15 janvier 2009
MORT DE CLAUDE BERRI
Le réalisateur Claude Berri, en mars dernier, dans sa galerie d'art (AFP). (Source Le Figaro)
Annonce de la mort de Claude Berri, le 12 janvier dernier de Claude Berri, des suites d’un accident vasculaire cérébral, il débutait le tournage, en collaboration avec François Dupeyron, du film "Trésors"» avec Mathilde Seigner et Alain Chabat. En attendant de finaliser un petit hommage, signalons quelques diffusions TV, ce soir sur France 3, "Lucie Aubrac", à 20h35, sur "France 2", "Le cinéma de papa" - à voir absolument – à 20h45 et dimanche 19 prochain "Uranus" sur Arte à 20h45 et "Tchao pantin" sur TF1 0 23H15. Annonce également de la mort de Patrick McGoohan et de Ricardo Montalban.
Claude Berri, acteur dans "Réactions en chaîne", un épisode des "Cinq dernières minutes" de 1958
Filmographie : comme acteur : 1952 Rue de l’Estrapade (Jacques Becker) - 1953 Le bon Dieu sans confession (Claude Autant-Lara) - Le blé en herbe (Claude Autant-Lara) – 1954 French Cancan (Jean Renoir) – 1958 Jeux dangereux (Pierre Chenal) - Asphalte (Hervé Bromberger) - 1959 J’irai cracher sur vos tombes (Michel Gast) – Les bonnes femmes (Claude Chabrol) - 1960 La vérité (Henri-Georges Clouzot) - Les lâches vivent d’espoir (Claude Bernard-Aubert) - La bride sur le cou (Jean Aurel & Roger Vadim) - 1961 Les sept péchés capitaux [Sketch : « L’avarice »] (Claude Chabrol) - 1963 Behold a pale horse (Et vint le jour de la vengeance) (Fred Zinnemann) - 1964 Compartiment tueurs (Costa-Gavras) - 1965 Le temps d’apprendre à vivre (Henri Graziani, CM) - 1966 La ligne de démarcation (Claude Chabrol) - 1968 Mazel Tov ou le mariage (+ réalisation) - 1970 Le cinéma de Papa (+ réalisation) - 1972 Sex-Shop (+ réalisation) - 1974 Le mâle du siècle (+ réalisation) - 1976 Barocco (André Téchiné) - 1980 Le roi des cons (Claude Confortès) - 1982 L’homme blessé (Patrice Chéreau) - 1986 Cinématon N°798 (Gérard Courant, CM) - Sous le soleil de Satan (Maurice Pialat, remplacé en cours de réalisation) - 1989 Stan the flasher (Serge Gainsbourg) - 1994 La machine (François Dupeyron) - 1995 Les trois frères (Didier Bourdon & Bernard Campan) - L’univers de Jacques Demy (Agnès Varda, documentaire) - 1996 Didier (Alain Chabat) - 1997 Un grand cri d’amour (Josiane Balasko) - 1999 La débandade (+ réalisation) – 2000 Va savoir (Jacques Rivette) - Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (Alain Chabat) - 2001 Les rois mages (Didier Bourdon & Bernard Campan, cameo) - 2003 Les clefs de bagnole (Laurent Baffie) - 2003 Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (Yvan Attal) - 2004 Le fantôme d’Henri Langlois (Jacques Richard). Télévision (notamment) : 1958 Les cinq dernières minutes : Réactions en chaîne (Claude Loursais) - 1959 Cristobal de Lugo (Jean-Paul Carrère) - 1960 Un beau dimanche de septembre (Marcel Cravenne) - 1964 Les cinq dernières minutes : 45 tours… et puis s’en vont (Bernard Hecht). Nota : Certaines sources le créditent comme acteur dans "Barocco" (André Téchiné, 1976), à vérifier...
Comme réalisateur-scénariste-producteur : 1962 Janine (co-réalisé par Maurice Pialat, + scénario et dialogues) – 1963 Les baisers [Sketch : "Baiser de 16 ans"] (+ production) – Le poulet (CM) – 1964 La chance et l’amour [Sketch : "La chance du guerrier") – 1966 Le vieil homme et l’enfant + production) – 1968 Mazel Tov ou le mariage) (+ producteur délégué) – 1969 Le pistonné (+production) - 1970 Le cinéma de Papa (+ production) – 1972 Sex-Shop (+ production) – 1974 Le mâle du siècle – 1976 La première fois – 1977 Un moment d’égarement – 1980 Je vous aime – 1981 Le maître d’école – 1983 Tchao pantin – 1985 Jean de Florette – Manon des Sources – 1990 Uranus – 1992 Germinal – 1996 Lucie Aubrac – 1999 La débandade – 2002 Une femme de ménage – 2004 L’un reste, l’autre part – 2006 Ensemble c’est tout (co-réalisé par François Dupeyron) – 2009 Trésor (co-réalisé par François Dupeyron).
Production seulement : 1967 L’enfance nue (Maurice Pialat) – Marie pour mémoire (Philippe Garrel) – 1968 Oratorio for Prague (Jan Nemec, CM) - Le corps de Diane (Jean-Louis Richard) – Tech nekolik dnu (À quelques jours près) (Yves Ciampi) - 1969 Ma nuit chez Maud (Éric Rohmer) - 1970 La maison (Gérard Brach) – 1971 Le poème de l’élève Mikowski (Pascal Thomas, CM) - 1972 Les fous du stade (Claude Zidi) – Les Charlots font l’Espagne (Jean Girault) – Les gants blancs du diable (Laszlo Szabo) – La maman et la putain (Jean Eustache) - 1973 Le grand bazar (Claude Zidi) – Pleure pas la bouche pleine (Pascal Thomas) - Je sais rien mais je dirai tout (Pierre Richard) – Les quatre Charlots mousquetaires (André Hunebelle) – À nous quatre Cardinal ! (André Hunebelle) - 1974 La grande trouille (Pierre Grunstein) – Céline et Julie vont en bateau (Jacques Rivette) – La moutarde me monte au nez (Claude Zidi) - Le chaud lapin (Pascal Thomas) - Les Bidasses s’en vont-en-guerre (Claude Zidi) - Souvenirs d’en France (André Téchiné) – Zig-Zig (Laszlo Szabo) – 1975 La course à l’échalote (Claude Zidi) - Un sac de billes (Jacques Doillon) - Bons baisers de Hong Kong (Yvan Chiffre) - Ce gamin, là (Renaud Victor, documentaire) - Un genio, due compari, un pollo (Un génie, deux associés, une cloche) (Damiano Damiani) - Calmos (Bertrand Blier) - Je t’aime, moi non plus (Serge Gainsbourg) - Un enfant dans la foule (Gérard Blain) - 1976 Marcia trionfale (La marche triomphale) (Marco Bellochio) - Le jouet (Francis Veber) - Le crabe tambour (Pierre Schoendoerffer) - 1977 Un oursin dans la poche (Pascal Thomas) – 1978 Vas-y maman (Nicole de Buron) - Une histoire simple (Claude Sautet) – La femme qui pleure (Jacques Doillon) – Passe ton bac d’abord (Maurice Pialat) – Tess (Id) (Roman Polanski) – 1979 Rien ne va plus (Jean-Michel Ribes) – 1980 Inspecteur La Bavure (Claude Zidi) – Une journée en taxi (Robert Ménard, producteur délégué) – Fantasma d’amore (Fantôme d’amour) (Dino Risi) – 1982 L’Africain (Philippe de Broca) – Banzaï (Claude Zidi) – Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (Jean Yanne) – L’homme blessé (Patrice Chéreau, producteur délégué) – 1983 La femme de mon pote (Bertrand Blier) - Garçon ! (Claude Berri) – 1984 La vengeance du serpent à plumes (Gérard Oury) - Les enragés (Pierre-William Glenn) – Adieu Bonaparte (Youssef Chahine) - Hurlevent (Jacques Rivette) – Scemo di guerra (Le fou de guerre) (Dino Risi) – 1985 Paulette, la pauvre petite milliardaire (Claude Confortès) – 1986 Hôtel de France (Patrice Chéreau) – Twist again à Moscou (Jean-Marie Poiré) – 1988 L’ours (Jean-Jacques Annaud) - À gauche en sort de l’ascenseur (Édouard Molinaro) – Bille en tête (Carlo Cotti) – La petite voleuse (Claude Miller) – Trois places pour le 26 (Jacques Deray) – 1989 Tumultes (Bertrand Van Effenterre) – Valmont (Id) (Milos Forman) – 1990 On peut toujours rêver (Pierre Richard) – 1991 L’amant (Jean-Jacques Annaud) – Kafka (Id) (Steven Soderbergh) - Nous deux (Henri Graziani, producteur délégué) – Albert souffre (Bruno Nuytten) - 1992 Une journée chez ma mère (Dominique Cheminal) – La corsa dell’innocente (Carlo Carlei) – 1993 La reine Margot (Patrice Chéreau, producteur délégué) – 1994 L’auteur, le poète et le philosophe (Alain Pavel, CM) - La machine (François Dupeyron) - Gazon maudit (Josiane Balasko) – Le repos du guerrier (Jean-Marc Descamps, CM) - La séparation (Christian Vincent, producteur délégué) – 1995 Les rois mages (Didier Bourdon & Bernard Campan) - Nadie hablará de nosotras cuando hayamos muertos (personne ne parlera de nous quand nous serons mortes) (Agustin Diaz Yanes) – Waati (Souleymane Cissé) – 1996 Arlette (Claude Zidi) – Didier (Alain Chabat) – Der unhold (Le roi des Aulnes) (Volker Schlöndorff) – 1997 Mea culpa (François Boucq, CM) - Le pari (Dider Bourdon & Bernard Campan) – Un grand cri d’amour (Josiane Balasko) – 1998 Astérix et Obélix contre César (Claude Zidi, producteur délégué) – Mauvaise passe (Michel Blanc) – Mookie (Hervé Palud) – 1999 Le chant des sirènes (Arnaud Debrée, CM) - Inséparables (Michel Couvelard) – La maladie de Sachs (Michel Deville) – Todo sobre mi madre (Tout sur ma mère) (Pedro Almodovar) – 2001 Amen. (Costa-Gavras) – Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (Alain Chabat) – La boîte (Claude Zidi) – Le cas Pinochet (Patricio Guzman, documentaire) – Les rois mages (Didier Bourdon & Bernard Campan, producteur délégué) - 2002 La beuze (François Desagnat & Thomas Sorriaux) – Le Bison (et sa voisine Dorine) (Isabelle Nanty) – Brocéliande (Doug Headline) – Le coût de la vie (Doug Headline) - 2003 Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (Yvan Attal) – San-Antonio (Frédéric Auburtin) – Les sentiments (Noémie Lvosky) – 2004 Deux frères (Jean-Jacques Annaud) - Les enfants (Christian Vincent) - Le démon de midi (Marie-Pascale Osterrieth) – 2006 La maison du bonheur (Dany Boon) – Le scaphandre et le papillon (Julian Schnabel) - La graine et le mulet (Abdel Kechiche) - 2007 Bienvenue chez les Ch'tis (Dany Boon). Divers : Scénariste seulement : 1971 L’œuf (Jean Herman, adaptation) – 1984 Scemo di guerra (Le fou de guerre) (Dino Risi, adaptation française).
