ai plutôt envie de roucoulades. Certes, je suis le premier à bénéficier des infos que je mets sur cette base – un épisode de "Preuves à l’appui", dans la filmo TV de Jacques Morel, oubliée du très exhaustif livre de Jean-Marc Doniak sur la télévision française, car il passait en fin d’après-midi sur la 3ème chaîne en 1978 -. Mais basta, tout de même, avec la nouvelle politique 2008 de ce site glouton. Le festival de Cannes arrive et c’est assez contraignant de tout vouloir compléter – m’étant "fadé" plusieurs festivals de TV comme Luchon -, et d’être constamment vigilant. Bon, en plus ça devenait pathologique, alors… Je vais donc freiner sérieusement mes contributions – "Mitterrand à Vichy" et "Tailleur pour dames" seront mes dernières interventions- en création du moins, je viens de rentrer une trentaine de noms pour "48 heures par jour -. Il sera amusant de vérifier si "La maison Tellier" et "Sarah Bernhardt, une étoile en plein jour", figureront sur la base. Je rentrerai cependant des épisodes de séries TV, - comme un internaute désormais, mais qui ne le fait que pour TF1 ! -. Reste qu’hélas en agissant de la sorte, je risque d’avoir un peu plus de temps pour ce blog, …hélas pour vous qui ne méritiez pas autant de platitudes.
12 février 2008
PIERRE ETAIX, OU COMMENT ENFONCER LES PORTES PAR LA FORCE DE SES CONVICTIONS
En 1982, dans "Cinéma 82" N° 278, Frantz Gévaudan titrait un article, Pierre Étaix, cinéaste maudit, déplorant la difficulté de ce cinéaste à faire œuvre de créateur. Jacques Tati, avait eu le même problème sur la fin de sa vie, son originalité trouvant des difficultés à s’exprimer dans le tout venant de la comédie française. Le génie de Pierre Étaix est reconnu heureusement, ses talents multiples n’en finissent pas de nous réjouir, comme en témoigne le magnifique ouvrage "Étaix dessine Tati" (Éditions ACR), paru en novembre 2007, montrant une contribution fructueuse entre ces deux artistes de 1954 à 1956. Mais plus de 25 ans plus tard que cet article, la malchance perdure, on pouvait espérer une meilleure diffusion de ses films après la restauration de "Yoyo" (1964), par la fondation Groupama Gan, qui fut représenté l’an dernier à la cinémathèque, voir le blog de Serge Toubiana. Les films d’Étaix, sont à la fois poétiques et dans la grande tradition du Splastick, Jerry Lewis ne manque pas de rendre hommage à ce grand créateur qui aime à se définir comme un clown : " deux fois dans ma vie, j'ai compris ce qu'etait le génie, la première fois en regardant la définition dans le dictionnaire et la seconde fois en rencontrant Pierre Étaix..." . Ces dernières années ont été difficiles pour lui, il n’a eu l’occasion que de faire une captation de sa pièce "L’âge de monsieur est avancé" (1987), pour la télévision, avec lui même, Nicole Calfan et Jean Carmet, et "J’écris dans l’espace", tourné pour le Futuroscope de Poitiers, avec un objectif grand angle, visant à utiliser le procédé Imax-Onimax. Mais nombre de ses projets furent avortés, notamment "Nom de Dieu", qu’il devait faire avec Coluche, mort avant le tournage. Le souci actuel est que Pierre Étaix et Jean-Claude Carrière ont signé un contrat de confiance – un document de travail en fait -, avec le frère de leur avocate, ce dernier s’annonçant comme diffuseur de courts-métrages. Mais après 30 mois sans nouvelles, ils s’aperçoivent qu’ils ne peuvent plus diffuser leurs films, même si la femme de Paul Claudon, producteur décédé des 5 longs-métrages d’Étaix, a toujours les droits ! Un imbroglio assez incroyable, lire la revue de presse du site de soutien Les films d'Étaix. L'article de Charlie Hebdo que l'on peut y lire, émeut Laurent Ruquier, il convie donc Pierre Étaix et Jean-Claude Carrière à s'exprimer devant cette incongruité dans "On n'est pas couché" du 2 février dernier - rendons hommage à cet animateur, on n'imagine pas un Laurent Weil en faire de même - . Ils ne savent pas s'ils ont à faire à une société fantôme -, Étaix dévoile que ces déboires ne pouvaient arriver qu'à un clown... Alerté par l'excellent forum qui lui est consacré dans DVD Classik, j'ai profité de la rediffusion de "On n'est pas couché" sur TV5, pour apprécier l'élégance et l'humour de Pierre Etaix et de Jean-Claude Carrière. Il y avait un moment ahurissant quand Etaix évoque un certain ancien ministre de la culture, qu'il appelle "M. Nom de Dieu de Vabres", qui l'avait fait mourir dans l'un de ses discours... Selon Jean-Claude Carrière, Etaix lui a répondu avec humour par une lettre d'outre-tombe !
