Le coin du cinéphage

Blog d'humeurs et d'informations sur le cinéma et la télévision : bios, filmos, articles, commentaires, bases de liens, bref c'est du foutraque...

14 mai 2008

DVDRAMA, UN SITE PAS TRES CLASSE

C_27_logo_copyrightComme souvent je m’aprêttais à compléter un ancien portrait, de la rubrique "Fragments d'un dictionnaire amoureux" , consacré à François Berléand. Je pensais ainsi faire des ajout sur François Berléand, qui a eu depuis la dernière mise à jour, une très riche actualité – théâtre, télévision pour Claude Chabrol, films, théâtre en direct à la télévision, réédition en poche . Mais je découvre par hasard rubrique "classe, pas classe"  - cliquez sur le lien -consacrée à François Berléand disponible du Site "Dvdrama" qui s'autoproclame : "premier quotidien du DVD, du cinéma et des séries".

En lisant ce portrait signé par… 5 ou 6 personnes Alex Masson, Stanislas Bernard, Nicolas Houguet, Pitou WH et Gilles Botineau, Je constate qu'il y a beaucoup de similitudes avec le portrait que j'avais fait sur mon blog, citations, films méconnus "ôte-toi de mon soleil", quelques phrases à peine remaniées "Ma petite entreprise"  : exemples « C'est un acteur tellement bon que quoi qu'on écrive, il y a forcément un rôle pour lui...», citation reprise agrémentée d’autres – j’en citais la source "Studio" ; "Ôte-toi de mon soleil" : "où il profite d’une totale liberté de jeu pour expérimenter des techniques différentes, et même de participer au piano à la musique du film. En visualisant le grand nombre de rushes, il étudie la manière de progresser" devient pour DVDramort :"Pourquoi pas pour Berléand d'expérimenter plusieurs techniques de jeu, ou de composer en partie la musique du film"; Ma petite entreprise : "Pour Pierre Jolivet, il devient un réjouissant assureur escroc dans "Ma petite entreprise", taraudé par ses origines slaves incapable de voir l'amour que lui porte le personnage de Catherine Mouchet"  devient : "Berléand est un réjouissant assureur (et escroc, donc), taraudé par ses origines slaves, incapable de voir l'amour que lui porte le personnage de Catherine Mouchet"; "H.S.": "en truand usé dans un climat qui se veut "Tarantinesque" dans "HS" (2000)" devient "...et dont les références tarantinesques"; "Edy" : "Il déclare volontiers que ce film reste son préféré" - il me l'avait confié et j'étais sur le tournage - devient "Berléand lui-même considère ce film comme son meilleur"; "L'homme idéal" : "Quelle que soit l'importance de la durée de ses rôles, il arrive toujours à faire exister un personnage, tel celui, muet, du dîneur victime d'un quiproquo dans "L'homme idéal" devient "celui interprété par notre ami Berléand, qui ne souffle mot dans cette scène ; il mange, simplement", etc… 

il y avait eu une première version de ce texte pour "Les gens du cinéma"Pourquoi "se casser le cul sur l’herbe tendre", comme chantaient en chœur Serge Gainsbourg et Michel Simon dans "Ce sacré grand-père", quand on peut trouver tout rôti chez les autres ou matière à fournir un canevas. Je trouve ce type d'agissement hautement regrettable, d'autant plus que j'agis dans un but non lucratif, ce qui n'est pas le cas de se site marchand, dont les membres reçoivent des DVD  par service de presse, ce qui n’est pas mon cas. Un blog étant peu exposé par rapport à ce site, et se veut partageur – même si on trouve ce texte en page 2 de Google -. Il devient donc très facile de se servir ici ou là. Ce n’est pas la première fois, ayant même vu un extrait d’un texte sur Henri Attal publié ! Mais au moins certains font un effort de réécrire un tantinet. Pour le fragment d’un dictionnaire amoureux, je bénéficiais de conversation inédite avec François Berléand, le connaissant un peu, et continuant à le voir, comme en avril dernier au théâtre dans "Batailles". Il reste d’ailleurs toujours aussi abordable, malgré sa grande notoriété et un emploi du temps dément - tout en jouant au théâtre, il tournait à Marseille "Le transporteur 3 " et répétait "Tailleur pour dames" pour France 2. Le retrouver est toujours un bonheur, Il m’a même présenté à Jean-Pierre Marielle – l’une de mes idoles – et Agathe Natanson, présents ce soir là, malgré une journée chargée.

Si ce type de comportement devient légion, il est parfois difficile de retrouver les sources exactes, comme ici. On peut imaginer que de bâcler ainsi en pillant ici ou là n’est pas une attitude très professionnelle. Si j’ai laissé trois commentaires, et bénéfice du doute suite au pont « viaduc » dernier, attendu une réponse de leur part à l’adresse mail de la rédaction du site, le tout est resté bien évidemment lettre morte. Petit rappel de la législation sur le droit d'auteur même sur le web : "...Ainsi tous les éléments présents sur Internet (images, vidéos, extraits sonores, textes) sont soumis de facto au droit d'auteur, même si leur accès est libre et gratuit et qu'aucune mention ne précise qu'ils sont protégés ! ". On peut reprendre des éléments à condition de citer l'auteur initial". Source "webmaster.hub"