ARTICLES :
Le Monde du 13/01/2009
Claude Berri, homme-clé du cinéma français, par Jean-Luc Douin
Une double image perdurera. Celle d'un homme pressé qui affirmait s'être amusé toute sa vie plutôt qu'avoir travaillé. Et celle d'un homme irrémédiablement sinistre, comme hanté par des tourments secrets. Le second masque de Claude Berri a pris le dessus, ces dernières années, lorsqu'il a été fracassé, miné par une dépression chronique. Au suicide de sa femme, Anne-Marie Rassam, en 1995, s'était ajouté l'accident de son fils Julien Rassam, qui est mort en 2002 après s'être retrouvé tétraplégique. Il avait 74 ans, dont quarante-cinq de carrière : avec un mélange de crainte, d'admiration et d'affection, on l'avait surnommé "le parrain", "l'empereur", "le pilier", "le chef de famille" du cinéma français. Claude Berri était aussi un grand collectionneur d'art. Il est mort le 12 janvier à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, des suites d'un accident vasculaire cérébral. Né le 1er juillet 1934 à Paris, il avait pris le nom de sa mère comme nom de scène, en y ajoutant un "r", pensant que Berri était plus facile à retenir que Langmann. Il le regrettait. Claude Berri disait être resté fils toute sa vie. Fils d'un fourreur juif du Faubourg Poissonnière, il était un acteur-né, qui faisait rire tout le quartier. Il disait qu'il allait "mettre De Funès au chômage" ; il lui rendra hommage dans le film Le Cinéma de papa (1970). Il voulut faire du théâtre. En dépit d'un concours gagné, de débuts prometteurs, son profil peine à s'imposer. "Petits rôles, petits rôles. Comme disait mon père : il vaut mieux être balayeur dans les rues que comédien au chômage." Son père ajoutait : "Il faut que tu donnes les cartes !" Le fils a obéi, il est devenu un "patron" : auteur, réalisateur, producteur, distributeur. Brasseur de millions. Son ascension commence en 1963. Son court métrage Le Poulet décroche un Oscar. Personne n'avait voulu le produire. Il n'agira pas ainsi. Lorsqu'il gagne de l'argent, il réinvestit ses profits dans les films des autres : Chéreau, Annaud, Balasko, Zidi, Almodovar, Kechiche... "Produire est un moyen d'éviter de penser à soi-même. A un moment, j'en ai eu assez de me regarder le nombril. Je n'ai jamais voulu faire des affaires. J'ai partagé le magot." En y laissant des plumes : l'échec public de Tess, de Roman Polanski, l'endetta jusqu'au cou. La passion avec laquelle il s'acharne à aider Milos Forman est un bel exemple de sa ténacité. En 1967, il n'a pas un centime. Sûr du talent du jeune cinéaste tchèque, il achète Au feu les pompiers et négocie sa sortie. Accompagnant Forman à Prague, Berri se dit : "Son prochain producteur ne sera pas Lelouch (comme c'était prévu) mais moi." Fondée en 1967, afin de produire Le Vieil Homme et l'Enfant, sa société Renn Productions devient un acteur majeur du cinéma français, associé aux distributeurs AMLF puis Pathé. Produisant aussi bien Jacques Rivette (Hurlevent) que Claude Zidi (Astérix). En 2005, Claude Berri laisse la destinée de Renn à Pathé, juste après avoir lancé deux projets de films qui ont marqué ces deux dernières années : Bienvenue chez les Ch'tis, de Dany Boon, qui a battu le record de fréquentation en France, et La Graine et le Mulet, sacré aux Césars en 2008. Entre-temps, son fils Thomas Langmann a fondé sa propre société, baptisée La Petite Reine, qui produit Astérix aux Jeux olympiques et Mesrine. Claude Berri ne dédaignait pas faire l'acteur. Dans Stan the flasher de Serge Gainsbourg, il se montre peu soucieux de son image, jusqu'à la provocation. En 1988, pour défendre les droits de ses camarades lors des négociations du GATT (accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), et sur la télévision à péage, il fonde l'Association des auteurs, réalisateurs, producteurs (ARP). Elu président de la Cinémathèque française en 2003, il devient celui qui peut obtenir des subsides du pouvoir, il pousse à la modernisation de l'institution, ouvre des expositions dans ce lieu. Grand collectionneur de peintures et de photographies, il datait la naissance de sa passion de 1954, lors d'une visite à l'exposition que consacrait le Musée de l'Orangerie à Van Gogh. Au début des années 1970, il acquiert sa première oeuvre, une gouache de Magritte. Il s'intéresse ensuite à l'Art déco, puis, confiait-il, il a "une sorte d'hallucination" : "J'ai entendu des voix me dire qu'il fallait que je vende ma société de production pour acheter de la peinture..." Jean Dubuffet, d'abord, puis l'Américain Robert Ryman, dont il possédait la plus importante collection au monde. Il disait collectionner "pour apprendre" et ajoutait : "La connaissance passe par la possession." En 1990 puis en 2008, il avait ouvert, d'abord rue de Lille et ensuite dans le Marais, à Paris, des espaces où il organisait des expositions d'art contemporain. C'est comme cinéaste qu'il s'exprimait le plus ouvertement. "Je n'aime pas le cinéma confidentiel", écrivait-il dans ses Mémoires. Il n'était pas hostile, en revanche, au cinéma de confidences. Il a puisé dans sa propre vie la matière d'une grande partie de ses films. "On m'en a fait le reproche, insinuant que je n'avais pas d'autre source d'inspiration." François Truffaut l'en félicitait : "Berri n'est pas un metteur en scène cinéphile, il ne se réfère pas aux films existants mais à la vie elle-même. Il puise à la source, il a d'abord des histoires à raconter." Ainsi Le Vieil homme et l'Enfant (1967), un sujet qu'il raconte à Godard "avec l'espoir de l'intéresser" : "Il m'a conseillé de l'écrire moi-même", racontait-il. Un gamin juif sous l'Occupation. Une évocation de son enfance, à la fin de la guerre, "où j'étais caché sous un faux nom chez de braves vieux, admirateurs du maréchal Pétain. Pour moi, ce n'était pas seulement un film sur l'antisémitisme, mais sur les préjugés, la bêtise." Berri et le mariage : en 1969, avec Mazel Tov ou le mariage, il commence une série où il joue lui-même le personnage principal. "Quand j'ai écrit cette histoire de mariage, je n'étais pas encore marié. Ce n'était pas mon expérience que je racontais, mais plutôt mon appréhension d'être marié." Berri au service militaire : Le Pistonné (1970). Berri fasciné par la libération sexuelle des années 1970 : les clubs échangistes dans Sex shop (1971), jalousie et crise conjugale dans Le Mâle du siècle (1974), l'adolescent qu'il fut en victime de la misère sexuelle dans les années 1950 avec La Première Fois (1976). Apparemment, la veine autobiographique s'arrête là. Berri passe à l'adaptation de livres. "Ma vie ne me faisait plus rire, je ne pouvais plus la raconter. Tout ce que j'avais vécu dans mon enfance, dans ma jeunesse, même les moments les plus tristes, avec le recul je les trouvais drôles. J'arrivais à en rire et à faire rire. Mais le jour où ma vie a basculé, où la mère de mes enfants est tombée malade, je ne pouvais plus rigoler." Claude Berri transforme Coluche en prof soixante-huitard qui laisse le bazar s'installer dans sa classe (Le Maître d'école, 1981), puis en flic à rouflaquettes reconverti en pompiste alcoolique (Tchao Pantin, 1983). Il rend hommage à Marcel Pagnol avec Jean de Florette et Manon des sources (1986), et signe sa trilogie filmée historico-littéraire française : Uranus d'après Marcel Aymé (1990), Germinal d'après Emile Zola (1993), Lucie Aubrac (1997). Mais il n'a pas totalement refoulé ses souvenirs : dans Je vous aime (1980), il fait revivre à Catherine Deneuve l'émoi de ses propres amours, la souffrance de ses ruptures. "A travers son personnage, je cherchais à comprendre comment on peut faire sa vie en plusieurs fois, moi qui avais toujours cru que je la ferais en une." Plus qu'une comédie sur le Viagra, La Débandade (1999) est une autodérision sur la perte du désir. Adapté de Christian Oster, Une femme de ménage (2002) porte les traces de sa dépression. C'est à ce moment-là que Claude Berri rencontre l'écrivain Nathalie Rheims, qui devient sa compagne. L'Un reste, l'autre part (2005) évoque cette période. Comment refaire sa vie. La culpabilité. Il faut citer A nos amours, de Maurice Pialat, qui vécut un temps avec Arlette Langmann, la soeur de Claude. Pialat y incarne le père Langmann, Arlette est jouée par Sandrine Bonnaire, et Claude Berri par Dominique Besnehard. Ayant pignon sur rue près des Champs-Elysées, Berri avait un fantasme : écrire, devenir "le Paul Léautaud de la rue Lincoln". Il raconte sa vie dans Autoportrait, dont est extraite la majeure partie des propos ici reproduits. Il est mort en plein tournage de Trésor, un film avec Alain Chabat et Mathilde Seigner évocateur du couple qu'il formait avec Nathalie Rheims, que celle-ci compte mener à bien. Dates clés : 1er juillet 1934 Naissance à Paris. 1967 Fonde Renn Productions. "Le Vieil Homme et l'Enfant". 1954 Début de sa passion pour l'art. 12 janvier 2009 Mort à Paris. Ses principaux films : Comme réalisateur : 1963 : "Le Poulet", court métrage, Oscar à Hollywood 1967 : "Le Vieil Homme et l'Enfant" 1983 : "Tchao Pantin" 1986 : "Jean de Florette" et "Manon des sources", d'après Marcel Pagnol 1990 : "Uranus", d'après Marcel Aymé 1993 : "Germinal", d'après Emile Zola 1996 : "Lucie Aubrac" 2005 : "L'un reste, l'autre part" 2007 : "Ensemble, c'est tout", d'après Anna Gavalda. Comme producteur : 1968 : "L'Enfance nue", de Maurice Pialat 1971 : "Taking off", de Milos Forman 1979 : "Tess", de Roman Polanski 1983 : "L'Homme blessé", de Patrice Chéreau 1992 : "L'Amant", de Jean-Jacques Annaud 1994 : "
14 janvier 2009
MORT DE PAT HINGLE
Annonce de la mort de Pat Hingle, le 3 janvier dernier, des suites d’un cancer du sang à l’âge de 84 ans, dans la ville côtière Caroline Beach. Il y vivait depuis le tournage de l’unique film comme réalisateur de Stephen King, "Maximum overbride" (1986). Ce comédien né en 1924 à Denver au Colorado, campait souvent des personnages à la force tranquille. On l’imagine immédiatement représentant l’ordre et la raison, dans des rôles de routiers, juges ou policiers. Issu de l’Actor’s Studio, s’il fut très attaché au théâtre, on le vit aussi très souvent sur le petit écran. Il fait une rencontre déterminante au théâtre avec Elia Kazan, qui le met en scène dans une pièce de William Inge "The dark at the top of the stairs", qui lui valut une nomination aux Tony Awards, en 1958. Il retrouvera Kazan, qui l’appréciait beaucoup, et lui confie le rôle du père de Warren Beatty, dans "La fièvre dans le sang" (1961) contrariant ses amours avec Natalie Wood, pour le pousser à poursuivre ses études à l’université. Il sera au final victime du grand krach de 1929. Il dut surmonter un grave accident en 1960 – voir l’hommage ci-dessous de Philippe Garnier dans "Libération" -. Il trouve l’un de ses meilleurs rôles dans "Norma Rae" (1979) en ouvrier, père de Sally Field, la recueillant chez lui ainsi que ses deux enfants, pour qu’ils puissent subvenir à une dure existence dans une petite bourgade américaine conservatrice. Tim Burton l’appelle pour camper le commissaire Gordon, pour deux nouvelles et brillantes adaptations du personnage de "Batman". Il rempilera tout comme Michael Gough qui joue le valet Alfred, dans deux autres opus – au-delà du navrant – signés Joel Schumacher. Son rôle le plus surprenant reste celui de Bobo Justus, dans une excellente adaptation du roman de Jim Thompson "Les arnaqueurs" (1990), signée Stephen Frears. Celui-ci détourne avec habilité son personnage habituel de père tranquille, pour en faire un bookmaker violent arnaqué par Angelica Huston. On se souviendra avec effroi, de sa manière de se venger violemment quand il la bat avec des oranges entourées d’une serviette, manière de tuméfier encore plus son visage, tant il est revanchard. Bibliographie : "Quinlan's character stars", par David Quinlan (Reynolds & Hearn Ltd, 2004).