Je repensais au début de son entretien avec Éric Leguèbe dans son beau livre "Confessions, un siècle de cinéma français par ceux qui l'ont fait" (Ifranc éditions, 1995), une belle leçon de vie : "Je me souviens que quand j'ai commencé au music-hall, j'avais préparé un numéro auquel je croyais vraiment. J'étais persuadé qu'il ferait un triomphe. J'ai fait le levé de rieau. Personne n'a applaudi... Je me suis alors dit : "Mon Dieu dans quelle galère me suis-je donc embarqué ? Je me suis complètement fourvoyé. Pourtant, je suis sur que l'idée est la bonne". Jour après jour je n'ai cessé de me répéter : "Il faut que je me batte." Cela a duré trois ans, au cours desquels je me suis payé des bides monstrueux, au point de me demander ce qui m'arrivait, de douter de plus en plus. J'en étais arrivé à ne plus avoir envie de persévérer dans ce métier. Il devenait un pensum. J'ai tout remis en cause. Je ne cessais pour autant de travailler sur mon idée, en avançant, en retardant les éléments. Finalement, Jacques Tati qui aallait présenter "Jour de fête" à L'Olympia, m'a pris pour son spectacle, m''y réservant un créneau idéal. La salle était comble. Et là, tout le monde a éclaté de rire. Quelle récompense, quelle joie, indescritibles. Enfin, j'ai pu me dire que je ne m'étais pas trompé, que ce que j'avais monté n'intéressait pas que moi. Vous savez, c'est très dur quand on est envahi par le doute. Cela dit, je plais ceux qui ne sont jamais harcellés par le doute. Mais il ne faut pas non plus que ce doute vous paralyse. Douter c'est très bien, uniquement dans la mesure où ça fait partie des choses de la vie. A partir du moment où ce sentiment prend le pas, plus rien ne rime à rien. Si toutes les portes autour de vous sont fermées, c'est le désespoir de la solitude. Alors ces portes, il faut les enfoncer par la force de vos convictions. C'est là, la grande leçon donnée par Boileau : cent fois sur le métier remettez votre ouvrage. Une idée, un sujet, ne vivent que tant que vous y travaillez.". Il est alors utile et salutaire de faire oeuvre de passeur pour ce grand cinéaste trop malchanceux. Il y a une pétition importante à signer, http://www.ipetitions.com/petition/lesfilmsdetaix/ en contactant quelques amis cinéphiles, je m'aperçois qu'elle émeut beaucoup de personnes. Au moins, il y a un peu matière à consolation par les commentaires laudateurs. Soyons optimistes, et aidons les à enforcer ces satanées portes par la force de ses convictions, pour ceux, nombreux, qui rêvent de (re)découvrir ses films.
ARTICLE - LE MONDE du 21/12/2008
Etaix invisible malgré lui, par Nicole Vulser
Il est des situations dantesques. Celle à laquelle sont confrontés le cinéaste dépositaire d'une grande tradition burlesque, Pierre Etaix, et son ami coscénariste Jean-Claude Carrière en fait partie. Les cinq longs métrages de Pierre Etaix, co-écrits avec Jean-Claude Carrière entre 1962 et 1970, Le Soupirant, Yoyo, Tant qu'on a la santé, Le Grand Amour et Pays de Cocagne sont en "hibernation forcée", invisibles du public.