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28 avril 2008

IMDB'S BLUES

Calimero 1 an et demi, après une précédente missive de ce blog sur IMDB, voir ici : rubrique Carnet trouvé chez une fourmi, l’un des membres de la famille des formicidés d’IMDB, commence sérieusement à avoir sérieusement assez des échanges avec ce site. En fin d’année dernière, je me suis aperçu que plusieurs de mes mises à jours restaient inédites – des téléfilms "Opération turquoise", "La boîte à images" -. Bon ils vous répondent que certains titres ne figurent pas dans la rubrique "higher priority" (sic), mais tout de même, plusieurs mois après… Il fallait revenir sur la rubrique "updates" puis relancer les fiches restées lettres mortes. Ma connerie ayant tout de même des limites (quoique… ) - , je renonce désormais à faire un travail de ressemelage quotidien. D’abord il y a les films, je fais des petites expériences d’en compléter certains et d’en oublier d’autres, une jeune mise à jour d’une fiche de film "Deux jours à tuer" (!) – et encore avec quelques fautes corrigées depuis -. Les "pros" semblent s’en ficher complètement, ou bien quelques échanges hagards dissuasifs, ont eu raison de plusieurs collaborateurs habituels du site – sauf le plus bête : Mézigue ! -. Résultat, depuis le début de l’année je visite les dossier de presse sur le web – facilement trouvables, -et fiables car un site comme "allociné", les recopie parfois n’importe comment -. De plus les crédits dans ces supports sont réduits à une dizaine de nom - excepté pour ces films comme "Cash" et "48 heures par jour", aux génériques bien fournis -. Pour le coup et de mémoire, je rajoute quelques seconds rôles – Fred Personne, Jenny Clève et Christophe Rossignon dans "Bienvenue chez les Ch’tis", Clément Michu, Moussa Maaskri, Jean-Paul Zehnacker, Tony Gaultier dans "MR73", etc…- Il y a des oublis, mêms chez les Américains comme les excellents Guillaume Gallienne et Scali Delpeyrat oubliés du générique du morne "Benjamin Gates et le livre des secrets". Bon, ce sont ceux que je connais bien, et bien évidemment plusieurs autres se retrouvent à la trappe, en attendant une diffusion TV ou DVD devant un générique qui risque d’être illisible – Astérix aux jeux Olympiques un modèle d’illisibilité même au cinéma ! – Evidemment j'ai une fois par an, le plaisir de revisualiser mes trouvailles dans "L'annuel du cinéma", qui continue à repomper IMDB. J’aime aussi à visiter les CV en ligne via agencesartistiques.com, un Daniel Isoppo se retrouve bien placé ainsi dans des films récents. D’autres sites vont recopier la base, ce comédien par exemple, ne risque de pas trop comprendre cet engouement à son sujet. Mais cet exercice à aussi des limites, Bernard Bloch se retrouve ainsi bien placé dans la fiche du " Nouveau protocole", alors qu’il est coupé au montage ! La mise à jour devient donc un exercice assez étonnant, avec pléthore de mails automatiques depuis le début de l'année seulement, pour mettre vos ajouts en doute. Bon par exemple, je crée un téléfilm de Marcel Bluwal, "Mitzi" de 1978, d’après Arthur Schnitzler, avec Danièle Lebrun, Françoise Giret, Robert Murzeau et un débutant Pascal Greggory. Envoi d’un mail d’IMDB Helpdesk, réponse ils veulent un lien internet avec un site ou un festival pour valider la fiche. Mais sur ce téléfilm, comment souvent pour la télévision, il n’y a rien, nada, que couic sur le web... Allez expliquer que l’info est complètement inédite, d’où l’intérêt de la rajouter. Bon gueulez un bon coup, et vous aurez une réponse d’une certaine Katie, tout miel tout sucre, expliquant les subtilités nouvelles. Ils finissent par mettre la fiche tout de même. Pareil pour le beau documentaire de René Vautier "Afrique 50", diffusé sur CinéCinéma classic, tragiquement absent de la base alors, il faut insister de plus belle... Mais ce n’est pas très constructif, voire la fois où j’avais crée un téléfilm "complot d'amateurs" avec Jean-François Stévenin, co-production franco-belge, diffusé sur La Une, RTBF. Ils trouvent que la fiche manque d’informations signifiantes… alors qu’elle est déjà en ligne !  En fait, il suffit de la relancer derrière, un autre moins sourcilleux la valide derrière et hop. Yvan Foucart me signale une erreur, IMDb a fusionné deux films à l’aveugle, mettant en scène le personnage du commissaire Muller, campé par Raymond Souplex, manière d’exploiter au ciné le succès des "Cinq dernières minutes". Le premier "Chaque minute compte" (1959), avec Georges Rollin, Véra Valmont, Denise Carven, Robert Berri, avec lequel « La saison cinématographique 1960 n’est pas tendre : " …Il faut bien se résigner à voir revenir à cycle régulier ces films inutiles et ennuyeux", le second "Alibi pour un meutre" (1960), avec Alan Scott, Yves Vincent, Georges de Caunes, Véra Valmont, Robert Berri et le génial Jean Tissier, est décrié aussi par "La saison 62…" : "...ce film n'a été tourné - et avec quelle rapidité - que pour bénéficier de la popularité du commissaire Bourrel, celui de la T.V.".  J’avise donc nos amis d’IMDB de l’existence de ces deux films. Et là, la croix et la bannière, évidemment citer "La saison" support papier ne les convainc pas, il est vrai que j’étais mal habitué, ils me prenaient toutes mes infos de suite... Il faut que j’envoie un lien avec le site de la BIFI pour les convaincre. La bonne volonté a ses limites, et il est vrai que beaucoup d’internautes sont confiants avec le site – l’erreur des deux films est recopiée partout, notamment par Wikipédia, il est vrai il y a même un logiciel qui permet de mettre en page la fiche d’une personnalité sur le site, directement en ligne – sans les réalisateurs pour les acteurs bien sûr -. Et donc certaines fiches restent sur le carreau "Mademoiselle Christine" de Raoul Ruiz, la nouvelle série de "France 3" "Adresse inconnue", etc.... Si saisir des infos, ne me dérange pas, batailler contre les moulins à vents, un tantinet tout de même. Soient les collaborateurs ne sont plus les mêmes, soient les critères de vérification sont plus ardus. Mais alors pourquoi ils laissent des projets de films, avec le statu "completed", loin d’être tourné comme des films à sortir "Aux armes, etc…", "La bombe humaine", je finis par trouver une parade rajouter "unconfirmed" à côté des noms. Certes IMDB, innove, la naissance d’une rubrique personnage, et encore il y a beaucoup de manques – évidemment, si un français, ne leur dit pas, il ne vont pas savoir que Porphyre est la variante de Porfiry dans Les adaptations de "Crime et châtiment", et que La Fayette, ne se résume pas seulement à la dénomination à Marquis de la Fayette. Donc il y toujours plus à faire, d’autant plus que je rentre aussi les titres français et les dates de sorties de "Saison" - ce qui est un peu idiots car ces informations figurent dans l'excellent cite "Encyclociné" et même d'autres inédites en support papier-. Le piège est de faire comme moi, 5 minutes par ici, 10 minutes par là, dans une journée c’est peu. Mais au final, ça représente une masse de travail assez conséquente, même si mon ordinateur me régale d’ "erreurs fatales", et que je suis plutôt d’humeur badine en ce moment, et que j’ai plutôt envie de roucoulades. Certes, je suis le premier à bénéficier des infos que je mets sur cette base – un épisode de "Preuves à l’appui",  dans la filmo TV de Jacques Morel, oubliée du très exhaustif livre de Jean-Marc Doniak sur la télévision française, car il passait en fin d’après-midi sur la 3ème chaîne en 1978 -. Mais basta, tout de même, avec la nouvelle politique 2008 de ce site glouton. Le festival de Cannes arrive et c’est assez contraignant de tout vouloir compléter – m’étant "fadé" plusieurs festivals de TV comme Luchon -, et d’être constamment vigilant. Bon, en plus ça devenait pathologique, alors… Je vais donc freiner sérieusement mes contributions – "Mitterrand à Vichy" et "Tailleur pour dames" seront mes dernières interventions-  en création du moins, je viens de rentrer une trentaine de noms pour "48 heures par jour -. Il sera amusant de vérifier si "La maison Tellier" et "Sarah Bernhardt, une étoile en plein jour", figureront sur la base. Je rentrerai cependant des épisodes de séries TV, - comme un internaute désormais, mais qui ne le fait que pour TF1 ! -.  Reste qu’hélas en agissant de la sorte, je risque d’avoir un peu plus de temps pour ce blog, …hélas pour vous qui ne méritiez pas autant de platitudes.