Filmographie : 1954 On the waterfront (Sur les quais) (Elia Kazan) - The long gray line (Ce n’est qu’un au revoir) (John Ford) - 1957 The strange one (Demain ce seront des hommes) (Jack Garfein) - No down payment (Les sensuels) (Martin Ritt) - 1961 Splendor in the grass (La fièvre dans le sang) (Elia Kazan) - 1963 The ugly american (George Englund) - All the way home (Alex Segal) - 1964 Invitation to a gunfighter (Le mercenaire de minuit) (Richard Wilson) - 1966 Nevada Smith (Id) (Henry Hathaway) - 1967 Hang ‘em high (Pendez-les haut et court) (Ted Post) - Sol Madrid (Les corrupteurs) (Brian G. Hutton) - 1968 Jigsaw (James Goldstone, téléfilm diffuse en salles) - 1969 Bloody Mama (Id) (Roger Corman) - Norwoood (Jack Haley Jr.) - 1970 WUSA (W.U.S.A.) (Stuart Rosenberg) - 1972 The Carey treatment (Opération clandestine) (Blake Edwards) - 1973 Nightmare honeymoon (Elliot Silverstein) - Happy as the Grass was Green ( Charles Davis) - One little indian (Un petit indien) (Bernard McEveety) - The super cops (Super flics) (Gordon Parks) - Running wild (Robert McCahon, + producteur associé) - 1976 Independence (John Huston, CM) - 1977 The Gauntlet (L’épreuve de force) (Clint Eastwood) - 1979 Elvis (Le roman d’Elvis) (John Carpenter, initialement diffusé comme téléfilm) - Norma Rae (Id) (Martin Ritt) - Running scared (Paul Glicker) - When you comin’ back, Red Ryder (Milton Katselas) - 1980 Running Brave (D.S. Everett & Donald Shebib) - 1982 The act (Sig Shore) - 1983 Going Berseck (David Steinberg) - Sudden impact (Le retour de l’inspecteur Harry) (Clint Eastwood) - 1984 The falcon and the snowman (Le jeu du faucon) (John Schlesinger) – 1985 Brewster’s millions (Comment claquer un million de dollars par jour) (Walter Hill) - 1986 Maximum Overdrive (Id) (Stephen King) - Gringo mojado (Ricardo Franco) - 1987 Baby Boom (Id) (Charles Syer) – 1989 Batman (Id) (Tim Burton) - The grifters (Les arnaqueurs) (Stephen Frears) - 1992 Batman returns (Batman, le défi) (Tim Burton) - 1993 Lightning Jack (Jack l’éclair) (Simon Wincer) - 1994 Batman forever (Id) (Tim Burton) – 1995 The quick and the death (Mort ou vif) (Joel Schumacher) - 1996 Larger than life (Un éléphant sur les bras) (Howard Franklin) - Bastard out of Carolina (Anjelica Huston, téléfilm diffuse en salles) -1997 Horror story (Alexander Johnston) - Batman and Robin (Batman et Robin) (Joel Schumacher) - A thousand acres (Secrets) (Jocelyn Moorhouse) - 1998 The hunter’s moon (Richard Weinman) - 1999 Muppets from space (Les Muppets dans l’espace) (Tim Hill) - 2000 Morning (Ami Canaan mann) - Shaft (Id) (John Singelton) - The angel doll (Titre TV : L’ange de Noël) (Alexander Johnson, + producteur executif) - 2001 Road to redemption (Robert Vernon) – The greatest adventure of my life (Dorian Walker) - 2006 Two tickets to paradise (D.B. Sweeney) - Talladega (Rick Bobby : roi du circuit) (Adam McKay) - Waltzing Anna (Doug Bollinger & Bx Giongrete) - 2007 The list (Gary Wheeler) – Undowing time (Sheila Brothers & R.R. Gee). Voxographie : 1960 Wild river (Le fleuve sauvage) (Elia Kazan, voix du récitant) - 1978 American lost and found (Lance Bird, voix du récitant) - 1988 The land before time (Le petit dinosaure et la vallée des merveilles) (Don Bluth, animation) - Télévision (notamment) : 1954 Suspense : Smoke (Robert Mulligan) - 1964 Carol from another Christmas ( Joseph L. Mankiewicz) – 1966 The glass menagerie ( Michael Elliott) - 1969 The ballad of Andy Crocker (George McGowan) – 1970 A clear and present danger (James Goldstone) - 1971 The city ( Daniel Petrie) - Sweet, sweet Rachel (Sutton Roley) - All the way home (Fred Coe) - If tomorrow comes (George McGowan) - 1973 Trouble comes to town ( Daniel Petrie) - 1974 The Last Angry Man (Jerrold Freedman) - 1975 Twist (Alan Arkin & Clark Jones) - 1976 The secret life of John Chapman (David Lowell Rich) - 1977 Escape from bogen country (Steven Hilliard Stern) – Sunshine Christmas (Glenn Jordan) – Tarantulas : The deadly cargo (Vidéo : Tarentules : Le cargo de la mort) (Stuart Hagmann) - 1979 Stone (Corey Allen) - When hell was in session (Paul Krasny) – Disaster on the coastliner (Richard C. Sarafian) – 1980 Wild times (Richard Compton) - Off the Minnesota strip (Lamont Johnson) – 1981 Of mice and men (Reza Badiyi) - The private story of a campaign that failed (Peter H. Hunt) - 1982 Washington mistress (Peter Levin) – Bus stop (Peter H. Hunt) - 1983 The fighter (David Lowell Rich) – 1985 Noon wine (Michael Fields) – The lady from yesterday (Robert Day) - The lady from yesterday (Robert Day) – The rape of Richard Beck (Karen Arthur) – 1986 Casebuster (Wes Craven) - Manhunt for Claude Dallas (À la poursuite de Claude Dallas) (Jerry London) – 1987 LBJ : The early years (Peter Werner) – 1988 Stranger on my land (Larry Elikann) – The town Bully (Noel Black) – 1989 Everybody’s baby : The rescue of Jessica McClure (Mel Damski) – 1990 Beanpole (Linday Day) – Not of this world (Shock invader) (Jon Hess) - 1992 Citizen Cohn (Frank Pierson) – The habitation of dragons (Michael Lindsay-Hogg) – 1994 One Christmas (Tony Bill) – Against her will : The Carrie Buck Story (John David Coles) - 1995 Truman (Frank Pierson) - 1997 The member of the wedding (Fielder Cook) - The Shinning (Shinning) (Mick Garris) - 2000 The runaway (Le prix du courage) (Arthur Allan Seidelman).
ARTICLE
Libération du 8/01/2008
Pat Hingle, fin d’une bobine, par Philippe Garnier en correspondance de Los Angeles
Décès. Eternel second rôle et vraie gueule de cinéma, il est mort samedi à 84 ans. Elia Kazan l’avait dirigé de nombreuses fois.
En 1959, il était pressenti pour jouer le prédicateur véreux dans Elmer Gantry. Au lieu de cela, il est tombé de huit mètres en voulant sortir d’un ascenseur en panne. Fractures du poignet, de la hanche, de la cheville et du crâne, un petit doigt en moins, un an de convalescence et pas d’oscar. C’est Burt Lancaster qui l’a obtenu à la place. La carrière d’un character actor tient parfois à cela. C’était l’année où il avait triomphé au théâtre dans le rôle-titre de J.D., la pièce d’Archibald MacLeish sur un Job moderne. Pat Hingle a toujours affirmé ne jamais avoir regretté ce tournant dans sa carrière. Contrairement à beaucoup de confrères, il aimait regarder ses films et émissions de télé, parce que, disait-il, il ne se rappelait jamais s’il était «bon ou méchant». Pat Hingle était le genre qui pouvait être les deux, parfois en même temps. Il est mort samedi, chez lui, en Caroline du Sud, d’une leucémie, à 84 ans. Hingle était un acteur très physique : traits porcins, narines ouvertes, on lui prêtait de bonne foi des odeurs corporelles. Il était souvent méchant, mais presque toujours intelligent ou du moins malin. En tout cas, redoutable. Dans une scène fameuse des "Arnaqueurs" (Stephen Frears, 1990), il était le patron d’Angelica Huston. Affable, grand et costaud sous son imperméable. L’imper était pour le sac d’oranges, avec lequel il la rosse brutalement, non sans lui avoir préalablement écrasé son cigare sur le dos de la main. Une fois fini, ils reprennent un verre. Business as usual. Hingle n’a pas toujours eu cette chance, mais il a eu des rôles mémorables : Jocko le barman qui asticote Brando sur sa foireuse carrière de boxeur dans Sur les quais (Elia Kazan, 1955) ; le père de Sally Field dans Norma Rae (Martin Ritt, 1979) ; le colonel Parker dans le Roman d’Elvis, le meilleur film de fiction sur Presley (John Carpenter, 1979), la liste est longue. Mais Hingle, un natif de Floride qui alla à la Texas University après sa démobilisation et s’enrôla dans une classe de théâtre parce qu’il avait remarqué que «toutes les jolies filles allaient là aussi», a fait beaucoup plus de scène que de cinéma, et encore plus de télévision. On serait en peine de trouver un feuilleton à partir des années 50 dans lequel il n’est pas apparu au moins une fois. Les metteurs en scène avaient aussi tendance à le garder : Kazan pour les pièces de Tennessee Williams qu’il dirigeait (Hingle jouait le frère faux jeton dans Une chatte sur un toit brûlant et surtout le terrifiant père de Warren Beatty dans "la Fièvre dans le sang"). Chez Eastwood, il faisait les flics ou officiels corrompus (l’Epreuve de force notamment). C’est néanmoins en commissaire Gordon dans Batman que les Américains se souviendront de lui. Il apparaît dans les quatre premiers films de la série.
Plusieurs décès à déplorer, je reviendrai bien sûr sur celui de Claude Berri et au moins sur celui de Michel Vianey.
11 janvier 2009
FERMETURE DÉFINITIVE
Jean-Roger Caussimon devant le Trianon-Théâtre, futur "Jean Vigo", en 1978
Petite promenade dans "la belle endormie" - désormais plus ripolinisée que Catherine Nay -, j’appréhende de traîner rue Franklin. J’y passe finalement, un écriteau fuse au cinéma Jean Vigo "fermeture définitive", une femme distinguée téléphone sur son portable sans s’en préoccuper, quelques papiers volants, aperçus dans au travers de la baie vitrée, jonchent le sol. Je m’attends presque à rejoindre le fantôme de Jean-Roger Caussimon. En effet, ce prodigieux comédien, chanteur et créateur de chansons – je le place dans mon petit panthéon personnel aux côtés des Brel/Barbara/Ferré/Brassens -, est à l’honneur d’un livre DVD "Jean-Roger Caussimon en images". On y retrouve un joli documentaire de 1984 signé Élisabeth-Charlotte Pelletier "Moi je suis du temps du tango". Il parle de son enfance bordelaise, tout en marchant dans Bordeaux. En commentaire, il signale "Il y avait dans une courte rue perpendiculaire au cours de l’Intendance, lieu de promenade, de rendez-vous de rencontres, des étudiants et des étudiantes, lorsque les 6 heures du soir avaient gravement sonnées, à la cathédrale Saint-André, il y avait dis-je rue Franklin, un lieu qui m’attirait, qui me fascinait. C’était le Trianon-Théâtre. C’était un très joli théâtre à l’italienne. C’est aujourd’hui un cinéma, spécialisé peut-être dans les films de catégories X, je ne sais pas, nous verrons bien…". Et l’on voit Jean-Roger Caussimon hausser les bras, devant ce lieu, en l’an 1978 – voir photo -. Caussimon reprend sa quête nostalgique, en évoquant ses souvenirs. A l’âge de 16 ans, il y avait une pièce toutes les semaines. Le directeur en était Kléber Harpain qui fut son professeur au conservatoire, et l’engagea finalement à l’année. Il cite alors "ses amours de fantômes de comédiens", Jean Marchat, Jacques Baumer, Marguerite Moreno, Marcelle Géniat, Henri Bosc…. Ce lieu chargé d’histoire, est désormais porte close. Quels qu’en soient les responsables ou les fautifs, on ne peut que s’en navrer….