Un imbroglio juridique prive les auteurs de leurs droits et interdit toute diffusion de leurs oeuvres. Yoyo, restauré grâce à la Fondation GAN l'an dernier, ne peut pas, par exemple, être projeté en janvier au prochain Festival de Bologne, en Italie.
La situation est d'une telle complexité que Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière, respectivement âgés de 79 et 76 ans, sont venus à la Cinémathèque française, mercredi 19 décembre, prier saint Antoine de Padoue, le saint patron des causes perdues, en l'implorant d'un "rendez-nous ce qui n'est pas à vous", dans un court métrage réalisé pour l'occasion... Etourderie, blocage, trahison : cette histoire ressemble à "un scénario qui ne nous fait pas rire et dont nous cherchons la chute", expliquent-ils.
En 1996, Pierre Etaix ne renouvelle pas la cession de ses droits d'auteur à la société Capac, qui avait produit les cinq films. Mais Jean-Claude Carrière re-signe, sans concertation avec le cinéaste, pour dix ans. Ce qui devait leur coûter dix ans d'impossibilité d'exploitation. En 2002, le tribunal de grande instance de Paris autorise néanmoins la restauration des films. Un conflit oppose ensuite Pierre Etaix à son avocate, Me Francine Wagner-Edelman. Elle avait proposé que la société Gavroche Productions, gérée par son frère, Alain Wagner, exploite les droits des cinq films. Pierre Etaix découvre alors ce qu'il désigne comme une "société fantôme" qui ne commercialise pas ses films et risque de bloquer leur exploitation jusqu'en 2017.
Début juin, Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière ont changé d'avocat. Ils ont intenté en vain une action en justice pour tenter de casser le contrat avec Gavroche Productions. Début décembre, ils ont assigné au fond cette société pour éviter ce qui était arrivé à Buster Keaton : une reconnaissance post-mortem de ses droits.
07 février 2008
DICTIONNAIRE DES COMÉDIENS FRANCAIS DISPARUS D'YVAN FOUCART (NOUVELLE ÉDITION)
J’'avais évoqué ici, les meilleurs dictionnaires de cinéma, que je connaissais. En 2000, grâce à "La lettre des comédiens" de Jean-Jacques Jouve, je découvrais le dictionnaire des comédiens français disparus d’Yvan Foucart, mine incroyable d’informations de 894 pages. J’évoquais souvent avec mes amis cinéphiles ce modèle de rigueur, plaignant les malchanceux de ne pas pouvoir l’acquérir car il était épuisé. On attendait vivement une réédition, en découvrant quelques nouveaux portraits dans le site d’André Siscot, "Les gens du cinéma". Presque 8 ans après, nous découvrons avec bonheur une nouvelle édition de ce magnifique ouvrage. Les 543 portraits et 1170 noms – états civils complets -, de la précédente édition, deviennent donc 694 portraits et 2147 noms. On est bluffé de recevoir les 1186 pages de ce livre. Car mis à part une petite rubrique feu dans Ciné-Revue, le "Carnet noir" - qui n'existe plus en France après 60 ans de parutions ! - que quelques vieux schnocks atteignant leur 4ème décennie connaissaient bien, nombre de disparitions passaient superbement inaperçues. Grâce au livre d’Yvan Foucart, et les recherches de l’équipe d’André Siscot, on pouvait découvrir que l’attachant Roger Riffard était mort presque jour pour jour, en même temps que Georges Brassens. Et c’est toujours le cas, pour cette nouvelle édition, le pauvre Jean-Pierre Rambal, - professeur Plumecousin dans "Broc et Chnock" est mort en 2001, Max Vialle en 2000, etc… Évidemment avec le web, ces infos inédites se diffusent très rapidement – IMDB, Wikipédia, certains sites, etc… -, mais si on connaît ces informations, il faut bien dire que tout le mérite revient surtout à M. Foucart. C’est d’abord l’occasion de rendre à César... ce qui n’appartient pas à Alain Delon. Belge, il fait donc perdurer une tradition cinéphilique sérieuse, comme les travaux de ses compatriotes, André Siscot, Jean-Marie Lardinois, pour la revue "Stars", Bertrand Van Wonterghem "Eurobis", etc… -. Dans cette édition, nous retrouvons nos chers disparus récents – Michel Serrault, Jean-Claude Brialy, Giselle Pascal, Raymond