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12 février 2008

PIERRE ETAIX, OU COMMENT ENFONCER LES PORTES PAR LA FORCE DE SES CONVICTIONS

pierreetaix En 1982, dans "Cinéma 82" N° 278, Frantz Gévaudan titrait un article, Pierre Étaix, cinéaste maudit, déplorant la difficulté de ce cinéaste à faire œuvre de créateur. Jacques Tati, avait eu le même problème sur la fin de sa vie, son originalité trouvant des difficultés à s’exprimer dans le tout venant de la comédie française. Le génie de Pierre Étaix est reconnu heureusement, ses talents multiples n’en finissent pas de nous réjouir, comme en témoigne le magnifique ouvrage "Étaix dessine Tati" (Éditions ACR), paru en novembre 2007, montrant une contribution fructueuse entre ces deux artistes de 1954 à 1956. Mais plus de 25 ans plus tard que cet article, la malchance perdure, on pouvait espérer une meilleure diffusion de ses films après la restauration de "Yoyo" (1964), par la fondation Groupama Gan, qui fut représenté l’an dernier à la cinémathèque, voir le blog de Serge Toubiana. Les films d’Étaix, sont à la fois poétiques et dans la grande tradition du Splastick, Jerry Lewis ne manque pas de rendre hommage à ce grand créateur qui aime à se définir comme un clown  : " deux fois dans ma vie, j'ai compris ce qu'etait le génie, la première fois en regardant la définition dans le dictionnaire et la seconde fois en rencontrant Pierre Étaix..." . Ces dernières années ont été difficiles pour lui, il n’a eu l’occasion que de faire une captation de sa pièce "L’âge de monsieur est avancé" (1987), pour la télévision, avec lui même, Nicole Calfan et Jean Carmet, et "J’écris dans l’espace", tourné pour le Futuroscope de Poitiers, avec un objectif grand angle, visant à utiliser le procédé Imax-Onimax. Mais nombre de ses projets furent avortés, notamment "Nom de Dieu", qu’il devait faire avec Coluche, mort avant le tournage. Le souci actuel est que Pierre Étaix et Jean-Claude Carrière ont signé un contrat de confiance – un document de travail en fait -, avec le frère de leur avocate, ce dernier s’annonçant comme diffuseur de courts-métrages. Mais après 30 mois sans nouvelles, ils s’aperçoivent qu’ils ne peuvent plus diffuser leurs films, même si la femme de Paul Claudon, producteur décédé des 5 longs-métrages d’Étaix, a toujours les droits ! Un imbroglio assez incroyable, lire la revue de presse du site de soutien Les films d'Étaix. L'article de Charlie Hebdo que l'on peut y lire, émeut Laurent Ruquier, il convie donc Pierre Étaix et Jean-Claude Carrière à s'exprimer devant cette incongruité dans "On n'est pas couché"  du 2 février dernier - rendons hommage à cet animateur, on n'imagine pas un Laurent Weil en faire de même - . Ils ne savent pas s'ils ont à faire à une société fantôme -, Étaix dévoile que ces déboires ne pouvaient arriver qu'à un clown... Alerté par l'excellent forum qui lui est consacré dans DVD Classik, j'ai profité de la rediffusion de "On n'est pas couché" sur TV5, pour apprécier l'élégance et l'humour de Pierre Etaix et de Jean-Claude Carrière. Il y avait un moment ahurissant quand Etaix évoque un certain ancien ministre de la culture, qu'il appelle "M. Nom de Dieu de Vabres", qui l'avait fait mourir dans l'un de ses discours... Selon Jean-Claude Carrière, Etaix lui a répondu avec humour par une lettre d'outre-tombe ! Je repensais au début de son entretien avec Éric Leguèbe dans son beau livre "Confessions, un siècle de cinéma français par ceux qui l'ont fait" (Ifranc éditions, 1995), une belle leçon de vie : "Je me souviens que quand j'ai commencé au music-hall, j'avais préparé un numéro auquel je croyais vraiment. J'étais persuadé qu'il ferait un triomphe. J'ai fait le levé de rieau. Personne n'a applaudi... Je me suis alors dit : "Mon Dieu dans quelle galère me suis-je donc embarqué ? Je me suis complètement fourvoyé. Pourtant, je suis sur que l'idée est la bonne". Jour après jour je n'ai cessé de me répéter : "Il faut que je me batte." Cela a duré trois ans, au cours desquels je me suis payé des bides monstrueux, au point de me demander ce qui m'arrivait, de douter de plus en plus. J'en étais arrivé à ne plus avoir envie de persévérer dans ce métier. Il devenait un pensum. J'ai tout remis en  cause. Je ne cessais pour autant de travailler sur mon idée, en avançant, en retardant les éléments. Finalement, Jacques Tati qui aallait présenter "Jour de fête" à L'Olympia, m'a pris pour son spectacle, m''y réservant un créneau idéal. La salle était comble. Et là, tout le monde a éclaté de rire. Quelle récompense, quelle joie, indescritibles. Enfin, j'ai pu me dire que je ne m'étais pas trompé, que ce que j'avais monté n'intéressait pas que moi. Vous savez, c'est très dur quand on est envahi par le doute. Cela dit, je plais ceux qui ne sont jamais harcellés par le doute. Mais il ne faut pas non plus que ce doute vous paralyse. Douter c'est très bien, uniquement dans la mesure où ça fait partie des choses de la vie. A partir du moment où ce sentiment prend le pas, plus rien ne rime à rien. Si toutes les portes autour de vous sont fermées, c'est le désespoir de la solitude. Alors ces portes, il faut les enfoncer par la force de vos convictions. C'est là, la grande leçon donnée par Boileau : cent fois sur le métier remettez votre ouvrage. Une idée, un sujet, ne vivent que tant que vous y travaillez.". Il est alors utile et salutaire de faire oeuvre de passeur pour ce grand cinéaste trop malchanceux. Il y a une pétition importante à signer, http://www.ipetitions.com/petition/lesfilmsdetaix/ en contactant quelques amis cinéphiles, je m'aperçois qu'elle émeut beaucoup de personnes.  Au moins, il y a un peu matière à consolation par les commentaires laudateurs. Soyons optimistes, et aidons les à enforcer ces satanées portes par la force de ses convictions, pour ceux, nombreux, qui rêvent de (re)découvrir ses films.

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ARTICLE - LE MONDE du 21/12/2008

Etaix invisible malgré lui, par Nicole Vulser

Il est des situations dantesques. Celle à laquelle sont confrontés le cinéaste dépositaire d'une grande tradition burlesque, Pierre Etaix, et son ami coscénariste Jean-Claude Carrière en fait partie. Les cinq longs métrages de Pierre Etaix, co-écrits avec Jean-Claude Carrière entre 1962 et 1970, Le Soupirant, Yoyo, Tant qu'on a la santé, Le Grand Amour et Pays de Cocagne sont en "hibernation forcée", invisibles du public.