Jean-Roger Caussimon visitant le "Trianon-Théâtre"
J’espère que le titre de cette notule ne fut pas pour vous une source de fausse joie, car il concernait bien la fermeture du "Vigo", et non de ce blog, c’est en fait pour moi l’occasion d’un re-départ. Je reprends ce blog, après voir annoncé mon retour il y a peu. Mais une mauvaise convergence entre un nouveau "tripalium" dans une société qui cadrerait parfaitement au film "J’ai mal au travail" et un ordinateur moribond, n’a pas arrangé grands choses. Pour plus de "lisibilité", je cite le très remarquable "Le petit livre du français correct" de Jean-Joseph Julaud, "travail" vient du latin "tripalium" qui désigne un instrument formé de trois pieux (tri-pal). Cet instrument était destiné à immobiliser un animal (….) l’imagination des hommes étant sans limites lorsqu’il s’agit de faire souffrir leurs semblables, le travail fut aussi utilisé pour la torture. Il prit alors le sens de "souffrance". Mais se plaindre alors que l’on a du travail, c’est un tantinet indécent en ce moment, non ? J’ai aussi changé de PC et je suis donc passé d’une charrette à bras à un TGV, je reprends du service, quelques hommages végétant dans les brouillons, et un logiciel de capture me permettra de nouvelles rubriques. P.S. : Bonne année quand même !
26 novembre 2008
ENCYCLOPÉDIE CINÉROTICA
Michel Ciment se plaignait dans l'éditorial de Positif d'octobre dernier, de l'hommage de la Cinémathèque fait à Jésus Franco, démontrant qu'il fallait installer une échelle de valeurs. Il ironise sur Max Pécas ne pouvant prétendre à être reconnu sérieusement dans l'avenir, selon lui on n'y devrait ne saluer que des grands maîtres. Une réponse involontaire est faite par Christophe Bier, avec la sortie au début de ce mois du second numéro de la revue pour lequel il est rédacteur en chef "Cinérotica". On connaît l'amour pour les cinémas de la marge de ce chroniqueur sur France Culture dans l'émission "Mauvais genre" - des "nains au cinéma" aux films de la firme d'Eurociné -. Comme disait Jean-Luc Godard, c'est "La marge qui tient le cahier". Ce mensuel fait donc suite à son livre paru en 2000 "Censure-moi - Histoire du classement X en France - "Collection "L'esprit frappeur", 2000 -. Il nous rappelait les agissements du comité de censure - et ses commentaires ! -, et qu'entre "La religieuse" (Jacques Rivette, 1966) à "Baise-moi" (2000), "depuis 25 ans, la loi X ne se contente pas de "protéger" les mineurs : elle pénalise très lourdement ceux qui fabriquent, produisent et émettent des images interdites. Du coup, tout un genre cinématographique a disparu". Un évènement, car avec une équipe de rédacteurs érudits - Jacques Zimmer, Richaud d'Ombasle, Edgard Baltzer, François Cognard, etc... -, il nous livre une somme consacrée, sous la forme de 24 fascicules - 1 par mois - à un panorama de l'érotisme à la pornographie dans le cinéma français. Chaque numéro comporte un dossier, par exemple le premier sur le cinéma des années 30 - on découvre au final qu'il est assez déluré, sans l'équivalant du Code Hays américain - et "Les pornos primitifs 1900-1950", et le deuxième sur le cinéma des années 50 - Dany Carrel, Françoise Arnoul dont le parcours est encadré par deux nudités de "L'épave" (1950) à "Post-coïtum, animal triste" (1996), Martine Carol et bien sûr Brigitte Bardot. On s'amusera à l'évoquation de l'ineffable Nadine Tallier fouettée par Juliette Gréco dans "L'homme et l'enfant" (Raoul André, 1958) . L'iconographie est remarquable, et aguicheuse. Il convient de saluer son grand oeuvre "Le dictionnaire du cinéma érotique et pornographique français des longs métrages en 16 et 35 mm" - dix ans de travail ! - proposé en 24 fois dans un cahier central. Soit plus de 1000 pages recensant plus de 1700 titres - les films référencés sont ceux uniquement présentés en salle, on ne retrouvera donc pas ceux diffusés en vidéo et à la télévision -, d'"A bout de sexe" à... "Zob, zob, zob" ! - il conviendra d'attendre presque deux ans pour lire cette dernière note. Des "auteurs" y sont salués de José Benazeraf, Jean-Pierre Bouyxou, Alain Payet, Jean-Daniel Cadinot pour le porno gay, etc... On se régale déjà aux deux premiers morceaux de cette encyclopédie. C'est une mine d'informations avec des génériques les plus complets possibles - ce qui est remarquable pour le cinéma pornographique dans la jungle des pseudos -, des résumés, des avis critiques, des notes informatives, des dates de sorties avec les salles d'exclusivité, des titres alternatifs - étrangers, vidéos,et même ceux refusés par la censure -... Le tout est très riche en anecdotes, citons Georges Séguy, en meeting pour la "vie ouvrière" qui se retrouve involontairement dans "Adolescente pervertie" (José Benazeraf, 1978).... On retrouve aussi bien quelques réjouissances du genre aux titres incroyables - comme "L'aubergine est bien farcie" (sic) -; mais aussi des grands classiques - L'âge d'or" de Luis Buñuel, "Les amants" de Louis Malle -. Mais on retrouve aussi quelques films mineurs comportant quelques polissonneries - "Ah ! les belles bacchantes" (Jean Loubignac, 1954), qui vient d'être rediffusé sur France 3 - "Adam est... Ève" (René Gaveau, 1953) avec Jean Carmet, et également des films bien oubliés des dictionnaires comme le franco-luxembourgeois "L'amour, oui ! mais..." (Philippe Schneider, 1969), avec Roland Lesaffre et Sabine Sun. On retrouve aussi des commentaires complets, qui vont faire le regal de ceux qui s'amusaient à lire les comptes rendus des films pornographiques dans "La saison cinématographique" de films pornos aux traditionnels, sans hiérarchie, n'en déplaise à Michel Ciment. Le projet est déjà salué avec ferveur par Charles Tatum, et son excellent blog Le vieux monde qui bouge, Christophe Lemaire dans le numéro 11 de Brazil nouvelle formule, par Bernard Joubert dans "Sinéhebdo" qui s'amuse de ces "censeurs qui se sont tapés 1700 films de cul !". Souhaitons bon vent à cette entreprise salutaire, passionnée et émoustillante ! On peut signaler aussi des petits spots de pub désopilants sur Youtube 1, Youtube 2 - avec Christian Chauvaud, acteur fétiche de l'univers de Jean-Pierre Mocky - et Youtube3 notamment. Christophe nous signale que sa revue est disponible dans certaines librairies comme celle de la "Cinémathèque de Paris", "Le Regard Moderne", rue Gît le Coeur et la librairie de cinéma rue Monsieur le Prince (Paris).Vous pouvez également visiter le site officiel Cinérotica.fr. qui propose de larges extraits de la revue en format PDF et même des VOD - des codes sont disponibles pour les lecteurs pour les retrouver -. Indispensable ! Dans cet ordre d'idée signalons aussi l'excellent livre d'Herbert P. Mathese - aussi collaborateur de la revue - consacré à José Benazeraf "La caméra irréductible" (Éditions Clairac, 2007).
16 octobre 2008
MORT DE ROGER RUDEL
Capture d'écran de Roger Rudel dans "Le boucher"
Annonce de la mort de Roger Rudel en juillet dans l'excellent "Blog sur le doublage" qui lui rende un hommage et relate son parcours. C'est l'une des meilleures voix, immédiatement identifiable. De Kirk Douglas, Vittorio Gassman, Richard Widmark, Ross Martin ("Les mystères de l'Ouest"), etc... On l'a peu vu comme comédien ce qui est assez dommage. On retiendra son rôle de commissaire dans "Le boucher" de Claude Chabrol qui l'appréciait beaucoup. Il confia à François Guérif dans le livre "Conversations avec Claude Chabrol - Un jardin bien à moi" : "...Je l'avais déjà utilisé dans le premier Tigre, et il m'avait fait savoir qu'il aimerait bien tourner à nouveau avec moi. J'avais un peu l'impression d'avoir Kirk Douglas sur le plateau, ou Henri Fonda. Ce n'était pas désagréable". On retiendra aussi pour le petit écran, son interprétation de l'inspecteur obstiné dans "L'abonné de la ligne U" - excellent feuilleton sorti en DVD chez "Koba films", adapté de l'oeuvre de Claude Aveline -. A partir de 1973, il devait surtout se consacrer à son activité de directeur artistique de la "Société Parisienne de Sonorisation" - SPS - qui participa à de nombreux doublages de films.
Capture d'écran de Roger Rudel dans "L'abonné de la ligne U"
Filmographie : 1945 Étrange destin (Louis Cuny) - 1947 Le silence de la mer (Jean-Pierre Melville) - 1953 Les révoltés du Lomanach (Richard Pottier) - 1959 Le pain des Jules (Jacques Séverac) - 1960 À toute heure en toute saison (Roger Fellous & Charley Manson, CM) - La dragée haute (Jean Kerchner) - Fortunat (Alex Joffé) - 1962 Douce violence (Max Pécas) - Les bonnes causes (Christian -Jaque) - 1963 La corde au cou (Joseph Lisbona) - 1964 Le tigre aime la chair fraîche (Claude Chabrol) - 1965 Nick Carter et le trèfle rouge (Jean-Paul Savignac) - Du rififi à Paname (Denis de La Patellière) - 1966 Nathalie (Anne Dastrée, CM) - ...Jusqu'au soir ou la ligne du jour... (Tewfik Farès, CM) - Martin soldat (Michel Deville) - 1969 Le boucher (Claude Chabrol). Télévision (notamment) : 1962 Le théâtre de la jeunesse : L'auberge de l'ange gardien (Marcel Cravenne) - 1963 Le théâtre de la jeunesse : Le général Dourakine (Yves-André Hubert) - 1964 L'abonné de la ligne U (Yannick Andréi) - 1966 L'échantillon (Jean Kerchbron) - 1967 En votre âme et conscience : L'affaire Francey (Claude Dagues) - Les enquêtes du commissaire Maigret : Cécile est morte (Claude Barma) - 1968 L'homme de l'ombre : Le condamné à mort (Guy Jorré) - 1970 Maurin des Maures (Claude Dagues) - 1971 Arsène Lupin : L'arrestation d'Arsène Lupin (Jean-Pierre Decourt) - Aux frontières du possible (Victor Vicas & Claude Boissol, saison 1) - 1973 Graine d'ortie (Yves Allégret). Voxographie (succincte) : 1954 Du rififi chez les hommes (Jules Dassin, voix française de Carl Möhner) - 1960 Le capitaine Fracasse (Pierre Gaspard-Huit, voix française de Riccardo Garrone) - 1961 Auguste (Pierre Chevalier) - 1964 Merveilleuse Angélique (Bernard Borderie, voix française de Gino Marturano) - 1967 L'homme à la Buick (Gilles Grangier Grangier) - 1971 L’aventure, c’est l’aventure (Claude Lelouch) - 1977 Cinémania (Gérard Devillers, CM, voix du récitant) - 2003 La classe américaine - Le grand détournement (Michel Hazanavicius & Dominique Mezerette, TV).