Pellegrin, Philippe Noiret, Jean-Pierre Cassel – et hélas son grand ami Jean-Pierre Aumont, qui avait préfacé la précédente édition -, mais aussi d’autres plus méconnus - Neige Dolsky... . Citons le sympathique Jean Droze, que l’on retrouve souvent dans les films de Louis de Funès, et dont Wikipédia disait il y a peu qu’il était "toujours vivant et à 82 ans, il prend une retraite bien méritée" ( !), alors qu’il est mort en 1995. Une mémoire du cinéma français, vous est ainsi donnée. Le livre est riche en anecdotes, si vous ne le connaissez pas, il va vite devenir votre compagnon, à la diffusion d’un film TV, ou à la lecture d’un DVD d’un film ancien ou récent. Toujours à l’affût d’un second rôle, c’est mon pêché mignon, je suis toujours à repérer une silhouette, ou une gueule, j’ai grâce à ce livre fortement progressé dans ma connaissance des acteurs, repérant un Louis Bugette, alors que croyais qu’il y avait toute une dynastie de "Bugette(s)", à l’instar des Barrymore, les dictionnaires de cinéma, le stipulant avec le prénom d’André ou Henri, alors que c’est bien le même acteur. Chaque portrait est accompagné d’une photo, formidable pour aider à identifier certains comédiens connus mais pas reconnus… La lecture des états-civils est riche en surprises, sur les noms véritables ou les années de naissance. Surprise, il n’y a pas que les comédiennes qui trichent sur leurs âges – Martine Carol, Capucine, Olga Georges-Picot -, mais aussi quelques acteurs comme Jean Lefebvre ou le coquet Howard Vernon, ce dernier se rajeunissant de 6 ans !. On retrouve les stars incontestées – Jean Gabin, Lino Ventura -, aussi bien que les excentriques du cinéma français chers à Raymond Chirat et Olivier Barrot – Julien Carette, Jean Tissier, Pauline Carton... -, leurs dignes successeurs – Michel Peyrelon, Jean-Pierre Bisson, Roland Blanche, Jacques Monod , Pierre Frag...-, des personnalités plus discrètes et souvent oubliées des dictionnaires – Jacques Hilling, Gérard Hérold, Denis Manuel, Mathilde Casadesus, Nicolas Vogel, Gabriel Gobin, Gabriel Cattand... -, de grandes voix du doublage – Sylviane Margollé, Jean Davy, Raymond Loyer.. -, des étoiles filantes – Pierre Blaise, Lyne Chardonnet, Anne Caudry, Pascale Ogier... -, des destins tragiques – Patrick Dewaere, Dominique Laffin, Françoise Dorléac... -. S’il y a un formidable travail de recherches des états civils exacts et des lieux d’inhumation – y compris en province -, il y a aussi un grand effort sur les filmographies, exhaustives même pour les très prolifiques Albert Michel ou Raymond Aimos. Dans le livre "Jeux d’auteurs, mots d'acteurs" - "scénaristes et dialoguistes du cinéma français" 1930-1945 aux Éditions Actes Sud (1994), Philippe d’Hugues citait une formule de Jacques Prévert, "Menteur comme un générique de film", reprise dans la préface de ce dictionnaire. Il y précisait "La filmographie est devenue, depuis quelques années, une science précise. On peut regretter les comportements cinéphiles, passionnés et sentimentaux qui passent outre ce genre de question mais -tant pis pour la nostalgie d'antan - il est utile que nous abordions aussi l'étude des films munis de méthodes sérieuses, sinon scientifiques. La filmographie ne consiste pas à recopier les génériques de films, dont la véracité laisse perplexe". C'est le cas ici, et il faut louer M. Foucart, de ne pas recopier sans se poser de questions la base IMDB ou les dictionnaires du cinéma français de Raymond Chirat – qui ne pouvait pas avoir vu certains films qui passent désormais sur le câble et en DVD -. Tout comme Armel de Lorme, il fait preuve d’un grand sérieux. Enfin un dictionnaire qui par sa rigueur, tord le coup à une multitude d’erreurs, et dont le plaisir de la lecture est sans cesse renouvelé. Ce livre risque d’être très vite épuisé, n’attendez pas trop, pour les modalités de commande du livre, le tirage étant limité, voir le lien suivant sur le site des "Gens du cinéma". Indispensable en ces périodes "oublieuses" ! Tous mes remerciements à André Siscot pour la photo du livre.