Un imbroglio juridique prive les auteurs de leurs droits et interdit toute diffusion de leurs oeuvres. Yoyo, restauré grâce à la Fondation GAN l'an dernier, ne peut pas, par exemple, être projeté en janvier au prochain Festival de Bologne, en Italie.

La situation est d'une telle complexité que Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière, respectivement âgés de 79 et 76 ans, sont venus à la Cinémathèque française, mercredi 19 décembre, prier saint Antoine de Padoue, le saint patron des causes perdues, en l'implorant d'un "rendez-nous ce qui n'est pas à vous", dans un court métrage réalisé pour l'occasion... Etourderie, blocage, trahison : cette histoire ressemble à "un scénario qui ne nous fait pas rire et dont nous cherchons la chute", expliquent-ils.

En 1996, Pierre Etaix ne renouvelle pas la cession de ses droits d'auteur à la société Capac, qui avait produit les cinq films. Mais Jean-Claude Carrière re-signe, sans concertation avec le cinéaste, pour dix ans. Ce qui devait leur coûter dix ans d'impossibilité d'exploitation. En 2002, le tribunal de grande instance de Paris autorise néanmoins la restauration des films. Un conflit oppose ensuite Pierre Etaix à son avocate, Me Francine Wagner-Edelman. Elle avait proposé que la société Gavroche Productions, gérée par son frère, Alain Wagner, exploite les droits des cinq films. Pierre Etaix découvre alors ce qu'il désigne comme une "société fantôme" qui ne commercialise pas ses films et risque de bloquer leur exploitation jusqu'en 2017.

Début juin, Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière ont changé d'avocat. Ils ont intenté en vain une action en justice pour tenter de casser le contrat avec Gavroche Productions. Début décembre, ils ont assigné au fond cette société pour éviter ce qui était arrivé à Buster Keaton : une reconnaissance post-mortem de ses droits.

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07 février 2008

DICTIONNAIRE DES COMÉDIENS FRANCAIS DISPARUS D'YVAN FOUCART (NOUVELLE ÉDITION)

Foucart

J’'avais évoqué ici, les meilleurs dictionnaires de cinéma, que je connaissais. En 2000, grâce à "La lettre des comédiens" de Jean-Jacques Jouve, je découvrais le dictionnaire des comédiens français disparus d’Yvan Foucart, mine incroyable d’informations de 894 pages. J’évoquais souvent avec mes amis cinéphiles ce modèle de rigueur, plaignant les malchanceux de ne pas pouvoir l’acquérir car il était épuisé. On attendait vivement une réédition, en découvrant quelques nouveaux portraits dans le site d’André Siscot, "Les gens du cinéma". Presque 8 ans après, nous découvrons avec bonheur une nouvelle édition de ce magnifique ouvrage. Les 543 portraits et 1170 noms – états civils complets -, de la précédente édition, deviennent donc 694 portraits et 2147 noms. On est bluffé de recevoir les 1186 pages de ce livre. Car mis à part une petite rubrique feu dans Ciné-Revue, le "Carnet noir" - qui n'existe plus en France après 60 ans de parutions ! - que quelques vieux schnocks atteignant leur 4ème décennie connaissaient bien, nombre de disparitions passaient superbement inaperçues. Grâce au livre d’Yvan Foucart, et les recherches de l’équipe d’André Siscot, on pouvait découvrir que l’attachant Roger Riffard était mort presque jour pour jour, en même temps que Georges Brassens. Et c’est toujours le cas, pour cette nouvelle édition, le pauvre Jean-Pierre Rambal, - professeur Plumecousin dans "Broc et Chnock" est mort en 2001, Max Vialle en 2000, etc… Évidemment avec le web, ces infos inédites se diffusent très rapidement – IMDB, Wikipédia, certains sites, etc… -, mais si on connaît ces informations, il faut bien dire que tout le mérite revient surtout à M. Foucart. C’est d’abord l’occasion de rendre à César... ce qui n’appartient pas à Alain Delon. Belge, il fait donc perdurer une tradition cinéphilique sérieuse, comme les travaux de ses compatriotes, André Siscot, Jean-Marie Lardinois, pour la revue "Stars", Bertrand Van Wonterghem "Eurobis", etc… -. Dans cette édition, nous retrouvons nos chers disparus récents – Michel Serrault, Jean-Claude Brialy, Giselle Pascal, Raymond Pellegrin, Philippe Noiret, Jean-Pierre Cassel – et hélas son grand ami Jean-Pierre Aumont, qui avait préfacé la précédente édition -, mais aussi d’autres plus méconnus - Neige Dolsky... . Citons  le sympathique Jean Droze, que l’on retrouve souvent dans les films de Louis de Funès, et dont Wikipédia disait il y a peu qu’il était "toujours vivant et à 82 ans, il prend une retraite bien méritée" ( !), alors qu’il est mort en 1995. Une mémoire du cinéma français, vous est ainsi donnée. Le livre est riche en anecdotes, si vous ne le connaissez pas, il va vite devenir votre compagnon, à la diffusion d’un film TV, ou à la lecture d’un DVD d’un film ancien ou récent. Toujours à l’affût d’un second rôle, c’est mon pêché mignon, je suis toujours à repérer une silhouette, ou une gueule, j’ai grâce à ce livre fortement progressé dans ma connaissance des acteurs, repérant un Louis Bugette, alors que croyais qu’il y avait toute une dynastie de "Bugette(s)", à l’instar des Barrymore, les dictionnaires de cinéma, le stipulant avec le prénom d’André ou Henri, alors que c’est bien le même acteur. Chaque portrait est accompagné d’une photo, formidable pour aider à identifier certains comédiens connus mais pas reconnus… La lecture des états-civils est riche en surprises, sur les noms véritables ou les années de naissance. Surprise, il n’y a pas que les comédiennes qui trichent sur leurs âges – Martine Carol, Capucine, Olga Georges-Picot -, mais aussi quelques acteurs comme Jean Lefebvre ou le coquet Howard Vernon, ce dernier se rajeunissant de 6 ans !. On retrouve les stars incontestées – Jean Gabin, Lino Ventura -, aussi bien que les excentriques du cinéma français chers à Raymond Chirat et Olivier Barrot – Julien Carette, Jean Tissier, Pauline Carton... -, leurs dignes successeurs – Michel Peyrelon, Jean-Pierre Bisson, Roland Blanche, Jacques Monod , Pierre Frag...-, des personnalités plus discrètes et souvent oubliées des dictionnaires – Jacques Hilling, Gérard Hérold, Denis Manuel, Mathilde Casadesus, Nicolas Vogel, Gabriel Gobin, Gabriel Cattand... -, de grandes voix du doublage – Sylviane Margollé, Jean Davy, Raymond Loyer.. -, des étoiles filantes – Pierre Blaise, Lyne Chardonnet, Anne Caudry, Pascale Ogier... -, des destins tragiques – Patrick Dewaere, Dominique Laffin, Françoise Dorléac... -. S’il y a un formidable travail de recherches des états civils exacts et des lieux d’inhumation – y compris en province -, il y a aussi un grand effort sur les filmographies, exhaustives même pour les très prolifiques Albert Michel ou Raymond Aimos. Dans le livre "Jeux d’auteurs, mots  d'acteurs" - "scénaristes et dialoguistes du cinéma français" 1930-1945 aux Éditions Actes Sud (1994), Philippe d’Hugues citait  une formule de Jacques Prévert, "Menteur comme un générique de film", reprise dans la préface de ce dictionnaire. Il y précisait  "La filmographie est devenue, depuis quelques années, une science précise. On peut regretter les comportements cinéphiles, passionnés et sentimentaux qui passent outre ce genre de question mais -tant pis pour la nostalgie d'antan - il est utile que nous abordions aussi l'étude des films munis de méthodes sérieuses, sinon scientifiques. La filmographie ne consiste pas à recopier les génériques de films, dont la véracité laisse perplexe". C'est le cas ici, et il faut louer M. Foucart, de ne pas recopier sans se poser de questions la base IMDB ou les dictionnaires du cinéma français de Raymond Chirat – qui ne pouvait pas avoir vu certains films qui passent désormais sur le câble et en DVD -. Tout comme Armel de Lorme, il fait preuve d’un grand sérieux. Enfin un dictionnaire qui par sa rigueur, tord le coup à une multitude d’erreurs, et dont le plaisir de la lecture est sans cesse renouvelé. Ce livre risque d’être très vite épuisé, n’attendez pas trop, pour les modalités de commande du livre, le tirage étant limité, voir le lien suivant sur le site des "Gens du cinéma". Indispensable en ces périodes "oublieuses" ! Tous mes remerciements à André Siscot pour la photo du livre.