15 octobre 2008
MORT DE MICHEL MODO
Michel Modo dans le documentaire "La saga des gendarmes" (2005)
"Le coin du cinéphage" n'est pas en berne, mais souffre d'une crise de tripalium délirant - en fait une nouvelle réorientation professionnelle chronophage tendance père Ubu -. Vous n'êtes pas encore débarrassés de lui et un hommage sur Paul Newman attend d'être finalisé dans les brouillons, ainsi que ceux de Guillaume Depardieu et Roger Rudel. Mais je ne pourrai pas en traiter d'autres tel Alain Levent, Ken Ogata, Françoise Seigner ou Anita Page... On est également prié de ne point se servir dans ces notules, même si ce lieu est autoproclamé foutraque, ce n'est pas un libre-service... Je n'hésiterai donc pas à contacter les organismes concernés s'il y a des abus. Je répondrai dès que possible à ceux qui m'ont contacté dans les commentaires ou par mail...
Annonce de la mort de Michel Modo, le 24 septembre dernier, date exacte confirmée par le site "Les gens du cinéma", à l'âge de 71 ans. Souvent en tandem avec Guy Grosso - voir l'hommage d'Yvan Foucart dans "Les gens du cinéma". - il était l'un des partenaires préférés de Louis de Funès, qui le choisit pour jouer le Maréchal des Logis Berlicot, dans la "saga" des gendarmes. Il retrouvera de Funès avec son compère Grosso, pour "Le grand restaurant" (1966) en serveur délateur, "fayot" et obséquieux, et dans "L'avare" où il joue "La Merluche". Ces dernières années, il témoignera longuement sur cette collaboration dans des documentaires TV et des bonus DVD. Dans "La grande vadrouille" il est un halluciné soldat allemand qui louche et de ce fait tire à la mitraillette absolument à côté. Ce rôle fut tellement mémorable, qu'il récidivera dans un ahurissant nanar franco-italien, "La grosse pagaille" aux côtés de Francis Blanche et dans "On a retrouvé la septième compagnie" (1975), où il aura cette réplique culte qui restera dans la cour des écoles, "Restez groupir". Il fait souvent cavalier seul, citons le facteur circonspect devant les questions de Jean-Claude Brialy dans "Carambolages" (1963). On le retrouve également souvent à la télévision, notamment dans des fictions américaines tournées en France - il semble avoir participé à un épisode de "Dallas". Il est aussi Zanzi, le propriétaire du bar Zanzibar, lieu où Jacques Frantz, qui campe un policier, installe son bureau dans un village de la Drôme dans l'éphémère serie TV "Mélissol" (1999). On le revit dernièrement au cinéma en homme à tout faire dans "Bimboland" (1997) et en cafetier homosexuel, amour de jeunesse d'un fantôme dans "Poltergay" (2005). Il est aussi l'un des acteurs fétiches de Jean-Christophe Averty (Les raisins verts, Si le coeur vous en dit, Au risque de vous plaire, Comix club, Grand Public, Passing show, La vie rêve de Vincent Scotto, Le péril bleu, Al Jolson, etc...). Il avait également une importante activité dans le doublage - "Les Simpson" notamment. Auteur de sketches - plus d'une centaine avec Guy Grosso, mais aussi pour Jean-Pierre Foucault à la radio -de pièces, de scénarios et de chansons - "J'ai vu" pour Henri Salvador, dernièrement -, il avait un réel talent d'écriture. Il fut même gagman sur "Le corniaud" et "La grande vadrouille". Vous pouvez retrouver plus d'informations sur lui sur le site "autour de Louis de Funès"
Filmographie : 1958 Le petit prof' (Carlo Rim) - 1961 Tout l'or du monde (René Clair) - La belle américaine (Robert Dhéry & Pierre Tchernia) - 1962 Kriss Romani (Jean Schmidt) - 1963 Bébert et l'omnibus (Yves Robert) - Carambolages (Marcel Bluwal) - Bébert et l'omnibus (Yves Robert) - 1964 Et si c'était une sirène (Jean Schmidt, CM) - La cloche (Jean L'Hôte, CM) - 1964 Le gendarme de Saint-Tropez (Jean Girault) - Les gorilles (Jean Girault) - Le corniaud (Gérard Oury) - 1965 La tête du client (Jacques Poitrenaud) - Pleins feux sur Stanislas (Jean-Charles Dudrumet) - Le gendarme à New York (Jean Girault) - 1966 Le grand restaurant (Jacques Besnard) - La grande vadrouille (Gérard Oury) - Un homme de trop (Costa-Gavras) - 1967 La feldmarescialla (La grosse pagaille) (Steno) - 1968 Le gendarme se marie (Jean Girault) - 1970 Le gendarme en balade (Jean Girault) - Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques (Michel Audiard) - 1973 L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise (Nina Companeez) - 1974 Opération Lady Marlène (Robert Lamoureux) - 1975 On a retrouvé la 7ème compagnie (Robert Lamoureux) - 1977 Le mille-pattes fait des claquettes (Jean Girault) - Monsieur Marcel Marius / Arrête ton cinéma (Richard Guillon, inédit en salles) - 1978 Les bidasses au pensionnat (Michel Vocoret) - Liebesgrusse au der Lederhose 5. Teil : Die bruchpiloten vom königssee (Gunter Otto) - Le gendarme et les extra-terrestres (Jean Girault) - 1979 Nous maigrirons ensemble (Michel Vocoret) - L'avare (Jean Girault & Louis de Funès) - 1981 Pétrole ! Pétrole ! (Christian Gion) - Le jour se lève et les conneries commencent (Claude Mulot) - Les bidasses aux grandes manoeuvres (Raphaël Delpard) - Si ma gueule vous plaît (Michel Caputo) - 1982 Le gendarme et les gendarmettes (Jean Girault & Tony Aboyantz) - Le braconnier de Dieu (Jean-Pierre Darras) - 1983 Les planqués du régiment (Michel Caputo) - 1985 L'exécutrice (Michel Caputo) - 1989 La gloire de mon père (Yves Robert) - Le château de ma mère (Yves Robert) - 1992 Jour de fauche (Vincent Monnet, CM) - Pétain (Jean Marboeuf) - 1995 Quand je serai grand, mon père il sera policier (Vincent Monnet, CM) - 1996 Sa femme et moi (Olivier Pouteau, CM) - 1997 Bimboland (Ariel Zeïtoun) - 2004 Mauvais graine (Blanquet & Olive, CM) - 2005 Poltergay (Eric Lavaine). Voxographie succincte : 1975 La flûte à six Schtroumps (Peyo, Yvan Delporte & Eddy Lateste) - 1977 Les fabuleuses aventures du légendaire Baron de Münchausen (Jean Image) - 1993 Don Bluth's thumbelina (Poucelina) (Don Bluth & Gary Goldman, animation, version française) - 2004 Mauvaise graine (Blanquet & Oliver, CM) - 2006 The Simpsons movie (Les Simpson - Le film) (David Silverman, animation, version française).
Télévision (notamment) : 1964 Le tapir amoureux (François Gir) - 1966 Gerfaut (François Gir), 1969 Songe d'une nuit d'été (Jean-Christophe Avery) - 1970 Alice au pays des merveilles (Jean-Christophe Averty) - 1971 Au théâtre ce soir : Herminie (Pierre Sabbagh) - 1973 Le vie rêvée de Vincent Scotto (Jean-Christophe Averty) - Les cinq dernières minutes : Un gros pépin dans le Chasselas (Claude-Jean Bonnardot) - Musidora (Jean-Christophe Averty) - 1974 Le vagabond (Claude-Jean Bonnardot) - 1975 Le péril bleu (Jean-Christophe Averty) - 1976 Les samedis de l'Histoire : La banqueroute de Law (Jean-François Delassus) - 1977 L'inspecteur mène l'enquête : Les adorateurs du cosmos (Jean-Pierre Barizien) - Commissaire Moulin : Cent mille soleils (Claude-Jean Bonnardot) - Impressions d'Afrique (Jean-Christophe Averty) - Lazare Carnot ou les jupons de la Révolution (Jean-François Delassus) - 1978 Au théâtre ce soir : Nuit folle (Pierre Sabbagh) - Pourquoi tuer pépé (Edmond Tiborowsky) - Au théâtre ce soir : Les coucous (Pierre Sabbagh, + pièce) - 1980 C'est pas Dieu possible (Edmond Tyborowsky) - 1982 L'honneur de Barberine (Edmond Tiborowsky) - 1986 Monte-Carlo (Id) (Anthony Page) - 1987 French in action : Leçon 2 (Pierre J. Capretz) - Les cinq dernières minutes : Claire obscure (Franck Apprederis) - 1988 Hemingway (Bernhard Sinkel) - 1989 A tale of two cities (Un comte de deux villes) (Philippe Monnier) - 1992 Bienvenue à Bellefontaine (Gérard Louvin) - Taxi girl (Jean-Dominique de la Rochefoucauld) - 1994/1997 Highlander (13 épisodes) - 1998 Mélissol : Lynchage (Jean-Pierre Igoux) - Mélissol : Un braquage de trop (Jean-Pierre Igoux) - Mélissol : Le nettoyeur (Jean-Pierre Igoux) - 1999 Mélissol : Paranoïa (Jean-Pierre Igoux) - 2000 Relic hunter (Sydney Fox l'aventurière) : Love letter (Jean-Pierre Prévost) - 2001 L'impasse du cachalot (Élisabeth Rappeneau) - 2003 Lagardère (Henri Hellman) - 2004 Maigret et le clochard (Laurent Heynemann) - 2005 Plus belle la vie (plusieurs épisodes) - S.O.S. 18 : Chienne de vie (Bruno Garcia) - 2006 Beau masque (Peter Kassovitz) - 2007 Central nuit : Une affaire d'honneur (Olivier Barma) - Rendez-moi justice (Denys Granier-Deferre). Scénariste : 1967 Le petit baigneur (Robert Dhéry, dialogues) - 1972 Allô ! Juliette (Jacques Pierre, TV) - Trop jolies pour être honnêtes (Richard Balducci, dialogues) - 1973 La grande nouba (Christian Caza) - 1992 Taxi girl (Jean-Dominique de la Rochefoucauld) - 1999 Mélissol : La maison sans toit (Jean-Pierre Igoux, TV).
Un grand merci à Cécile, pour ses captures d'écran.
01 septembre 2008
LE JEAN-VIGO DE BORDEAUX EN SURSIS ?