01 janvier 2008
BONNE ANNÉE QUAND MEME
Meilleurs voeux à tous en nous souhaitant quelques excellents films pour 2008 dans la lignée de "La graine et le mulet" et plein de comédies franchouillardes qui seront un véritable régal pour les amateurs de navets en 2058. Je ne résiste pas à vous montrer la photo de Mary Pickford figurant sur les voeux de Christian Grenier, créateur de l'excellente Encinémathèque .

09 novembre 2007
LA MEILLEURE RÉVÉLATION COMIQUE DE L'ANNÉE
Ne cherchez plus la révélation comique du moment, c’est Philippe Besnier P.D.G. de feu Noos-Numéricable, qui affirme sans rire "Les ennuis c’est du passé !", ce qui est tout de même une performance. La liste des griefs des abonnés depuis 2003, est interminable, mais la société a fait amende honorable, les promesses n’engageant que ceux qui les reçoivent comme nous le disait notre bon Pasqua. Bon c’est de l’humour noir, teinté d’un léger sadisme. Ne vous fiez pas à ces faux airs de Jean-Louis Debré, la drôlerie de ses interventions est digne d’un Pierre Doris, pour goûter à cet humour, il faut cependant être client de sa société. Atteint d’une maladie chronique, la cinéphilie, j’avais opté pour l’offre tout ciné chez France Télécom Câble. Manque de bol, ce sont les ineffables de Numéricable qui ont pris la relève. Quand les chaînes ciné de TPS disparaissent, ils vous envoient un courrier, quelle aubaine votre offre évolue, vous payez la même somme, mais avez en plus dans l’offre ciné … TPS Foot – si ce n’est pas de la drôlerie à l’état pur… - Leurs clients mécontents et déçus du câble ont même une association, les pratiques commerciales de ce câble-opérateur étant souvent abusives. Prenons comme exemple, mézigue, je viens de déménager, ce qui explique le relatif silence de ce blog. On le sait le stress dans ces moments là est équivalent à celui qu’on subit d’un tremblement de terre, ce qui n’est pas faux. Par contre appeler le service client surtaxé de Numéricable pour déménager leur offre tient du supplice de Tantale. L’annonce est croquignolette, il faut donner son numéro de téléphone, mais s'il n'est pas chez Numéricable, il ne vous reconnaît pas... Mais rassurez-vous, vous entrez n’importe quoi la seconde fois, ça passe… La robote annonce le programme des réjouissances, à 0.34 centimes la minutes, l’attente étant facturée, évidemment on ne va pas vous encourager si vous avez un autre opérateur. Ne vous avisez pas d’oublier d’inscrire le code postal, un opérateur vous renvoie à la case départ. Evidemment, on se perd, certaines touches vous renvoyant sur des messages, si TF1 ne fonctionne pas c’est normal, les problèmes de telle ville seront réglés à la saint-glin-glin. La plateforme d’accueil est en Tunisie – interrogez les pour voir, au bout du quatrième appel n’aboutissant à rien, ils vous répondront, nous sommes, heu à Nant…erre- . En règle générale, j’ai une empathie avec ce type d’employé, souvent exploité, surveillé – une voix annonce que l’on risque d’être enregistré pour améliorer le service – humour, toujours de l’humour -. Mais épeler un nom basque se révèle un tantinet compliqué. La première fois, on me renvoie à un numéro à contacter, je fais répéter le numéro on ne sait jamais, et je tombe sur un site… érotique. La seconde fois, je tombe sur une opératrice, assez condescendante, qui me fixe un rendez-vous, après avoir insisté lourdement pour me placer ses offres téléphone et internet. Elle m’annonce que je ne peux conserver l’ancienne offre, et