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01 janvier 2008

BONNE ANNÉE QUAND MEME

Meilleurs voeux à tous en nous souhaitant quelques excellents films pour 2008 dans la lignée de "La graine et le mulet" et plein de comédies franchouillardes qui seront un véritable régal pour les amateurs de navets en 2058. Je ne résiste pas à vous montrer la photo de Mary Pickford figurant sur les voeux de Christian Grenier, créateur de l'excellente Encinémathèque .

Mary_Pickford

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09 novembre 2007

LA MEILLEURE RÉVÉLATION COMIQUE DE L'ANNÉE

PhilippeBesnier Ne cherchez plus la révélation comique du moment, c’est Philippe Besnier P.D.G. de feu Noos-Numéricable, qui affirme sans rire "Les ennuis c’est du passé !", ce qui est tout de même une performance. La liste des griefs des abonnés depuis 2003, est interminable, mais la société a fait amende honorable, les promesses n’engageant que ceux  qui les reçoivent comme nous le disait notre bon Pasqua. Bon c’est de l’humour noir, teinté d’un léger sadisme. Ne vous fiez pas à ces faux airs de Jean-Louis Debré, la drôlerie de ses interventions est digne d’un Pierre Doris, pour goûter à cet humour, il faut cependant être client de sa société. Atteint d’une maladie chronique, la cinéphilie, j’avais opté pour l’offre tout ciné chez France Télécom Câble. Manque de bol, ce sont les ineffables de Numéricable qui ont pris la relève. Quand les chaînes ciné de TPS disparaissent, ils vous envoient un courrier, quelle aubaine votre offre évolue, vous payez la même somme, mais avez en plus dans l’offre ciné … TPS Foot – si ce n’est pas de la drôlerie à l’état pur… - Leurs clients mécontents et déçus du câble ont même une association, les pratiques commerciales de ce câble-opérateur étant souvent abusives. Prenons comme exemple, mézigue, je viens de déménager, ce qui explique le relatif silence de ce blog. On le sait le stress dans ces moments là est équivalent à celui qu’on subit d’un tremblement de terre, ce qui n’est pas faux. Par contre appeler le service client surtaxé de Numéricable pour déménager leur offre tient du supplice de Tantale. L’annonce est croquignolette, il faut donner son numéro de téléphone, mais s'il n'est pas chez Numéricable, il ne vous reconnaît pas... Mais rassurez-vous, vous entrez n’importe quoi la seconde fois, ça passe… La robote annonce le programme des réjouissances, à 0.34 centimes la minutes, l’attente étant facturée, évidemment on ne va pas vous encourager si vous avez un autre opérateur. Ne vous avisez pas d’oublier d’inscrire le code postal, un opérateur vous renvoie à la case départ. Evidemment, on se perd, certaines touches vous renvoyant sur des messages, si TF1 ne fonctionne pas c’est normal, les problèmes de telle ville seront réglés à la saint-glin-glin. La plateforme d’accueil est en Tunisie – interrogez les pour voir, au bout du quatrième appel n’aboutissant à rien, ils vous répondront, nous sommes, heu à Nant…erre- . En règle générale, j’ai une empathie avec ce type d’employé, souvent exploité, surveillé – une voix annonce que l’on risque d’être enregistré pour améliorer le service – humour, toujours de l’humour -. Mais épeler un nom basque se révèle un tantinet compliqué. La première fois, on me renvoie à un numéro à contacter, je fais répéter le numéro on ne sait jamais, et je tombe sur un site… érotique. La seconde fois, je tombe sur une opératrice, assez condescendante, qui me fixe un rendez-vous, après avoir insisté lourdement pour me placer ses offres téléphone et internet. Elle m’annonce que je ne peux conserver l’ancienne offre, et d’autorité me place celle à 44 euros. Point de rendez vous fixé, c’est normal, les placements ça use, résultat, 40 minutes passées pour aucun résultat ! – le temps d’attente est évolutif, et passe allégrement de 5 à 4 minutes, puis de 6 à 4, etc… Je grogne ensuite, et insiste pour que l’on me confirme le rendez-vous, j’attends qu’elle me le confirme, il y a des applications à valider, on me laisse souvent en rade, avec une musique horripilante comme compagnie. Elle finit par me donner un numéro, que je note, je lui demande si c'est celui d'un technicien, elle me dit "Mais c'est le vôtre" - sous entendu gros malin -. Je lui confirme que non et que tout de même je connais mon numéro... Le jour fixé, évidemment personne ne vient, re-appel, là je tombe sur un opérateur plus compréhensif, qui me confirme qu’il a bien le rendez-vous dans ses tablettes. Il me transmets vers un responsable de Champs sur Marne, qui me dénigre son technicien – vous savez ils ont leurs humeurs ! -, en gros, l’oiseau n’a pas trouvé l’entrée, il se barre me laissant un message dans la boîte aux lettres, me dit-il – vide évidemment -. Comme il a de plus clôturé son dossier, impossible de le retrouver et de remettre un rendez-vous... Il me dit de repasser par le chemin de croix du numéro ruineux. Je suis assez affable, voire couillon en général, je là, je m’énerve un peu, le sarcasme ne passant visiblement pas comme message – la même stratégie pour le service après-vente de la FNAC éminemment déficient aussi s’avère payant également -. Il me fixe un autre rendez-vous, je dois reprendre des disponibilités avec mon travail, et il m’annonce qu’il me fait une fleur ! Résultat toujours pas de télévision. Alors, un Philippe Besnier, qui déclare : "je récupère le passif mais on prend les responsabilités" sur Europe 1, et d’annoncer "un plan d’action global pour mettre fin aux dysfonctionnements" mériterait une émission entière des "Rois du rire". Impossibilité de le joindre par contre pour le féliciter à son siège social, lui ou un responsable, si vous voulez faire une requête contactez le numéro audiotel !