A l’heure où la ville de Bordeaux est candidate à grands bruits pour être désignée par un jury pour devenir la capitale européenne de la culture, on peut être chagriné de voir que le cinéma Jean Vigo n’a pas réouvert ses portes depuis fin juillet. Ce cinéma se trouvant dans une petite rue, en face d’un centre commercial des quinconces, fait pourtant le régal des cinéphiles, de par sa programmation, ses cycles, ses manifestations – "Cinésites", des films en plein air sur la France entière -. La raison de l’absence de la rituelle réouverture est évoquée dans le journal "Sud-Ouest" du 29 septembre dernier par Christophe Loubes, qui précise qu'il ne devrait pas "rouvrir jusqu’à nouvel ordre" : "...Dans un communiqué publié hier, l’équipe du cinéma d’art et d’essai bordelais se dit « contrainte de prolonger (sa) fermeture estivale » dans l’attente d’une réponse de la mairie sur le montant d’une dotation qu’elle recevait chaque année. Cette aide, versée en plus d’une subvention annuelle de 250 000 euros, permet au Jean Vigo de payer le loger du Trianon, occupé depuis les années 70, les factures de gaz, l’électricité et les salaires des employés. Dominique Ducassou, adjoint à la culture, assure qu’elle sera versée en 2008. Or, au cinéma, on dit n’avoir reçu aucun courrier à ce sujet. « Ridiculement faible ». Dominique Ducassou est en revanche plus réservé sur le soutien municipal dans les années qui viennent : « Le Jean Vigo n’est plus seul à proposer des films d’art et essai. L’Utopia, le Mégarama ou des cinémas de communes périphériques ont provoqué une dispersion du public. Du coup sa fréquentation est devenue ridiculement faible. D’autre part, la donne a changé depuis qu’Alain Marty n’est plus directeur et nous voulons maintenant connaître le projet du centre Jean-Vigo pour l’avenir avant de nous engager. N’oublions pas qu’il s’agit d’une société de droit privée… ». À l’activité comparable, pourquoi soutenir un cinéma plus que les autres ? – à titre de comparaison, l’aide que perçoit l’Utopia avoisine les 3000 euros pour cinq ans -. C’est la question que soulève Dominique Ducassou. L’élu maintient toutefois le partenariat engagé pour le futur festival Cinéma-Science (…) ou les cinésites. Cette opération se poursuit d’ailleurs en septembre avec cinq dates décentralisées. Reste à savoir si, comme on commence à le chuchoter, Alain Marty cherche à passer en force à quatre jours de la venue de la délégation pour l’attribution du titre de capitale européenne de la culture. Celui qui est toujours président de l’association qui gère le Jean-Vigo était injoignable hier et n’a pas pu répondre notamment à cette question ». S’il est difficile au final de se faire une opinion, il est dommage que ce cinéma ne perdure pas dans le paysage culturel bordelais, sa programmation complétant des sites comme l’Utopia et l’UGC – à la programmation pointue -, il avait programmé par exemple le dernier film de Jacques Doillon -. Pour avoir un attachement sentimental dans ce cinéma pour des raisons personnelles – avec la vision de West Side Story avec celle qui occupe mes pensées -, et pour avoir vu quelques films souvent mal distribués ou quelques classiques, je ne peux que déplorer une situation inquiétante à surveiller donc, un cinéma de qualité qui ferme est toujours un drame. Ce cinéma a un site officiel à visiter ici.
28 août 2008
MORT DE FRANCIS LACASSIN
Le temps me manquant pour traiter des disparus récents – au grand dam d’un commentateur récent je présume, voir les commentaires sur Pierre Mirat – étant en train de répéter un remake de Kafka au bureau -, je choisis de rendre plus particulièrement hommage à Francis Lacassin. Gérard Lenne dans "La critique du cinéma en France" (Ramsay cinéma, 1997) disait à son sujet "…Combien de héros modernes qui ne nous seraient pas aussi familiers s’ils ne nous avaient été fraternellement et chaleureusement présentés par cet entremetteur infatigable et toujours sur la brèche". Ce natif d’Alès, fit des études de droit, d’histoire du Moyen-âge, de psychopathologie, de psychologie de la vie sociale, et de médecine. S’il fit énormément pour le roman populaire – Fantômas, Maigret, Nestor Burma - et la bande dessinée, il a redonné ses lettres de noblesses aux films muets de divertissement. Il fit une rencontre déterminante avec le réalisateur Henri Fescourt. Dans l’un de ses ouvrages le formidable "Pour une contre-histoire du cinéma" (Institut Lumières, Actes Sud, 1994, première édition en 1972), il parlait de lui ainsi "…mais il continue d’inspirer l’étrange entreprise de réhabilitation que je me suis imposée : elle tient à la fois de l’enquête policière, de la fouille archéologique et du travail de fourmi". Cet ouvrage nous permet de nous familiariser avec Louis Feuillade, Victorin Jasset, Musidora, Alice Guy, Joël Hamman – pionnier du western… français -, Gaston Modot – remarquable parcours dans le muet aussi pour ce grand acteur -, Robert Florey ou Yvette Andréyor. De la très riche liste de livres qu’il a signé on retiendra les récents "Louis Feuillade, maître des lions et des vampires" (Pierre Bordas et fils, 1995), "La légende de Tarzan" (2000) et "Alfred Machin de la jungle à l’écran" (2001) chez l’éditeur - hélas disparu - Dreamland, "A la recherche de Jean Daurand "(Association française de recherche sur l’histoire du cinéma, 2004) et ses "Mémoires" (Éditions du Rocher, 2006). Il avait participé à la célèbre Anthologie du cinéma français éditée par "L’avant scène", Henri Fescourt – avec Claude Beylie, 1967, Alfred Machin, 1968, Musidora, 1970, et participa à de nombreuses revues voir sa page dans le site Calindex. Pour le cinéma, il a réalisé des courts-métrages, "Prière pour Robinson" - coréalisé par Raymond Bellour – et "Mon ami Mandrin" (1960), "Satan, mon prochain" – coréalisé avec Raymond Bellour – (1961), "L’histoire de Jeanne" (1962), participer à la production de "Le cercle des passions" (Claude d’Anna, 1982) et "Partenaires" (Claude d’Anna, 1984) et fit une apparition dans le formidable "Je t’aime, je t’aime" (Alain Resnais, 1967). Il fut un scénariste inspiré pour "Judex" (1963), signé Georges Franju qui nous console que ce dernier ne pût jamais adapter "Fantômas", pour la formidable série Tribunal de l’impossible – diffusée il y a quelques années sur CinéCinéma, qui mériterait une édition DVD – avec "Le voleur de cerveau" (Alain Boudet, 1968) et "Les rencontres du Trianon ou la dernière rose" (Roger Kane). Il adaptât également deux "Maigret" version Jean Richard "Maigret et le témoignage de l’enfant de chœur" (Michel Subiela, 1988) et "Tempêtes sur la Manche" (Édouard Logereau, 1989). Son éclectisme et sa fougue à défendre des œuvres souvent mésestimées vont nous faire cruellement défaut avec son départ.
ARTICLE : LE MONDE
Francis Lacassin, par Patrick Kéchichian
LE MONDE | 16.08.08 |
La mort de Francis Lacassin, mardi 12 août à Paris, à l'âge de 76 ans, des suites d'une intervention chirurgicale, met fin à une aventure intellectuelle et éditoriale d'une exceptionnelle richesse. Curieusement, mais d'une manière somme toute assez conforme à la personnalité de Lacassin, les Mémoires qu'il publia en 2006 (Sur les chemins qui marchent, éd. du Rocher) ne donnent que fort peu de renseignements d'ordre biographique. Le sentiment que l'on tire de cette lecture - un second volume était prévu - est que l'auteur avait trop d'histoires à raconter, et qu'il y prenait un tel plaisir que le temps lui manquait pour s'attarder sur lui-même. Il faut donc se contenter de quelques renseignements biographiques lacunaires, parfois incertains : naissance en 1931 à Saint-Jean-de-Valériscle, ville minière près d'Alès dans le Gard. Parents modestes qui tiennent une épicerie-bazar. "Une image m'a marqué. Tous les jours, après quatre heures, surgissait dans le village une horde de mineurs tout noirs à bicyclette. Cette vision d'hommes noirs m'a poussé vers le fantastique." ("Le Monde des livres" du 3 novembre 2006). A 5 ans, il apprend à lire dans Le Journal de Mickey. Deux ans plus tard, il découvre la science-fiction. Etudes de lettres et de droit, semble-t-il, à Montpellier. En 1959, une crue du Gard noiera sa collection de bandes dessinées. C'est au début des années 1960 que Francis Lacassin commence véritablement sa carrière dans ce qu'on nomme la littérature populaire. Mais il conteste cette hiérarchie : "J'aime autant Le Mystérieux docteur Cornélius, de Gustave Lerouge (l'un de ses auteurs fétiches) qu'A la recherche du temps perdu. Il ne faut pas établir d'échelles de valeur entre la "grande" et la "petite" littérature. Les classements sont faits pour les bibliothécaires." En 1961, il crée le Club des bandes dessinées ; il en est le président, Alain Resnais le vice-président. Parmi les membres de cette confrérie, qui oeuvre en faveur du "neuvième art" (il inventa, dit-on, l'expression), on compte Edgar Morin et Delphine Seyrig. Un bulletin est même créé, Giff-Wiff, auquel Umberto Eco collabora (à propos de "Superman et la dissolution du temps"). Après Mai 68, les dessinateurs de BD, inspirés de l'underground américain, adoptent, à son grand regret, un "style sexualo-socio-écologique" qu'il juge trop uniforme. 1958 : Lacassin fait la connaissance de Boileau et Narcejac : initiation à Simenon, et à toute la littérature policière. En 1963, il est le scénariste de Georges Franju pour Judex. A la même époque, Lacassin rencontre Jean-Jacques Pauvert, qui édite la fameuse mais encore confidentielle revue Bizarre. Grande admiration. Un numéro sur Tarzan fera date. C'est le début de sa grande aventure éditoriale, doublée d'une intense activité journalistique. Eric Losfeld, puis Christian Bourgois (pour la collection "10/18", de 1971 à 1990) et Guy Schoeller (pour "Bouquins", de 1982 à 2000) sauront reconnaître en lui un formidable défricheur (et déchiffreur) à la curiosité insatiable. Il est impossible de citer toutes les éditions qu'il dirigea, et les centaines de préfaces, notices, bibliographies, chronologies... dont il accompagna les volumes publiés sous sa direction. Il y a bien sûr Jack London, découvert au début de la guerre "grâce à un cousin anarchiste, en édition non expurgée", d'abord publié intégralement en 10/18 puis en sept volumes chez "Bouquins". Il y eut aussi Marcel Allain (Fantomas), Léo Malet, Kipling, Stevenson, Paul Féval, Gustave Le Rouge, Edgar Rice Burroughs, Jean Ray... pour ne citer que les plus célèbres. L'idée est de publier autant que possible des "intégrales" : "Il faut tout donner et laisser le tri au lecteur." Ce principe, il l'appliquera aussi pour les Mémoires de Casanova - trois volumes chez "Bouquins", sur les deux cents qu'il publiera dans la collection. Comme pour London, il part sur les traces du mémorialiste, et déniche à Prague de nombreuses pages inédites... Dernier volume qu'il dirigea en 2008 : Les Enquêtes du Père Brown, de Chesterton (Omnibus). Il faudrait aussi parler du cinéma. Là aussi, Lacassin emprunta des chemins de traverse, toujours avec un esprit à la fois méthodique et encyclopédique. En témoigne son livre - parmi les nombreux qu'il publia - Pour une contre-histoire du cinéma, en 1972. Il faudrait encore citer son activité de recherche : un colloque mémorable à Cerisy en 1967 sur le thème "Littérature et paralittérature" (Plon, 1970) ; un cours à la Sorbonne à partir de 1971 sur "Histoire et esthétique de la bande dessinée"... En 1997, il décide de confier à l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine (IMEC) l'ensemble de ses archives et sa bibliothèque : quelque 35 000 volumes, 15 000 journaux et revues, plus d'une centaine de boîtes d'archives, manuscrits, correspondances... Olivier Corpet, directeur de l'IMEC, évoque un homme "de retrait, sinon de secret", soucieux sans doute de "protéger son temps et son indépendance de travail".