d’autorité me place celle à 44 euros. Point de rendez vous fixé, c’est normal, les placements ça use, résultat, 40 minutes passées pour aucun résultat ! – le temps d’attente est évolutif, et passe allégrement de 5 à 4 minutes, puis de 6 à 4, etc… Je grogne ensuite, et insiste pour que l’on me confirme le rendez-vous, j’attends qu’elle me le confirme, il y a des applications à valider, on me laisse souvent en rade, avec une musique horripilante comme compagnie. Elle finit par me donner un numéro, que je note, je lui demande si c'est celui d'un technicien, elle me dit "Mais c'est le vôtre" - sous entendu gros malin -. Je lui confirme que non et que tout de même je connais mon numéro... Le jour fixé, évidemment personne ne vient, re-appel, là je tombe sur un opérateur plus compréhensif, qui me confirme qu’il a bien le rendez-vous dans ses tablettes. Il me transmets vers un responsable de Champs sur Marne, qui me dénigre son technicien – vous savez ils ont leurs humeurs ! -, en gros, l’oiseau n’a pas trouvé l’entrée, il se barre me laissant un message dans la boîte aux lettres, me dit-il – vide évidemment -. Comme il a de plus clôturé son dossier, impossible de le retrouver et de remettre un rendez-vous... Il me dit de repasser par le chemin de croix du numéro ruineux. Je suis assez affable, voire couillon en général, je là, je m’énerve un peu, le sarcasme ne passant visiblement pas comme message – la même stratégie pour le service après-vente de la FNAC éminemment déficient aussi s’avère payant également -. Il me fixe un autre rendez-vous, je dois reprendre des disponibilités avec mon travail, et il m’annonce qu’il me fait une fleur ! Résultat toujours pas de télévision. Alors, un Philippe Besnier, qui déclare : "je récupère le passif mais on prend les responsabilités" sur Europe 1, et d’annoncer "un plan d’action global pour mettre fin aux dysfonctionnements" mériterait une émission entière des "Rois du rire". Impossibilité de le joindre par contre pour le féliciter à son siège social, lui ou un responsable, si vous voulez faire une requête contactez le numéro audiotel !
Addenda du 12/11/2007 : Au troisième rendez-vous, Numéricable, soucieux d’appliquer l’adage jamais deux sans trois, ne vient évidemment pas. Je finis par comprendre qu’il serait plus aisé de préparer le débarquement que de déménager avec eux. Rebelote avec le service clientèle, deux grosses dizaines de minutes, il faut montrer à nouveau patte blanche avec mon nom à rallonge - Lucien, comment ?, non pas Lucien ! - Il n'y a pas d’autres points d’entrées, et il est impossible d’avoir un responsable, en gros, ils sont livrés à eux-même... Par deux fois, on me promet de me rappeler, j’attends toujours… On finit par me fixer... une quatrième date, pour mercredi, il n’y a pas d’autres rendez-vous, et il y a une impossibilité totale d’avoir une explication – les techniciens sont des sous-traitants, et vlan on se dédouane -. Je demande un responsable de la plateforme tunisienne, qui me dit "On s’excuse !", et prend la mouche quand je lui réponds goguenard – "alors vous vous excusez vous même..." -. Pas moyen d’avoir un responsable du siège, ils poussent le vice jusqu'à faire figurer un faux numéro sur le site de l'AFNIC ! "Écrivez, on vous fera peut être un geste commercial". Petit conseil pour les avoir prévoyez le budget du P.I.B. du Danemark pour les contacter et prenez deux semaines complètes de vacances. Je dois confesser que je commence à rire un peu moins...