Addenda du 12/11/2007 : Au troisième rendez-vous, Numéricable, soucieux d’appliquer l’adage jamais deux sans trois, ne vient évidemment pas. Je finis par comprendre qu’il serait plus aisé de préparer le débarquement que de déménager avec eux. Rebelote avec le service clientèle, deux grosses dizaines de minutes, il faut montrer à nouveau patte blanche avec mon nom à rallonge - Lucien, comment ?, non pas Lucien ! - Il n'y a pas d’autres points d’entrées, et il est impossible d’avoir un responsable, en gros, ils sont livrés à eux-même... Par deux fois, on me promet de me rappeler, j’attends toujours… On finit par me fixer... une quatrième date, pour mercredi, il n’y a pas d’autres rendez-vous, et il y a une impossibilité totale d’avoir une explication – les techniciens sont des sous-traitants, et vlan on se dédouane -. Je demande un responsable de la plateforme tunisienne, qui me dit "On s’excuse !", et prend la mouche quand je lui réponds goguenard – "alors vous vous excusez vous même" -. Pas moyen d’avoir un responsable du siège, ils poussent le vice jusqu'à faire figurer un faux numéro sur le site de l'AFNIC ! "Écrivez, on vous fera peut être un geste commercial". Petit conseil pour les avoir prévoyez le budget du P.I.B. du Danemark pour les contacter et prenez deux semaines complètes de vacances. Je dois confesser que je commence à rire un peu moins.

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12 octobre 2007

LE COIN DU STRIP TEASE

Ecran

En lisant l’un de mes blogs préférés, celui du docteur Orloff, je tombe sur ce questionnaire foncièrement original, je m’empresse d’y répondre en prenant pour bases les addendas formidables de 365 jours ouvrables, dans son excellent blog que je découvre. Histoire de briser le silence de ce fichu blog ces derniers temps... Promis, je ferai une note sur "Na !" de Jacques Martin...

Plaisirs inavouables : Évidemment les nanars, la découverte de certains DVD de René Château, comme "C’est arrivé à 36 chandelles" ou "Les Duraton", et quelques parangons de la comédie franchouillarde genre Philippe Clair, les films de la Hammer heureusement reconsidérés désormais...

« EST CLASSIQUE CE QUI FAIT AUTORITE » (Paul Valéry) 

Classiques ennuyeux : "Mort à Venise" – je sais, j’ai honte, mais il faudrait le revoir, et en salles plutôt qu’à la télévision –, 

Classiques de l’ennui, mais films adorés car dégageant une émotion tout à fait inattendue : "L'éternité et un jour" (Theodoros Angelopoulos), ce titre est d'ailleurs parfaitement adapté à ma vision du film en passant...

Classiques vus il y a tellement longtemps qu’on s’en souvient vraiment très mal : "La chevauchée fantastique" (John Ford).

PASSER A COTE 

Vus trop jeune pour comprendre : "Le désert rouge" (Michelangelo Antonioni).

Vus en morceaux, et donc jamais d’une traite : "L’amour fou" de Jacques Rivette, c’est mieux que rien ...

Vu à moitié : "Dans ma peau" (Marina de Van), tellement déstabilisé que je ne l’ai pas terminé, vu sur le câble.

« QUOI ! TU L’AS PAS VU ! » 

Classiques jamais vus : "La maison du bonheur" (Robert Wise),

Film arty jamais vu : "Traité de bave et d’éternité" (Isidore Isou) -

Pas vu alors que le DVD est sur nos étagères depuis trois ans : "A l’ouest des rails", les films de Chantal Akerman des années 70, "La condition de l'homme" (Masaki Kobayashi).

Pas vu alors que tout le monde l’a vu : "Mission impossible" (version De Palma) -

Films Moby Dick (on rêve de le voir depuis des années et impossible à attraper avec les yeux : Les films de Pierre Etaix...

Pas vu un seul de leurs films :  Jacques Baratier, Elem Klimow.

Vu qu’un seul de leurs films :  Emile Couzinet ("Le don d'Adèle").

Vu tous leurs films sauf un :  Jean-Pierre Mocky ("Le deal" "Le bénévole"), Philippe Clair ("Rodriguez au pays des Merguez")...

Vu tous leurs films : Alain Resnais, Maurice Pialat, François Truffaut, David Lynch...

BIENVENUE DANS L’AGE INGRAT

Tout le monde les as vus entre 11 et 16 ans, sauf moi et toujours pas rattrapé depuis : "THX1138" (Georges Lucas), "Jonathan Livingstone, le goéland" (Hall Bartlett).

Film que j’aurais adoré à l’adolescence mais vu (et apprécié) beaucoup plus tard : "Persona" (Ingmar Bergman)

Films qui m’ont fait entrer en cinéphilie : "Le charme discret de la bourgeoisie" - méchante baffe vue à la télé en 1981, et le souvenir amusé d’en avoir parlé avec des camarades à l’école. On ose imaginer ce type de film diffusé à 20h50 en dehors d’Arte, et encore…, "La nuit du chasseur". J’en profite pour rendre hommage aux Patrick Brion, Frédéric Mitterrand, Michel Boujut, Claude Ventura, Anne Andreu, Claude-Jean Philippe, sans qui je ne serais pas cinéphile, passeurs télévisuels émérites dans une autre vie, quand la télé était un peu plus inventive.

Adorés à l'adolescence puis abandonnés : Les films de Brian de Palma ("Pulsions", "Blow out").

Adorés à l’adolescence et auxquels on reste tout de même fidèles, malgré leurs coups de vieux manifeste et leurs poses évidentes : Mauvais sang (Léos Carax) -

Trop fashion à l’adolescence, et qui malgré mes craintes lors de leur revoyure récente, tiennent encore sacrément le coup : "Breakfast club" (John Hugues).

DES GOUTS ET DES COULEURS 

Chefs d'oeuvres méconnus : "Mollenard" de Robert Siodmak, "Toni" de Jean Renoir, "Wanda" de Barbara Loden, "L'année des 13 lunes" (Rainer Werner Fassbinder).