1931 Naissance dans le Gard 1962 Crée le Club des dessinateurs 1971 Début de sa collaboration à la collection "10/18" 1981-2000 : Collabore à la collection "Bouquins" 2006 : Publication de ses Mémoires 12 août 2008 : Mort à Paris
26 août 2008
MORT DE PIERRE MIRAT
Pierre Mirat dans "La ligne de démarcation", épisode "Erre Toranea" diffusé en 1973
Annonce de la mort de Pierre Mirat, le 16 juillet dernier à l’âge de 84 ans par "Les gens du cinéma". Evidemment on se souvient tous de la publicité pour les condiments de Gilbert Ducros – décédé l’an dernier - et son fameux "A quoi ça sert que Ducros y se décarcasse ?", mais c’est un peu l’arbre qui cache la forêt pour le parcours de ce sympathique comédien. On retiendra le cafetier qui débouche une bonne bouteille de Bordeaux dans "Paris brûle-t-il ?" (1965) pour Anthony Perkins qui meurt sous une bombe devant lui. Il est un truculent épicier, marchand d’essence et de boissons au Sahara dans "Cent mille dollars au soleil" (1964). Mais on le retrouve surtout sur un mode comique. Malgré son infirmité, on le surnomme "Le sourdingue" il a toujours une oreille qui traîne. Ses fâcheuses habitudes vont permettre à Jean-Paul Belmondo de le manipuler afin de mettre des bâtons dans les roues à Lino Ventura. Il s’en suit une destruction homérique de son établissement, dépité il finira par conclure quand ces agresseurs disparaissent par le audiardesque "Vous n’êtes pas des amusants !". Il est un prêtre résistant prêtant un vélo à Alain Doutey dans "Mais où est donc passée la septième compagnie" (1973). L’engin s’avérant sans frein, il lui conseille donc de prier dans les descentes ! On le retrouvait très souvent à la télévision, citons l’épisode de "La ligne de démarcation" (1973) - voir photo ci-dessus – où il compose un boulanger malin qui va berner les Allemands alors qu’il est passeur, habitant la ville d’Arnéguy se trouvant sur la fameuse ligne. On passera cependant gentiment sur son accent basque assez aproximatif. Cette rondeur, souvent dans des rôles d’habitants du Sud de la France ou de commerçants aimables était une des figures les plus plaisantes du cinéma français. De retour de vacances et devant disposer d’un nouvel emploi du temps, je ne pourrai pas évoquer les autres décès de cet été, mais je reviendrai sur la disparition de Francis Lacassin.
Photo source bernard-luc.com
Filmographie établie initialement pour « Les gens du cinéma », étable avec Armel de Lorme : 1956 Comme un cheveu sur la soupe (Maurice Régamey) - 1957 Méfiez vous fillettes (Yves Allégret) - Miss Pigale (Maurice Cam) - À pied, à cheval et en voiture (Maurice Delbez) - Charmants garçons (Henri Decoin) - Ni vu, ni connu / L’affaire Blaireau (Yves Robert) - Le Gorille vous salue bien (Bernard Borderie) - Deuxième bureau contre inconnu (Jean Stelli) - 1958 La chatte (Henri Decoin) - La tête contre les murs (Georges Franju) - Les tripes au soleil (Claude Bernard-Aubert) - Messieurs les ronds de cuir (Henri Diamant-Berger) - 1959 125, rue Montmartre (Gilles Grangier) - Les canailles (Maurice Labro) - Heures chaudes (Louis Félix) - 1960 Le caïd (Bernard Borderie) - Les tortillards (Jean Bastia) - Fortunat (Alex Joffé) - Une aussi longue abscence (Henri Colpi) - Vacances en enfer (Jean kerchbron) - 1961 Cause toujours mon lapin (Guy Lefranc) - Un nommé La Rocca (Jean Becker) - Le Tracassin ou les plaisirs de la ville (Alex Joffé) - Cybèle ou les dimanches de Ville d’Avray (Serge Bourguignon) - Le triomphe de Michel Strogoff (Victor Tourjansky) - Les trois mousquetaires : Les ferrets de la reine (Bernard Borderie) - 1962 Du mouron pour les petits oiseaux (Marcel Carné) - Le temps des copains (Robert Guez) - Le glaive et la balance (André Cayatte) - 1963 Peau de banane (Marcel Ophuls) - Symphonie pour un massacre (Jacques Deray) - Cent mille dollars au soleil (Henri Verneuil) - La soupe aux poulets (Philippe Agostini) - La porteuse de pain (Maurice Cloche) - Behold a pale horse (Et vint le jour de la vengeance) (Fred Zinneman) - 1964 Thomas l’imposteur (Georges Franju) - Les combinards (Jean-Claude Roy) - 1965 Paris brûle-t’il ? (René Clément) - Un milliard dans un billard (Nicolas Gessner) - 1965 How to steal a million (Comment voler un million de dollars) (Wiliam Wyler) - L’homme à la Buick (Gilles Grangier) - 1968 Le tatoué (Denys de La Patellière) - 1969 Heureux qui comme Ulysse (Henri Colpi) - Et qu’ça saute ! (Guy Lefranc) - Mektoub (Ali Ghalem) - La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil / The lady in the car with glasses and a gun (Anatole Litvak) - 1972 La femme en bleu (Michel Deville) - La belle affaire (Jacques Besnard) - 1973 Le amorose notti di Ali Baba (Rêves lubriques) (Luigi Lattini de Marchio) - Mais où est donc passée la septième compagnie (Robert Lamoureux) - Un amour de pluie (Jean-Claude Brialy) - 1974 Les suspects (Michel Wyn) - Impossible… pas Français (Robert Lamoureux) - 1977 Ne me touchez pas… (Vidéo : Arrête ton cinéma) de Richard Guillon (inédit en salles) - 1979 Le pull-over rouge (Michel Drach) - 1980 Une merveilleuse journée (Claude Vital) - Fais gaffe à Lagaffe (Paul Boujenah) - Le village en folie / Un émir en Auvergne (Jean Lefait [Maxime Debest]) - Vacances déchaînées / Vacances insolites (Jean Lefait [Maxime Debest]) - 1981 Belles, blondes et bronzées (Max Pécas) - 1983 Les branchés de Saint-Tropez (Max Pécas) - 1988 Le dîner des bustes (Moïse Maatouk, CM) - 1996 Les petits pois (Bertrand Latouche, CM) - 1999 T’aime (Patrick Sébastien). Nota (Précisions d'Armel de Lorme) : Il ne figure pas dans Le guardian (Jean Marguenat, 1945), c'est une confusion avec l'acteur Pierre Murat, ni dans "Boulevard" (Julien Duvivier, 1960), erreur communément répandue, c'est un acteur qui lui ressemble qui joue le père de l'héroïne.
Voxographie succincte : 1981 Le secret des Sélénites (Jean Image, animation) - 1984 Astérix et la surprise (César de Gaëtan & Paul Brizzi, animation) - 1986 Astérix chez les Bretons (Pino Van Lamsweerde, animation).
Pierre Mirat dans "La ligne de démarcation", épisode "Erre Toranea"
Télévision : (notamment) : 1960 La grande Bretèche (Claude Barma) - Bastoche et Charles-Auguste (Bernard Hecht) - 1961 Le temps des copains (Robert Guez) - 1962 L’inspecteur Leclerc enquête : Les gangsters (Yannick Andréi) & Preuve à L’appui (Pierre Badel) - 1964 L’abonné de la ligne U (Yannick Andréi) - 1965 La misère et la gloire (Henri Spade) - 1966 Cécilia, médecin de campagne (André Michel) - 1967 L’affaire Lourdes (Marcel Bluwal) - Marion Delorme (Jean Kerchbron) - Au théâtre ce soir : Auguste (Pierre Sabbagh) - 1969 Fortune (Henri Colpi) - Les oiseaux rares (Jean Dewever) - 1970 Némo (Jean Bacqué) - Maurin des Maures (Jean Canolles & Claude Dagues) - 1971 Le voyageur des siècles : Le bonnetier de la rue Tripette (Jean Dréville) - Schulmeister, l’espion de l’Empereur : Les lys blancs (Jean-Pierre Decourt) - Au théâtre ce soir : Échec au meurtre (Pierre Sabbagh) - 1972 La tuile aux loups (Jacques Ertaud) - L’argent par les fenêtres (Philippe Joulia) - La vie et la passion de Dodin-Bouffant (Edmond Tyborowsky) - 1973 Les malheurs de la comtesse (Bernard Deflandre) - L’alphomega (Lazare Iglèsis) - La duchesse d’Avila (Philippe Ducrest) - La ligne de démarcation : Erre Torena (Jacques Ertaud) - Karatékas and Co : La nuit des parfaits (Edmond Tyborowky) - Drôle de graine (Henri Jouf) - 1974 Der klein docktor (Le petit docteur) : Die Notbremse (Wolfgang Becker) - Le charivari de Janjoie (Maurice Cloche) - Aufs Kreuz gelegt (Wolfgrand Petersen) - 1975 Le péril bleu (Jean-Christophe Averty) - Les Zingari (Robert Guez) - Au théâtre ce soir : Demandez Vicky (Pierre Sabbagh) - 1976 Les sangliers (Maurice Failevic) - 1977 Désiré Lafarge : Désiré Lafarge prend le train (Jean-Pierre Gallo) - Au théâtre ce soir : Monsieur Chasse (Pierre Sabbagh) - 1978 Pourquoi tuer le Pépé (Edmond Tyborowsky) - Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret et l’affaire Nahour (René Lucot) - 1980 Au théâtre ce soir : Peau de vache (Pierre Sabbagh) - La vie des autres : La part des ténèbres (Jean-Luc Moreau) - 1981 Novgorod (Armand Ridel) - Sans famille (Jacques Ertaud) - 1987 La calanque (Jean Canolle) - 1996 L’orange de Noël (Jean-Louis Lorenzi).
30 juillet 2008
MORT DE MARISA MERLINI
Annonce de la mort de Marisa Merlini, à l’âge de 84 ans le 17 juillet dernier. C’est une des figures les plus populaires du cinéma italien, née le 6 août 1923 à Rome. Son tempérament la prédisposait pour des comédies. Mariuccia Macaro, femme du très populaire comédien Erminio Macario remarque cette piquante brunette venant d’un milieu modeste. Elle devient une incarnation habituelle pour les italiens de la Romaine. Elle débute en 1941, à 18 ans au théâtre "Teatro Valle" aux côtés de Wanda Osiris. On la retrouve très vite au cinéma notamment chez Marcello Pagliero qui l’engage pour un des films les plus méconnus du néoréalisme "La nuit porte conseil" en 1949. Le cinéma se l’arrache, elle est la partenaire de prédilection de Totò pour 7 films, et elle devient l’amie d’Anna Magnani. On la retrouve souvent dans des rôles de soubrettes ou de femmes volontaires qui essaient de s’en sortir seule. Elle connaît une forte popularité avec son rôle de sage-femme dans "Pain, amour et fantaisie" et sa suite "Pain, amour et jalousie". Elle témoigne avec chaleur dans le DVD sorti en France du premier opus de cette célèbre trilogie dans "Pain amour et fantaisie, une incroyable histoire". Elle raconte que Otello Martelli, le chef opérateur du fim avait dit "La voilà ! La sage-femme vient d'arriver !", devant cette évidence, elle ne passa pas d'essais. Elle déclare aussi son admiration pour Vittorio de Sica, qui l'aimait beaucoup, il lui disait d'ailleurs dans les scènes de bicyclette : "Passe devant car tes fesses me bouleversent". Dans "Les monstres" (1963), chef d'oeuvre de Dino Risi, elle est la femme d'Ugo Tognazzi, témoin spontané dans un procès, déconsidéré par un avocat brillant joué par Vittorio Gassman. Il faut la voir d'abord admirative de son mari puis complètement humiliée, elle ne se laisse pas voler la vedette par le redoutable tandem... Ettore Scola lui donne aussi un rôle de prostituée pittoresque dans "Drame de la jalousie", Sergio Corbucci en fait de même dans le western culte "Le grand silence". Elle tourne en France, par le biais de la mode des années 60-70 des coproductions, on la retrouve ainsi en postière corse vêtue de noir dans l’amusant "Vendetta" - disponible chez René Château vidéo –, ravie de voir qu'Olivier Hussenot dépose de l'argent et en méridionale dans "Les bidasses s’en vont en guerre" avec les Charlots ainsi que son compatriote Paolo Stoppa. Elle participe aussi à la mode des comédies égrillardes et continue dans les films comiques italiens, qui ne se sont pas exportés en France ces dernières années. Une nature, immédiatement identifiable à rattacher à un certain âge d’or du cinéma italien. Bibliographie : Enrico Lancia & Roberto Poppi "dizionario del cinema italiano: Le attrici" (Gremese editore, 2003).