Navets géniaux :  : "Les gorilles " de Jean Girault – phléthore d’acteurs formidables -, "Oh, que mambo" de John Berry – film hallucinant, il faut voir Dario Moreno, transformé en "fée du logis" et  marié à la sublime Magali Noël, "Le défroqué" ahurissant film de Léo Joannon avec un Pierre Fresnay au sommet de son cabotinage. 

Films détestables : "Apocalypto" (Mel Gibson), "L'expérience interdite" (Joel Schumacher) - "private joke" -, "Le vieux fusil "(Robert Enrico), comme Pierrot/Orloff – j’ai toujours eu du mal avec les films prônant l’autodéfense -.

FAD (film anti-détestable) loin d'être fade : "A ma soeur" (Catherine Breillat) - "Sombre" (Philippe Grandrieux)

SEUL CONTRE TOUS 

Tout le monde l’adore sauf moi : "Le projet Blair Witch", pour moi plus un canular qu’un film, je ne comprends pas comment on puisse avoir une montée d’adrénaline avec cette vaste fumisterie .

Doit être le seul à l’adorer : "I want to go home" (Alain Resnais- "Fédora" (Billy Wilder).

Tout le monde y pleure sauf moi, cœur de pierre : La fille de Ryan (David Lean), Sur la roude de Madison (Clint Eastwood) – honte sur moi -


HUMEURS ET EMOTIONS

Pleurer à chaque fois : L’incompris (Luigi Comencini) – Mar adentro (Alejandro Amenabar), mais je dois confesser un petit handicap, impossible de pleurer devant un écran en général.

Mourir de rire à chaque fois : "The party" de Blake Edwards », comme tout le monde, les films des frères Marx, "Les Monty Pythons", les "screwball comedy" en général, des années 40-50, "No sex last night", sommet du ridicule signée de la très surestimée Sophie Calle, Arielle Dombasle comparant les vaches à des animaux préhistoriques dans "L'arbre, le maire et la médiathéque" (Éric Rohmer).

Etre émoustillé à chaque fois : Les films où l’on retrouve Claudia Cardinale, de "Sandra" aux… "Pétroleuses". Pour le reste voir ici.

ON NE S’EN LASSE PAS 

Débuts dont je ne me lasse pas : "Buffet froid" (Bertrand Blier), "Le bal des vampires" (Roman Polanski).

Fins dont je ne me lasse pas : "Johnny s'en va t'en guerre" (Dalton Trumbo).

Vu, vu et revu, toujours avec le même plaisir : "La nuit du chasseur", "La maman et la putain", "Le charme discret de la bourgeoisie", "Shock corridor", "Les compagnons de la marguerite", "Frontière chinoise" (John Ford) - ce dernier pour en avoir parlé il y a peu avec le cinéaste Thomas Bardinet -.

Vu, vu et revu, mais jamais en salle (en amphi de fac, en ciné-club, sur les moniteurs du Forum des Images, sur You Tube)  : "Les contrebandiers de Moonfleet" (Fritz Lang), "Le salon de musique" (Satyajit Ray).

Vu qu’une seule fois, mais sûr et certain que je pourrais le voir et le revoir (d’ailleurs, j’ai déjà hâte) : "La tour des ambitieux" (Robert Wise) -

CRITIQUE DE LA CRITIQUE 

Cahiers du Cinéma, Positif ou ni l'un ni l'autre :  J’ai plutôt biberonné avec "Les cahiers du cinéma" - ah le petit journal central des "Cahiers" -, et je trouve un plaisir toujours renouvelé à lire la réédition des fameux cahiers jaunes, je dois cependant déplorer me détacher un peu de la dernière version "frodonisée".  J’ai découvert au début des années 90, "Positif", que j’apprécie toujours autant. Je trouve ces deux revues complémentaires, reste que j’ai un drôle de rapports avec ces revues, ayant un problème de boîtes aux lettres, c’est un membre de ma famille qui les reçoit, je les lis parfois plusieurs mois après ! Je garde une énorme nostalgie de la "Revue du cinéma", - la version disparue des années 90, à ne pas confondre avec le titre homonyme que l'on trouve actuellement -.  avec sa célèbre couverture noire -par son éclectisme et sa pertinence. Je serais plutôt "Revue du cinéma", quand même la seule revue à évoquer les comiques ringards et Émile Couzinet.

Cinéastes trop vantés : Paul Greengrass, Joel Schumacher, Michael Bay, Paul Schrader, Luc Besson.

Cinéastes trop peu vantés : Raoul Ruiz, Jacques Rozier, Jean Grémillon, Joe Dante.

Cinéaste en courant alternatif (tour à tour détesté et apprécié) : Lars Von Trier de par son côté manipulateur dans ses mélos tire-larmes...

PANTHEON 

Sainte trinité : Alain Resnais / Luis Buñuel / Jean Eustache

Bulle_Ogier Bulle Ogier dans "L'amour fou"

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31 juillet 2007

NO VACANCY

Le_viager

Pierre Tchernia & Michel Serrault sur le tournage du "Viager"

La grande faucheuse nous enlève trois génies - dans le sens sens non galvaudé - du cinéma, Michel Serrault, Ingmar Bergman, Michelangelo Antonioni, sans oublier le comédien allemand Ulrich Mühe. Et comme il faut bien prendre des vacances, rendez-vous pour quelques hommages à partir de la mi-Août. En attendant ne manquez pas les hommages rendus actuellement à Michel Serrault : "Nelly et M.Arnaud" sur France 3 ce soir, suivi d'un documentaire épatant "Michel Serrault, le portrait" à 22h55, et jeudi sur cette même chaîne l'excellent "Le viager" ("Faites-moi confiance !") suivi de "Garde à vue". A bientôt.

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18 juillet 2007

LE FILS DE L'HOMME INVISIBLE EST UN FUMEUR DE GITANES

Gitanes Peut-on revenir sur les polémiques actuelles concernant "Wikipédia" histoire d’apporter un peu d’eau au moulin contre ce site "work in progress" (1). Les failles de ce site en mouvement ont été signalées par des étudiants de Sciences-Po, quelques peu affabulateurs, rajoutant des erreurs ici ou là – sur les biographies de Pierre Assouline ou Tony Blair -. C’est un petit jeu, un tantinet pervers de "cheval de Troie" assez cavalier à vrai dire, mais nous rappelant que le web est source d’erreurs et de fausses informations. Citons l’exemple de la fiche concernant François Berléand. Un journaliste du "Nouvel observateur" avait fait une erreur dans sa biographie. Le comédien fumait alors des gitanes, résultat l’article imprimait que sa mère était gitane par un amalgame assez curieux ! Avec son humour habituel, il m’a confié que comme il fume désormais des cigarettes Malboro, il a peut être échappé au fait de ne plus être "Le fils de l’homme invisible", mais celui du cow-boy du même nom. Et bien évidemment un internaute a repris cette information dans le site de "Wikipédia", j’ai pu la corriger avant qu’elle ne se répande comme une trainée de poudre. C’est le même problème que j’évoquais sur le site d’IMDB, voir la note ici. Il y a désormais des filmographes – moi le premier d’ailleurs -, qui prennent ce site comme base de travail, il n’est pas rare de voir d’énormes erreurs reprises, mais qui peuvent me permettre de rectifier le tir par la suite. Par exemple, il y a le cas des titres français, sur "French imdb", "Les nerfs à vif" (1962) de Jack Lee Thompson avait pour titre "Cap de la peur" - traduction littérale de "Cap fear", même problème pour "Sandra" de Luchino Visconti (1965), devenant par les malices de la traduction, "Vagues étoiles de la grande ourse" (sic). Impossible de référencer toutes les erreurs vues sur ce site à mon petit niveau, mais le web génère le meilleur comme le pire. Mais il serait injuste de jeter complètement l’opprobre sur ce genre de site, il suffit parfois d’internautes avisés, comme sur "Wikipédia" notamment, quelques inconnus rajoutent les petits rôles du cinéma français, suite au visionnage du câble ou de DVD, qui peut se targuer de connaître par exemple Palmyre Levasseur dans "La vie à deux" (1958). Il faut donc faire preuve de vigilance mais aussi d’indulgence, quelques passionnés monomaniaques pouvant partager leurs passions. François Berléand vient lui de terminer hier le tournage de "Cash" d'Éric Besnard, qui bénéficie d'un scénario formidable, et il devrait entamer prochainement le tournage de "Cinéman" prochain film de Yann Moix, où il devrait camper un grand méchant... (1) "Libération du 9 juillet 2007, article de Frédérique Roussel".

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28 mai 2007

POUCE ! (OU COMMENT MANIFESTER SA MAUVAISE HUMEUR)

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Peut-on continuer à causer cinoche, alors que le vrai cirque médiatique se trouve désormais plus à l’Élysée qu’au festival de Cannes. Au programme, cumul des mandats, castings originaux en vue de déstabiliser une opposition exsangue, famille d’opérette se pâmant au possible et parité oblige des "fillonettes" qui succèdent aux "jupettes"... Ces dernières ne devraient donc pas piquer dans la "caisse" (arf-arf). Et là une question se pose, le petit Louis S. pourra-t-il percevoir ses indemnités spectacles pour ses précédentes prestations longtemps "floutées". On est en campagne électorale mais tout de même... La majorité des Français en redemande tendance mélange des genres "poudre aux yeux"…. Histoire d’une "main basse" médiatique sur la démocratie – confère le cas Solly qui part sur TF1 -, gare à la gueule de bois… Avant de sombrer totalement dans l’aigreur, revenons donc un peu s’oxygéner au cinéma. Les temps sont toujours difficile, comme chantait Léo Ferré... Pour peu que "l’amor" et le "trepalium" ne vous donnent pas vraiment de satisfaction, transformant votre vie en désert de "Sergio" Gob(b)i, vous filez donc au cinéma pour vous consoler de votre morne existence. C'est bien connu, quand on n'aime pas la vie, on va au cinéma ! Et là, on vous soumet à une épreuve – d’accord il faut bien être puni pour avoir la carte UGC, mais tout de même -, le "doigt" de "La Société Générale" ! Dans "Signé Furax : La lumière qui éteint", célèbre feuilleton radio de Pierre Dac et Francis Blanche, il y a le supplice de "Bambino"... Les "babus" pratiquent la torture en passant en boucle la chanson rendue célèbre par Dalida... La victime n’a plus qu’une seule alternative devenir fou. L’adage publicitaire "plus c’est con, plus ça reste dans les mémoires", est ici à son apogée... On a l'habitude pourtant de ce type de malversation, comme les publicités radios – le lait "Candia" sur France Inter -. Elles sont d’une connerie abyssale, heureusement que l’humour de Guy Carlier vous venge un peu. Mes ces horreurs, en comparaison, deviennent des œuvres d’arts devant un sommet de la crétinerie "séguelesque". Depuis avril 2006, cette "socgénitale" pub sévit dans les Multiplex - et à la télé mais on peut couper le son -, précédée d’un pseudo-documentaire, making off, ou les premiers pas interminables de jeunes qui débutent dans la vie active, complètement anémié, pour torcher un hippopotame, devenir garde du corps pour V.I.P. ou sauter à l’élastique. C’est hallucinent de fausseté, la mise en scène prise sur le vif, pseudo-zoom pour animer l’ensemble, confine au grotesque. La banque qui se prétend être là pour vous aider, décide de continuer à nous emmerder, en enchaînant par la pub. D’abord, il y a l’horrible musiquette, de "Rollin Dana" chantant "Winchester’s Cathedral", avec un son proche de l’agonie d’un chat écorché tendance nasillarde. Au bout de la 820 372ème écoute, vos neurones se font la malle, votre sang se glace, vous fermez les yeux, respirez un bon coup devant autant de cruauté. L’image n’est pas triste, un doigt levé géant qui marche – ce serait un pouce, mais après une minutieuse exploration du mien, je ne vois pas grand chose en commun -. Ca pourrait être aussi bien un majeur, le voir ainsi levé nous fait évidemment penser à un geste obscène. Et si c’était un doigt d’honneur géant, une variante des contraintes à la bancarisation chère à Pascal Thomas ? On imagine une provocation inconsciente, avec une cohorte d’huissiers en cas de surendettement. Une créature minaudante pend sa crémaillère. Elle a donc invité ce fameux doigt, lui permettant de s’installer et d’avoir son premier appartement... Le monstre manucuré lui s’agite, tape "l'incruste", il aide à porter les paquets, fait le D.J., remue d’une manière éhontée... Il n’a même pas l’excuse de l’ivresse, n’ayant pas de bouche on ne voit pas comment il peut se mettre à boire ! Plan final, la pièce est illuminée par un néon géant notifié "Parking" ! La jeune fille a intérêt à installer des doubles rideaux, mais gageons qu’elle risque de garder une solide rancune après quelques nuits blanches passées à dormir au dessus ou à côté d’un parking... La banque est certes prêteuse mais pas au point de pouvoir s’installer dans un endroit calme. Notre symbole phallique géant est par contre bien mieux disposé envers les riches, quand il accompagne de riches seniors golfeurs dans un avion. Si Nietzsche – ou Nike on ne sait plus à force – nous disait "Tout ce qui nous tue pas, nous rend plus fort", il y a des limites au supportable, depuis avril que l’on se farcie cette horreur ambulante. Le seul pouce que je souhaiterais voir c’est le film de Pierre Badel, avec Guy Bedos, de 1971, disparu de la circulation… Je propose de jeter le sieur Julien Trousselier – ineffable réalisateur de ces sinistres oeuvrette – au rang d’indignité nationale. Car la pub a cet avantage, on est pas obligé d’apposer son nom à ce bassinage généralisé. Heureusement qu’il a eu une parodie de "Groland" chez Canal+, pour nous sauver de cette indigestion... On a envie de crier "Pouce" !

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