Filmographie : 1942 Stasera niente di nuovo (Ce soir, rien de nouveau) (Mario Mattoli) - 1946 Roma città libera (La nuit porte conseil) (Marcello Pagliero) - 1949 Marechiaro (Giorgio Ferroni) - L’ imperatore di Capri (L'empereur de Capri) (Luigi Comencini) - Se fossi deputato (Giorgio Simonelli) - Totò cerca casa (Totò cherche un appartement) (Steno & Mario Monicelli) - 1950 Amori e veleni (Les mousquetaires de la reine) (Giorgio C. Simonelli) - Lo Zappatore (Rate Furlan) - Vivere a sbafo (Giorgio Ferroni) - Totò cerca moglie (Totò cherche une épouse) (Carlo Ludovico Bragaglia) - 1951 Signori in carrozza ! (Rome-Paris-Rome) (Luigi Zampa) - Stasera sciopero (Mario Bonnard) - Napoleone (Carlo Borghesio) - Il capitano Nero (Le capitaine noir) (Alberto Pozzetti & Giorgio Ansoldi) - 1952 I due sergenti (Les deux sergents) (Carlo Alberto Chiesa) - L’eroe sono io ! (Carlo Ludovico Bragaglia) - Cani e gatti (Chiens et chats) (Leonardo De Mitri) - Gli eroi della domenica (Les héros du dimanche) (Mario Camerini) - Ergastolo (Luigi Capuano) - La famiglia Passaguai fa fortuna (Aldo Fabrizi) - Gli angeli del quartiere (Les anges du faubourg) (Carlo Borghesio) - Altri tempi (Heureuse époque) [sketch : "Il carrettino dei libri vecchi"] (Alessandro Blasetti) - Il tallone di Achille (Mario Amendola & Ruggero Maccari) - Lasciamoli vivere (Aldo Rossi) - Io, Amleto (Giorgio Simonelli) - 1953 Infame accusa (Giuseppe Vari) - Er fattaccio (Riccardo Moschino) - Tormento d’ anime (Cesare Barlacchi) - Viva il Cinema ! (Giorgio Baldaccini & Enzo Trapini) - Finalmente libero ! (Mario Amendola & Ruggero Maccari) - Anna, perdonami ! (Tanio Boccia) - Sua altezza ha detto no ! (Mario Basaglia ) - Ti ho sempre amato ! (Marquée par le destin) (Mario Costa) - Pane, amore e fantasia (Pain, amour et fantaisie) (Luigi Comencini) - 1954 Di qua di là del piave [sketch "Il povero soldato"] (Guido Leoni) - La prigioniera di Amalfi (Giorgio Cristallini) - Due lacrime (Giuseppe Vari) - Pane, amore e gelosia (Pain, amour… et jalousie) (Luigi Comencini) - Viva la rivista ! (Enzo Trapani) - Gli amori di Manon Lescaut (Les amours de Manon Lescaut) (Mario Costa) - 1955 Le signorine dello 04 (Ces demoiselles du téléphone) (Gianni Franciolini) - La canzone del cuore (La voix du coeur) (Carlo Campogalliani) - Il bigamo (Le bigame) (Luciano Emmer) - Porta un bacione a Firenze (Camillo Mastrocinque) - Destinazione Piovarolo (Domenico Paolella) - Cortile / No soy culpable (L'enfant de la rue) (Antonio Petrucci) - 1956 Tempo di villeggiatura (Amours de vacances) (Antonio Racioppi) - 1957 Padri e figli (Pères et fils) (Mario Monicelli) - Il momento più bello (Le moment le plus beau) (Luciano Emmer) - Liane, die weisse sklavin / Liana la schiava bianca (Liane, l’esclave blanche) (Hermann Leitner) - Mariti in città (Maris en liberté) (Luigi Comencini) - Il medico e lo stregone (Le médecin et le sorcier) (Mario Monicelli ) - 1958 Dinanzi a noi il cielo (Roberto Savarese) - Io mammeta e tu (Carlo Ludovico Bragaglia) - Ladro lui, ladra lei (Luigi Zampa) - Vacanze a Ischia / Ferien auf der sonneninsel (Vacances à Ischia) (Mario Camerini) - Don Vesuvio / Il bacio del sole / Don Vesuvio und das haus der strolche (Siro Marcellini) - Auferstehung / Resurrezione (Résurrection) (Rolf Hansen) - 1959 Il mondo dei miracoli (Luigi Capuano) - Tutti innamorati (Giuseppe Orlandini) - La cento chilometri (Giulio Petroni) - Juke box, urli d’ amore (Pousse pas grand-père dans les orties) (Mauro Morassi) - Roulotte e roulette (Turi Vasile) - 1960 I piaceri dello scapolo (Giulio Petroni) - La garçonniere (Flagrant délit) (Giuseppe de Santis) - Il carro armato dell’ 8 Settembre (Le tank du 8 Septembre) (Gianni Puccini) - Ferragosto in bikini (Marino Girolami) - Il vigile (L'agent) (Luigi Zampa) - Fra’ Manisco cerca guai (Armando W. Tamburella) - 1961 Gli incensurati (Francesco Giaculli) - Le ambiziose (Les starlettes) (Tony Amendola) - Akiko (Luigi Filippo d'Amico) - An einem Freitag um halb zwölf / Il mondo nella mia tasca (Vendredi, treize heures) (Alvin Rakoff) - Mariti a congresso (Luigi Filippo d'Amico) - Il giudizio universale (Le jugement dernier) (Vittorio de Sica) - Il mantenuto (Le souteneur) (Ugo Tognazzi) - Pesci d'oro e bikini d'argento (Carlo Veo) - La Vendetta (Jean Chérasse) - 1962 Colpo gobbo all’ Italiana (Lucio Fulci) - Le massaggiatrici (Les faux jetons) (Lucio Fulci) - Nerone ’71 (Filippo Walter Ratti) - Il mondo dei miracoli (Luigi Capuano) - 1963 I mostri (Les monstres) [sketch : " Testimone volontario"] (Dino Risi) - Loca juventud / Questa pazza, pazza gioventù (Le petit gondolier) (Manuel Mur-Orti) - 1964 - La ragazza in prestito (Une femme disponible) (Alfredo Giannetti) - La ragazza meravigliosa / La chica del trébol (Sergio Grieco) - Les combinards (Jean-Claude-Claude Roy, Riccardo Pazzaglia & Juan Esterlich) - Crucero de verano (Luis Lucia) - Squillo (Mario Sabatini) - Un amore (Une garce inconsciente) (Gianni Vernuccio) - 1965 Io, io, io... et gli altri (Moi, moi, moi et les autres) (Alessandro Blasetti) - 1966 Die hölle von Macao (Les corrompus) (Frank Winterstein & James Hill) - Toutes folles de lui (Norbert Carbonnaux) - 1967 Gli altri, gli altri e noi (Maurizio Arena) - Il grande silenzio (Le grand silence) (Sergio Corbucci) - 1968 Donne… botte e bersaglieri (Ruggero Deodato) - 1969 Lisa dagli occhi blu (Bruno Corbucci) - Dramma della gelosia (Drame de la jalousie) (Ettore Scola) - 1970 Nini Tirabuscio, la donna che invento la mossa (Nini Tirebouchon) (Marcello Fondato) - 1971 Mio padre Monsignore (Antonio Racioppi) - Non commettere atti impuri (Giulio Petroni) - 1972 Continuavano a chiamarli i due piloti più pazzi del mondo (Mariano Laurenti) - 1973 Il maschio ruspante (Antonio Racioppi) - 1974 Les bidasses s’ en vont en guerre (Claude Zidi) - L’ Albero dalle foglie rosa (Armando Nannuzzi) - A pugni nudi (Marcello Zeani) - 1975 Le dolci zie (Mario Imperoli) - 1976 Le Impiegate stradali - Batton Story (Mario Landi) - Oh, Serafina ! (Oh ! Serafina) (Alberto Lattuada) - Una bella governante di colore (Poupées sur canapé) (Luigi Russo) - Stangafa in famiglia / Sorella Brambilla (Franco Nucci) - 1977 La bidonata (Luciano Ercoli) - 1978 La mazzetta (Le pot de vin) (Sergio Corbucci) - 1980 L’ altra donna (Id) (Peter Del Monte) - La moglie in vacanza… l’ amante in città (Les zizis baladeurs) (Sergio Martino) - 1981 Mia moglie torna a scuola (Giuliano Carnimeo) - L’onorevole con l’amante sotto il letto (La prof d’éducation sexuelle) (Mariano Laurenti) - Cornetti alla crema (Sergio Martino) - Pierino contro tutti (Vidéo "Le con de la classe") (Marino Girolami) - 1982 Gian Burrasca (Pier Francesco Pingitore) - 1983 Arrivano i miei (Nini Salerno) - Il tifoso, l’ arbitro e il calciatore [sketch : "L'aritro e il calciatore"] (Pier Francesco Pingitore) - Sfrattato cerca casa equo canone (Pier Francesco Pingitore) - 1984 Qualcosa di biondo (Aurora) (Maurizio Ponzi) - 1985 Impariamo ad amarci : Guida all’ educazione sessuale (Antonio d’Agostino, documentaire) - 1992 Mutande pazze (Roberto D’ Agostino) - Ricky e Barabba (Christian de Sica) - 1995 A dio piacendo (Filippo Altadonna) - 1997 Mi fai un favore (Giancarlo Scarchilli) - 1999 Pazzo d’ amore (Mariano Laurenti) - Vacanze sulla neve (Mariano Laurenti) - 2000 Teste di cocco (Ugo Fabrizio Giordani) - 2001 Reisei to jônetsu no aida / Calmi cuori appassionati (Isamu Nakae) - 2005 La seconda notte di nozze (Pupi Avati). Télévision (notamment) : 1972 Le inchieste del commissario Maigret : Il pazzo di Bergerac (Mario Landi) - 1975 Una citta' in fondo alla strada (Mauro Severino) - 1982 Storia d'amore e d' amicizia (Ennio De Concini) - 1984 Quei trentasei gradini (Ennio De Concini) - 1988 La ruelle au clair de lune (Édouard Molinaro) - 1989 Una casa a Roma (Bruno Cortini) - E se poi se ne vanno? (Giorgio Capitani) - Le Gorille : Le Gorille comptes ses abattis (Jean Delannoy) - 1990 Disperamente Giulia (Enrio Maria Salerno) - Pronto soccorso (Francesco Massaro) - Villa Arzilla (Gigi Proietti) - 1994 Italian restaurant (Giorgio Capitani) - 1996 Pazza famiglia 2' serie (Enrico Montesano) - 2000 Le alli della vita (Stefano Reali) - Una donna per amico 2 (Rossella Izzo) - 2001 Le alli della vita 2 (Stefano Reali) - 2002 Una donna per amico 3' (Alberto Manni & Marcantonio Graffeo) - 2004 Part Time (Angelo Longoni) - 2006 La buona battaglia - Don Pietro Pappagallo (Gianfranco Albano).
ARTICLE – AFP 28/07/2008
Décès de l'actrice italienne Marisa Merlini
L'actrice italienne Marisa Merlini qui était apparue dans plus de soixante-dix films au long d'une carrière entièrement consacrée à la "comédie à l'italienne" s'est éteinte hier soir à Rome à l'âge de 84 ans. Habituée des seconds rôles comiques, cette brune pétulante était apparue notamment en 1953 aux côtés de Vittorio De Sica et Gina Lollobrigida dans "Pain, Amour et Fantaisie" de Luigi Comencini et dans "Drame de la jalousie" (1969) de Ettore Scola. Elle avait tenu son dernier rôle en 2005 dans "La seconde nuit de Noces" de Pupi Avati.












